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Du rififi dans la pièce de réemploi

Publié le 21 mai 2014
Par Frédéric Richard
4 min de lecture
Le mois dernier, dans le J2R n° 42, nous présentions Global Crossing, le système informatique de mutualisation des stocks des démolisseurs, destiné à promouvoir la pièce de réemploi, et soutenu par le CNPA et le réseau Caréco. Une initiative qui se place face à une autre offre, celle du réseau de démolisseurs d’Indra, baptisée “Precis”.
Le mois dernier, dans le J2R n° 42, nous présentions Global Crossing, le système informatique de mutualisation des stocks des démolisseurs, destiné à promouvoir la pièce de réemploi, et soutenu par le CNPA et le réseau Caréco. Une initiative qui se place face à une autre offre, celle du réseau de démolisseurs d’Indra, baptisée “Precis”.
Le mois dernier, dans le J2R n° 42, nous présentions Global Crossing, le système informatique de mutualisation des stocks des démolisseurs, destiné à promouvoir la pièce de réemploi, et soutenu par le CNPA et le réseau Caréco. Une initiative qui se place face à une autre offre, celle du réseau de démolisseurs d’Indra, baptisée “Precis”.

De prime abord, les deux systèmes semblent proches par leurs fonctionnalités et leurs cibles. Ils partagent le même objectif, à savoir la promotion de la pièce de réemploi auprès des professionnels, qui hésitent toujours à faire appel aux démolisseurs pour leurs approvisionnements. Il faut dire que, jusqu’à il y a encore moins de dix ans, la profession de démolisseur souffrait de très grandes disparités concernant la qualité des professionnels…

Tout n’est pas réglé, loin de là, mais les deux grands réseaux en place, Indra et Caréco, ont cherché à professionnaliser leurs adhérents en leur donnant des outils de nature à qualifier leur offre de pièces détachées, la rendre plus attractive… Il s’agit principalement de systèmes informatiques permettant aux démolisseurs de référencer précisément l’ensemble de leurs pièces détachées, afin de permettre une recherche ultérieure pertinente et rapide pour l’utilisateur. Ces bases de données sont ensuite intégrées à un site Web de recherche à destination des professionnels de la réparation. Une mise en commun des stocks, une gigantesque place afin de faciliter les ventes. Toutefois, aucun des deux systèmes ne fait le choix de présenter une offre à destination du grand public. Simplement parce que le niveau de stock se révèle à ce jour insuffisant pour satisfaire une demande nationale. Par ailleurs, les niveaux de prix des pièces ne seraient pas forcément en adéquation avec ce que recherche un particulier en s’adressant à une “casse”. Inutile, donc, de générer de l’insatisfaction, et de nuire au développement du marché, pour le moment.
Si Global Crossing et Precis présentent des fonctionnalités comparables, leur philosophie se révèle radicalement différente.

Deux chemins différents

La différence la plus marquée et assumée entre les deux parties se trouve dans la cible. Global Crossing cherche à séduire un maximum de MRA avec un service de proximité, proposé par les démolisseurs adhérents au système. Ce système promu par le CNPA est une plate-forme de mise en relation entre les professionnels de la démolition et les utilisateurs de pièces de réemploi. A ce titre, les transactions ne sont pas gérées par le site, et restent entre les professionnels. Les prix des pièces sont donc libres et apparaissent avec leurs différences sur le site. Dès lors qu’un composant l’intéresse, l’internaute professionnel l’ajoute à son panier, ce qui génère un mail automatique au centre VHU qui détient la pièce, et qui va devoir ensuite négocier et conclure la vente puis la livrer au plus vite.

Or, si Global Crossing cherche avant tout à séduire le MRA, Precis fait le choix de se focaliser sur les assureurs et les réseaux constructeurs. Une différence fondamentale. Indra considère en effet que pour faire évoluer l’image de la pièce de réemploi, qui suscite encore pas mal de méfiance chez les professionnels, il lui faut l’adoubement de professionnels reconnus et des grands groupes… Un mal nécessaire pour passer des 2 % actuels à un niveau plus en adéquation avec les besoins du marché français… “Selon nous, il est important d’emmener les constructeurs dans cette démarche. Ce sont eux qui véhiculeront le mieux la qualité et la notoriété des pièces de réemploi”, détaille Régis Poulet, directeur commercial de Indra (filiale de Renault et Suez). Seulement voilà, pour séduire les constructeurs, il faut leur proposer des schémas clairs et précis, accessibles partout en France, à des conditions identiques. Car un constructeur communique au niveau national pour tout son réseau, sans distinction. A ce titre, Precis a fait le choix de proposer sur son site un tarif unique des pièces à destination des clients. Le concept se positionne ainsi en mandataire à l’achat pour les pièces des démolisseurs qui mettent en ligne leur stock, pour le compte des réparateurs. Chaque adhérent Indra qui s’engage dans le processus Precis s’engage donc à satisfaire cette première condition.

Grands comptes séduits

Renault, qui fait des tests depuis l’été 2010, a choisi de s’engager auprès d’Indra, tout comme vient de le faire le groupe PSA. Chez le constructeur au losange, le programme “Seconde Vie pour l’Automobile”, basé sur l’utilisation de Precis, a été déployé dans les réseaux 1 et 2. Et il permet de sauver de nombreux véhicules jadis en limite de réparabilité, dont les clients ne veulent souvent pas se séparer. Ajoutons que lorsqu’un concessionnaire ou agent parvient à réparer un véhicule de ce type, il fait un client heureux et le fidélise… Sans oublier que dès lors que l’on vend une pièce d’occasion, elle s’accompagne souvent d’une pièce neuve…

On souligne que le cœur du système Precis se situe dans le partenariat avec Sidexa, leader français du chiffrage, utilisé par de nombreuses compagnies d’assurances et de mutuelles, des cabinets d’expertise automobile… et dispose d’une base de données couvrant 99 % du marché français, pour une identification précise du véhicule par saisie du VIN ou du numéro d’immatriculation. Cela afin d’être sûr de chercher et commander la bonne pièce. Dès que le réparateur identifie un véhicule, il obtient de suite, si le véhicule est éligible, une offre en pièces neuves et une autre, en parallèle, incluant des pièces de réemploi, qu’il utilise Pacte Office, le logiciel de chiffrage de Sidexa, ou tout autre ERP interfaçable.

Concernant la qualité des pièces, Global Crossing et Precis adoptent la même politique. Quel que soit le professionnel, il faut se montrer capable de proposer une pièce irréprochable et non un composant dont on ne connaît ni la provenance ni l’âge… Indra impose donc à son réseau une traçabilité et une gestion en temps réel des pièces, afin de garantir la qualité et la disponibilité. Bref, que du premier choix. Tout cela a un prix, relativement élevé. “La pièce de réemploi n’est donc pas bradée, et il est exact qu’un client au comptoir la trouvera certainement moins chère… Mais elle ne présente pas les mêmes standards de qualité et de garantie que celle que l’on propose au réseau des constructeurs”, conclut Régis Poulet.

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