Après le rachat par Fair Cap, Flauraud engage une restructuration

Le groupe Flauraud (Aurilis) va devoir réduire sa voilure. Selon les informations de nos confrères de La Montagne, la direction du distributeur clermontois a annoncé début avril un plan de sauvegarde de l'emploi prévoyant la suppression de 120 postes, soit près d'un tiers des effectifs hexagonaux.
Une dizaine de créations de postes sont également prévues, mais elles ne compensent donc qu'une partie des suppressions annoncées. En parallèle, 9 des 20 magasins du réseau seraient appelés à fermer leurs portes.
Le berceau historique du groupe n'est pas épargné. Selon Rémi Veyssière, délégué du personnel CGT, "tous les sites du groupe seront affectés", y compris les fonctions supports et la logistique de Clermont-Le Brézet et d'Aurillac, ville où Flauraud a vu le jour en 1932.
Du rachat à la restructuration
Depuis son rachat par Emil Frey en 2016, puis sa cession au fonds européen Fair Cap en septembre 2025, Flauraud accumule les signaux d'alerte. Fragilisé par la crise du Covid, le distributeur avait déjà engagé début 2021 un plan de sauvegarde de l’emploi avant d’y renoncer.
Après le rachat par Fair Cap, la prise d'effet de la transaction au 1er janvier 2026 avait été accompagnée d'un discours volontariste : recréer de la valeur, stabiliser le groupe et renouer avec la croissance.
Le distributeur avait d’ailleurs officialisé la nomination d’un nouveau directeur général, Cédric Khun, suivie en février par l'arrivée de Steven Jouve au poste de directeur commercial et marketing. Des signaux d'une nouvelle gouvernance qui semblaient promettre un cap plus serein.
La revente en toile de fond ?
Avec ce nouveau PSE, c’est donc une nouvelle séquence qui s’ouvre pour Flauraud. Du côté du calendrier, la direction viserait une validation des mesures du plan par l'inspection du travail avant l'été, afin de déclencher les licenciements économiques dès le mois de septembre.
Ce calendrier pourrait cependant être perturbé par un différend entre la direction et les représentants du personnel, ces derniers ayant demandé une expertise que la direction conteste.
Rémi Veyssière, prudent, note que des "doutes sur la faisabilité de ce PSE" subsistent, sans pour autant nourrir beaucoup d'espoir. Car derrière les chiffres, c'est une interrogation plus profonde qui plane : les représentants des salariés ont le sentiment que Fair Cap est en train de "faire le sale boulot avant de revendre".
Rappelons que Flauraud avait affiché un chiffre d'affaires d'environ 70 millions d'euros, en recul de 14,6 %, lors de notre dernier Top 100 de la distribution. Le groupe a également vu ses effectifs fondre au fil des années : 467 salariés en 2021, 363 lors du rachat par Fair Cap en septembre dernier et moins de 320 aujourd'hui.
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