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Pneumatique : enjeu de présent et d’avenir

Publié le 11 octobre 2022
Par La Rédaction
4 min de lecture
Alors que le salon EQUIP AUTO PAris ouvre bientôt ses portes, les exposants spécialisés dans les pneumatiques et les accessoires, sont déjà dans les starting-blocks. En cause : une activité pneus qui revient en force dans les garages. Explications avec Point S et Continental Tires.
Fidèle à ses objectifs, Continental Tires présentera à EQUIP AUTO Paris la technologie ContiRe. Tex, une carcasse intégrant des nattes faites de bouteilles en plastique recyclées.

Aujourd’hui, écologie et connectivité sont les thématiques communes aux innovations automobiles. Et le pneumatique n’échappe pas à la règle. En témoignent les nouveautés présentées notamment par Continental Tires EQUIP AUTO, telles que la technologie ContiRe. Tex qui permet d’intégrer à la carcasse des pneus des nattes en polyester issu de granulats obtenus après le broyage de bouteilles en plastique. 9 à 15 bouteilles en PET recyclées étant nécessaires pour un pneu.

L’objectif, in fine, faire du pneumatique, pourtant digne héritier de l’industrie pétrochimique, un produit plus durable et écoresponsable. "Nous augmentons sans cesse la part de matériaux renouvelables et recyclables dans nos pneus. D’ici 2050 au plus tard, nous voulons utiliser uniquement des matériaux durables dans la production de nos pneus", a d’ailleurs expliqué Ferdinand Hoyos, directeur de la division remplacement des pneus EMEA de Continental.

Vers des pneus intelligents

« En fait, nous adaptons nos produits aux normes et aux contraintes écologiques qui évoluent beaucoup et très vite », Pierre-Emmanuel Leclercq, chef de produit pneumatiques PLT chez Continental.

L’aspect connectivité, quant à lui, se matérialise par le TPMS déjà présent sur les pneus des véhicules de tourisme. Mais ce n’est pas tout. Toujours dans le souci d’améliorer la sécurité de l’automobiliste, Continental mène différents travaux permettant de mettre au jour des pneumatiques intelligents. Il a d’ailleurs développé un certain nombre de concepts, à l’instar de ContiSense ou de ContiAdapt.

Le premier est un pneu qui informe le conducteur en temps réel de son état, de la pression de gonflage, de la température et de la profondeur de la bande de roulement, etc. Et le second consiste à ajuster la largeur de la jante en fonction de l’état de la route et des conditions météorologiques.

Ainsi, selon Pierre-Emmanuel Leclercq, chef de produit pneumatiques PLT chez Continental : "En fait, nous adaptons nos produits aux normes et aux contraintes écologiques qui évoluent beaucoup et très vite. Il nous faut arriver à tout mixer : écologie, sécurité, nouveaux véhicules, une première monte qui recherche des pneus qui consomment le moins possible et offrent une faible résistance au roulement, le client qui veut des pneus avec lesquels faire le plus de kilomètres possible… Donc, nous nous devons de trouver des solutions pour répondre à tout cela. Et à cette fin, nous travaillons sur trois axes principaux : la carcasse et la structure, le profil du pneu et le mélange de gommes."

S’adapter en toutes circonstances

« Pour moi, il se pourrait bien que, à l’instar de la pièce issue de l’économie circulaire, le pneu rechapé fasse lui aussi partie d’une obligation légale », Lionel Haberlé, directeur marketing, communication & stratégie d'enseignes chez Point S.

Si, aujourd’hui, le pneumatique représente 20 % des opérations d’après-vente, l’arrivée plus massive des véhicules électriques sur le marché devrait faire bouger les lignes. Le VE ayant la réputation de "manger" plus de gomme qu’un modèle thermique.

Combinée aux nouvelles technologies, cette augmentation, a priori, du volume à traiter interpelle les réseaux après-vente et les amène à se projeter dans un avenir proche. "Concrètement, nous avons déjà mis en place une formation chez Point S pour former nos points de vente à la technologie électrique. C’est d’ailleurs la troisième formation demandée par nos adhérents sur tout le catalogue dont nous disposons. Et puis, la réalité du marché, c’est qu’aux yeux du consommateur, un technicien qui sait intervenir sur un VE sait forcément aussi le faire sur un thermique ou un hybride, explique Lionel Haberlé, directeur marketing, communication & stratégie d'enseignes chez Point S. En revanche, ce que l’on ne maîtrise pas encore, c’est le volume de TPMS que nous aurons à changer puisqu’ils vont se démocratiser sur les futurs véhicules, mais aussi le volume de pneumatiques que nous amènerons les VE. Nous travaillons avec différents organismes pour essayer de tracer le marché dans les trois à cinq prochaines années de manière à voir justement quel sera l’impact du véhicule électrique sur l’activité pneus dans nos garages."

 Reste que les nouvelles technologies de pneus eco-friendly ou connectés n’effraient pas le réseau à l’heure actuelle. Là aussi, il s’adapte.

Pneu rechapé : la voie royale ?

Et pour cause, le changement le plus flagrant dans l’après-vente se fera sans doute, prochainement, sur le poids du pneu de tourisme rechapé. Pour Lionel Haberlé, il s’agit là d’une véritable voie d’avenir : "Aujourd’hui, la notion de réemploi est très importante dans l’automobile. Et à choisir, à prix égal, entre des pneus venus de l’autre bout du monde et des pneus rechapés en France, il n’y a pas à aller chercher bien loin pour savoir quelle option choisira le consommateur. Pour moi, il se pourrait bien que, à l’instar de la pièce issue de l’économie circulaire, le pneu rechapé fasse lui aussi partie d’une obligation légale, consistant à le proposer à nos clients dans les garages."

 Une éventualité qui n’a pas échappé à Continental. En effet, le manufacturier inclut aujourd’hui le pneu rechapé de tourisme dans ses réflexions de développement. À suivre.

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