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Formation

La volonté de développer des formations supérieures

Publié le 21 février 2013
Par Axel Abadie
5 min de lecture
Des chantiers aussi divers qu’une réflexion sur la communication, la mise en valeur du métier d’ingénieur ou l’évolution du conseil d’administration attendent le nouveau président du Garac. Raymond Vié nous expose sa vision du mandat qui lui est confié.
Raymond Vié, président du Garac. Liliane Rivière, directeur général du Garac.
Raymond Vié, président du Garac. Liliane Rivière, directeur général du Garac.

Vous avez accepté la présidence du Garac. Au vu de votre parcours, était-ce la suite logique ?
D’abord, ce fut une surprise ! J’ai été sollicité pour mon parcours, et je vous dirais que j’ai pris le temps de la réflexion. Il fallait prendre en compte la distance, ma disponibilité vis-à-vis de mes affaires, les relations avec tous les services de la maison… J’ai pris tout cela en compte, et un beau jour j’ai dit oui. Traditionnellement, les présidents ont été, la plupart du temps, des provinciaux, pour marquer la dimension nationale du Garac. Ces vingt dernières années, les présidents étaient de la moitié Nord de la France. Avec moi, c’est la moitié Sud qui prend la présidence de cet établissement à caractère national !

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à accepter ? Considérez-vous qu’il s’agisse d’un challenge ?
Il s’est posé la question de savoir si je restais ou non président du Conseil des régions du CNPA. La coïncidence a voulu que mon mandat arrive à renouvellement, et j’ai manifesté mon désir de ne plus être à ce poste. J’avais donc la disponibilité intellectuelle suffisante pour m’occuper du Garac. C’était au printemps. Effectivement, avant cela, je n’avais pas connu la responsabilité d’un tel établissement. Quand on m’a fait cette proposition, j’ai hésité, puis décidé de relever le challenge.

Qu’entendez-vous apporter à ce poste, quelle orientation allez-vous donner ?
Je suis respectueux du passé, même très lointain, et toujours admiratif de ce qu’ont fait, disons, les anciens. Je ne suis jamais critique là-dessus, pour la bonne et simple raison que les décisions qu’ils ont prises, je considère que ce sont les meilleures. Je ne suis pas là pour mener une réforme, mais pour accompagner des évolutions. Je compte bien m’appuyer sur les collaborateurs qui connaissent la règle du jeu : tout voir et tout savoir, et suggérer des choses. C’est une question d’ouverture d’esprit.

Il semble que le Garac veuille renforcer sa communication. Quels moyens seront mis en œuvre ?
Le Garac a compris il y a fort longtemps qu’il était nécessaire d’avoir un organe de communication, un service dédié. Il avait à un moment donné une puissance de communication via la télévision, le dimanche matin, en parrainage d’Auto-Moto. Cela a été stoppé, non pas pour un problème de budget, mais par la vox populi qui était dérangée par cette action. Aujourd’hui, il faut remettre en place une communication plus appuyée. Parce que le Garac, par rapport à ses spécificités de formation, n’est pas seulement un CFA, ni seulement un lycée, mais les deux, et offre quasiment toutes les possibilités de formation du CAP à l’ingénieur en raison de sa mission nationale d’école de référence et d’expérimentation. Avec toutes ses offres, il ne peut se contenter, comme un établissement de formation locale, d’un recrutement simplement naturel d’attraction géographique.

Ainsi le Garac, pour faire connaître sa mission auprès des jeunes et des familles, participe aussi à des salons et expositions comme le Mondial ou Equip Auto. Si Equip Auto est un salon relationnel avec les professionnels, le Mondial de l’Auto est un salon de recrutement des jeunes avec des résultats importants pour le Garac. L’existence d’un pôle formation est un vecteur favorable. Les actions de notoriété que nous menions avant apportaient un flux sur notre stand. Nous maintenons ce trafic. Mais nous pouvons aussi réfléchir à de nouvelles actions, par exemple à la possibilité d’accueillir les parents qui cherchent une situation pour les enfants plus jeunes.

Après, il faut distinguer les actions que peut mener le Garac pour son recrutement et celles que l’on peut faire de façon plus large pour faire connaître nos métiers avec tous les acteurs de la filière.

