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Constructeurs

Pièces de carrosserie : PSA et Renault ont-ils trop salé l’addition ?

Publié le 1 juin 2018
Par Mohamed Aredjal
2 min de lecture
PSA et Renault sont accusés d’entente par Mediapart qui leur reproche d’avoir discrètement gonflé le prix de leurs pièces de carrosserie de 15 % en dix ans.
Renault et PSA sont accusés de surfacturer leurs pièces de carrosserie.

 

En 2012, l'Autorité de la concurrence rendait un avis dans lequel elle dénonçait l’envolée des prix des pièces captives, préconisant une suppression des droits de propriété intellectuelle de ces produits pour mettre fin au monopole des constructeurs. Six ans plus tard, enquête de Mediapart relance ce débat.

Dans une enquête dévoilée ce 31 mai, le journal affirme que PSA et Renault ont artificiellement augmenté de 15 % environ le prix de certaines pièces de rechange pendant dix ans. Cette manœuvre, rendue possible grâce à l'utilisation d'un logiciel commun, baptisé Partneo, s’est essentiellement portée sur les pièces de carrosserie, qui ont vu leur prix bondir ces dernières années (+264 % pour une protection de roue de Dacia Sandero, +100 % pour un rétroviseur de Clio III, etc.).

Autre information révélée par nos confrères : PSA et Renault auraient pu se concerter pour opérer les mêmes hausses… Des suspicions de collusion alimentées par une récente plainte déposée par le créateur de Partneo, Laurent Boutboul, qui dénonce l’utilisation faite de son outil par le cabinet de conseil Accenture, qui lui a racheté son logiciel en 2010.

Un bénéfice estimé à 1,5 milliard d’euros depuis dix ans

Grâce à cette fraude, les deux constructeurs auraient généré un bénéfice estimé à 100 millions d'euros par an au niveau mondial, soit un total de 1,5 milliard d'euros. Selon Mediapart, l'Autorité de la concurrence a été alertée dès 2017 de ces pratiques mais elle n’a pas donné suite, faute de preuves.

Dans l’œil du cyclone depuis la révélation de cette affaire, les deux constructeurs ont démenti ces accusations. Renault nie tout échange d'informations avec son concurrent et assuré que les chiffres avancés par le site "ne correspondent pas" à leurs données. Même position du côté de PSA qui ajoute : "PSA agit dans le respect du droit de la concurrence. La stratégie après-vente du groupe consiste à offrir des gammes de pièces détachées répondant aux besoins de l'ensemble des clients, quel que soit leur budget, au meilleur niveau de fiabilité et de sécurité."

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