Les plaques roses ne suffiront pas contre la fraude selon la Fiev

Plus de 400 000 véhicules circulent chaque année avec une immatriculation provisoire WW ou W garage. Depuis le début de l'année, ces plaques temporaires doivent obligatoirement arborer un fond rose avec des caractères noirs, conformément au décret publié au Journal officiel le 2 décembre dernier.
Pour les immatriculations WW, la date d'expiration figure directement sur la plaque. L'objectif affiché par les pouvoirs publics : faciliter le travail des forces de l'ordre et lutter contre l'usurpation d'identité par l'édition de fausses plaques.
Un dispositif de sécurisation renforcé
Si la profession salue cette avancée, elle estime qu'elle ne constitue qu'une première étape. La section plaques de la Fiev, avec le soutien de l'association 40 Millions d'Automobilistes, milite pour aller plus loin en sécurisant le processus même de fabrication et de délivrance.
Le principe défendu repose sur un système de traçabilité établissant une cohérence entre la plaque, le code du fabricant et le point de réalisation. Ce dispositif permettrait aux autorités de vérifier rapidement la conformité d'une plaque lors d'un contrôle et de remonter jusqu'à son origine en cas d'anomalie.
"Si l'État ne peut pas imposer le contrôle d'identité pour la réalisation d'une plaque, nous proposons de sécuriser la plaque elle-même. La plaque d'immatriculation est un moyen d'identification des véhicules : la sécurisation de son processus de réalisation et de délivrance est indispensable", explique André Bouchenoire, président de la section plaques de la Fiev.
Des milliers d'automobilistes victimes chaque année
La fraude aux plaques d'immatriculation constitue un fléau pour les automobilistes. Les fausses plaques reproduisant l'immatriculation d'un véhicule existant (aussi appelées "doublettes") se comptent par milliers chaque année. Les victimes se retrouvent à devoir justifier qu'elles n'étaient pas au volant lors d'infractions ou de délits commis avec leur numéro d'immatriculation.
La Fiev insiste sur la nécessité d'une action collective et appelle le gouvernement à organiser une concertation entre autorités publiques, fabricants et associations d'usagers. Son souhaite est de traduire rapidement cette proposition par un décret pour renforcer la protection des millions d'automobilistes français face à ces fraudes.
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