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Motaquip, Garage numéro 1 ?

Publié le 20 juin 2013
Par Axel Abadie
4 min de lecture
Si l’enseigne étend très doucement son réseau, l’éloignant, pour l’heure, de tout palmarès, Garage Auto Numéro 1 est en tout cas le nom de son premier adhérent, établi en septembre dernier dans les Yvelines. Rencontre avec son propriétaire, Rui Gracio, trente ans d’automobile, et qui découvre par là même le multimarquisme.
Rui Gracio, dans le secteur automobile depuis 30 ans, est le premier adhérent Motaquip. Son centre a ouvert ses portes en septembre 2012.
Rui Gracio, dans le secteur automobile depuis 30 ans, est le premier adhérent Motaquip. Son centre a ouvert ses portes en septembre 2012.

”Les derniers seront les premiers”, dit le Nouveau Testament. La foi, il faut l’avoir quand on s’appelle Motaquip, que l’on est une enseigne de réparation multimarque et que l’on vient s’installer en France dans un paysage de l’après-vente hyper concurrencé. Ce pari, Peugeot se l’est lancé à la fin de l’année dernière, en implantant dans l’Hexagone sa marque de pièces détachées bien connue outre-Manche, qui s’accompagne d’un réseau de réparation, Motaquip Car Service (MCS)*.

Un peu plus de six mois après l’officialisation de l’arrivée du réseau, où en est Motaquip ? Pour le client qui voudrait trouver l’adhérent le plus proche de chez lui, la carte, sur son site Web, contenant seulement 10 pictogrammes à ce jour, est bien triste. Charles Sirot, responsable du réseau MCS, explique que “l’enseigne est actuellement sur 60 prospects. Le réseau est bien plus avancé qu’il n’y paraît, mais le site ne répertorie que les adhérents qui en portent déjà les couleurs”.

MCS a d’ailleurs donné un coup de fouet en février dernier, avec l’embauche d’une force de terrain dédiée au développement du réseau. Du coup, si les premiers adhérents étaient des concessionnaires ou agents qui ouvraient une deuxième affaire, les prospects sont désormais beaucoup de MRA ou de carrossiers. “Ces animateurs, qui tournent avec nos chefs de vente, sont des gens qui maîtrisent tout l’aspect du contenu de la licence Motaquip. Ils sont constamment en contact avec nous, ainsi les choses s’accélèrent”, poursuit le responsable.

Rui Gracio, lui, a commencé en septembre 2012, en pionnier. “C’était un vrai défi de se lancer là-dedans, parce que la marque n’existait pas en France, explique-t-il. Du coup, je suis souvent obligé d’expliquer le concept, de définir qui on est. Peut-être que je peux pâtir d’une marque que les gens ne connaissent pas, mais il existe des automobilistes qui veulent essayer quelque chose de nouveau, et on est là pour eux.”

Rui Gracio, c’est une carrière de plus de trente ans dans l’automobile. Derrière une porte dérobée de son atelier, se cachent quelques voitures qu’il retape, en grand passionné. Cet atelier, il se situe à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines. C’est là que le nouvel adhérent a déjà ses affaires Peugeot et Citroën. Cet atelier, acheté il y a plusieurs années, il l’avait délaissé, préférant donner un coup de neuf à sa concession du lion. Et puis, lorsque le moment est venu d’anticiper sur une concurrence naissante, il a lui-même voulu se lancer dans le multimarquisme. Grand fidèle aux panneaux constructeurs, c’était pour lui une première. Après avoir hésité à porter les couleurs d’une autre enseigne, il a finalement pris le parti de devenir l’ambassadeur du nouveau venu Motaquip.

Ambassadeur

Voilà donc huit mois que le Garage Auto Numéro 1 a ouvert ses portes. Avant les codes d’une enseigne méconnue, c’est tout simplement la réparation multimarque qu’il a dû apprivoiser. “Aujourd’hui, dans les baies, j’ai deux Ford. J’ai eu de l’A3, de la Classe A… Les marques se succèdent. J’avais imaginé qu’il y aurait des véhicules de 4 ou 5 ans, mais je constate que nous avons des véhicules plus récents que cela. Malgré tout, il y a des marques qui ne sont pas du tout représentées”, constate-t-il.

