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Carrosserie

Autoneo : de plus en plus de carrossiers séduits par les services

Publié le 1 avril 2025
Par Nicolas Girault
5 min de lecture
Le réseau attaché à Centaure étoffe encore ses services pour accompagner ses adhérents. Lors de sa dernière convention, Autoneo a ainsi présenté aux carrossiers de nouveaux partenaires pour les accompagner dans les évolutions de la réparation-collision.
Autoneo Rémi Renaudo Pascale Rambeault Maxime Falconnet
De gauche à droite, l'équipe aux commandes d'Autoneo : Rémi Renaudo (directeur général adjoint), Pascale Rambeault (responsable nationale) et Maxime Falconnet (président du réseau et de Centaure). ©J2R/NG

Le menu de la convention 2025 d'Autoneo comprenait d'abord des solutions concrètes pour appliquer la RSE (responsabilité sociale et environnementale) dans les carrosseries, ainsi que pour les adapter aux évolutions en cours et à venir dans la réparation-collision. Ces sujets ont attiré plus d'une centaine de carrossiers les 21 et 22 mars derniers, à Ferrière-en-Brie (77). D'après les organisateurs de ce rendez-vous, leur moyenne d'âge était apparemment plus jeune que la moyenne de ce réseau éclectique en termes de démographie et de taille d'entreprise.

D'abord des relations de confiance

Coïncidence ou pas avec la jeunesse des participants, un certain dynamisme était palpable dans leurs rangs. Cette assistance a semblé très réceptive aux discours développés par la tête de réseau. "Nous avons abordé trois sujets qui nous paraissent fondamentaux pour les carrossiers : la RSE, les évolutions technologiques et la prospective sur la réparation-collision à l'horizon 2030, annonce Pascale Rambeault, responsable nationale d'Autoneo. Ceux-ci offrent à la fois des perspectives intéressantes et des défis à relever". Des thèmes à la fois présentés par des partenaires et des adhérents ayant déjà expérimenté des solutions.

L'équipe de onze permanents à la tête du réseau semble avoir ainsi tapé juste. Bien qu'elle soit moins étoffée que celles de ses homologues adossés à de grands groupements ou à des fabricants de peinture, ses travaux paraissent efficaces. Cela, en entretenant d'abord une philosophie à laquelle les réparateurs sont particulièrement sensibles.

En effet, "Autoneo est un modèle unique, s'appuyant sur les distributeurs spécialisés de Centaure. Il repose sur les relations de confiance entre les carrossiers et leurs fournisseurs de peinture, affirme Maxime Falconnet, président du réseau et du groupement. Ce sont d'abord des entreprises familiales qui parlent à d'autres entreprises familiales". Concrètement, leurs services constituent le socle du réseau, renforcé par des partenariats élargis. Ceux-ci couvrent l'approvisionnement en pièces, la gestion RH, la formation, ainsi que divers outils techniques et numériques. Les adhérents restent libres de les adopter – ou pas – pour répondre à leurs besoins et s'adapter aux évolutions de leur métier.

30 % d'apporteurs d'affaires en plus

Résultat : entre 2021 et 2025, l'enseigne a enregistré une croissance significative avec 27 nouveaux adhérents, portant son effectif à 264 carrossiers. "Certains pourraient dire que nous progressons lentement en comparaison avec d'autres réseaux, commente Maxime Falconnet. Je préfère dire que nous nous développons harmonieusement, en maillant progressivement le territoire avec des partenaires de confiance et structurés".

Leur chiffre d'affaires moyen avoisine les 700 000 euros avec trois techniciens dans l'atelier. Les dirigeants du réseau précisent que ce dernier ne compte plus vraiment de petites entreprises. A contrario, ses plus grands adhérents sont des réparateurs multisites. Parallèlement, le nombre de partenaires apporteurs d'affaires a augmenté de près d'un tiers depuis 2021.

L'attrait de l'enseigne semble encore s'accentuer puisque, parmi les derniers entrants, six sont arrivés au début de cette année. Elle semble donc avoir pris de la vigueur en comparaison avec la période précédant la pandémie. D'ailleurs, "aujourd'hui, on nous appelle pour nous rejoindre, explique Rémi Renaudo, directeur général adjoint d'Autoneo. Alors que ce n'était pas le cas il y a trois ou quatre ans. C'était nous qui recrutions". Le responsable précise même que, dans certains cas, des réparateurs adoptent des distributeurs Centaure pour hisser ce panneau. Car il s'agit de l'une des deux conditions sine qua non pour rejoindre l'enseigne. L'autre est de respecter rigoureusement le cahier des charges des apporteurs d'affaires partenaires lorsqu'ils signent un agrément avec eux – aucun d'entre eux n'étant obligatoire.

