Automechanika Argentina : levier de croissance continental
Ce dernier revêtant une importance particulière comme le souligne Fabio Rozenblum : “En 2011, nous avons produit 828 000 voitures, en 2012, 5 % de moins parce que le marché brésilien a légèrement baissé. En effet, 60 % des voitures que nous fabriquons sont exportées, et 80 % d’entre elles le sont vers le Brésil. Pour nous, c’est un véritable levier de croissance. Nous estimons qu’avec la montée en puissance du marché au Brésil (estimé à 5 millions de véhicules) et la croissance de la demande en Argentine, nous atteindrons dès 2015, le million de véhicules produits dans notre pays”. Et comme 60 % des adhérents de l’Afac sont fournisseurs de la première monte, cela s’avère plutôt une bonne nouvelle. Les argentins sont, ainsi, de plus en plus nombreux à bénéficier du développement économique du pays et, alors qu’il fallait 37 salaires pour s’acheter une voiture en 2004, il n’en faut plus que (!) 16 aujourd’hui.
A mettre en perspective, en outre, avec l’inflation, qui ne fait pas perdre de valeur au véhicule, au fil des années ! Sur Automechanika, salon dédié principalement à la rechange, les fournisseurs regrettent de ne pas pouvoir vendre autant qu’ils le voudraient aux indépendants, du fait de leur “dépendance” aux constructeurs. Aucun règlement d’exemption ne vient, en effet, remettre au centre du jeu, les règles de la concurrence, ce qui, commente Fabio Rozenblum, “facilite plutôt l’activité de la contrefaçon”. Quant à la règle gouvernementale visant à autoriser un volant d’importations identique à celui des exportations, et rien de plus, Fabio Rozenblum constate, non sans sourire, “qu’aucune chaîne de montage, aucune ligne de production n’a eu à subir d’arrêt, du fait d’une carence en pièces d’importation. Le secteur s’avère bien trop stratégique pour le gouvernement qui, pourtant, n’a en tête que la réduction du déficit de la balance commerciale s’élevant à 7 milliards de dollars.”
En clair, l’Afac, consciente que les dispositions légales peuvent désorienter de futurs investisseurs ou importateurs, a apporté, sur le salon, toute l’aide utile aux nouveaux entrants pour dédramatiser une situation qui est loin de prêter au découragement. Au contraire, elle invite tout le monde (équipementiers en tête) à s’engager aux côtés des industriels argentins afin d’accompagner un développement en pleine croissance et d’en profiter. Des échanges ont d’ailleurs été organisés pendant tout le salon entre les professionnels argentins et les décideurs d’Amérique du Sud, d’Europe ou d’Afrique.