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Lubrifiants

Des huiles recyclées et plus performantes : Motul déploie NGEN Core

Publié le 30 avril 2026
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Par Lucas Autréau
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3 min de lecture
Après trois années de tests en compétition et fort de premières homologations constructeurs, Motul étend son nouveau label NGEN Core à l'ensemble de ses gammes. À la clé : une réduction de 40 % des émissions de CO₂ par rapport aux huiles vierges, sans compromis sur la performance.
Les gammes 3000, 5000 et 5100 disposent depuis 2026 du logo NGEN Core. ©Motul
Les gammes 3000, 5000 et 5100 disposent depuis 2026 du logo NGEN Core. ©Motul

"On évolue pour apporter de la performance, mais de la performance durable". La formule adoptée par Romain Fabre, directeur marketing de Motul, résume bien l'ambition de NGEN Core, nouveau label technologique du fabricant de lubrifiants.

Avec cette nouvelle gamme, le fournisseur promet des produits équivalents, voire supérieurs aux huiles de base vierges, tout en assurant une réduction de l'empreinte carbone. "On s'est rendu compte que la performance et la durabilité n'étaient pas antinomiques", affirme Romain Fabre.

Pour répondre à ses ambitions, Motul a testé la technologie pendant trois ans dans les plus grandes compétitions, comme le Rallye Dakar avec l'écurie Husqvarna HT Rally Team, ou la coupe Kawasaki ZX-4RR. Des essais grandeur nature qui ont permis de valider les formulations et d'obtenir les premières homologations constructeurs.

Volkswagen et Renault ont en effet approuvé la gamme NGEN 4 dédiée à l'automobile, tandis qu'un accord a été conclu avec Suzuki en Italie autour de la NGEN Hybrid, gamme entièrement dédiée aux véhicules hybrides. Fort de ces retours très encourageants, Motul a décidé cette année de déployer NGEN Core à l'ensemble de sa gamme, en commençant par le segment du deux-roues.

De la compétition à la route

Ainsi, les gammes 3000, 5000 et 5100, huiles phares du segment moto, intègrent dès 2026 la technologie NGEN Core, avec des évolutions techniques mesurables sur chacune d'elles. La 3000, huile minérale, voit sa formule 20W-50 optimisée avec une viscosité CCS (à froid) améliorée de 19 % et une viscosité HTHS (haute température et haut cisaillement) renforcée, pour une meilleure protection du moteur et des pièces en conditions sévères.

Même constat pour la 5000, huile semi-synthétique, dont la formule 20W-50 gagne 10 % sur la viscosité à froid et plus de 2 % sur le HTHS, ce qui se traduit par une protection accrue des roulements et du train de soupapes. Enfin, la 5100 associe base re-raffinée et technologie ester. Ces molécules d'origine végétale sont polarisées : ce qui signifie qu'elles adhèrent au métal, réduisant ainsi les frictions internes et contribuant à une meilleure économie de carburant et une protection renforcée à haute température.

Des huiles usagées aux performances équivalentes

Ces évolutions reposent toutes sur un même socle : l'utilisation d'huiles re-raffinées, aussi appelées RRBO (Re-Refined Base Oils). Concrètement, des huiles haut de gamme usagées sont collectées et purifiées grâce à deux procédés : l'hydrogénation (aussi appelée hydrocraquement) pour éliminer les contaminants chimiques, et la distillation sous vide pour séparer et homogénéiser les fractions. "L'huile re-raffinée est une huile qui est collectée, nettoyée, retraitée et réactivée", résume Romain Fabre. Résultat : une réduction de 40 % des émissions de CO₂ par rapport aux huiles vierges. 

Toutefois, Motul ne réalise pas ce traitement en interne. La marque s'appuie sur un réseau de partenaires spécialisés dans plus de 160 pays, dont l'éco-organisme Cyclevia en France, qui assure la collecte des huiles usagées. De son côté, Motul garantit le sourcing de ces bases retraitées, les valide lors de tests, puis les intègre dans ses formulations avec les additifs adaptés.

Un modèle multi-pays et multipartenaires pensé avant tout pour sécuriser les volumes, principale contrainte d'un marché encore en cours de structuration. "Finalement, on ne remet pas de produits nouveaux dans la nature", résume Romain Fabre.

En parallèle, Motul a revu l'étiquetage de sa gamme moto. L'indice de viscosité apparaît désormais en tête de flacon, tandis que les codes couleurs restent identiques pour permettre une identification immédiate du type de formulation.

Un déploiement progressif sur toute la gamme

Si la moto reste son terrain de prédilection, la société affiche une ambition bien plus large. "Dans trois ans, nous voulons faire passer toute notre gamme en technologie NGEN Core", annonce Romain Fabre. Le calendrier est déjà arrêté : la marine intégrera NGEN Core d'ici fin 2026, avant une extension à l'automobile, un segment où les délais d'homologation constructeur allongent mécaniquement les cycles. La 7100, huile 100 % synthétique phare de la gamme moto, passera quant à elle sous la bannière NGEN Core dès le premier trimestre 2027.

Au-delà des motorisations thermiques et hybrides, Motul se positionne également sur le tout-électrique, avec le développement de fluides thermiques d'immersion diélectriques commercialisés sous la marque EGEN. Placés directement au contact des cellules de batterie, ils permettent de réguler la température, de limiter les décharges en conditions hivernales et de prévenir les risques de corrosion.

Une démarche qui s'inscrit dans une stratégie environnementale plus large : les emballages Motul intègrent déjà 50 % de plastique recyclé, avec un objectif annoncé à 75 % d'ici 2027.

Avec NGEN Core, Motul veut faire passer un message clair aux professionnels de la rechange : durabilité et circularité ne se font et ne se feront pas au détriment de la performance.

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