La RSE n'est plus une option

Au total, le réseau entretient 27 partenariats. Les derniers en date, annoncés lors de la convention, sont Nissan, Volkswagen et Odipra (pour l'approvisionnement en pièces), GPA (fournisseur de PRE), Olacar (plateforme d'intermédiation autour de la main-d'œuvre ibérique) et Carform (outil de gestion d'atelier et de relation clients). L'ensemble de son portefeuille de services comprend d'autres marques de constructeurs (Distrigo, Renault, Toyota et Mercedes), couvrant aussi la location de véhicules de courtoisie (Leaseway), ainsi que des spécialistes du recalibrage mobile des Adas (Digitalcar), du matériel et des vêtements de travail, du pneumatique, des outils informatiques (Infoprodigital, Lacour…), des frais généraux et de la formation (Cesvi et Daf Conseil), etc.

Fort de cette solide boîte à outils, Autoneo vise à pérenniser l'activité de ses adhérents dans le paysage de la réparation-collision de demain. À cette fin, les intervenants de la convention ont d'abord insisté sur l'importance d'adopter des pratiques RSE dans les entreprises. "La transition écologique et la RSE ne sont plus optionnelles, affirme Rémi Renaudo. Il faut les préparer pour ne pas les subir". Celles-ci sont désormais fondamentales pour les assureurs, poussés par la directive européenne CSRD.

Mais elles offrent aussi des opportunités pour les réparateurs. Ainsi, Lucile Courtois, responsable RH de Weinmann Technologies, rappelle que "la RSE ne se limite pas à l’environnement. Elle englobe aussi les conditions de travail, la fidélisation des salariés et la qualité de vie en entreprise". Elle souligne que pour fidéliser les plus jeunes salariés, il est nécessaire de donner du sens à leur travail.

"Commencer par du bon sens"

"Il y a un véritable retour sur investissement dans la RSE, témoigne Julien Regache, de la carrosserie Regache Renov'Car à Saint-Roman (38). Nous avons ainsi amélioré la productivité de notre personnel et réduit nos coûts d'énergie". L'adhérent du réseau a expliqué à ses confrères comment il a progressivement appliqué des mesures de durabilité dans son entreprise.

"On n'est pas obligé de réaliser immédiatement de gros investissements dans ce domaine, complète Delphine Pradon, assistante administrative de la société. On peut commencer petit à petit, avec du bon sens, par exemple, en sensibilisant les salariés aux économies de produits et en les impliquant dans l'entreprise". Exemple parmi d'autres : la cohésion commence par l'organisation des pauses en commun, entre carrossiers, mécaniciens et administratifs... Et se poursuit avec l'organisation de formations et d'évènements familiaux pour les salariés. Un exemple simple à la portée de tous les membres d'Autoneo.

Le réseau a également demandé à un autre adhérent de témoigner sur l'adoption d'un outil innovant, parmi ses derniers partenaires. Nabil Fajjari, dirigeant du groupe Linat Automobile, explique les gains réalisés en adoptant Carform, nouveau partenaire du réseau. Depuis un an et demi, il a adopté cet outil numérique de communication coordonnant tous les services de la carrosserie, ainsi qu'avec ses clients.

Être ou ne pas être précurseur

"Honnêtement, au départ je n'en comprenais pas l'intérêt. Aujourd'hui, je ne peux plus m'en passer", explique-t-il. Dans ses trois carrosseries, l'application permet à ses équipes et à lui-même, de suivre en détail les chantiers de réparation, les flux et les besoins de l'atelier. Un processus qui démarre par la prise de rendez-vous avec le client pour la photo-expertise et s'achève à la livraison du véhicule. "Il fournit un lien entre la clientèle, l'accueil et l'atelier. Carform assure une certaine transparence avec le client – mais pas trop. Il réduit aussi les erreurs et oublis des techniciens", explique le carrossier.

Son intervention entraîne l'enthousiasme de la salle. Visiblement, beaucoup de convaincus... Mais combien passeront finalement à l'acte ? En effet, la grande majorité d'entre eux sous-traitent encore le recalibrage des Adas (systèmes d'aides à la conduite). Tandis que 30 à 40 % des adhérents n'ont pas encore fait habiliter certains de leurs techniciens pour réparer les véhicules électriques. Comme ailleurs, beaucoup de réparateurs acquiescent et applaudissent, mais préfèrent attendre encore un peu. Seul un noyau dur – plus ou moins important – se positionne toujours en précurseur sur les nouveautés. Pourtant, les desiderata des apporteurs d'affaires et l'électrification du parc se précisent.

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