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Adipa, des valeurs simples et solides

Publié le 23 janvier 2013
Par Hervé Daigueperce
4 min de lecture
Prix de la Plate-forme de l’Année - Prix des plus disputés, celui de la plate-forme est revenu à Laurent Ferré, à la tête d’Adipa Nantes-Saint Herblain depuis 2007. Pour sa progression, certes, sa gestion aussi, et plus encore pour son esprit et son management.
La citation préférée de Laurent Ferré : “La force d’une entreprise vient avant tout de ceux qui la composent et cette force dépend en partie des liens qui unissent ces membres”.
La citation préférée de Laurent Ferré : “La force d’une entreprise vient avant tout de ceux qui la composent et cette force dépend en partie des liens qui unissent ces membres”.

Si l’on ne se méfie pas, on pourrait croire en écoutant Laurent Ferré que sa réussite, indéniable, indiscutable, ne serait que le fruit d’une chance incroyable, celle d’avoir rencontré des personnes admirables à différents moments de sa vie ou d’avoir vécu des situations fondatrices, des expériences constructrices, comme cela, sans en avoir l’air. Sans vouloir gloser sur le rôle de la chance dans la destinée des êtres – nous n’avons pas encore cette rubrique –, la capacité de prendre des décisions en mesure de changer le cours des choses appartient bien à Laurent Ferré, y compris celles qui le composent, avec la mesure qui convient. Et d’ailleurs, n’est-ce pas là le secret d’un bon cuisinier de savoir doser parfaitement ce qui lui est nécessaire ? Transition facile pour rappeler que le patron d’Adipa a d’abord fait ses premières armes comme cuisinier (diplômé), de 18 à 22 ans, dans un… Boeing 727, auprès d’un milliardaire, qui lui permet d’entrevoir le patron de la famille Agnelli (Fiat, N.D.L.R.), Gérald Ford ou encore Mick Jagger et aussi d’apprendre à prendre en compte le désir du client et l’exigence du service. Puis une rencontre avec une femme, et le jeune Laurent descend de son avion pour travailler dans un restaurant de Rennes – fils d’officier de gendarmerie, il n’a pas de port d’attache et s’adapte au milieu ambiant. Pourtant, dans ce restaurant, il étouffe et supporte mal les contraintes : pas le droit de sortir de la cuisine, les ordres qui volent, pas de contact… Il fuit vers le domaine de l’assurance pour obtenir un statut de cadre, un objectif clairement établi qui se réalise – la chance, vous disiez ? Cinq ans de “cette école de vente, de formation” et le voilà en train de postuler dans l’automobile. “J’ai choisi ce secteur et eu un feeling avec Patrick Le Chevalier. Je suis entré alors pour cinq ans chez Hauteroche, puis cinq autres années chez TMD (Textar Freinage) avant d’être contacté par un de mes clients pour prendre la direction commerciale de son entreprise.” La rencontre avec Jean-Jacques Letendre le mène alors chez Adipa.

Rapports de confiance

Dès son arrivée, Laurent Ferré bénéficie de la confiance de Jean-Jacques Letendre qui en fait rapidement son dauphin. D’ailleurs, Laurent est appelé à prendre des parts sociales à plusieurs reprises avant que Jean-Jacques n’ait l’accident de santé qui oblige son directeur commercial à gérer l’entreprise. C’est là que Laurent Ferré rassemble toutes les compétences qui lui seront nécessaires pour diriger Adipa. D’abord, il se convainc lui-même de tenter l’aventure, puis s’assure que les collègues de la plate-forme – à commencer par la directrice financière, Laurence, puis Thierry à la logistique, Maxime au commerce, et l’équipe… – lui font confiance et acceptent de le suivre. Cette adhésion, qui perdure, constitue le ciment de la réussite de la plate-forme, comme la volonté de Laurent Ferré de ne prendre de décisions que lorsqu’il a consulté les collaborateurs concernés par tel ou tel dossier : “Certains de mes confrères prennent des décisions seuls, ce n’est pas mon cas. Il est bien d’avoir l’adhésion à une idée, même si l’obtenir est parfois compliqué parce qu’il faut ménager les susceptibilités, faire comprendre.” Mais Laurent Ferré a une arme : “J’aime les gens” et, ajoute-t-il, “j’ai trop vu de gens qui dirigeaient dans la souffrance, dans le cri” (cf. son expérience chez un chef étoilé…). Et du coup, il faudrait à nouveau invoquer la chance : “J’ai la chance d’être entouré de cadres qui sont responsabilisés dans leur partie et qui proposent des idées, échangent. J’ai la chance d’avoir des collaborateurs qui sont force de proposition.” Oui, de la chance, ou alors de l’intuition : “La structuration des services (qu’il a menée au moment du rachat en 2007, N.D.L.R.) consiste à donner une vraie responsabilité à chacun. Nous avons tous des devoirs, le chef d’entreprise, mais aussi les salariés. Et il faut tout faire pour les garder et donc leur donner la capacité d’être responsables. Au début, j’étais tout le temps sollicité et je renvoyais chacun à ses responsabilités. Aujourd’hui, ma porte est toujours ouverte, mais les échanges que nous avons portent sur des sujets importants ou urgents.” “Quand il y a un problème, je le règle au plus vite, je suis le contraire de fuyant.” Le succès d’Adipa prend ainsi ses racines dans la responsabilité quasi morale de chacun dans sa relation avec le client. Un élément différenciateur dans une région de plus en plus convoitée.

Laurent fait ses gammes

La première décision que prend Laurent Ferré porte sur l’adhésion à Apprau, initiée avec Jean-Jacques Letendre et qui lui permet de signer son premier vrai contrat avec un équipementier : Valeo. C’est-à-dire un fournisseur qui reconnaît la fonction de plate-forme à son activité, et lui ouvre les gammes nécessaires à l’accomplissement de son métier. Certes, c’est un gros investissement, mais cela positionne. Peu après, c’est au tour de Bosch et des pièces techniques, puis… Le développement se fait bien et Laurent Ferré ne renie pas les équipementiers historiques qui ont aidé Adipa à ses débuts, comme NGK. Ou d’autres qui le suivent bien comme Schaeffler. Accroître la profondeur de gammes, les étoffer, offrir plus de services, plus de souplesse, “être le dépanneur des distributeurs”, voilà ce qui anime le patron d’Adipa, qui regrette qu’aujourd’hui, on finisse par se tromper de métier dans la région. Ce qui pourrait l’amener à réfléchir sur son business modèle. “Autrefois, nous étions décriés, aujourd’hui, tout le monde veut faire notre métier, et le marché va tirer vers le bas, inévitablement, ce n’est pas ma façon de travailler.” Mais pour l’instant, celui qui se remet en question chaque matin se rassérène auprès de l’équipe, se dit que le choix de son nouveau bâtiment est une bonne chose et que, bientôt, il fera rentrer d’autres équipementiers de confiance : la route de Laurent Ferré est bien tracée et elle relève assez peu de la chance ! Le jury l’a confirmé.

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LE PODIUM

2e • RIAL
Patrick Jouannin

3e • AUTORESERVE
Franck Pelletier

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