Certification Sermi : pourquoi les garages ne suivent pas

Voilà plus d’un an que la certification Sermi est entrée en vigueur dans l’Hexagone. Ce dispositif, destiné à sécuriser les réparations tout en garantissant une égalité de traitement entre réseaux constructeurs et professionnels indépendants, peine pourtant à convaincre.
La Fiev dresse un constat alarmant : le nombre de réparateurs multimarques certifiés est aujourd’hui marginal. Conséquence directe, certaines opérations de diagnostic et de maintenance sont bloquées. Les automobilistes se retrouvent contraints de se tourner vers des concessionnaires. Les professionnels indépendants, eux, voient leur périmètre d'intervention se rétrécir jour après jour.
Comment expliquer ce décalage entre les attentes réglementaires et la mobilisation des intéressés ? La fédération des équipementiers invoque plusieurs raisons, que nous avions déjà pointées fin 2024 : "L'introduction du Sermi s'est faite sans préparation suffisante des professionnels : communication tardive ou incomplète, absence d'accompagnement adapté pour les réparateurs candidats à la certification, complexité administrative excessive, coûts et délais d'audit dissuasifs".
Un cadre réglementaire trop flou
Au-delà des obstacles administratifs et financiers, la Fiev met en relief un problème plus préoccupant : personne ne sait vraiment où s'arrête le périmètre du Sermi. Renault, BMW, Kia, Audi… chaque constructeur applique sa propre interprétation de la réglementation. Des opérations sans lien apparent avec la sécurité du véhicule se retrouvent soumises à certification. D'autres, qui semblent comparables, y échappent selon la marque.
Cette confusion génère une insécurité juridique préjudiciable aux réparateurs. Elle produit aussi un déséquilibre concurrentiel : tandis que les réseaux constructeurs maintiennent un plein accès aux données, les indépendants voient leur champ d'action se restreindre. Jacques de Leissègues, président de DAF Conseil, l'exprimait ainsi dans nos colonnes : "Autant la démarche est vertueuse, autant on a le sentiment que la réglementation n'est pas allée au bout".
Sermi : la Fiev réclame des correctifs rapides
Face à cette situation, la Fiev appelle à des ajustements rapides. Elle préconise quatre mesures : transparence sur le réel déploiement en France, clarification harmonisée des opérations concernées, mesures transitoires pragmatiques et accompagnement renforcé des postulants.
Selon Clément Perrin, président du Groupe des industries et équipements de garage (Gieg) de la Fiev, les principaux fabricants d’outils de diagnostic intègrent déjà, en lien avec les constructeurs, la gestion de l’inscription et de l’authentification des techniciens dans le cadre du déverrouillage des passerelles de sécurité. "La mise en place d’un nouveau niveau de certification pourrait ainsi s’appuyer sur ce dispositif existant, afin de consolider une identité numérique reconnue et de sécuriser durablement les interventions", estime-t-il.
Sans ces ajustements, la fédération estime que le Sermi pourrait produire l’effet inverse de l’objectif affiché : restreindre la liberté de choix des automobilistes et fragiliser la compétitivité des réparateurs indépendants.
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