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Aurélie Jouve, le challenge de l'automne

Publié le 11 avril 2022
Par Romain Baly
4 min de lecture
Propulsée à la direction d'Equip Auto, Aurélie Jouve relèvera du 18 au 22 octobre 2022 le plus grand défi de sa riche carrière. Consciente des enjeux et de la responsabilité qui lui incombe, elle y trouve paradoxalement de quoi nourrir une nature avide de défis.
Après onze ans chez Comexposium, Aurélie Jouve croyait avoir tiré un trait fin 2018 sur sa vie d'avant. Sa nomination à la tête d'Equip Auto signe son grand retour dans l'univers de l'événementiel et de la rechange.
Après onze ans chez Comexposium, Aurélie Jouve croyait avoir tiré un trait fin 2018 sur sa vie d'avant. Sa nomination à la tête d'Equip Auto signe son grand retour dans l'univers de l'événementiel et de la rechange.

Exemple malgré elle ? Bien qu'elle affirme ne pas être féministe pour un sou, Aurélie Jouve n'en reste pas moins attachée au sort de toutes les femmes, du secteur automobile et d'ailleurs. Elle juge que leur visibilité demeure insuffisante mais note tout de même que les choses évoluent dans le bon sens depuis plusieurs années, avec de plus en plus de représentantes à des postes à responsabilité. Ça ne vous rappellerait pas quelqu'un ? Deux décennies après ses débuts professionnels, Aurélie Jouve a atteint en novembre dernier le sommet de sa carrière en étant nommée directrice d'Equip Auto.

Une fonction clé dans le monde de la rechange qui prend de facto une autre dimension avec elle. Avec cette nomination, elle est en effet devenue le porte-étendard de tout un secteur qui, en dépit des critiques, est fondamentalement attaché à sa biennale. Par ailleurs, en accédant à ce poste, elle devient l'une des rares femmes en France à diriger un salon B2B d'ampleur nationale.

Pour prendre la mesure de cet événement, il convient de rembobiner le fil de son histoire personnelle. Pour tous les observateurs du monde de l'après-vente qui suivent l'actualité d'Equip Auto et de la Fiev à longueur d'année, Aurélie Jouve a toujours été une interlocutrice incontournable. Normal, direz-vous, pour une communicante. Sauf qu'en l'écoutant égrener les expériences et les anecdotes qui ont jalonné sa carrière, on comprend que derrière sa douceur et sa bienveillance naturelles se cache une personnalité bien affirmée. On n'a rien sans rien, dit-on, et sa réussite actuelle n'est sans doute pas étrangère à cet état d'esprit.

Adieu Nantes, bonjour Paris !

En revenant au point de départ, on retrouve ce mélange de force et de conviction. Originaire de Nantes, elle s'imaginait, plus jeune, faire carrière dans le commerce international. BTS de management trilingue en poche (allemand, anglais, espagnol), elle choisit pourtant d'arrêter ses études et d'entrer dans la vie active. Un choix courageux qui s'accompagne d'un changement de vie, puisqu'elle quitte la Loire-Atlantique pour "monter" à Paris. "Je n'avais pas peur, se souvient-elle. C'était une évidence pour trouver du travail."

La voilà embauchée aux Éditions Masson, groupe de presse spécialisé dans l'univers médical et paramédical. Un milieu qui lui est totalement étranger, mais dans lequel elle s'épanouit très vite et où se noue une première rencontre déterminante avec Thierry Dreano. Malgré sa faible expérience de la communication et du marketing, ce dernier lui propose, en 2002, de rejoindre le groupe PG Promotion, toujours dans le milieu médical, mais cette fois-ci du côté de l'événementiel. Une étape très formatrice qui durera près de cinq ans et lui servira de véritable tremplin.

En 2007, elle intègre les équipes d'Exposium, plus tard rebaptisé Comexposium, et voit le champ des possibles s'agrandir encore un peu plus. Responsable puis directrice de la communication, elle se retrouve ainsi à gérer des événements nationaux et internationaux dans des secteurs aussi variés que le retail, l'emballage, la logistique, l'industrie graphique, le transport ou l'après-vente automobile.

