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Avec Solutech, Théret s’expose en région Centre

Publié le 23 janvier 2013
Par Frédéric Richard
4 min de lecture
Le groupe familial, qui connaît une belle croissance depuis sa création il y a soixante-dix ans, a récemment franchi une nouvelle étape avec la tenue de son premier salon, entre le 25 et le 27 octobre derniers. Une manifestation réussie qui nous a permis de rencontrer Frédéric Théret, afin de revenir sur l’histoire de son entreprise et ses perspectives.
La première édition du salon Solutech a rassemblé près de 2 000 visiteurs, un succès pour Frédéric Théret, dont la structure familiale prend de l’ampleur depuis 70 ans.

Frédéric Théret est un homme tenace et ambitieux. Présidant aux destinées des établissements Théret depuis dix-neuf années, il représente la quatrième génération à la tête de l’entreprise familiale éponyme. “Maurice, mon arrière-grand-père, a commencé avec un garage de mécanique, dès l’apparition du moteur à combustion, au début du siècle dernier, martèle-t-il avec fierté. Puis Robert, mon grand-père, a repris l’activité juste avant la guerre et l’a diversifiée vers le poids lourd.”

Au départ, l’entreprise se focalise donc sur la maintenance. La distribution de pièces n’interviendra que plus tard. Ce qui explique, encore aujourd’hui, la forte connotation technique des établissements Théret.

C’est avec la carte des batteries Dinin que Théret entre dans la revente aux réparateurs, dès les années 50, et va lentement changer de métier en quarante ans, passant du statut de réparateur à celui de distributeur. En 1985, Christiane Gaultier, mère de Frédéric Théret, vient épauler la structure familiale en fort développement. Frédéric arrive pour sa part en 1988, après un cursus à l’Escra-Iscam. Il débute sa carrière par la voie commerciale, et développe rapidement une activité centrée sur le contrôle technique, allant jusqu’à créer sa propre marque, Auto Diagnostic, qui fédère aujourd’hui une trentaine de centres intégrés sur la région Centre. Ce qui lui permet alors de générer suffisamment de profits pour créer une holding (Sofiad Développement), et ainsi entamer, dès 1993, le rachat intégral des différentes affaires familiales codétenues par d’autres membres de la famille. Ce qui représente alors une dizaine d’entreprises avec, en point d’orgue, le rachat du vaisseau amiral, les établissements Théret, conclu en 2007.

Théret et les groupements

En 1975, l’entreprise rejoint les membres fondateurs de l’Arvro (Approvisionnement régional des vendeurs et réparateurs de l’Ouest), composé de 15 électro-diésélistes dirigés par Bernard Lefrais. Une structure qui donnera bientôt naissance… à Groupauto, dès 1985. En ce sens, Bernard Lefrais est un peu le “père spirituel” de Frédéric Théret dans la profession, comme il le décrit lui-même.

Dès son arrivée, le jeune dirigeant s’investit alors dans le développement de Groupauto, qui représente en quelque sorte sa vision idéale du groupement. Comprenez par là que la politique de filialisation de l’AD, à l’époque, ne correspondait pas à la stratégie du groupe de Châteauroux (36). Parallèlement, entre 1994 et 1996, le groupe Alliance prend une belle ampleur sur le CA de la centrale d’achats, et commence à proposer çà et là des rapprochements… Une offre que déclinera Frédéric Théret, qui ne veut justement pas être dirigé par un actionnaire majoritaire. Il claque la porte de Groupauto en 2000, comme d’autres, notamment des spécialistes du poids lourd, qui créeront par la suite le groupe TVI…

Sous l’impulsion d’un autre groupe “voisin”, Barrault, Frédéric Théret décide alors de représenter les intérêts de Temot International sur le sol français. Une expérience qui durera sept ans. Cette période sera surtout l’occasion pour Frédéric Théret de faire signer Partner’s et Charles Obrador, qui deviendra lui-même président de Temot France pendant trois ans. En 2007, Partner’s est repris par Jean-Jacques Lafont, et Temot France perd de sa superbe… La direction allemande gronde, et Autolia entre alors dans le jeu faisant contrepoint de la perte de Partner’s dans le groupement. Frédéric Théret choisit de quitter Temot.

Dès lors, il lui faut créer une plateforme logistique pour assurer ses approvisionnements et son indépendance. C’est chose faite en 2006 avec Mecastock, qui alimente les 10 magasins du groupe. Puis la plateforme s’ouvre à des clients extérieurs pour représenter aujourd’hui de nombreuses cartes au plan régional (Gates, Bosal, Kayaba, LuK, Purflux…), voire parfois national.


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QUESTIONS À... Frédéric Théret, directeur général des Etablissements Théret - Salon Solutech

Pourquoi faire un salon ?
Je suis un distributeur de Châteauroux qui se rendait sur Equip Auto depuis quinze ans. Or, je n’ai pas les moyens des grands groupements français : 30 m2 pendant cinq jours, c’était très cher, et même de plus en plus cher de par la débauche d’énergie et de personnel comparativement au retour sur investissement. Je n’accuse pas l’organisateur, je dis simplement que je ne suis plus certain que, pour nous, ce soit le meilleur moyen de fédérer et recevoir les clients.

Pourquoi avoir souhaité donner un nom et une identité au salon ?
Il s’agit avant tout de sortir de notre zone et de rassembler. Le nom Théret est un peu trop chargé d’histoire localement et régionalement. Nous avons des clients, mais également des prospects. Je parle de distributeurs sur des zones non couvertes par nos établissements ­­et également de réparateurs pour lesquels nous cherchons à devenir fournisseurs. C’est très bien de ne pas avoir d’a priori quand on entre sur un salon.

Quelles étaient vos ambitions sur ce premier salon ?
Tout d’abord de satisfaire visiteurs et exposants. Avec plus de 2 000 visiteurs, Solutech Expo est devenu un rendez-vous incontournable attendu par les professionnels en région Centre, dédié à la maintenance automobile et poids lourds. Nous ferons donc sans doute une seconde édition, mais dans deux ans, car cela mobilise beaucoup d’énergie pour l’organisation.

Quels regrets avez-vous sur cette édition du salon ?
Je suis un peu déçu de l’absence de grands noms de l’équipement automobile. Ma grand-mère a 88 ans à ce jour, et elle a commencé son activité au côté de Bosch. Ça me rend donc triste pour elle qu’ils n’aient pas fait le choix de venir à Solutech.

En marge du salon, quelle est votre vision de la distribution via Internet ?
Le canal Internet existe, mais il convient de le regarder autrement. Je m’y intéresse activement mais, quoi qu’il en soit, dès lors que le groupe Théret lancera une initiative sur le Web, le modèle intégrera la chaîne de distribution.
Même si notre métier n’est pas de vendre à des particuliers, force est de constater qu’aujourd’hui, des parts de marché s’envolent et qu’il faut juguler l’hémorragie. Je pense que le sujet doit faire l’objet d’une réflexion collective, au sein de la Feda par exemple, pour savoir comment réagir.

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