Faillites dans l’automobile : 2 923 entreprises emportées en 2025

L'année 2025 aura laissé des traces profondes dans le tissu entrepreneurial de la filière automobile. Avec 2 923 jugements prononcés, le secteur du commerce et de la réparation de véhicules affiche une hausse inquiétante de 7,6 % sur l'ensemble de l'exercice. Le dernier trimestre confirme cette dynamique négative avec 785 procédures collectives (+7,4 % par rapport à 2024).
La vente de véhicules automobiles concentre l'essentiel des difficultés. Les concessionnaires et distributeurs accusent une dégradation de 14 % au quatrième trimestre, tandis que les ateliers de réparation affichent une croissance de 8 % des faillites.
Les liquidations judiciaires directes représentent la majeure partie des procédures engagées (2 122 dossiers), témoignant de situations souvent irrémédiables au moment où les tribunaux sont saisis. Altares note également une augmentation des redressements judiciaires (+10,8 %), signe que les difficultés de trésorerie s'installent durablement.
Le poids d'un contexte national dégradé
Cette situation s'inscrit dans un panorama économique français particulièrement tendu. L'étude Altares recense 69 957 défaillances d'entreprises sur l'ensemble du territoire en 2025, frôlant le seuil symbolique des 70 000 procédures. Ce niveau inédit met en lumière la fragilité durable du tissu entrepreneurial, alors même que la hausse marque le pas : +1,7 % au quatrième trimestre, après +10 % un an auparavant.
"L'économie française a évolué en 2025 dans un cadre paradoxal mêlant à la fois une inflation maîtrisée et une croissance atone avec des finances publiques sous tension dans un contexte géopolitique compliqué", analyse Thierry Millon, directeur des études chez Altares.
Ce cocktail délétère a particulièrement affecté les PME, déjà éprouvées par la hausse des coûts logistiques et énergétiques. Le retard moyen de paiement interentreprises a franchi la barre des 14 jours, un niveau inédit depuis la période Covid, accentuant les tensions sur la trésorerie des structures les plus vulnérables.
Des signaux faibles d'amélioration
Quelques indicateurs laissent entrevoir une possible accalmie pour 2026. Les liquidations judiciaires directes reculent de 1,3 % au quatrième trimestre, tandis que les structures de 3 à 99 salariés affichent une baisse de 7 % de leurs défaillances sur les trois derniers mois de l'année.
"La trajectoire a commencé à s'inverser sur les comportements de paiement qui s'améliorent modestement sur le dernier trimestre", confirme Thierry Millon. Pour autant, le directeur des études tempère cet optimisme naissant : les perturbations logistiques persistent, le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) renchérit le coût des importations, et l'obligation de facturation électronique dès septembre impose une adaptation rapide aux entreprises.
Dans ce contexte, Altares invite les entreprises à associer "prudence financière" et "anticipation stratégique" pour rester compétitives.
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