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Lubrifiants

Lubrifiants : Cyclevia monte en puissance

Publié le 31 mars 2023
Par Marc David
3 min de lecture
Un an après sa mise en œuvre, l'éco-organisme de la filière des huiles et lubrifiants usagés dresse un premier bilan positif. Avec 180 producteurs fédérés et plus de 200 000 tonnes déjà collectées, Cyclevia se dit sur la bonne voie pour tenir les objectifs fixés.
Cyclevia
Selon Cyclevia, 40 % des collectivités sont enregistrées ou en passe de l’être, soit 60 % des points d’apport volontaire du territoire. ©Christophe Meireis

Un an après l’obtention de son agrément, c’est l’heure du premier bilan pour Cyclevia. Première satisfaction : plus de 180 producteurs ont décidé de rejoindre l’éco-organisme de la filière des huiles minérales et de déclarer leurs volumes mis sur le marché. Ce qui représente près de 90 % du gisement. Autre chiffre prometteur : 40 % des collectivités ont déjà adhéré au principe.

Dès juillet dernier, Cyclevia a, en outre, enregistré la quasi-totalité des collecteurs-regroupeurs français et européens (une soixantaine d'entreprises). L'organisme couvre ainsi l'ensemble du territoire, offrant aux professionnels la gratuité du ramassage de leurs huiles usagées. À ce sujet, il faut d'ailleurs souligner que les soucis judiciaires rencontrés avec l'un des opérateurs nationaux de traitement sont désormais rentrés dans l'ordre.

Fort de maillage, Cyclevia pu organiser la collecte de pas moins de 203 000 tonnes d'huiles en 2022 (soit un taux de 50 %), dont 79 % ont pu être livrées à la régénération. Un bilan bien au-delà des objectifs qui faisaient état de 75 % à fin 2023.

"En 2022, nous nous sommes attachés à poser les bases avec la mise en place d'une structure solide, fédératrice, et à soutenir immédiatement, par des mesures concrètes, la collecte et le traitement des huiles usagées, résume André Zaffiro, directeur général de Cyclevia. Notre premier bilan s'avère très positif, tant pour nous que pour l'ensemble de la filière".

Cap sur l’Outre-mer

Si ce premier bilan est prometteur, Cyclevia entend bien passer à la vitesse supérieure dans les prochains mois. "Bien sûr, tout n'est pas bouclé car au niveau des mises en marché nous pensons nous situer à 87 % de notre potentiel réel, explique André Zaffiro. Pour ce qui est de la collecte et du traitement, l'arrivée d'un nouvel opérateur devrait nous permettre de monter en puissance, sachant que nous devons encore renforcer nos actions en faveur de la collecte".

Le dirigeant de l’éco-organisme entend notamment mettre l’accent particulier sur l'Outre-mer. "La situation est quelque peu tendue et nous éprouvons certaines difficultés à rapatrier les déchets sur la métropole, avec notamment des soucis de collecte et une saturation des routes maritimes", regrette André Zaffiro.

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Ainsi, si des visites ont déjà été effectuées en 2022 à La Réunion (qui a vu le rapatriement en novembre dernier de 680 tonnes d'huiles usagées vers la métropole), la Guadeloupe, Mayotte et la Martinique, au cours de l'année 2023, Cyclevia se rendra en Guyane (c'est bien le cas à l'heure où nous bouclons ces lignes), mais aussi à Saint-Martin puis à Saint-Pierre-et-Miquelon.

Vers la fabrication d'huiles régénérées de groupe 2 ou 3

Au-delà de cet aspect, et ceci toujours dans le but de faire progresser la filière, 2023 sera aussi marquée par la mise en place de "l'info-tri" (en cours de validation par les services de l’État), qui figurera sur les étiquettes de bidons d'huile. Une obligation légale en mesure de responsabiliser les ménages.

Ce n’est pas tout : Cyclevia lancera, fin 2023, un appel à projet visant à l'implantation en métropole d'une unité de régénération capable de produire des huiles de base régénérées de groupe 2 et 3. "Les consommateurs mais aussi les professionnels qui commercialisent les produits doivent être fiers d'utiliser de l'huile régénérée de très bonne qualité, une démarche considérée auparavant comme un gage de non-qualité", fait remarquer André Zaffiro.

Un élément d'importance et normalement en mesure, à moyen terme, de réduire le montant de l'éco-contribution, qui demeure pour le moment au même niveau (89 €/tonne) qu'en 2022.

Enfin, du côté des garagistes, désormais exonérés des frais de collecte (ex-TGAP), les retours sont très positifs selon André Zaffiro. "D'ailleurs, le fait que les garagistes fassent preuve d'une certaine vigilance au niveau des fluides récupérés nous permet de collecter des produits à régénérer d'excellente qualitéDe quoi nous amener à accentuer notre communication sur ce point en 2023".

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