AkzoNobel rejette l’offensive de Sherwin-Williams et Nippon Paint

AkzoNobel a rejeté une offre publique d’achat de 12,5 milliards d’euros formulée le 27 mai 2026 par Sherwin-Williams et Nippon Paint. Une offensive surprise de la part des premier et quatrième fabricants mondiaux de peinture, alors que le groupe néerlandais est déjà engagé dans un processus de fusion avec Axalta.
Le conseil d’administration d’AkzoNobel estime que cette proposition sous-évalue l’entreprise. Le groupe juge également l’opération trop incertaine sur le plan réglementaire, notamment en raison du partage des activités entre les deux acquéreurs. Les deux industriels proposaient de racheter les actions d’AkzoNobel à hauteur de 73 euros l’unité, soit une prime de 39 % par rapport au dernier cours de clôture du groupe, établi à 52,52 euros.
Malgré ce refus, les marchés ont salué l’initiative : l’action AkzoNobel a bondi de près de 20 % après l’annonce, atteignant jusqu’à 63 euros en séance. Une hausse inédite depuis 2008, qui traduit les attentes d’une éventuelle surenchère.
Sherwin-Williams et Nippon Paint n’excluent pas une nouvelle offensive
À la suite du refus du groupe néerlandais, Sherwin-Williams et Nippon Paint ont indiqué "réfléchir à leurs prochaines étapes, le cas échéant". Les deux groupes considèrent que leur proposition offrait des perspectives stratégiques importantes à AkzoNobel.
Plusieurs observateurs soulignent toutefois que les acquéreurs potentiels auraient pu lancer leur offensive à un moment où le cours de l’action était nettement plus faible. Un timing qui laisse penser qu’ils pourraient revenir avec une offre améliorée.
Un verrou anti-OPA
L’opération reste cependant particulièrement complexe. AkzoNobel bénéficie d’un mécanisme de protection typiquement néerlandais : une "stichting", fondation disposant de droits spécifiques permettant de bloquer une prise de contrôle hostile. Certains actionnaires disposent ainsi de 48 actions prioritaires représentant chacune 400 voix. Or leurs détenteurs soutiendraient activement le rapprochement avec Axalta.
Ce dispositif avait déjà permis à AkzoNobel de repousser une tentative de rachat de PPG en 2017. Pour espérer convaincre le groupe néerlandais, Sherwin-Williams et Nippon Paint devront donc non seulement relever leur offre mais aussi présenter un projet industriel suffisamment solide pour obtenir le soutien de cette structure de contrôle.
Parallèlement, la fusion entre AkzoNobel et Axalta devrait être définitivement validée début juillet. Si les actionnaires donnent leur feu vert, l’opération pourrait être finalisée entre fin 2026 et début 2027. Le nouvel ensemble donnerait alors naissance à un acteur pesant près de 12,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
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