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Publié le 11 juin 2015
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4 min de lecture
Peut-on dire concernant le Diesel que la messe est dite ? Normalement oui !
Peut-on dire concernant le Diesel que la messe est dite ? Normalement oui !

La passion et les polémiques sont bien à l’image de la France, et je suis bien étonné que le Général de Gaulle n’ait pas dit (en le paraphrasant) “qu’un pays qui aime le Diesel est vraiment impossible à gouverner”.

L’amour du Diesel doit tenir à notre ruralité. Moi-même qui suis originaire d’une région très agricole, j’adorais cette odeur subtile qui associait, dans les fermes, la terre à la bouse et au gas-oil. Rien n’est dû au hasard !

Nous avions tous, en dehors de cet argument culturel imparable, des raisonnements beaucoup plus auto-convaincants : c’est plus cher à l’achat mais le prix du gas-oil est nettement moins élevé que celui de l’essence et les véhicules durent plus longtemps et en plus ils se revendent mieux en occasion, donc au bout du compte, on est gagnant !

À cela, il faut ajouter que les constructeurs français, à défaut de faire dans le culturel, avaient fait dans le marketing, en offrant des modèles et des gammes de plus en plus performants et attractifs en motorisation Diesel.

Nous sommes donc arrivés à une production de voitures neuves Diesel qui a frôlé les 70 % du total produit, et à un parc composé à plus de 60 % de moteurs Diesel.

Cette situation étonnait l’Europe à part les Belges et les Espagnols, qui nous regardait, encore une fois, comme une exception.

Nous avions bien au fond de nous une petite mauvaise conscience, qui a trouvé son écho chez les écologistes et certains “politiques” pour faire de chaque propriétaire de voiture Diesel au mieux un pollueur, au pire un assassin.

Il fallait donc prendre des décisions et proposer des solutions définitives pour éliminer le Diesel !
Seulement, toutes ces bonnes consciences avaient oublié que les choses étaient en train de changer et que les seuls problèmes étaient le Temps et l’Argent.

Qu’est-ce qui avait donc changé ?
• des normes ont été mises en place et les véhicules Diesel, produits aujourd’hui dans le respect de ces normes, ne polluent pas plus, voire moins que les véhicules essence.

• les véhicules de petites cylindrées qui parcourent peu de kilomètres, pour lequel le moteur Diesel n’est pas adapté, disparaissent au profit des modèles essence.

• les véhicules hybrides se développent et les prix deviennent progressivement accessibles aux budgets familiaux.

• les véhicules électriques vont prendre leur part de marché dans les villes, dans les administrations, dans les applications type “Autolib” et chez certains adeptes de “l’écologie au quotidien” : les mêmes qui mettent des panneaux solaires sur leur maison. Même si le bilan carbone de l’électrique n’est pas favorable, cela permettra de rendre les centres-villes respirables.

• les procédés de remise à niveau du parc ancien avec l’Eco Entretien notamment, l’installation de filtres à particules sur les poids lourds et les autocars, qui permettront de rendre acceptable, le délai nécessaire à leur remplacement.

Y a-t-il d’autres éléments qui vont agir sur ces évolutions ?
D’abord et surtout l’Argent ! Sous forme de subventions et de reprise économique, on verra les ménages consommer et donc acheter des véhicules neufs, ce qui viendra plus rapidement grossir l’une des catégories “moteur” désormais proposées et faire diminuer le parc polluant.

Quant aux collectivités, avant que les équilibres budgétaires nationaux, régionaux ou locaux permettent de faire un véritable nettoyage des parcs, on verra des initiatives ressemblant à des coups politiques, mais les choses se feront aux rythmes imposés par les moyens financiers donc les choix budgétaires.

Il reste le concept de mobilité qui fait très bien dans les derniers salons ou l’on cause, mais qui reste une idée de privilégiés ou de “bobos parisiens” sans voiture avec un fort pouvoir d’achat. Notre ruralité ou semi-ruralité imposée par le coût du logement notamment fera que la voiture “utile” pour les déplacements de vie (se nourrir, aller travailler, amener ses enfants à l’école…) là où le comportement individualiste est le plus affirmé, privilégiera la version Diesel. Pour le reste, la répartition entre moteur Diesel, essence, électrique, hybride et marginalement GPL, s’établira, de façon rationnelle, en fonction de l’usage et du pouvoir d’achat. Seul, l’électrique aura des adeptes passionnels dont le nombre dépendra du maillage national des bornes de recharge.

La voiture et le Diesel ne sont donc plus la cause unique de la pollution qui est, bien évidemment un problème global de consommation et de confort, qui doit nous interpeller toutes et tous dans notre comportement quotidien !

Et nos distributeurs et réparateurs dans tout cela ?
Un réparateur devra savoir réparer tous les types de véhicules qu’ils soient Diesel, essence, hybride, électrique ou GPL. Les spécialisations très marquées vont forcément disparaître puisque le parc sera à géométrie variable et bien malin serait le réseau de réparateurs du futur qui pourrait se structurer de façon pertinente à tous les niveaux (technique, marketing…) sur l’ensemble du territoire autour d’un seul type de motorisation.

Le véhicule connecté avec la maintenance prédictive associée ne simplifiera pas les choses et nécessitera cette universalité du réparateur pour rendre le dispositif crédible pour le consommateur : imaginons par exemple un consommateur avec un véhicule hybride qui habite Poitiers et son réseau l’envoie à Tours pour une réparation !!

L’enjeu de notre filière, Equipementiers – Groupements – Distributeurs – Réparateurs, pour rendre le réparateur multi-compétent en termes de “motorisation” est donc la formation. Cette formation dont tout le monde parle, et que l’on juge indispensable, mais dont le bilan en termes d’heures dispensées, de fréquentation lors des sessions, est médiocre alors que les qualités des formateurs et des contenus des programmes sont au niveau des besoins !

Alors : Mobilisation générale sur la Formation et n’oublions pas d’intégrer des jeunes qui sont formés aux outils et aux méthodes d’aujourd’hui et de demain. De ce point de vue, le GARAC forme des garçons et des filles auxquels la Filière indépendante doit vivement s’intéresser !
 

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