PureTech : Peugeot tourne la page

Le site d’essais de Belchamp, dans le Doubs, n’a pas été choisi au hasard. C’est ici que Peugeot prépare sa réponse à l’un des épisodes techniques les plus compliqués de son histoire récente. Face à la presse, Alain Favey, directeur de la marque au lion, assume le passé tout en affichant un cap clair : "Il n'y a plus de problèmes depuis quatre ans" sur le moteur PureTech.
Depuis son lancement en 2014, ce trois cylindres essence a été produit à plus de cinq millions d’exemplaires en Europe. Mais ses premières déclinaisons ont rapidement terni son image, notamment en raison de défaillances liées à la courroie de distribution et à une consommation d’huile jugée excessive.
Au total, 1,3 million de véhicules ont fait l’objet de campagnes de rappel, sans que le constructeur ne précise le nombre exact de moteurs réellement affectés.
Une architecture revue en profondeur
Avec le Turbo 100, Peugeot dévoile un nouveau bloc avec 70 % de composants inédits. Parmi les changements les plus visibles : l’abandon de la courroie au profit d’une chaîne de distribution, présentée comme durable et sans maintenance.
Ce choix répond aux critiques formulées sur les générations précédentes. "Le dimensionnement de la courroie a été revu et des modifications techniques ont été apportées pour ramener la consommation d'huile dans la norme", précise Vincent Jaquier, directeur de projet.
Au-delà de cet aspect, le moteur intègre un turbocompresseur à géométrie variable et un système d’injection directe haute pression. L’objectif est double : améliorer la réactivité à bas régime et optimiser le rendement énergétique, notamment grâce à un fonctionnement en cycle Miller.
Un entretien plus espacé
Sur le papier, les arguments avancés sont solides. Le moteur a été soumis à plus de 30 000 heures de tests sur banc et à plus de 3 millions de kilomètres en conditions réelles. Certains prototypes auraient dépassé les 200 000 kilomètres.
Côté maintenance, Peugeot promet un programme allégé, avec une seule révision tous les deux ans ou 25 000 km, contre une par an ou 20 000 km auparavant, complétée par un contrôle intermédiaire annuel.
La marque accompagne ce lancement d’une garantie pouvant atteindre huit ans ou 160 000 km, ainsi que d’un plan d’entretien espacé (tous les deux ans ou 25 000 km).
Déployé depuis mars sur la 208, puis attendu sur le 2008 dès mai, le moteur Turbo 100 sera rapidement confronté à l’épreuve du terrain.
