Après une année 2025 sous pression, les grandes manœuvres commencent pour GPC et LKQ

La rechange automobile mondiale a traversé une année 2025 difficile. GPC (Genuine Parts Company) et LKQ, qui figurent parmi les leaders du secteur, l'ont tous deux reconnu au moment de présenter leurs résultats annuels, à deux jours d'intervalle.
Si les situations diffèrent par l'ampleur et la nature des difficultés rencontrées, un fil rouge relie leurs bilans : une pression sur les marges qui a conduit les deux géants de la pièce à engager des transformations structurelles pour remettre les compteurs à zéro.
Des résultats en deçà des attentes
Avec un chiffre d'affaires annuel de 24,3 milliards de dollars (+3,5 % sur un an), GPC affiche une croissance rassurante à première lecture. Mais la réalité est plus nuancée : portée en grande partie par les acquisitions et un effet de change favorable, cette hausse masque une dynamique organique poussive. Sur le quatrième trimestre, les ventes ont certes progressé de 4,2 % à 6 milliards de dollars environ, mais le bénéfice ajusté par action s'est contracté à 1,55 dollar contre 1,61 dollar un an plus tôt.
Les chiffres de la division "International Automotive", qui regroupe les activités européennes et australasiennes, illustrent ce paradoxe : le CA affiche une croissance de 6,4 %, mais celle-ci est portée par un effet de change favorable (+5,1 %) et de récentes acquisitions (+2,2 %). En réalité, les ventes comparables ont reculé de 0,9 % sur cette période...
Côté Ebitda, la progression globale sur l'ensemble de l'exercice (+0,5 %) masque des réalités très contrastées : l'industrie (+4 %) tire les résultats vers le haut, tandis que l'activité automobile en Amérique du Nord (-6,2 %) et à l'international (-4,2 %) sont en retrait.
La situation de LKQ est plus préoccupante encore. Le distributeur a enregistré un repli de 1,3 % de son chiffre d'affaires, à 13,7 milliards de dollars, et une baisse de 11,2 % de son bénéfice ajusté par action, revenu à 3,01 dollars. En Europe, les résultats du groupe sont également dans le rouge : le chiffre d'affaires organique y a reculé de 4,3 % sur l'année entière et de 4,8 % au seul quatrième trimestre. L'Ebitda sur l'année s'établit à 1 509 millions de dollars, soit un recul de 10,5 %.
Justin Jude, président-directeur général de LKQ, a reconnu les difficultés rencontrées sur le Vieux Continent, pointant un environnement macroéconomique défavorable. "Malgré les vents contraires […], l'équipe dirigeante européenne a adopté une position plus ferme sur la productivité pour s'assurer que la structure de coûts appropriée soit mise en place en 2026", a-t-il précisé.
GPC et LKQ : le temps des grandes manœuvres
À noter que plusieurs annonces stratégiques ont accompagné la présentation de ces chiffres. Chez GPC, la séparation des activités automobiles et industrielles est désormais actée. D'ici le premier trimestre 2027, deux sociétés indépendantes cotées verront le jour : l'une centrée sur la distribution automobile mondiale sous bannière Napa, l'autre consacrée à la distribution industrielle sous l'enseigne Motion. Pour 2026, GPC vise une croissance totale de ses ventes comprise entre 3 et 5,5 %, et un bénéfice ajusté par action de 7,50 à 8 dollars.
Chez LKQ, c'est une revue stratégique globale, initiée par le conseil d'administration le 26 janvier 2026, qui structure désormais les perspectives. Toutes les options sont sur la table pour créer de la valeur actionnariale, y compris, comme le groupe l'a déjà évoqué, une cession partielle ou totale. En parallèle, LKQ poursuit l'allègement de son portefeuille : après la vente de l'entité "Self Service" en octobre, le groupe a annoncé en décembre l'exploration d'une cession potentielle de son activité "Specialty".
Pour mieux aligner sa structure de coûts avec ses marchés prioritaires, le groupe a également approuvé un plan de restructuration. Il doit permettre de dégager plus de 50 millions d'économies annualisées dont plus de la moitié dès 2026.
Pour 2026, la direction table sur une croissance organique comprise entre -0,5 % et +1,5 % et un BPA ajusté de 2,90 à 3,20 dollars. "L'excellence opérationnelle reste notre priorité absolue, alors que nos équipes continuent à piloter la simplification et la productivité dans un environnement de demande incertain", a résumé Rick Galloway, directeur financier du groupe.
