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Distribution

Nexus Automotive prépare un virage décisif

Publié le 8 avril 2026
Par Mohamed Aredjal
4 min de lecture
Nexus Automotive International ne se contente plus seulement de grandir. Fort de résultats toujours bien orientés, le groupement veut reprendre la main sur la valeur générée par son réseau de distributeurs. C’est un vrai changement de modèle qui se dessine pour la communauté dirigée par Gaël Escribe.
Gaël Escribe, CEO de Nexus Automotive International, lors de la plénière du Business Forum de Lausanne, où il a détaillé la nouvelle feuille de route du groupement. ©Sandrine Mulas
Gaël Escribe, CEO de Nexus Automotive International, lors de la plénière du Business Forum de Lausanne, où il a détaillé la nouvelle feuille de route du groupement. ©Sandrine Mulas

La taille ne suffit plus. Nexus Automotive International met autant l’accent sur la qualité de son écosystème que sur sa croissance, avec un objectif clair : mieux orienter les flux et renforcer la valeur créée pour ses partenaires. C'est du moins la stratégie présentée par l'international trading group (ITG) lors de son dernier Business Forum, tenu à Lausanne (Suisse), du 31 mars au 2 avril 2026.

Au cours de la plénière, Thierry Mugnier, directeur financier et de l'innovation du groupement, a débuté sa présentation par un chiffre assumé : 54 milliards d'euros de chiffre d'affaires consolidé en 2025. Soit une hausse de 6 % sur un an. Derrière ce total, 4 095 membres actifs (grossistes, réseaux et opérateurs digitaux), répartis sur cinq continents, soit un maillage en croissance de 36 % par rapport à l'exercice précédent.

Sur la même période, les volumes d'achats éligibles, indicateur de la valeur réellement orientée vers les fournisseurs partenaires du groupement, ont progressé de 20 % pour atteindre 5,4 milliards d'euros. Le nombre de fournisseurs référencés, lui, n'a augmenté que de 2 %, portant le total à 99.

"Nous tenons à limiter la taille du panel fournisseurs afin de nous assurer que nous pouvons leur délivrer l'amélioration du compliance ratio et la croissance qu'ils sont en droit d'attendre en rejoignant Nexus", insiste Thierry Mugnier.

Le "compliance ratio" (taux de conformité) est justement l'un des baromètres que l’ITG surveille avec le plus d'attention. En 2025, il a atteint 30,5 %, dépassant pour la première fois le seuil des 30 %. Concrètement, près d'un tiers des volumes d'achats de la communauté sont désormais orientés vers les fournisseurs du panel.

"Nous avons converti 249 millions d'euros d'opportunités de fournisseurs hors-panel vers nos partenaires", précise le directeur financier. Mais ce dernier veut aller encore plus loin et entend dépasser les 300 millions en 2026.

Nexus Automotive fait mieux que le marché

La croissance organique du groupement s'est établie à +5 % en 2025. Une performance très satisfaisante selon Thierry Mugnier, qui rappelle que les grands distributeurs américains, désignés comme "Global AA Players", ont affiché en moyenne -1 % sur l'année. De leur côté, les leaders européens régionaux se situaient autour de +4 %.

Restreinte à l'Europe, la performance de Nexus Automotive grimpe à +8,5 %. "Nous surperformons le marché de 50 à 70 % de manière constante. Cela tient aux mêmes raisons : Nexus pousse fortement les services, ce qui génère des opportunités business et crée une vraie dynamique", soutient Thierry Mugnier.

La répartition géographique de la croissance du groupement reste toutefois contrastée. Du côté des bonnes nouvelles : l'Amérique du Nord a bondi de 70 % (portée notamment par APSG, Pronto Network et Vipar) tandis que l'Europe de l'Ouest a progressé de 32 %. La Chine se distingue aussi par une augmentation de CA de 17 % (225 millions d’euros), signe que ce marché gagne en importance stratégique pour le groupement.

