GPC scinde ses activités avec Napa et Motion

Les rumeurs disaient vrai. Genuine Parts Company (GPC), basé à Atlanta (États-Unis), annonce la scission de ses deux métiers historiques. Les divisions automobile et industrie seront bientôt indépendantes. Cette décision stratégique marque un tournant pour le groupe centenaire, qui pèse plus de 24 milliards de dollars de chiffre d'affaires au total.
GPC veut gagner en agilité
La manœuvre s'inscrit dans une logique d'optimisation selon le groupe américain. Selon Will Stengel, directeur général de GPC, cette restructuration vise à "créer deux entreprises focalisées et indépendantes qui améliorent la clarté opérationnelle et la rapidité d'exécution". Ce type de scission répond aussi à une pression croissante des fonds activistes, qui multiplient les interventions auprès des conglomérats pour les inciter à simplifier leurs structures et à se séparer de divisions jugées non stratégiques, avec la promesse de créer davantage de valeur pour les actionnaires.
Concrètement, pour GPC, chaque entité disposera de sa propre direction, de sa stratégie dédiée et de sa structure financière adaptée. Objectif : permettre à chacune d'entre elle de concentrer ses investissements sur son cœur de métier sans les contraintes d'un groupe multi-activités.
La branche automobile, qui conservera la marque Napa et ses déclinaisons internationales comme Repco en Australasie, revendique la première place mondiale dans la distribution de pièces détachées. Avec 15 milliards de dollars de ventes et 1,2 milliard d'EBITDA réalisés en 2025, cette entité s'appuie sur plus de 10 000 points de vente à travers l'Amérique du Nord, l'Europe (avec sa filiale Alliance Automotive Group) et l'Australasie.
Motion, un leader de la maintenance industrielle
De son côté, l'activité industrielle Motion affiche également des performances solides : 9 milliards de dollars de CA et plus de 1,1 milliard d'Ebitda l'an dernier. Le distributeur dispose d’un catalogue de 10 millions de références couvrant la transmission de puissance, l'automatisation ou encore la manutention.
Son portefeuille compte 180 000 clients répartis sur 14 secteurs industriels différents. L'entreprise entend capitaliser sur plusieurs tendances de fond : la relocalisation des activités manufacturières, l'essor de l'automatisation et de la robotique, le développement des infrastructures liées à l'intelligence artificielle, ou encore la raréfaction de l'expertise technique dans l'industrie.
Une séparation prévue pour 2027
La transaction, qui prendra la forme d'une opération défiscalisée pour les actionnaires américains, devrait aboutir au cours du premier trimestre 2027. Elle reste soumise à l'approbation finale du conseil d'administration et au dépôt d'un dossier d'enregistrement auprès de la SEC, l'autorité boursière américaine. Aucun vote des actionnaires n'est requis.
Les noms officiels des deux futures entités, leurs équipes dirigeantes et la composition de leurs conseils d'administration seront dévoilés ultérieurement. D'ici là, GPC prévoit d'organiser des journées investisseurs dans la seconde moitié de 2026 pour détailler ses plans opérationnels et ses objectifs stratégiques.
Sur le même sujet
