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Arnaud Bodin fait gagner le V.I.

Publié le 20 décembre 2013
Par Hervé Daigueperce
4 min de lecture
En remportant le Trophée de l’Initiative de l’année, AMD, filiale de l’AD PL dirigée par Arnaud Bodin, met sous les feux de la rampe l’univers du Poids Lourd et ses valeurs intrinsèques.
Arnaud Bodin
Arnaud Bodin

Il n’est pas coutumier qu’une entreprise dédiée au véhicule industriel enlève les suffrages aux Trophées de la Rechange, comme il n’était pas gagné d’avance, qu’un salon prenne le pas sur d’autres initiatives tout aussi intéressantes. Notre jury de fournisseurs-équipementiers nous l’a d’ailleurs bien fait comprendre, ils ne saluaient pas l’émergence d’un nouveau salon – nous en avons bien assez – mais une vraie mécanique dédiée au business du véhicule industriel. Cela ne rend que plus respectable la réussite d’une entreprise et si j’osais, je dirais, d’une entreprise familiale. Si chacun sait qu’AMD est une filiale de l’Autodistribution, personne ne contestera la prééminence de l’esprit de famille dans cette affaire, ni l’engagement fort et généreux des Bodin dans le secteur, Arnaud reconnaissant sans peine qu’il est tombé dedans quand il était petit : “On est né là-dedans, et quand on a vécu, grandi comme ça, qu’on porte les couleurs de l’AD ou pas, on reste ce qu’on est, des passionnés du PL”. Et c’est sans doute l’une des composantes de ce qui a poussé l’AD à reprendre l’affaire familiale en 2007, et à en confier la direction à Arnaud, et c’est aussi cela qui fait dire, déjà, à l’AD PL, qu’elle apportera tout son soutien à la seconde édition. Il y en aura donc bien une autre, avec, pour challenge, de faire encore mieux. Pourtant, au début, la prise de risque était sérieuse…

Rassembler et partager

Lorsqu’Arnaud Bodin envisage de faire le salon – épaulé par sa sœur Aurélie Bodin-Coudert, dont l’investissement à ses côtés est loin d’être neutre -, il a “à cœur de rassembler ses partenaires et ses clients pour parler de business. Nous nous sommes engagés auprès de nos partenaires pour que cela soit le mot d’ordre de l’opération. Mais ce qu’on voulait aussi, c’est valoriser nos clients par la présence à leurs côtés de nos partenaires, qu’ils échangent entre eux, se connaissent mieux et envisagent d’autres relations encore. Qu’ils prennent plus de temps ensemble que dans une soirée technique. Et nous souhaitions, aussi, récompenser nos clients pour leur fidélité et les bons moments que nous passons ensemble”. Parce que derrière leur belle pudeur, Aurélie et Arnaud sont de grands sentimentaux, qui entendent bien ne rien promettre qu’ils ne puissent tenir, pour leurs clients comme pour leurs fournisseurs. Parce qu’une opération comme un salon improvisé sur une plage comme Châtelaillon, cela coûte un peu de sous, 175 000 euros, dont 130 000 euros à se partager entre 39 fournisseurs. Parce qu’une telle invitation, cela suppose des achats importants de la part des clients transporteurs, flottes, responsables administratifs, etc. Puis, comme le rappelle Arnaud, “Nous voulions apporter quelque chose de neuf, “le faire autrement”, c’était important pour nous, surtout quand le marché n’est pas au beau. C’est dans la difficulté, qu’il faut sortir du lot”. Et donc offrir le moyen de faire se rencontrer tous les acteurs autour d’un but commun.

Une mécanique bien huilée

C’est en octobre 2012 qu’Arnaud caresse l’idée du salon qui l’amène, en janvier 2013, à réunir ses directeurs de site pour leur annoncer : “Nous allons faire un salon sur la plage avec Clara Morgane”. Au départ, l’idée de la plage, c’était “trouver un lieu insolite pour sortir du quotidien et faire voyager un peu collaborateurs et clients”. Quant à l’idée de faire venir Clara Morgane, l’objectif était surtout de surprendre les collaborateurs, une sorte de boutade, puis, face à la faisabilité de l’opération, le côté un peu décalé a séduit et “nous ne regrettons pas, cela a fait partie de la réussite du salon, au même titre que le professionnel de la restauration haut de gamme, que nous avons sélectionné. En fait, nous avons opté pour du Premium, tout en surprenant et en pariant sur le professionnalisme de tous, et cela a bien marché” confie Arnaud. En mars, il réunit les directeurs de site, les chefs d’atelier, les responsables commerciaux et commence le compte à rebours. Chacun a sa feuille de route, ses argumentaires, ses process. Les équipementiers sont contactés et sur 56, 40 décident de jouer le jeu, et annoncent dès juin, les promotions, les opérations spéciales qu’ils feront sur le salon. Les responsables commerciaux vont, eux-mêmes, expliquer le projet à leurs clients et leur apporter les invitations personnellement. Ils ne “lâcheront” plus leurs clients jusqu’au Jour J, allant même, dans le car, à commenter les actions pendant que les responsables techniques (aussi dans le car) répondent à toutes les questions. La force du projet résidant, ainsi, dans l’implication de toutes les catégories de personnel avant, pendant et après la manifestation. Même constat du côté des fournisseurs.

Mais les résultats tiennent aussi à l’humilité d’Arnaud et d’Aurélie qui, voulant que la première soit, d’emblée, un succès, n’ont pas hésité à recourir à l’aide de professionnels comme Incentive Office, agence d’événementiels, dont le concours a été précieux. Ce sont eux qui ont travaillé sur la mise en place de l’opération de A jusqu’à Z, de l’élaboration des argumentaires (et mécaniques de stimulation) jusqu’à l’installation sur la plage (logistique et structures) en passant par les contrats d’animations et de restauration. Comme le répète à l’envi Arnaud : “Nous voulions que cela soit parfait et comme nous ne sommes pas des professionnels de l’événementiel, nous nous sommes donc fait aider”.

La récompense

Au lendemain du dîner de gala, là encore de très bonne facture, Arnaud Bodin recevait des mails de félicitations et d’engagement pour une prochaine édition des partenaires. “Beaucoup ont payé pour voir et certains, après le salon, ont même regretté de ne pas avoir emmené plus de monde pour assurer les ventes et assouvir la soif d’informations techniques des clients. Ils m’ont écrit que ce que je leur avais annoncé avait bien eu lieu”. Ce qui a bien fonctionné, également, c’est l’approche triangulaire d’AMD : techniciens, commerciaux et responsables de site au côte à côte, auprès des clients, qui les accompagnent en permanence. “Une proximité différente du quotidien” pour reprendre la belle phrase d’Arnaud Bodin, qui conclut notre entretien en rendant hommage à ses parents, pour tout ce qu’ils leur ont enseigné, et continuent à leur apporter. L’esprit de famille…

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