Movalib franchit un cap pour viser les réseaux et groupements

Un garage breton au bord de la fermeture qui réembauche cinq mois plus tard. Un autre qui découvre, bilan comptable à l'appui, l'ampleur des progrès réalisés. Ces témoignages, Ludovic Rigot affirme les multiplier ces derniers mois. Pour le fondateur de Movalib, ils valident la trajectoire adoptée depuis le lancement de sa plateforme, en 2023.
L'année 2025 a marqué un tournant pour l'éditeur de logiciels. Le nombre de clients a été multiplié par trois. En fin d’exercice, plus de 120 000 rendez-vous avaient été gérés via la solution. Chez les usagers de la solution, la hausse moyenne d'activité atteint en moyenne près de 13 %, confie Ludovic Rigot.
Surtout, Movalib séduit de nouveaux utilisateurs. Capable d'équiper au départ de petites structures indépendantes, l'outil accompagne désormais des ateliers comptant jusqu'à dix mécaniciens.
Une vision qui séduit malgré un déficit de notoriété
Cette montée en puissance repose sur un parti pris assumé : aider le garage, point final. "Ça peut paraître surprenant, parce que certaines marques, enseignes ou réseaux développent aussi des outils qui peuvent sembler ressemblants, notamment par l’usage d’un planning d’atelier. Mais leur objectif est plutôt d'aller chercher de la commission, de vendre de la pièce, ou de capter de la facturation", explique Ludovic Rigot.
Chez Movalib, on veut embarquer "tout l'univers" du professionnel, là où d'autres se cantonnent à une brique fonctionnelle. Cette approche génère une forte adhésion sur le terrain. Reste à développer la notoriété de la plateforme, qui demeure un frein face aux acteurs historiques du marché. "On nous demande encore de « montrer patte blanche », alors que les résultats sont là", reconnaît le dirigeant.
D'où la nécessité d'entrer dans une phase d'accélération. Sur le plan technique, la solution continue d'évoluer pour mieux s'intégrer aux outils existants : plateformes de commande de pièces (Vroomly, Autodoc, etc.), logiciels de facturation, etc. Objectif : cohabiter avec les fournisseurs historiques du garage, sans imposer de rupture brutale dans les habitudes.
"Je reste fidèle à cette vision : il ne s'agit pas de casser ce qui existe, mais de mieux l'utiliser, de l'exploiter davantage", insiste le fondateur.
Des partenariats structurants
Trois accords majeurs ont ponctué l'année écoulée. Le premier, noué avec Mister-Auto et annoncé lors d'Equip Auto, constitue un jalon symbolique. "C'est un marqueur : aujourd'hui, on est armés pour accompagner des réseaux et des marques. Si demain, on doit déployer pour 10, 100 ou 1 000 clients, on sait le faire", affirme Ludovic Rigot.
Le deuxième accord concerne RestorFX, spécialiste de la rénovation de carrosserie sans peinture. Movalib accompagne désormais le développement du réseau et son activité en créant de la récurrence et en améliorant la performance globale.
Enfin, la plateforme a été retenue par Agiless, réseau de garages solidaires. "Ça nous tenait à cœur : c'est un projet qui a du sens", commente le gérant de la start-up. L'adaptation de la solution à des équipes en insertion, avec des contraintes spécifiques, a nécessité une écoute approfondie des pratiques et des besoins. Le déploiement se fera progressivement, au rythme de l'intégration des centres.
Movalib met le cap sur les groupements et concessionnaires
Pour les mois à venir, Ludovic Rigot affiche clairement ses priorités : continuer de renforcer l'équipe pour garantir la stabilité du suivi, de la formation et du service client. "La croissance, c'est la stabilité du produit, mais aussi la stabilité du suivi", rappelle-t-il.
Un déménagement est également prévu puisque l'entreprise quittera son siège historique de La Madeleine (59) pour s'installer à Villeneuve-d'Ascq, dans des locaux plus spacieux et proches d'un environnement "terrain", entouré de garages.
Côté financement, une future levée de fonds pourrait être envisagée, sans que rien ne soit acté. L'objectif serait de soutenir une croissance durable, dans un contexte économique jugé fragile. "La course à la croissance peut précipiter la chute. Donc si on finance, ce sera pour sécuriser une croissance pérenne, pas « lever pour lever »", prévient Ludovic Rigot.
Reste l'ambition majeure : aller chercher les groupements et les réseaux de concessions. "On a désormais tout ce qu'il faut dans le produit : rien ne nous empêche de voir beaucoup plus grand", assure le fondateur. Cette nouvelle étape ne se fera pas dans la précipitation. "Les bases sont posées", assure le dirigeant.
