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AutoTechnica, un salon fédérateur

Publié le 19 avril 2012
Par Hervé Daigueperce
4 min de lecture
Organisé par Federauto, confédération des principaux syndicats automobiles, AutoTechnica poursuit sa route sans coup férir, ni plâtres essuyer.
Organisé par Federauto, confédération des principaux syndicats automobiles, AutoTechnica poursuit sa route sans coup férir, ni plâtres essuyer.
Organisé par Federauto, confédération des principaux syndicats automobiles, AutoTechnica poursuit sa route sans coup férir, ni plâtres essuyer.

Peu de risques d’émouvoir Luc Missante, le directeur général de Federauto et commissaire du salon, en plein parc des expositions de Bruxelles. En face, l’Atomium respire la même tranquillité, comme si quelque chose d’immuable se passait à l’encontre de la fébrilité naturelle des expositions de ce type. Imperturbable, Luc Missante annonce “qu’il est très content de cette édition qui reflète un bel effort des exposants. En effet, 95 % des exposants inscrits en 2010 ont re-signé, tandis que 65 nouveaux exposants ont décidé de s’agréger.” Le commissaire explique ce succès par une communication forte et aussi par le choix des dates et horaires. “Nous avons, suite à des discussions avec les différents acteurs, privilégié un salon en Mars contre la période de Mai, troublée par les multiples ponts et les traditionnelles communions”. Une prévenance bienvenue envers les réparateurs et les carrossiers, comme la définition des horaires : ouverture de 13 h à 21 h, les lundi, mardi, et mercredi, de 10 h à 18 h le dimanche ; ce qui s’est traduit pour le seul dimanche, par une augmentation du nombre des visiteurs de l’ordre de 8 %. Quant aux exposants, ils étaient invités à jouer le jeu puisque des m2 supplémentaires leur étaient alloués, s’ils mettaient en place des animations sur leurs stands. Et des exposants faciles à trouver, puisque le catalogue était envoyé à tous les visiteurs, 10 jours avant le début du salon. A noter que l’ensemble des stands ne manquait pas d’allure, d’espace et de disponibilité. A commencer par ceux des grands distributeurs incontournables, Doyen Auto et Van Heck Interpieces, qui avaient, encore, augmenté leur surface d’exposition. Doyen se déclinant, de surcroît, en plusieurs marques avec API (Auto Parts International) entouré des stands partenaires des fournisseurs, mais aussi DATec (Doyen Auto Technics pour les services et produits techniques et Diesel de Doyen Auto) ou encore Requal et My Tools. Deux géants se faisant face et divisant quelque peu les appétits des fournisseurs.

Bruxelles au cœur de tout

Bien qu’il y ait quelques gros distributeurs indépendants comme Lewysco (Lewys & Co) ou le groupement BCC, en Belgique, (non-exposants), les allées d’AutoTechnica résonnent plutôt de la pénétration de Van Heck et du déploiement de Doyen, les uns et les autres s’accordant à dire que Doyen dominerait la partie francophone tandis que Van Heck serait mieux placé en Flandre. Mais les deux lorgnant sur les parts de marché de l’autre, comme le glisse non sans malice, Franck Millet, directeur général de Doyen Auto : “Comment se développer en Flandre est un point sur lequel nous réfléchissons fortement. Nous pensons qu’il y a une place pour deux.” Doyen avait fait fort quand AD Belgique avait dû céder ses 24 filiales. “Nous en avons racheté 17, précise Franck Millet, mais pour nos adhérents indépendants. Nous préférons que ce soit de petits entrepreneurs qui gèrent ces magasins, plutôt que nommer un directeur. L’entrepreneur va s’investir davantage pour créer son patrimoine et retrouver du plaisir, de l’estime pour soi-même si, au début, sa rémunération doit être basse.” Entre les deux groupes, la compétition court, même si, au sein d’AutoTechnica, elle reste belge, car, comme le reconnaît Luc Missante, “le salon demeure national avec 90 % de visiteurs belges, les autres venant d’un peu partout, de France, de Hollande, de Suisse, du Luxembourg, etc. Les deux groupes, Doyen Auto et Van Heck, seront rejoints, sur le salon, dans deux ans, par l’Autodistribution. Mais les visiteurs belges achètent en Belgique et ce principe fonctionne de manière identique, en Hollande, notamment en ce qui concerne l’équipement de garage”. Il n’en demeure pas moins que la rivalité Doyen / Van Heck se poursuit au-delà des frontières, en atteste une certaine prudence des fournisseurs présents…

