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“Etre capables de proposer une offre globale à nos clients”

Publié le 15 juin 2015
Par Romain Baly
5 min de lecture
Construit sur des valeurs familiales et régionales, le groupe Labatut lorgne à présent vers l’international, grâce à une offre riche complétée par le récent rachat de Veryfret. Jean-François Mounic et Philippe Sonnet, respectivement directeur général du groupe et directeur de la nouvelle filiale, nous en disent davantage.
Philippe Sonnet, directeur de Veryfret (à gauche) et Jean-François Mounic, directeur général du groupe Labatut.
Philippe Sonnet, directeur de Veryfret (à gauche) et Jean-François Mounic, directeur général du groupe Labatut.

M. Mounic, pour ceux qui vous connaissent moins, que représente aujourd’hui votre groupe ?
Jean-François Mounic.
Le groupe Labatut est presque centenaire puisqu’il a été créé en 1920 dans le sud-ouest de la France, plus précisément dans la région toulousaine, et était initialement spécialisé dans le transport. Aujourd’hui, celui-ci emploie près de 550 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros, avec l’objectif d’atteindre les 100 millions à l’horizon 2017-2018. Un chiffre ambitieux, mais atteignable. Nous tablons sur un résultat de 56-57 millions d’euros d’ici la fin d’année, tout en misant beaucoup sur une croissance provoquée par différents projets de rachat d’entreprises de taille moyenne, réalisant entre 3 et 5 millions d’euros de CA.

Au-delà de ces chiffres, votre force ne réside-t-elle pas surtout dans la grande diversité de votre portefeuille d’activité ?
J-F. M.
C’est effectivement l’un de nos principaux atouts. Aujourd’hui, le groupe s’articule autour de trois pôles complémentaires. Un pôle transport, qui représente 40 % de notre activité et qui se décompose en trois spécialités : le transport de camions complets – principalement sur l’axe Italie-Espagne –, la location de véhicules industriels avec chauffeur, et, dernièrement, l’affrètement, avec Veryfret justement. Nous avons ensuite un pôle logistique qui pèse 35 % de notre chiffre d’affaires et qui nous permet d’être très bien implantés dans le domaine des spiritueux et du champagne, de l’e-commerce, dans le prêt-à-porter ainsi que dans l’overseas avec le dépotage et le rempotage de containers. Enfin, nous sommes également positionnés sur l’activité “dernier kilomètre” avec notre société Vers Chez Vous, qui propose de prendre en charge la distribution du dernier kilomètre dans les centres-villes, grâce à des triporteurs.

Comment trouver une cohérence parmi toutes vos activités ? Comment vous définissez-vous ?
J-F. M.
Nous nous définissons avant tout comme un acteur capable de proposer une offre globale à ses clients. C’est un gage de crédibilité, mais aussi de cohérence que de leur offrir une solution complète plutôt que de devoir faire appel à différents sous-traitants pour répondre à leurs besoins. Après, il faut bien entendu veiller à ce que les multiples branches du groupe communiquent bien entre elles, s’échangent les informations, et que tout le monde avance dans le même sens au quotidien. Pour fédérer toujours davantage l’ensemble de nos sociétés, nous avons créé l’an dernier un nouveau logo, Labatut Group, afin d’arborer une bannière commune.

Venons-en à Veryfret à présent. Pour quelles raisons Labatut a-t-il souhaité se lancer sur le marché de l’affrètement ?
Philippe Sonnet.
Comme l’expliquait Jean-François, le groupe avait jusqu’à présent une activité importante en transport, mais qui se limitait à du transport de camions complets sur des axes prédéfinis dès le départ se situant généralement dans le sud de la France, l’Italie, l’Espagne ou le Portugal. C’est une activité capitale, mais qu’il est aujourd’hui nécessaire de compléter par une autre activité capable de répondre à des demandes plus spécifiques. Avec le rachat de Veryfret, Labatut se donne les moyens de réaliser du transport de lots partiels, de une à trente-trois palettes, dans toute l’Europe. Autrement dit, avec cette filiale, nous pouvons répondre favorablement à un client qui souhaite faire partir des palettes aussi bien de Marseille que de Toulouse ou de Lille.

S’agit-il d’un secteur extrêmement concurrentiel ?
PS.
Oui, effectivement, car beaucoup de transporteurs se sont aperçus que c’était un produit à fort potentiel. Pourquoi ? Très simplement parce que nous ne sommes que des intermédiaires qui achetons et revendons, et avons donc des frais de structures très faibles. En fait, nous sommes un organisateur de transport. C’est un marché particulièrement bataillé, mais qui offre des niveaux de prestations très hétérogènes sur le plan du référencement des intermédiaires, du retour d’informations, de la qualité de service et du suivi.

