Après le rachat par Fair Cap, Flauraud engage une restructuration

Le groupe Flauraud (Aurilis) va devoir réduire sa voilure. Le 26 mars dernier, la direction du distributeur clermontois a annoncé un plan de sauvegarde de l'emploi qui prévoit, selon les informations de La Montagne, la suppression de 120 postes, soit près d'un tiers des effectifs hexagonaux.
Une dizaine de créations de postes est également prévue, mais elle ne compensera donc qu'une partie des suppressions annoncées. En parallèle, 9 des 27 magasins du réseau seraient appelés à fermer leurs portes.
Le berceau historique du groupe n'est pas épargné. Selon Rémi Veyssière, délégué du personnel CGT, "tous les sites du groupe seront affectés", y compris les fonctions supports et la logistique de Clermont-Le Brézet et d'Aurillac, ville où Flauraud a vu le jour en 1932.
"Flauraud [...] connaît des difficultés économiques depuis 2012. Avoir été régulièrement recapitalisée par son ancien actionnaire lors des dix dernières années, cela n’a pas suffi à redresser la barre dans le marché de l’après-vente automobile marqué par une forte pression concurrentielle accentuée par les conflits internationaux. [...] Malgré des choix difficiles qui vont s’échelonner sur les mois à venir, cette phase de transition est une vraie opportunité pour la pérennité de l’entreprise", précise l'entreprise dans un communiqué.
Du rachat à la restructuration
Depuis son rachat par Emil Frey en 2016, puis sa cession au fonds européen Fair Cap en septembre 2025, Flauraud accumule les signaux d'alerte. Fragilisé par la crise de la Covid, le distributeur avait déjà engagé début 2021 un plan de sauvegarde de l’emploi avant d’y renoncer.
Après le rachat par Fair Cap, la prise d'effet de la transaction au 1er janvier 2026 avait été accompagnée d'un discours volontariste : recréer de la valeur, stabiliser le groupe et renouer avec la croissance.
Le distributeur avait d’ailleurs officialisé la nomination d’un nouveau directeur général, Cédric Kuhn, suivie en février par l'arrivée de Steven Jouve au poste de directeur commercial et marketing. Des signaux d'une nouvelle gouvernance qui semblaient promettre un cap plus serein.
La revente en toile de fond ?
Avec ce nouveau PSE, c’est donc une nouvelle séquence qui s’ouvre pour Flauraud. Du côté du calendrier, la direction viserait une validation des mesures du plan par l'inspection du travail avant l'été. Ce calendrier pourrait cependant être perturbé par un différend entre la direction et les représentants du personnel, ces derniers ayant demandé une expertise que la direction conteste.
Rémi Veyssière, prudent, note que des "doutes sur la faisabilité de ce PSE" subsistent, sans pour autant nourrir beaucoup d'espoir. Car derrière les chiffres, c'est une interrogation plus profonde qui plane : les représentants des salariés ont le sentiment que Fair Cap est en train de "faire le sale boulot avant de revendre".
Précisons que le groupe n'a pas confirmé cette information. Dans sa communication officielle, Cédric Khun reconnaît faire face à un "choix difficile mais responsable" afin de "préserver l'essentiel".
"Le contexte que nous traversons n’est pas seulement conjoncturel. Il est profond et sera durable. Il nous oblige à faire des choix lucides. Nous ne pouvons pas continuer en espérant renouer miraculeusement avec la rentabilité. Ce serait mentir à nos collaborateurs, à nos clients et à tout notre écosystème", ajoute le dirigeant.
Pour rappel, Flauraud avait affiché un chiffre d'affaires d'environ 70 millions d'euros, en recul de 14,6 %, lors de notre dernier Top 100 de la distribution. Le groupe a également vu ses effectifs fondre au fil des années : 467 salariés en 2021, 363 lors du rachat par Fair Cap en septembre dernier et moins de 320 aujourd'hui.
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