Près de 200 exposants

Equipements de garage, outillages, outils de diagnostic, pièces et accessoires, sans oublier l’électronique embarquée, les logiciels ou les cabines de peinture, entre autres, tous les secteurs étaient représentés. On pourrait logiquement s’étonner de l’absence des réseaux constructeurs et plus encore des grands groupements de distribution français, qui pourraient contre-attaquer face à la pénétration des belges et des hollandais en France… D’ailleurs, les équipementiers présents nous confiaient faire très attention à ce qu’il n’y ait pas de débordements entre les différents marchés, puisque relevant, souvent, de la direction France. Pour Corteco, Eric Burban, directeur commercial France et Benelux, très serein, explique que “leur tarification se basant sur la tarification France, il n’y a donc pas de problème sur les prix des pièces anti-vibratoires, ni aucun souci à livrer Van Heck en Hollande”. Quant à Laurent Dumont, directeur commercial France, Belgique et Luxembourg de NTN-SNR (les Pays-Bas étant rattachés à l’Allemagne), il rappelle que, “pour garder une cohérence et une vraie transparence, le commercial chargé de la Belgique est aussi celui qui officie dans le nord de la France. La forte croissance en chiffre d’affaires de NTN-SNR chez Van Heck Hollande ne devrait donc pas constituer une gêne sur les territoires belges et français”. Une approche sensiblement semblable chez Robert Bosch, comme en attestent ces propos de Thierry Leblanc, directeur aftermarket France et Benelux de la marque : “Nous avons un seul tarif et, même si les conditions varient, les approches sont identiques, le discours n’est pas différent. Nous n’avons pas vraiment de soucis, quand on achète en Belgique pour la France, les équipes Bosch France sont immédiatement au courant”. Quoi qu’il en soit, le marché belge continue d’être attractif même si, précise Antoine Aliberti, président de Promauto, “la concurrence s’avère très dure et tend à tirer les prix vers le bas.” Une concurrence accrue par la taille du pays, qui permet aux différents acteurs de tourner beaucoup plus et aux distributeurs d’avoir une logistique directe comme le souligne Eric Burban : “La Belgique est un petit marché. Un distributeur n’a pas besoin d’avoir plusieurs sites pour livrer le client. Avec un stock central, il livre l’ensemble de sa clientèle”.

Un parc franco-asiatique intéressant

Pour les fabricants qui bénéficient des gammes françaises (et européennes) et asiatiques, le parc circulant belge s’avère une aubaine. Entre les véhicules français et la montée exponentielle des immatriculations de voitures asiatiques, des groupes comme NTN-SNR pour les roulements et Corteco (via leurs usines japonaises, groupe Freudenberg), le marché belge est bien alléchant, d’autant que, comme le souligne Thierry Leblanc, “le parc des véhicules société constitue une manne”. Cependant, comme partout ailleurs, ce marché se mérite. Du fait de l’exiguïté de la Belgique, la logistique tient du “taillé sur mesure”. “Les très grands distributeurs comme Doyen ou Sator (Van Heck) vont approvisionner des grossistes qui livrent 4 fois par jour” poursuit Thierry Leblanc, que ne renie pas Laurent Dumont : “Il est difficile de se lancer seuls sur le marché car il faut passer par la logistique des groupes livrés par Doyen et Van Heck ; il n’y a pas de no man’s land, compte tenu de la taille du pays. Chez Van Heck, par exemple, les livraisons de nuit sont assurées comme les réceptions très matinales.” En somme, un maillage bien maîtrisé qui ne nuit pas aux ambitions, bien au contraire, au vu des lancements de produits effectués par tous.

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