S’il doit faire face à quelques centres-autos dans les environs, l’activité, en progression, le conforte. Avec une enseigne de grande distribution et une station-service au bout de la rue, le garage de Rui Gracio est bien placé. “Je considère que nous allons très bien, se réjouit-il. Ce qui fait que nous avons un certain succès, c’est d’arriver dans le multimarquisme en étant un professionnel expérimenté.” Selon le chef d’entreprise, cela commence par l’accueil, comparable à celui d’un centre de marque. Dès la réception du véhicule et, surtout, au moment de l’explication du devis et des travaux. “Et puis, ici, nous avons une tarification identique aux centres-autos. Je retrouve des clients que j’avais perdus en concession”, ajoute-t-il.

Une fleur

Entrer dans le giron MCS, c’est aussi jouer le jeu de l’Internet collaboratif. C’est le risque qu’a souhaité prendre l’enseigne en proposant aux clients de noter leur garagiste. Charles Sirot martèle qu’il n’y a pas de modération, et que les commentaires négatifs, dans la mesure où ils ne sont pas insultants, sont publiés. A ce jour, si l’on se penche sur les dix avis qui portent sur le garage de Rui Gracio, c’est le jackpot : 5 étoiles sur 5 possibles. La qualité de l’accueil ou des conseils, le respect des engagements ainsi que la satisfaction globale sont au plus haut.

“C’est très nouveau, et les gens ne s’en servent pas encore assez, assure Charles Sirot. Dans la démarche, il est compliqué pour le garagiste de poser des questions au retour du client. Il faut donc l’inciter à se rendre sur le site après une intervention.” Rui Gracio, lui, ne sait se satisfaire de ces avis positifs : “Avec mon équipe, nous fournissons un incroyable travail. Ces dix commentaires, je le pense, sont mérités, mais ne sont pas suffisants.” Pour en arriver là, le propriétaire a parcouru les allées de Conflans-Sainte-Honorine pour déposer moult prospectus dans les boîtes aux lettres.

“Il faut communiquer, innover sans cesse. Il faut aller dans le sens du commerce, marquer le coup. La fête des mères, par exemple, c’est l’occasion rêvée. Pour une intervention, chaque client repartait avec une fleur. C’est une petite attention, certes, mais elle fait la différence quand le client quitte le garage”, fait remarquer Rui Gracio. Il confesse que certains clients sont déjà fidélisés et que les offres promotionnelles fonctionnent bien. Le freinage, les suspensions, la vidange comptent, pour beaucoup, dans les entrées atelier.

Professionnalisme

L’expérience de Rui Gracio fait qu’il opte, aussi, pour des prix d’appel, comme sur la vidange. Une prestation de 15 euros inférieure à ce que pratiquent ses concurrents directs. Une politique tarifaire source d’un des très rares désaccords entre le responsable de l’enseigne et l’adhérent. Charles Sirot admet qu’il ne recommande pas ce dépositionnement dans le prix. La méthode, évidemment, attire les automobilistes. Rui Gracio prône ensuite une remontée graduelle de la tarification. “Je pense que notre seuil critique est de 1 500 clients. Nous travaillerons différemment lorsque nous aurons atteint ce palier”, complète-t-il.

Du prix, donc, et du sérieux. Dans l’atelier, un point équipe chacune des quatre baies. Climatisation, diagnostic, géométrie… il a plus qu’il n’en faut, selon Charles Sirot. “Les MCS ne seront que rarement de pures créations, indique le responsable du réseau. Cela implique un certain professionnalisme dès le départ. Nous pouvions compter sur Rui Gracio pour cela.” Au fil de ces quelques mois d’activité, l’adhérent numéro 1 s’est rendu compte que le samedi devenait une journée chargée, contrairement à ce qu’il constate en concession. Pour se donner les moyens de suivre ce rythme, le dirigeant est sur le point d’embaucher un autre technicien, en sus des deux présents aux côtés de l’hôtesse d’accueil. Si la trajectoire de l’enseigne est encore incertaine, on peut être sûr, néanmoins, qu’elle est partie du bon pied.

*En complément, consulter la fiche Motaquip Car Service en cliquant ici.

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