En revanche, l'Europe orientale (-4 %), le Moyen-Orient (-6 %), l’Asie-Pacifique (-2 %) et l’Océanie (-24 %) ont subi l'impact de turbulences macroéconomiques et de variations de change significatives. Mais ces disparités n’entravent pas la croissance globale du groupement. "92 % de nos contrats fournisseurs sont aujourd'hui à portée globale. Nous sommes le seul véritable groupe international de trading qui agit et délivre de la valeur sur tous les continents", a rappelé Thierry Mugnier.

Quatre piliers pour une nouvelle stratégie

Au-delà des résultats, 2025 a surtout été une année de transformation organisationnelle pour Nexus Automotive. Gaël Escribe, CEO du groupement, l'avait annoncé en octobre dans nos colonnes : l’ITG a engagé une revue stratégique pour structurer son développement autour de quatre activités distinctes.

"2025 a été une année de transition, une année où nous avons commencé à établir cette stratégie à quatre piliers, mais aussi une transformation interne pour progressivement aller vers cette vision de groupe", confirme Thierry Mugnier.

Le premier pilier, l'intermédiation, constitue le socle historique du groupement : mise en relation entre distributeurs et fournisseurs, animation des réseaux d'ateliers NexusAuto et NexusTruck, formation et déploiement de solutions adaptées aux différents marchés.

Le deuxième pilier regroupe les activités transactionnelles, avec deux initiatives en vue. SmartParts, d'abord : l’entité accompagne les membres dans la construction et la gestion de leurs programmes de marques propres, dont Drive+, déployée dans plus de 55 pays auprès de 80 clients, et gère par ailleurs plus de 40 gammes privées à l'échelle mondiale.

En parallèle, Nexus Automotive a officialisé, en janvier, la création de Partivia. Cette structure réunit 17 distributeurs adhérents qui s'expriment d'une seule voix face aux équipementiers pour renégocier l'ensemble des conditions contractuelles, des modalités de paiement aux minimums de commande en passant par la structure tarifaire.

Deux accords ont déjà été conclus en l'espace d'un mois. La piste d'un Partivia pleinement transactionnel, avec achats, ventes et livraisons centralisés, est déjà posée sur la table pour la prochaine étape.

La data comme nouveau carburant

Le troisième pilier, la donnée, est peut-être le plus important pour la communauté. Nexus Automotive travaille depuis deux ans à l'agrégation des données de ses membres dans le but d'améliorer la gestion des stocks, d'affiner les politiques de prix et d'aider les fournisseurs à mieux piloter la rotation de leurs références.

Cinq collaborateurs sont déjà dédiés à plein temps à ce chantier, épaulés par Marketparts, start-up incubée par le groupement, qui mobilise plus de dix data engineers et data scientists.

"Ne soyez pas effrayés quand nous parlons de data. Nous venons d'autres industries où elle est au cœur de la création de valeur, pas une façon de faire de l'argent. C'est une manière de livrer une meilleure vision, une meilleure supply chain, une meilleure coordination business", souligne Thierry Mugnier.

2026 : l'objectif des 7 milliards d’euros

La cible pour l'exercice en cours est posée sans détour : 7 milliards d'euros d'achats éligibles, contre 5,5 milliards en 2025, soit une progression de 27 %. Ce niveau repose sur trois leviers combinés : une croissance organique visée entre 6 et 7 %, un gain de compliance ratio portant le taux à 32 % (soit plus de 300 millions d'euros d'achats à réorienter), et un plan de conquête que le groupement affiche comme une priorité durable.

"Nexus Automotive a un énorme appétit pour continuer à grandir. Nous visons toujours 20 % de croissance totale en 2026", résume Thierry Mugnier.

Une dynamique déjà illustrée par l’arrivée future du groupe nord-américain Worldpac au sein de Pronto Network, actionnaire américain de Nexus Automotive, qui a été officialisée par son président Robert Roos pendant le Business Forum. "Certains acteurs ne voulaient pas rejoindre une entreprise encore en mode start-up. Ce n'est plus le cas. Ce n'est pas un hasard si l'un des plus gros acteurs américains s'engage au moment où nous atteignons cette maturité", argue Gaël Escribe.

Pour les prochaines années, c'est le passage du statut de "connector" à celui de "global conductor" que Nexus Automotive revendique : non plus une simple courroie de transmission entre distributeurs et équipementiers, mais l’architecte d'un écosystème aftermarket mondial.

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