A cet égard, je suis très fier de l’opération que j’ai initiée il y a quinze ans, en Midi-Pyrénées, en partenariat avec tous les acteurs, l’Education nationale, les établissements privés de formation, le conseil régional, la profession par l’intermédiaire de l’Anfa… C’est l’opération “Construis-moi une voiture”, tous les deux ans. Nous amenons des véhicules démontés à l’intérieur du salon de l’Automobile de Toulouse, et le challenge, dès l’ouverture, est de rendre un véhicule fonctionnel au Recteur le dernier jour du salon. Mais c’est une action large qui n’est pas axée recrutement Garac.

Vous mettez l’accent sur le métier d’ingénieur dans les cursus. Est-ce symptomatique de la transformation de la profession, et allez-vous continuer dans ce sens ?

Notre volonté est de développer notamment les formations supérieures et, clairement, c’est la transformation du secteur qui nous y amène. D’abord, par la complexité des produits, pas seulement la complexité technique, mais aussi la complexité d’analyse. Le rôle de l’ingénieur, quand il s’agit de réseaux de marques, est de pouvoir dialoguer avec des personnes de son niveau à l’intérieur de la marque. Et de pouvoir aider ou participer à l’élaboration de process dans nos affaires. Aujourd’hui, la technologie n’est plus une technologie basique, c’est une technologie évolutive dans laquelle il peut y avoir sous la même robe d’un véhicule des technologies complètement différentes. La capacité d’adaptation est là.

D’autres aménagements sont entraînés par ces transformations. A l’image du Pôle vert notamment. Notre école nationale devient, me semble-t-il, le premier établissement scolaire en France où il y a un Pôle vert tel qu’il existe, avec toutes les normes de sécurité pour intervenir sur le véhicule électrique ou hybride. Et nos collaborateurs ont été formés pour pouvoir intervenir sur ces véhicules-là. Aujourd’hui, les assisteurs exigent cette approche électrique pour leurs dépanneurs. C’est un positionnement avant-gardiste, il faut être les premiers !

Le Garac entretient une étroite collaboration avec les réseaux de marques. Quelle est sa position vis-à-vis des réseaux indépendants ?

Le Garac, école nationale de la profession, travaille pour l’ensemble de la profession : réseaux de marques (concessions et agents), mais aussi MRA, carrossiers, électriciens, etc. Quant à la relation avec les constructeurs, effectivement, elle est cruciale, mais nous ne pouvons pas élever des murs autour des métiers que nous représentons. Nous ne sommes pas opposés aux réseaux indépendants. Au contraire. Mais c’est à eux de frapper à notre porte : il y a une branche spécialisée pour cela. Nous venons d’accueillir Carglass. Si les distributeurs de pièces détachées ont leur place à la Feda, leurs réseaux de réparation ont la leur chez nous. Qu’ils se manifestent !

Cela étant dit, il manque au conseil d’administration une composante, c’est la Fnaa. J’ai rencontré Gérard Polo, son président, qui m’a confirmé son souhait d’intégrer le CA du Garac. Aujourd’hui, nous y réfléchissons car nous aurions alors toutes les composantes de la réparation automobile. Si un réseau veut venir rencontrer les gens du Garac, pourquoi ne pas l’aider à former ? Je n’ai aucune opposition, la maison est ouverte. Mais il est évident qu’à l’intérieur de la maison Garac il y a des règles.

Sur quelles ressources budgétaires repose le Garac, et quelle est la situation ?

La part de nos partenaires Education nationale et Région représente au global moins de 30 %. Ce qui veut dire qu’il est important pour nous d’avoir ces partenaires-là, mais aussi les contributions de la profession, et celles des familles.

La part Education nationale et Région a tendance à régresser, et peut mettre en danger, demain, l’établissement. Nous sommes en veille sur la façon dont le Garac pourra accéder à certaines ouvertures de cursus (BAC Techno). Nous sommes aussi tout à fait conscients du contexte tendu pour les régions, qui ont plutôt tendance à réduire leurs financements. Elles opposent des critères purement financiers et quantitatifs, sans prendre la mesure des critères qualitatifs. Je continue cependant à penser qu’il est sain qu’il y ait un partenariat entre la branche et les régions.

Faisons un pas dans le futur : qu’aimeriez-vous que l’on dise de votre présidence dans quelques années ?

Que je n’ai pas failli, et que j’ai effectivement consolidé la position du Garac en tant qu’école de référence dans la profession.
 

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