Aujourd’hui, quelles sont les principales qualités à faire valoir dans ce secteur ?
PS.
Notre principal atout réside déjà dans notre réactivité, puisque nous sommes capables de répondre immédiatement à une demande de la part d’un client. Nous disposons d’une équipe d’affréteurs qui a plus de vingt ans d’expérience dans ce domaine et avec qui nous avons référencé entre 550 et 600 affrétés partout en France, soit 5 à 6 par département, ce qui nous permet d’être particulièrement souples et réactifs. Quand vous faites ce métier, il n’y a que deux possibilités. Soit vous passez par une bourse de fret, du transport anonyme en réalité, soit vous recensez des partenaires sur un secteur pour avoir un suivi plus précis, choix que nous avons fait.

Quels sont les standards en matière de délais de livraison ?
PS.
La norme dans notre métier consiste à pouvoir livrer nos clients dans un délai de 24 et 48 heures en France et jusqu’à 72 heures en Europe.

Qu’en est-il en termes de prix ? Les clients sont-ils davantage sensibles à la qualité du service ou aux tarifs ?
PS.
Il est vrai qu’actuellement, nous sommes sur un marché qui tend à tirer les prix vers le bas de par cette concurrence de plus en plus importante. Maintenant, nous avons un niveau de service et d’exigence élevé, et nous nous devons de présenter une grille tarifaire en adéquation avec cela.

Vous vous vantez d’avoir un réseau de partenaires référencés. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?
PS.
Cela signifie que nous ne travaillons qu’avec des gens de confiance. Des gens que nous auditons régulièrement. Nous demandons à ceux à qui nous nous adressons le plus souvent de nous remettre leurs bilans pour nous assurer qu’ils répondent à toutes leurs obligations sociales et autres. Plus globalement, nous observons aussi les délais de livraisons, nous analysons les éventuelles réclamations et, quand nous rencontrons un souci, nous demandons à nos partenaires de mettre en place un plan d’action pour y remédier.

Quels sont les objectifs de Veryfret à court et moyen termes ?
PS.
En termes de clients, nous ne nous fixons aucune limite, car nous pouvons nous adapter de manière très rapide. Aujourd’hui, nous avons huit collaborateurs mais, demain, nous pourrons très facilement en accueillir davantage pour nous adapter à la demande. Quant au chiffre d’affaires, nous tablons sur un résultat de 1,5 million d’euros pour notre première année d’activité.

J-F. M. Dans le domaine de l’affrètement, nous n’avons pas beaucoup de limites. C’est une activité où nous pouvons légitimement prétendre réaliser à terme un CA de 5 ou 10 millions d’euros. C’est d’ailleurs notre objectif puisque dans les 100 millions visés d’ici 2017-2018, nous estimons qu’environ 10 % proviendront de l’affrètement.

D’une manière générale, avec cette nouvelle filiale, le groupe Labatut s’ouvre pleinement à l’international. Etait-ce une réelle volonté de votre part ?
PS.
Avant toute chose, il est important de préciser que le transport et l’affrètement ne sont plus une affaire nationale. Il faut être en mesure de répondre aux exigences de nos clients, que ce soit pour une livraison à Paris, Lyon, Marseille, Madrid, Milan ou Hambourg.

J-F. M. Je rejoins complètement Philippe sur la question. Aujourd’hui, même si une grande partie de notre chiffre d’affaires est réalisée en France, notre activité possède une dimension internationale. En transport, nous travaillons depuis longtemps en Espagne et en Italie par exemple, et Veryfret est, effectivement, un moyen de s’ouvrir encore davantage au-delà de nos frontières.

PS. Après, il faut rester mesuré. Avec Veryfret, nous avançons étape par étape et allons, dans un premier temps, nous limiter à l’Europe avant de voir plus loin. De toute façon, nous ne pouvons pas faire de l’aérien ni de l’extra communautaire car nous ne sommes pas spécialisés en douane. Cela demande une expertise particulière que nous n’avons pas.

Quels sont les prochains grands chantiers du groupe Labatut ?
J-F. M.
Nous souhaitons ouvrir davantage de bureaux aussi bien pour Veryfret que pour Veolog Overseas, tout en développant notre société Vers Chez Vous. C’est une activité très porteuse. Nous avons été choisis par la Ville d’Aix-en-Provence pour mettre en place une plate-forme logistique en plein centre-ville, afin d’assurer une distribution éco-responsable en limitant les déplacements des poids lourds et des véhicules thermiques. Bientôt, les transporteurs auront le choix de s’équiper en véhicules propres ou de se tourner vers nous et de nous confier leurs livraisons. C’est un modèle auquel nous croyons énormément pour le futur.
 

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