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Equipementiers

Faurecia met la main sur Hella

Publié le 16 août 2021
Par Mohamed Aredjal
2 min de lecture
Le français Faurecia annonce l’acquisition du groupe Hella pour donner naissance au 7e équipementier mondial. Le nouvel ensemble représente désormais un chiffre d’affaires global de 23 milliards d'euros.
Le rachat d’Hella marque une étape sans précédent dans l'ambition de Faurecia d'accélérer sa transformation stratégique, en investissant dans des segments à forte croissance et en y établissant des positions de premier plan.
Le rachat d’Hella marque une étape sans précédent dans l'ambition de Faurecia d'accélérer sa transformation stratégique, en investissant dans des segments à forte croissance et en y établissant des positions de premier plan.

Courtisé par plusieurs équipementiers automobiles depuis le début de l’été, Hella est finalement tombé dans l’escarcelle de Faurecia. Le groupe français a noué un accord avec le pool d'actionnaires familiaux propriétaires de l’industriel allemand en vue de l’acquisition de sa participation de 60% (au prix de 60 euros par action). Il déboursera pour cela 3,4 milliards d'euros en numéraire et par émission d'actions nouvelles à concurrence de 9 % du capital de Faurecia.

Le groupe français lancera ensuite une OPA pour racheter le solde, valorisant l’entreprise allemande à hauteur de 6,7 milliards d'euros. L'opération devrait être achevée au début de l'année 2022. "La combinaison de nos deux sociétés est une opportunité unique de créer un leader mondial des technologies automobiles", a expliqué Patrick Koller, directeur général de Faurecia.

Le nouvel ensemble deviendra notamment un acteur majeur dans les domaines de l'électronique et des software, avec un chiffre d'affaires de 3,7 milliards d'euros et environ 3 000 ingénieurs software. Il atteindra une taille critique et occupera des positions de premier plan dans toutes ses activités, se positionnant comme le 7e fournisseur automobile mondial.

Electrification et Adas en ligne de mire

Le groupe combiné entend notamment profiter de ce rapprochement pour bénéficier de la transition du marché automobile vers la mobilité zéro émission. S’appuyant sur les compétences de chaque entité, l’équipementier proposera notamment une offre complète pour les véhicules électriques (hybrides, hybrides rechargeables, électrique à batterie et électriques à pile à combustible). Objectif : passer d’une exposition aux ventes de véhicules à moteur à combustion interne de 25% en 2020 pour Faurecia à moins de 20% à la date de la réalisation de la transaction et à environ 10% en 2025.

Autre objectif annoncé : devenir un acteur majeur des solutions dédiées à l’électronique et au software pour accélérer le développement des Adas et des systèmes de conduite autonome.

L’activité seconde monte fait aussi partie des axes prioritaires de la stratégie de Faurecia, qui affirme vouloir construire une "véritable offre de valorisation du cycle de vie des produits, incluant l'aftermarket, les services & réparations et les applications spéciales".

Des synergies importantes

Enfin, le rapprochement des deux groupes générera des synergies significatives pour améliorer la rentabilité et la génération de trésorerie. L’impact sur le compte de résultat devrait augmenter progressivement de 40% en 2023 à 80% en 2024 et pour atteindre 100% en 2025. Les synergies commerciales devraient générer entre 300 et 400 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2025, en capitalisant sur la forte présence de Faurecia en Chine, au Japon et sur le continent américain pour vendre la marque Hella, et sur les positions de Hella en électronique auprès des constructeurs automobiles allemands pour y accroître la part de marché de Faurecia.

En plus de ces synergies, l'optimisation des flux de trésorerie d'environ 200 millions d'euros par an en moyenne de 2022 à 2025 sera générée principalement par le fonds de roulement et les dépenses d'investissement.

Fort de ces ambitions, Faurecia vise une forte croissance du chiffre d'affaires pour atteindre plus de 33 milliards d'euros en 2025. Le groupe table également sur une marge d'Ebitda supérieure à 15,5 % et une marge d'exploitation supérieure à 8,5 % en 2025.

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