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“Les consommateurs sont intéressés par le concept, ils se rendent chez nous pour acheter des pièces de réemploi”

Publié le 5 janvier 2011
Par Axel Abadie
4 min de lecture
Didier Richaud, P-dg de Caréco France - Le réseau Caréco regroupe des centres certifiés et agréés pour la dépollution et le démontage. La réglementation européenne en matière de recyclage renforce le rôle que ces acteurs peuvent jouer dans le milieu de la réparation automobile. Un seul credo pour Didier Richaud, P-dg du réseau France, la qualité !
Didier Richaud, P-dg de Caréco France - Le réseau Caréco regroupe des centres certifiés et agréés pour la dépollution et le démontage. La réglementation européenne en matière de recyclage renforce le rôle que ces acteurs peuvent jouer dans le milieu de la réparation automobile. Un seul credo pour Didier Richaud, P-dg du réseau France, la qualité !
Didier Richaud, P-dg de Caréco France - Le réseau Caréco regroupe des centres certifiés et agréés pour la dépollution et le démontage. La réglementation européenne en matière de recyclage renforce le rôle que ces acteurs peuvent jouer dans le milieu de la réparation automobile. Un seul credo pour Didier Richaud, P-dg du réseau France, la qualité !

Comment présenteriez-vous le réseau Caréco ?
Nous sommes un groupement de recycleurs, tous certifiés Qualicert, dont l’activité principale est le recyclage et la dépollution de véhicules hors d’usages ainsi que la vente de pièces détachées issues de ce recyclage. Nous comptons aujourd’hui plus de 70 centres. L’objet de ce groupement est d’améliorer l’image de cette profession et de faire en sorte que les pièces que nous démontons soient utilisées par le plus grand nombre de consommateurs. Dans le cadre de la directive européenne bienvenue dans cette atmosphère écologique, nous avons une carte à jouer, puisque nous démontons des véhicules de plus en plus récents. Les pièces détachées sont sélectionnées et contrôlées, conditionnées, référencées et vendues pour les besoins de la réparation.

Au sujet de la pièce de réemploi, quelles sont les réactions des automobilistes ?
Très sincèrement, depuis que Caréco existe, nous avons un bon retour. Il y a une catégorie de consommateurs qui viennent vers nous, intéressés par l’image de Caréco. Quand ils se rendent chez nous, l’accueil est différent de ce qui se faisait dans le métier avant. Le terme “casseur” est impropre aujourd’hui, parce que nombre de sociétés, comme Caréco, font le métier différemment. Grâce à la communication faite autour de ce sujet et aux articles que nous avons, les consommateurs sont attirés par le concept. Donc, ils se rendent chez nous pour acheter des pièces de cette catégorie.

Dans plusieurs de nos magasins, nous avons des commerciaux qui se rendent très régulièrement chez les professionnels et font des circuits d’approvisionnement, comme cela existe pour les pièces neuves chez les concessionnaires par exemple. A partir du moment où nous offrons ce service au réparateur, il est demandeur car cela lui donne du travail supplémentaire, sur une catégorie de voitures qu’il ne réparait pas précédemment. Il y a quelques années, il pouvait être peu valorisant de réparer sa voiture avec une pièce de réemploi. Aujourd’hui, l’image de ce métier, à travers Caréco notamment, change la donne. Je ne vais pas dire que cela devient à la mode, mais je l’espère. La démarche est devenue tellement logique que les gens adhèrent progressivement. L’automobiliste ne fait pas ce geste parce qu’il n’a pas les moyens, mais parce que c’est environnemental.

Ces pièces sont-elles garanties ?
Nous avons une image de société de recyclage. Nous recyclons les véhicules récents tandis que les plus anciens partent en valorisation matière. Et nous donnons sur les pièces d’occasion la même garantie que sur les pièces neuves, à savoir un an.
Il y a aussi des extensions de garantie, sur de très grosses réparations, que nous pouvons étendre jusqu’à deux ans, moyennant un surcoût modéré.

