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Comprendre et entretenir : le collage des vitrages

Publié le 9 mars 2012
Par Jean-Marc Felten
3 min de lecture
Activité de carrossier ou de spécialiste, le vitrage est une source de profit intéressante, mais qui nécessite une bonne maîtrise des process pour répondre à des délais de réparation très courts. Au cœur des méthodes et des fournitures, la colle joue un rôle décisif.
Méthode et qualité des produits sont essentielles à une pose de vitrage réussie.
Méthode et qualité des produits sont essentielles à une pose de vitrage réussie.

Le montage des pare-brise est une activité en réparation qui a pris une nouvelle dimension depuis l’intégration du vitrage comme élément structurel, dans les années 80. Jusque-là, le pare-brise était assemblé sur la caisse par un joint en caoutchouc. Les difficultés d’assemblage limitaient les constructeurs dans les formes et les dimensions des vitrages utilisés, ce qui pénalisait les stylistes. Simultanément, les constructeurs cherchaient à améliorer la résistance mécanique de leurs véhicules. L’utilisation de la rigidité des vitrages était donc une opportunité qui permettait des progrès importants. Enfin, les fabricants de produits ont commencé à proposer des colles adaptées aux attentes des constructeurs automobiles : faciles à utiliser, résistantes dans le temps et respectant les caractéristiques mécaniques et d’étanchéité demandées.

Une évolution rapide

Les colles butyles utilisées initialement présentaient de nombreux défauts qui pénalisaient le remplacement et la résistance mécanique, et cette technique fut abandonnée dès l’apparition des colles polyuréthane et polymère. L’objectif des fabricants de colles est désormais de permettre une pose simplifiée pour les réparateurs, tout en assurant une remise sur la route de la voiture le plus rapidement possible, et en respectant la sécurité imposée par les équipements de sécurité passive (airbags) et la conformité aux résistances aux chocs, matérialisée par les tests “Euro N-cap”.

La colle assure l’intégrité de la structure

Les caractéristiques mécaniques des colles répondent à deux données contraires. Pour assurer la meilleure intégration dans la structure du véhicule, la colle doit rigidifier au mieux le pare-brise avec la caisse, mais le vitrage ayant une rigidité plus grande que la coque métallique des voitures et un point de rupture très bas, il est nécessaire d’ajuster le collage pour laisser une souplesse minimum entre les deux et un jeu permettant aux tôles de bouger par rapport aux vitrages. C’est la souplesse de la colle et la qualité du montage qui assurent un respect de ces contraintes.

Chimie et caractéristiques

Les colles butyles n’ont aujourd’hui plus cours. La quasi-totalité des véhicules utilisent des colles polyuréthane. Quelques fabricants de colles préconisent des polymères, dont les qualités sont proches de celles du polyuréthane, avec des différences au niveau de l’application.

Le polyuréthane est un type de colle largement répandu pour ses propriétés d’adhésion forte sur de très nombreux supports. Ces colles sont élaborées avec des composés vinyliques (assemblages à double liaison carbone / carbone) ou à base d’oxyde d’éthylène et de caprolactame, et se présentent sous forme de très longues chaînes physico-chimiques. Les colles polyuréthane sont très résistantes à l’eau et adhèrent assez facilement sur de nombreuses surfaces, dont les peintures, la tôle et le vitrage. Leur résistance importante à la traction et au cisaillement les rende favorables à une utilisation pour les vitrages sur les véhicules. La souplesse de l’assemblage est efficace sur une très grande plage thermique, de - 40 °C jusqu’à + 80 °C. Comportant des composants toxiques, elles sont polluantes et irritantes pour les yeux.

Des évolutions récentes

Les colles récentes répondent à de nouveaux cahiers des charges des constructeurs. D’une part, le module de raideur est supérieur aux anciennes colles, afin d’augmenter la rigidité des carrosseries, d’autre part, la conductivité des colles est contrôlée pour permettre le fonctionnement sans court-circuit des circuits électriques intégrés dans les pare-brise. Ce sont les colles HMLC (haut module, faible conductivité). Les deux caractéristiques sont indépendantes, mais les fabricants les associent, du fait que les véhicules qui ont besoin d’une colle à haut module ont également des réchauffages de pare-brise, des antennes intégrées et nécessitent donc la seconde caractéristique. En réparation, les fabricants de colles élaborent des produits intermédiaires, pour répondre simultanément à toutes les demandes. La conductivité de la colle vient de la présence en proportions plus ou moins importantes de noir de carbone, qui donne, entre autres, la couleur noire. Naturellement, les colles polyuréthane sont blanches.

Les méthodes, usage des produits

Les fabricants de colles préconisent des méthodes très strictes pour la pose des pare-brise. Si l’outillage est laissé à l’initiative des poseurs, les pistolets d’extrusion mécanisés sont fortement recommandés, électriques ou pneumatiques. Le plus régulier est le pistolet électrique. Souvent sans fil, il dispose d’une puissance plus régulière, mais s’avère plus lourd. Le pistolet pneumatique est plus léger, mais le raccord pneumatique au réseau du garage peut se révéler gênant pour tourner autour du vitrage, encore plus si le technicien encolle sur la baie de pare-brise. Inconvénient du pistolet pneumatique, si le piston appuie directement sur la colle, sans piston intermédiaire, l’air sous pression peut passer dans la colle et occasionner des bulles dans la pose du cordon et des risques importants de fuites.

Pour obtenir une adhérence correcte sur le support, la colle doit s’appuyer sur un primaire. La mise en place de celui-ci est donc importante. Son action est complétée d’une protection aux ultraviolets, car les colles polyuréthane ne les tolèrent pas. C’est la raison pour laquelle ces primaires sont généralement noirs. Pour une application de la colle directement sur le pare-brise, le cordon de primaire peut constituer le meilleur guide, pour des applications où le pare-brise s’appuie en deçà de son contour extérieur, par exemple les pare-brise qui avancent dans le compartiment moteur.

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