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Contrôle technique

S’isoler pour mieux respirer

Publié le 23 juillet 2014
Par Romain Baly
3 min de lecture
Soucieux de limiter l’exposition de ses contrôleurs aux particules nocives, Dekra a développé pour ses centres PL des cabines isolantes à air filtré. Encore en phase de développement, le réseau compte les installer dans 80 % de ses centres d’ici trois ans.
Geoffrey Michalak, directeur qualité, sécurité et environnement de Dekra.
Geoffrey Michalak, directeur qualité, sécurité et environnement de Dekra.

Diesel, pics de pollution, circulation alternée, véhicules électriques… Autant de sujets qui attisent les passions et alimentent le débat environnemental. Un débat désormais omniprésent auquel tout le monde souhaite prendre part de manière plus ou moins légitime. Depuis plusieurs années maintenant, Dekra se préoccupe de la qualité de l’air ambiant dans ses centres poids lourds et a réussi, au travers d’une étude débutée en 2011, à évaluer le niveau d’exposition aux polluants de ses agents, mais aussi à identifier les phases de contrôle les plus nocives. Mesure des émissions du véhicule, essai de freinage et contrôle en fosse constituent les étapes les plus dangereuses pour l’organisme, selon les conclusions de cette enquête menée en partenariat avec la Caisse nationale d’assurance maladie. Malgré une construction réglementée des centres (larges baies d’ouverture, architecture favorisant les courants d’air, extracteurs de fumées) et des niveaux de concentration de polluants inférieurs aux limites fixées par le Code du travail, le réseau a souhaité travailler au développement d’un concept permettant de limiter au maximum cette exposition. De là est née l’idée d’installer dans les centres des cabines isolantes. “Nous sommes partis de zéro sur ce projet puisqu’il n’existait rien de tel ailleurs, avoue Geoffrey Michalak, directeur qualité, sécurité et environnement de Dekra. Nos équipes se sont mises à concevoir des prototypes de cabine avec quelques planches avant de perfectionner le concept et d’arriver au résultat actuel.” C’est donc dans le centre d’Orléans (8 000 visites par an) qu’ont été menés les premiers tests. Responsable du centre, Franck Nerzic confie son scepticisme de prime abord : “Pour être très honnête, au début, cette cabine nous a beaucoup perturbés parce qu’elle modifiait considérablement notre méthodologie de travail.” Placée en bout de ligne et reprenant toutes les commandes de contrôles, la cabine isole l’agent de l’extérieur et le protège des particules fines (divisées par trois) grâce à un système de filtration qui capte l’air ambiant, le purifie et le renvoie à l’intérieur.

Réflexion en cours en Allemagne

Au-delà de ses atouts environnementaux, ce concept améliore aussi considérablement les conditions de travail du professionnel, l’isolant des températures extérieures et du bruit. “Pour nous, c’est sur ce point que qu’il y a une vraie différence. C’est un gros plus que l’on a ressenti immédiatement”, étaye Franck Nerzic. Désormais approuvée, cette innovation, d’une valeur comprise entre 5 000 et 8 000 euros, arrivera prochainement dans les centres de Bourges (18) et de Fontenay-le-Comte (85). Dekra souhaite investir massivement et ambitionne d’installer ces cabines dans une vingtaine de centres d’ici la fin de l’année, ainsi que dans 80 % du réseau (qui en compte 125 au total) dans les trois prochaines années. Un objectif réalisable, mais qui comporte son lot de contraintes. Nécessitant des aménagements particuliers avec un impératif d’espace important, certains centres ne pourront donc pas en profiter. Nonobstant ce problème, Dekra souhaite, dans un premier temps, réussir à “industrialiser le concept” pour faciliter sa mise en place dans l’Hexagone, avant, dans un second temps, d’arriver à impulser un mouvement de plus grande ampleur. Présentée en Allemagne aux dirigeants de la maison mère, l’idée des “Français” fait son chemin. Si Geoffrey Michalak concède seulement que “la réflexion est en cours” de l’autre côté du Rhin, l’implantation de ces cabines dans les centres allemands semble plus que probable sur un marché qui concentre trois fois plus de poids lourds qu’en France. A plus long terme, le dossier pourrait très bien arriver sur le bureau des députés européens avec la volonté de mettre en place une mesure à l’échelle du continent, obligeant l’utilisation de ces cabines. Et renforçant de fait la protection des agents de contrôle.
 

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