Comment le réseau est-il développé, quelle est la stratégie mise en place ?
Notre stratégie de recrutement est de ne pas forcer sur le lobbying car nous voulons être qualitatifs ! Nous exigeons un certain niveau car nous ne voulons pas ralentir le développement du réseau. A noter aussi, cette année nous avons investi très fortement dans un système d’informatisation, de traçabilité et d’identification des pièces détachées que nous vendons. Il faut pouvoir identifier très clairement les pièces afin de les comparer. Jusqu’à ce jour, chaque indépendant du réseau pouvait vendre dans sa région parfaitement parce que, même non informatisé, il avait une identification et une traçabilité des pièces détachées qui se faisait manuellement (fiches, répertoires). Mais il était plus compliqué de créer des magasins avec des stocks déportés. Dès l’année prochaine, nous pourrons le faire.

Quels sont les critères déterminants ?
Cela dépend de l’aspect et pour commencer, il faut une entreprise saine, propre. C’est une activité où il faut être ordonné, et on peut l’être sans informatique. Ceux qui ont eu la volonté d’investir dans du magasinage propre, dans du matériel (enlèvement, chariots élévateurs), qui ont fait travailler leur personnel dans de bonnes conditions, sont des candidats sérieux. Puis, nous recherchons des gens qui ont l’esprit de partage, au sens de partage de compétences et de savoir-faire. Nous avons réussi à nous développer parce que chacun, dans nos régions, indépendamment les uns des autres, a des savoir-faire différents. En les mutualisant, nous avançons tous beaucoup plus vite, sur des bases solides. Les critères sont là, davantage que le chiffre d’affaires ou la taille de l’entreprise. Nous recherchons ordre et compétences…

Nous avons développé des moyens humains dédiés. Au siège de Caréco France à Paris, il y a une quinzaine de collaborateurs et, dans chacun des métiers périphériques au recyclage, nous avons créé des structures. Elles s’occupent, via des commissions, de développer le concept Caréco. Quelques-uns s’occupent de la communication et sont en relation directe avec tous les adhérents, d’autres prennent en charge le recrutement, la valorisation matière, les garanties, etc. Nous avons des gens sur le terrain, qui rencontrent les nouveaux adhérents comme ceux qui font déjà partie de l’aventure depuis longtemps.

Quelle est la perception par la profession, de ce réseau et de sa nouvelle image ?
A partir du moment où nous apportons un service supplémentaire et que nous n’empiétons pas sur le territoire d’autres secteurs d’activité, cela se passe globalement bien, et c’est bien ressenti. Le gros de notre clientèle, ce sont des gens qui veulent faire des économies. A tel point que cela intéresse les assureurs, compte tenu du fait que nous possédons des pièces de plus en plus récentes. Les consommateurs seront gagnants, car les assurances évaluent leurs primes et cotisations en fonction des sinistres qu’elles payent. Un réparateur aura donc du travail supplémentaire, puisque certaines voitures n’auraient pas été réparées si des pièces neuves avaient été nécessaires.

Parlons du service de vente en ligne, quel retour en avez-vous ?
Cela fonctionne bien. Les demandes sont transmises à l’ensemble du réseau, et nous pouvons être plusieurs confrères à répondre, avec tous les détails nécessaires (prix qualité). Nous n’avons pas encore le mode de fonctionnement d’un site marchand à proprement parler. Mais aujourd’hui, avec le système mis en place, nous avons un succès certain. Les demandes sont importantes chaque jour, et nous répondons positivement pour bon nombre de cas. Pour être honnête, nous n’avons pas mis encore tous les moyens possibles, l’informatisation nationale est indispensable à cela, et elle arrive en 2011. Aujourd’hui, nous sommes dans cette bulle Internet qui explose dans le secteur de la réparation automobile, il y a un potentiel énorme. Nous essayons alors d’anticiper et répondre au mieux à toute demande.

Quelles sont les actualités à venir concernant le réseau ?
Nous allons devoir, dans les années qui viennent, trier les matériaux encore mieux que nous le faisons déjà. L’un des intérêts de Caréco, c’est d’avoir de la valorisation et de la vente de pièces de réemploi. Et le premier des recyclages, c’est la réutilisation. Nous allons donc essayer de vendre un maximum de pièces détachées. Mais le tri coûte cher. Nous sommes en train de trouver des solutions, pour effectuer un tri important en amont, à moindre coût, et ainsi permettre d’envoyer tous les matériaux dans les bonnes filières. En mutualisant nos moyens, cela nous confère des volumes importants, qui intéresseront les prochains demandeurs de ce type de matériaux.
 

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