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Equipementiers

Des innovations à 360°

Publié le 11 octobre 2022
Par La Rédaction
4 min de lecture
Avant d’investir l’aftermarket, les innovations se font en première monte. Logique. Afin de savoir à quoi l’après-vente devra s’attendre demain, des représentants des pôles de compétitivité européens mettent en avant ces fameuses innovations à EQUIP AUTO Paris. Tour d’horizon, à 360 °, avec i-Trans et NextMove.
Un éventail du savoir-faire français en termes d’innovations sera présenté sous la forme du démonstrateur collaboratif NextCar. (DR NextMove)

I-Trans (Hauts-de-France), pôle de compétitivité des transports, de la mobilité et de la logistique et NextMove (Normandie et Île-de-France), pôle de compétitivité de la mobilité du futur, sont unanimes : les innovations première monte suivent deux tendances majeures, à savoir la décarbonation et la connectivité.

À ceci près, qu’aujourd’hui, lorsque l’on parle d’innovations première monte, on ne se contente plus simplement de parler du véhicule, on prend en compte tout son écosystème. Et le changement d’angle de vue est loin d’être anodin.

"Le moteur est donc devenu la genèse", Jean-Maxime Boulanger, responsable de la filière automobile d’i-Trans.

Première innovation impossible à ignorer : celle du groupe motopropulseur qui se veut aujourd’hui le plus décarboné possible. Mais décarboner le moteur ne suffit pas. Pour Jean-Maxime Boulanger, responsable de la filière automobile d’i-Trans : "En réalité, aujourd’hui, la voiture est construite autour de son groupe motopropulseur, alors qu’avant, on intégrait ce groupe électrique ou électrifié à un châssis classique qui avait été pensé pour un véhicule thermique. Le moteur est donc devenu la genèse."

Mieux, qui dit décarbonation dit prise en compte du cycle de vie réel du véhicule. Dans un passé pas si lointain, le T0 d’un véhicule partait de l’instant où il était livré au client. "Désormais, il commence dès l’extraction du premier milligramme de matière première qui servira à sa fabrication", indique Jean-Maxime Boulanger.

De sorte que c’est bel et bien l’écosystème entier du véhicule qui est pris en compte, dès sa genèse. D’où l’aréopage de produits désormais biosourcés, recyclables et recyclés qui gagne les véhicules.

Raisonner en termes d’écosystème complet

Idem, lorsque les constructeurs et équipementiers développent une nouvelle motorisation pour réduire l’empreinte carbone, c’est en termes de mobilité qu’ils raisonnent.

"C’est un fait : lorsque l’on parle d’innovations, on prend en compte un écosystème complet", Marc Charlet, directeur général de NextMove. (Copyright Julien Tragin)

Ainsi, pour Marc Charlet, directeur général de NextMove : "Le premier axe de travail, bien sûr, c’est le véhicule électrique et tous ses composants (batterie, écosystème de recharge, etc.). C’est là que sont concentrés les efforts de tous les constructeurs et de toute la filière automobile. Mais on ne parle plus seulement du véhicule, on raisonne en termes de modalités de transport. C’est-à-dire comment mettre en place une politique adaptée afin que les gens reportent leurs déplacements ailleurs que sur les automobiles. Comme, par exemple, sur des navettes autonomes que certains développent ou sur de la mobilité douce. Comment on agit sur le parc existant pour le décarboner en travaillant sur des solutions d’autopartage, de covoiturage. En d’autres termes, les innovations ne s’arrêtent pas à l’auto. Elles voient bien plus large."

Des interactions qui se multiplient avec d’autres filières

 D’ailleurs, la connectivité, l’interface homme-machine et le véhicule autonome, autres grands sujets de développement des innovations première monte, eux aussi, sont étudiés en termes d’écosystème complet. Longtemps cantonné à de la science-fiction, le véhicule autonome, en réalité, est déjà prêt chez nombre de constructeurs. "Seulement voilà, comme le DVD-R ou bien le Blu-Ray en leur temps, il n’y a pas de technologie à choix unique, pas d’harmonisation. Chacun développant son système dans son coin, sans répondre à un business model universel", estime Jean-Maxime Boulanger.

Or, pour que les véhicules deviennent réellement autonomes et que l’on puisse lire un roman plutôt que de conduire, il faudrait que les routes soient truffées de capteurs et autres caméras. Et sans harmonisation, point de salut. Le meilleur moyen d’y arriver, là encore : développer conjointement l’ensemble de l’écosystème qui permettra à la voiture autonome de rouler à 130 km sans aucune intervention humaine et en toute sécurité. "C’est un fait : lorsque l’on parle d’innovations, on prend en compte un écosystème complet. On ne peut plus faire l’un sans l’autre. D’où les interactions de plus en plus fréquentes avec d’autres filières", souligne Marc Charlet.

Un concentré de technologies à EQUIP AUTO

 Pour l’heure, à EQUIP AUTO, NextMove donnera à voir des innovations première monte réunies dans la NextCar, "un démonstrateur collaboratif d’innovations". Innovations mises au point par les PME membres du pôle de compétitivité.

À bord, plusieurs d’entre elles apportant leur contribution à la réduction de l’empreinte carbone des véhicules, à leur automatisation ou à la sécurité. Ici, un système de recharge automatique des VE, là, un autre de détection d’hypovigilance des conducteurs, là encore, une solution complète de cartographie de l’environnement du véhicule… Bref, de quoi préparer le terrain à l’automobile du futur.

"Mais toutes ces innovations première monte ne pourront se faire que si nous mettons nos usines au diapason de ces dernières. Car il faut que nous puissions garder ces savoir-faire dans nos territoires, que nous restions compétitifs et que nos usines s’adaptent à ce type d’innovations", conclut Marc Charlet. Et cela, c’est une autre histoire.

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