Partir pour mieux revenir

Chez Comexposium, Aurélie Jouve se nourrit de cette multitude de mondes et de problématiques. Elle y trouve un aboutissement en étant au cœur du jeu ou, comme elle le dit si bien, "au service des autres services". Et de résumer : "Faire de la com', c'est mettre en lumière ce que font les autres." Femme de challenges, pas du genre à compter ses heures, elle s'investit pleinement dans l'organisation des salons et se réjouit du sentiment unique qu'ils offrent. Un rendez-vous préparé pendant 12 à 18 mois, montant progressivement en puissance, et où tout se joue finalement sur 4-5 jours. "C'est une adrénaline qui est très grisante." Grisante, mais aussi usante. Raison pour laquelle, après onze ans de bons et loyaux services, elle choisit fin 2018 de quitter Comexposium. "Je venais d'avoir 40 ans et j'avais envie de m'éloigner de l'événementiel, de découvrir autre chose", explique-t-elle.

Quelques mois plus tard, une opportunité se présente à la communication de la Fiev. Ce qui n'était qu'une mission provisoire deviendra une responsabilité à temps plein, élargie depuis octobre dernier à la direction d'Equip Auto.

Je pensais avoir tiré un trait sur ma vie d'avant mais, après tout, c'est cet univers-là que j'aime, c'est ce qui m'anime. J'ai accepté cette proposition sans hésiter, même si ça représente le plus grand challenge de ma carrière.

Un challenge d'autant plus grand que le salon prend un virage inédit cette année. Relancé depuis sa relocalisation en 2017 à Paris Porte de Versailles, le rendez-vous phare de la filière s'associera cet automne au Mondial de l'Auto pour donner naissance à la Paris Auto-motive Week. Un défi double, puisqu'Equip Auto devra parallèlement gérer l'ombre pesante de l'incontournable Automechanika, qui se tiendra seulement un mois plus tôt à Francfort.

Des rencontres déterminantes

Pleinement consciente des enjeux, Aurélie Jouve sait pouvoir compter sur son savoir-faire et sa grande connaissance des multiples parties prenantes. "On est sur un secteur très exigeant, convient-elle. Entre Equip Auto et ses exposants, c'est un peu "Je t'aime, moi non plus". Il faut beaucoup de patience et d'écoute pour faire converger les intérêts de chacun. Aujourd'hui, le pari n'est pas gagné, mais je suis très bien entourée et très enthousiaste. J'attends avec impatience le mois d'octobre. Je me dois de réussir !" Une affirmation lourde à porter, à première vue, mais qui dit autre chose de la principale intéressée.

La plus grande réussite d'Aurélie Jouve est sans doute d'avoir fait fi de nombreux obstacles. Elle affirme que son "parcours est fait d'heureux hasards" et de rencontres déterminantes. Outre Thierry Dreano, elle cite notamment Mario Fiems, directeur d'Equip Auto pendant de longues années et avec qui elle formait un binôme complémentaire, Claude Cham, président de la Fiev, qui est allé la chercher en 2019, et Philippe Baudin, président du salon. Plutôt que de la flatterie, il faut voir dans la citation de ces noms l'estime sincère et la conviction profonde que, sans eux, les choses auraient été bien différentes.

Je n'ai pas un bac +5, je n'ai pas fait une grande école, mais j'ai pu compter tout au long de ma carrière sur la confiance que m'ont accordée de belles personnes. Je suis très chanceuse de les avoir rencontrées.

Grâce à eux, mais aussi grâce à elle-même, Aurélie Jouve prouve que dans un pays culturellement très attaché au CV, il est possible de gravir bien des montagnes. Modestement, elle juge simplement "avoir une bonne étoile". Est-elle malgré tout fière de ce beau chemin ? "Je n'en suis pas encore là. On en reparlera une fois cette première [édition d'Equip Auto sous sa direction] livrée !", donne-t-elle rendez-vous

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