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Tous les garages ont rendez-vous en Chine !

Publié le 21 mai 2014
Par Frédéric Richard
3 min de lecture
En ce début de l’année du cheval dans le calendrier chinois, le monde de l’entretien et de la réparation chinois s’était donné rendez-vous à Pékin, pour le salon Auto Maintenance & Repair. Nous avons pu mesurer les capacités locales à commercer, et à proposer des produits de qualité.
En ce début de l’année du cheval dans le calendrier chinois, le monde de l’entretien et de la réparation chinois s’était donné rendez-vous à Pékin, pour le salon Auto Maintenance & Repair. Nous avons pu mesurer les capacités locales à commercer, et à proposer des produits de qualité.
En ce début de l’année du cheval dans le calendrier chinois, le monde de l’entretien et de la réparation chinois s’était donné rendez-vous à Pékin, pour le salon Auto Maintenance & Repair. Nous avons pu mesurer les capacités locales à commercer, et à proposer des produits de qualité.

Un salon de l’équipement de garage en Chine. Voilà qui suscite chez nous, Occidentaux, bien des méfiances, et parfois même du mépris face à un pays qui cristallise toutes les idées reçues. Nous-mêmes, professionnels de la presse automobile, atterrissions à Pékin avec bien des a priori lors de notre visite de la 31e édition du salon AMR. Cela fait bien, en effet, plus de trente ans que l’industrie chinoise de l’équipement arrose l’Asie de matériels d’atelier de toutes sortes, du pont élévateur jusqu’au tournevis en passant, bien sûr, par le diagnostic électronique ou la géométrie.

A la faveur de la croissance du pays depuis quelques années, les industriels se sont structurés et cherchent désormais à s’ouvrir à l’international, pour faire du business avec l’occident d’une part, mais également pour en tirer un gage de qualité. Travailler avec l’Europe, pour un fabricant chinois de servantes, par exemple, est une caution importante qui apportera de nombreux contrats… C’est la raison pour laquelle l’AMR est aujourd’hui en mutation. D’abord créé pour des visiteurs locaux, le salon souhaite désormais apporter une visibilité plus large à ses exposants.

Démesure à la chinoise

Quand on pénètre à l’intérieur du colossal NCIEC (New China International Exhibition Center) de Pékin où se tient le salon, un premier poncif disparaît rapidement. Ici, pas de bricolage ! Fouille systématique des visiteurs, passage des sacs aux rayons X pour tout le monde, on ne badine pas avec la sécurité. Une fois passé le hall démesuré d’accueil, 7 halls d’exposition vous ouvrent leurs portes, répartis par thèmes, comme c’est le cas dans les grands “shows” européens. Après tout, les Chinois voyagent aussi… D’ailleurs, en mettant de côté le visitorat et le langage utilisé, on se croirait dans les allées d’un Automechanika ou d’un Equip Auto.

On trouve ici tout ce que l’industrie chinoise fait de mieux en matière d’équipement de garage. Distributeurs et réparateurs asiatiques l’ont bien compris, et utilisent l’événement pour leurs référencements ou leurs achats annuels. Et lorsqu’on se promène dans les allées, certaines machines exposées sur des stands gigantesques de marques inconnues chez nous présentent d’étonnantes similitudes avec celles des poids lourds européens du secteur… Interrogées sur ce point, les entreprises concernées confessent plutôt un partage de compétences que des contrefaçons. Pour ceux qui l’ignoraient, les plus grands fabricants occidentaux font, en effet, fabriquer des composants ou des machines complètes en Chine. En effet, la qualité des professionnels s’est très largement améliorée sur place depuis une dizaine d’années.

Mais ne nous trompons pas… Les grands acteurs mondiaux sont aussi présents, même si rassemblés et confinés au sein d’un hall séparé, comme si l’on voulait éviter de laisser comparer le visiteur. Snap-On, Corghi, Bosch, Beta, Festool… ont ainsi fait le déplacement, en propre ou au travers de leurs filiales locales, et présentent ce qu’ils ont de plus high-tech, afin de montrer leur expertise et tenter de pénétrer un marché trusté par les multiples fabricants locaux. Quand nos salons européens accueillent trois à quatre exposants de ponts élévateurs, l’AMR s’en offre plus d’une vingtaine ! Difficile de faire son choix sans être un professionnel aguerri, car ce constat est le même dans tous les secteurs du salon !

Côté Français, peu d’exposants et encore moins de visiteurs avaient fait le déplacement, preuve que les idées reçues ont la vie dure, et que l’éloignement reste un obstacle. Pourtant, tous les acteurs européens du secteur devraient se rendre au moins une fois à l’AMR, afin de comprendre combien l’offre est large et la qualité en hausse permanente. GYS, spécialiste du soudage et habitué de l’AMR, l’a bien compris et les dirigeants français sont même venus supporter leur partenaire local, avec lequel ils ont créé une co-entreprise il y a plus de dix ans. Un passage quasi obligé pour un étranger qui veut travailler sur les marchés asiatiques, mais qui devient paradoxalement un atout par la suite, puisque la caution du “made in France”, est déterminante pour remporter des marchés…

Rayonnement international

L’AMR se voulait également cette année le vecteur d’une ouverture forte à l’international. Les représentants de l’association organisatrice du salon, la Camra (China Automotive Maintenance and Repair Association) avaient convié de nombreuses autres organisations professionnelles comparables à travers le monde, afin d’évoquer ensemble les enjeux de leurs marchés respectifs. Puis l’Australian Automotive Aftermarket Association (AAAA), la Canadian Collision Repair Association (CCRA), l’Association of Body Repair Automotive Indonesia, la Korea Automobile Specialty Repair Association (Carpos), la Federation of Automobile Workshop Owners Association of Malaysia (Fawoam) et la Singapore Motor Workshop Association (SMWA) ont discuté des opportunités de synergies avec l’industrie chinoise, jusqu’à signer un mémorandum de coopération sur le sujet. Les 7 parties se sont engagées à renforcer leurs échanges et à contribuer ensemble au développement durable de l’industrie de la maintenance et la réparation. Seule grande absente, l’Europe, aucun pays du Vieux Continent n’étant présent…

Pour notre seconde visite sur l’AMR, nous n’avons pu que constater la progression de l’événement à mesure que les organisateurs multiplient les éditions. Le salon se révèle de plus en plus comparable à un show international, européen ou américain. Reste aux exposants locaux à faire quelques efforts pour présenter des interlocuteurs capables d’échanger en anglais, ce qui scellera définitivement l’avenir de l’AMR au plan international. Rendez-vous du 9 à 12 avril 2015 à Pékin !

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