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Distribution

LKQ perd un distributeur majeur du Benelux, qui rejoint PHE

Publié le 15 janvier 2026
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Par Mohamed Aredjal
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3 min de lecture
Le groupement coopératif néerlandais Vrooam, qui pèse 110 millions d'euros de chiffre d'affaires, quitte LKQ et bascule dans l'orbite de Parts Holding Europe (PHE). Une décision motivée par la nécessité de raccourcir la chaîne logistique pour contenir la pression sur les prix.
Vrooam est une coopérative de grossistes en pièces et consommables automobiles, présente aux Pays-Bas et en Belgique. ©MAES
Vrooam est une coopérative de grossistes en pièces et consommables automobiles, présente aux Pays-Bas et en Belgique. ©MAES

Dans le paysage européen de la distribution indépendante, certaines décisions résonnent comme des signaux forts. Celle prise par Vrooam en fait partie. Le groupement coopératif néerlandais, qui fédère 19 distributeurs et plus de 150 points de vente aux Pays-Bas et en Belgique, vient de tourner une page de son histoire en mettant fin à son partenariat historique avec LKQ. Direction désormais Parts Holding Europe et sa filiale Doyen.

L'information, révélée par le magazine néerlandais Aftersales Magazine dans une interview exclusive de Michel Chaudron, directeur de Vrooam, marque un tournant significatif dans l'organisation de la distribution au Benelux.

Une pression croissante sur les coûts

Pour justifier cette décision, Michel Chaudron évoque la montée inexorable des coûts dans la chaîne d'approvisionnement. "Si vous écoutez le marché, vous entendez des organisations comme l'ANWB, BOVAG et RAI Aftermarket remettre de plus en plus en question l'accessibilité financière de la mobilité automobile", explique-t-il.

"Cela ne concerne pas seulement l'achat d'un véhicule, mais aussi tous les frais nécessaires pour continuer à rouler : réparation, entretien, pneumatiques. Nous constations depuis longtemps que les coûts augmentaient dans la filière. Les prix des pièces en constituent une part substantielle".

Cette inflation progressive menaçait, selon le dirigeant, la compétitivité tant de Vrooam que de ses clients réparateurs. Pour inverser la tendance sans rogner drastiquement les marges, le groupement a exploré différentes options et conclu qu'une refonte de sa chaîne d'approvisionnement s'imposait.  

"Nous sommes arrivés à la conclusion qu'à long terme, une organisation différente de notre chaîne logistique était nécessaire. Dans le cadre de notre partenariat avec PHE, nous avons beaucoup plus de marge de manœuvre pour y parvenir", précise Michel Chaudron.

Logistique : vers un modèle à deux étages

Cette alliance s'inscrit dans une dynamique européenne observable depuis plusieurs années : le passage progressif d'un modèle logistique à trois niveaux vers une organisation à deux échelons. "En Europe, nous constatons que dans l'aftermarket indépendant, notamment pour les pièces détachées, le passage d'un modèle de distribution en trois étapes vers deux étapes constitue une évolution logique", analyse le directeur de Vrooam.

Mais attention : il ne s'agit pas d'une intégration. Vrooam insiste sur le caractère paritaire de ce partenariat avec PHE. "Nous n'allons pas être un maillon de leur chaîne distributive, mais opérer sur la base de l'égalité. En substance, nous avançons d'une place dans la chaîne", souligne Michel Chaudron.

Concrètement, cette nouvelle alliance s'accompagne d'investissements logistiques significatifs. Vrooam et PHE prévoient d'élargir les stocks des points de vente du groupement là où cela s'avère pertinent. Pour les livraisons en journée, deux entrepôts centralisés situés à Zwolle et Waalwijk serviront de bases arrière. Un troisième site de grande envergure, doté de plus de 60 000 références, verra prochainement le jour dans l'ouest des Pays-Bas.

Pour la distribution nocturne, Vrooam pourra s'appuyer sur les plateformes logistiques de PHE implantées à Seneffe en Belgique et en région parisienne via Logisteo. Sur le plan de l'offre produits, le groupement néerlandais maintient sa politique historique axée sur les marques premium tout en étoffant son portefeuille avec la marque Isotech de PHE.

L'avenir européen de LKQ en question

Rappelons que cette défection de Vrooam intervient dans un contexte particulièrement délicat pour LKQ. Depuis plusieurs mois, le fonds activiste Ananym Capital multiplie les échanges avec la direction du groupe américain, estimant que sa présence sur deux continents fragilise sa performance financière. D'après lui, maintenir les activités nord-américaines et européennes sous la même bannière "ne fait plus sens".

Autant dire que le choix de Vrooam intervient à un moment où l'avenir européen de LKQ soulève de nombreuses interrogations.

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