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Cooper préserve son indépendance

Publié le 15 janvier 2014
Par Marc David
2 min de lecture
Confronté à certains écueils et en particulier celui, primordial, du financement, l’accord visant au rapprochement du groupe indien Apollo Tyres et Cooper a fait long feu.
Roy Armes, P-dg de Cooper.
Roy Armes, P-dg de Cooper.

Contre-nature en vertu du rang respectif des acteurs sur le plan mondial (le 16e pour Apollo Tyres et le 9e pour Cooper Tire), le projet de rapprochement entre les deux groupes Apollo Tyres et Cooper Tire & Rubber Company via une prise de participation majoritaire (la transaction pesant 2,5 milliards de dollars, soit 35 dollars par action) du premier sur le second, avait de quoi susciter des interrogations. Pour ne pas dire de la perplexité. Signé le 12 juin 2013, cet accord demeurait toutefois crédible (à défaut de légitime), donnant naissance à une entité se positionnant au 7e rang mondial du secteur des pneumatiques avec un chiffre d’affaires global d’environ 6,6 milliards de dollars. En outre, la couverture des territoires et les gammes s’avéraient complémentaires, Cooper amenant notamment dans la corbeille de mariage sa marque de notoriété Avon…

Cependant, au fil des mois, nul besoin d’être devin pour comprendre que cette alliance avait du "plomb dans l’aile", tant les difficultés se faisaient grandissantes, débouchant très vite sur une impasse. En Chine notamment, pays dans lequel le nouvel ensemble aurait réalisé 18% de son chiffre d’affaires, Chengshan Group, le partenaire de Cooper Tire, ainsi que les employés des usines Cooper Chengshan Tire (CCT) à Rongcheng et Shandong ont refusé catégoriquement d’apposer leur consentement à cette fusion, déclenchant même un mouvement de grève. De même, aux Etats-Unis, d’autres obstacles sont apparus, telles les négociations difficiles avec les syndicats.

De quoi amener Apollo Tyres à renégocier à plusieurs reprises les termes de l’accord, en particulier sur le plan financier. Une démarche mal vécue par Cooper, qui décide de "vivre sa vie" fin décembre 2013.

"Bien que l’intérêt stratégique d’un éventuel regroupement avec Apollo demeure convaincant, il est maintenant clair que l’accord de fusion signé le 12 juin dernier ne sera pas mis en œuvre par Apollo, déclare Roy Armes, P-dg de Cooper. Nous avons, de plus, été informés que le financement pour la transaction n’était plus disponible. Ce que Cooper a de mieux à faire à présent est de continuer à développer ses propres activités." Et celui-ci d’ajouter : "Notre 'Business model' est solide et, malgré les difficultés rencontrées cette année, nous avons réalisé un résultat d’exploitation record au premier semestre (là, secret défense pour le moment, NDLR). Nous nous attendons à poursuivre sur la voie de la rentabilité au deuxième semestre, et donc à terminer l’année avec un bilan largement positif. Nous nous réjouissons à l’idée de poursuivre le déploiement de notre stratégie en 2014 et nous disposons d’une base très solide sur laquelle nous pouvons nous appuyer, avec notamment des marques à la qualité reconnue, une clientèle fidèle, des unités de fabrication performantes et des capacités en R&D de haut niveau." En fait, pour ce qui est des résultats en fin d’année, Cooper prévoit un bénéfice de 13 à 17 cents par action.   

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