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Equipementiers

La philosophie Premium selon Brembo

Publié le 16 novembre 2012
Par Axel Abadie
4 min de lecture
Les installations de Curno, près de Bergame, en Italie, permettent à Brembo de prendre en charge la globalité de la production de ses étriers. L’équipementier lève un pan du voile sur ce qui fait sa renommée, entre responsabilisation des opérateurs et obsession esthétique.
Les installations de Curno, près de Bergame, en Italie, permettent à Brembo de prendre en charge la globalité de la production de ses étriers. L’équipementier lève un pan du voile sur ce qui fait sa renommée, entre responsabilisation des opérateurs et obsession esthétique.
Les installations de Curno, près de Bergame, en Italie, permettent à Brembo de prendre en charge la globalité de la production de ses étriers. L’équipementier lève un pan du voile sur ce qui fait sa renommée, entre responsabilisation des opérateurs et obsession esthétique.

Le maître des lieux, ce mercredi 19 septembre, c’est Massimiliano Mologni. Sur le site de Curno, près de Bergame, en Italie, berceau de Brembo, le responsable de la Business Unit automobile nous fait faire le tour du propriétaire. Les étriers de centaines de milliers de véhicules Premium sont traités et assemblés ici, avant d’être expédiés via camions et bateaux à travers le monde. Les sorties journalières ? Question trop sensible en regard de la Bourse, le secret est gardé.

Premier bâtiment : 300 personnes pour 50 machines. C’est la BU Oxydation Usinage (photo 1), où l’on procède aux étapes d’anodisation et de phosphatation des pièces. C’est le premier traitement appliqué aux étriers. “Nous travaillons six jours par semaine, et dans certains cas le dimanche, sachant que les machines doivent être à l’arrêt au moins six heures par jour”, détaille Massimiliano Mologni.

Qualité et design

A Curno, la philosophie de production est basée sur l’autocontrôle des opérateurs. Ils travaillent sur les pièces et procèdent aux différentes vérifications en bout de ligne. A chaque fin de lot, une pièce est mise de côté sur une étagère dédiée au contrôle. La centralisation des vérifications se fait un peu plus loin, avec l’élaboration de rapports pour chaque lot. Si tous les curseurs sont au vert, les pièces poursuivent leur route, signées par le chef d’équipe.

Suite à l’usinage, celles-ci sont lavées et placées sur un égouttoir, prêtes pour l’oxydation anodique, ou anodisation. C’est également à ce moment-là que la couche de couleur est éventuellement apposée, en fonction de la commande client (photo 2).

Changement de lieu, direction la BU Assemblage, qui dispose du département logistique.
Ici, 400 employés travaillent sur les lignes de montage, certaines étant dédiées aux plus grands clients de Brembo, comme Porsche ou Ferrari (photo 3). L’équipementier porte une attention particulière à l’esthétique de ses pièces. Massimiliano Mologni, prenant en mains un étrier mis de côté, explique : “Il est primordial de ne pas avoir de problème avec l’aspect extérieur des pièces. Le moindre détail doit être parfait, même si cela ne se voit pas une fois la pièce montée.” Ou le nécessaire mariage du beau et de la qualité, pour des clients Premium.

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FOCUS - Résistance à l’épreuve

A quelques kilomètres de Curno, Brembo a pris ses quartiers au “Kilometro Rosso”. Administration, R&D, mais aussi expérimentations : c’est en effet ici que sont présentées à différents tests les pièces de l’équipementier. “Les prototypes sont soumis à des cycles de charge supérieurs aux conditions physiquement applicables sur le véhicule, dans différentes conditions environnementales” explique Brembo. Les installations ne comptent pas moins de 16 bancs dynamiques, sur lesquels travaillent 20 personnes, pour toutes les applications que couvrent les pièces de l’Italien. Ultime vérification, les essais sur piste et sur route, sur les véhicules fournis par les clients. La performance, la durée et le confort sont ainsi passés au peigne fin. Si cela ne convient pas, Brembo travaille à l’amélioration de sa technologie depuis sa conception matérielle.

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3 QUESTIONS À... Andrea Abbati Marescotti, directeur général de Brembo S.p.A

Quel regard portez-vous sur l’activité de Brembo à ce jour ?
Notre situation à l’échelle mondiale est excellente, surtout si l’on regarde la crise de la consommation et surtout de l’automobile. Nous nous attendons à une croissance de près de 10 % en 2012, ce qui constitue un excellent résultat compte tenu des taux de croissance réalisés en 2011 et 2010. En Europe, notre activité première monte est très bonne en Allemagne, notre premier marché, et souffre en France ou en Italie par exemple. Malgré tout, nous améliorons notre pénétration, en gagnant de nouveaux clients. Concernant l’aftermarket, notre activité est stable, avec 24 % de parts de marché en Europe.

Justement, quelle est la stratégie de Brembo dans le domaine de la rechange ?
Historiquement, Brembo est présent sur le marché de la rechange depuis son début. Brembo est présent dans tous les grands marchés et nous avons cependant des directeurs nationaux selon les pays, même si physiquement situés au siège en Italie. C’est le cas en France, où nous n’avons pas de bureaux. Nous nous reposons ainsi sur nos clients distributeurs que sont ACR System, le groupe Laurent, Bosal Distribution et Doyen Auto France.
J’ai récemment vu les résultats France ainsi que les prévisions pour 2013, et tous les curseurs sont au vert. Brembo, en tant que marque Premium, y est très apprécié, c’est pourquoi nous prévoyons une croissance à deux chiffres.
Notre marque est très populaire dans l’Aftermarket, mais plus encore dans celui des kits de conversion. Les utilisateurs finaux qui souhaitent améliorer les performances de leurs véhicules sont sensibles à l’expérience de Brembo, enrichie, chaque week-end dans toutes les plus importantes courses automobiles dans le monde, de la Formule1 à la MotoGP, de la série Indy au Rally.

Brembo garde le contrôle de son outil industriel en possédant, notamment, ses propres fonderies. C’est la clé de la réussite ?
De notre point de vue, il faut dominer toute la technologie afin de s’assurer de fournir les meilleurs systèmes. C’est un très fort engagement, en termes d’investissement, mais dont les retombées sont colossales. Le contrôle de la chaîne de valeur est essentiel, de même que les technologies que nous pouvons offrir à nos clients. En termes d’investissement dans la R & D, 10 % de nos collaborateurs travaillent dans l’innovation et en tant que groupe, nous investissons 5 % de notre chiffre d’affaires chaque année. C’est indispensable pour maintenir notre position de force sur le marché.

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