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Concurrence après-vente : des réactions au quart de tour

Publié le 12 avril 2012
Par Clotilde Chenevoy
2 min de lecture
Les réactions ont fusé de tous bords suite à la publication des premières conclusions de l'enquête sectorielle sur l'entretien et la réparation de l'Autorité de la concurrence. Les constructeurs crient à la fausse analyse, tandis que les indépendants se félicitent de voir leurs actions, notamment au sujet de la pièce de carrosserie, reconnues comme légitimes.
Les réactions ont fusé de tous bords suite à la publication des premières conclusions de l'enquête sectorielle sur l'entretien et la réparation de l'Autorité de la concurrence. Les constructeurs crient à la fausse analyse, tandis que les indépendants se félicitent de voir leurs actions, notamment au sujet de la pièce de carrosserie, reconnues comme légitimes.
Les réactions ont fusé de tous bords suite à la publication des premières conclusions de l'enquête sectorielle sur l'entretien et la réparation de l'Autorité de la concurrence. Les constructeurs crient à la fausse analyse, tandis que les indépendants se félicitent de voir leurs actions, notamment au sujet de la pièce de carrosserie, reconnues comme légitimes.

Les constructeurs ont été les premiers à dégainer leur communiqué de presse, et leurs réactions se révèlent très vives. Ainsi, le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), la Chambre syndicale internationale de l’automobile et du motocycle (CSIAM) et le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA) estiment que ces analyses sont "erronées", que "la concurrence sur le secteur de l’après-vente est déjà réelle et intense", que "le coût d’usage en euros constants d’un véhicule en entretien-réparation est moins élevé aujourd’hui qu’il y a dix ans".

"S’agissant des prix des pièces détachées, les tableaux présentés par l’Autorité de la concurrence résultent de la prise en compte de statistiques non comparables et ne permettent pas, de ce fait, de conclure à un impact de la protection juridique au titre du droit des dessins et modèles sur le prix des pièces de rechange visibles ou à l’existence de facteurs anticoncurrentiels sur le marché français."

Toujours selon les trois organisations professionnelles de la filière automobile, "une des principales mesures envisagées (NDLR : la libération de la pièce de carrosserie) consisterait à légaliser la contrefaçon des pièces de rechange visibles, ce qui porterait un coup terrible à la compétitivité de l’industrie, à l’activité et à l’emploi dans la filière en France. De surcroît, cette décision se révèlerait sans intérêt aucun pour les consommateurs, entraînant même une baisse de l’offre de réparabilité, voire un surcoût des pièces de rechange visibles pour les voitures âgées."

Bien évidemment, le son de cloche se trouve bien différent chez les indépendants comme les associations de consommateurs.  D'ailleurs, l'Anea, la Feda, la FNAA, la FFC, l'association 40 millions d'automobiles et UFC Que Choisir ont choisi de communiquer d'une seule voix, en se focalisant eux aussi sur la pièce de carrosserie.

Ainsi, les organismes se félicitent que l'Autorité de la concurrence constate que "le marché de l’entretien et de la réparation automobile est, en France, sérieusement entravé par les constructeurs automobiles." Et de souligner que : "l’ouverture à la concurrence du marché des pièces de carrosserie pourrait permettre de contenir les prix des constructeurs mais aussi offrirait la possibilité au consommateur de choisir des pièces alternatives moins chères. Le gain pour le consommateur ne serait pas négligeable puisque, comme le montre une étude de l’UFC-Que Choisir, les consommateurs faisant ce choix paient en moyenne 35,5 % moins cher en Allemagne (par rapport aux prix catalogue des constructeurs), 33,5 % en Belgique et 33,9 % en Espagne."

Les organismes balayent également la défense des constructeurs, qui "usent et abusent de l’argument « tarte à la crème » de l’emploi arguant de délocalisations massives", assurant que cette crainte n'est pas fondée. Pour la Feda, "une étape importante pour notre filière vient d’être franchie mais il y a encore d’autres obstacles à dépasser."

Le débat ouvert par l'Autorité de la concurrence risque donc d'être virulent, mais l'institution a bien précisé lors de la présentation des premières conclusions de son enquête qu'elle voulait que chaque argument soit documenté, et non de simples menaces. Elle compte donc passer à une étude d'impact, avant de rendre ses conclusions définitives en juillet. 

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