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Cédric Waucquier (Launch) : "Notre gamme se distingue aujourd'hui des produits à bas coûts"

Publié le 12 janvier 2022
Par Mohamed Aredjal
3 min de lecture
Malgré la crise sanitaire, les ventes de ponts élévateurs affichent une tendance haussière, qui a profité aux produits de qualité. De bon augure pour la marque Launch, dirigée en France par Cédric Waucquier, qui a renouvelé sa gamme avec des équipements plus haut de gamme.
Cédric Waucquier, directeur général France de Launch, préconise un contrôle et un entretien réguliers des ponts élévateurs pour garantir leur longévité. © Launch
Cédric Waucquier, directeur général France de Launch, préconise un contrôle et un entretien réguliers des ponts élévateurs pour garantir leur longévité. © Launch

Comment s’est porté le marché du pont élévateur avec la crise du Covid-19 ?
De notre côté, le ressenti est aléatoire : après les deux premières vagues, les commandes sont reparties à la hausse dans l'ensemble puis la demande a chuté par la suite. A préciser que, depuis fin 2019, nous avions décidé d'orienter notre renouvellement de gamme vers une offre premium exclusivement, plus chère et donc moins importante en termes de vente. C'est ce changement qui a joué dans la balance également de notre côté.

La crise sanitaire a-t-elle favorisé la concurrence des produits à bas coûts, issus des pays asiatiques ?
Notre gamme se distingue aujourd'hui complètement des produits à bas coûts, notre offre n'a donc pas été mise en concurrence avec ceux-ci. Mais je pense que, si nous avions fait le choix de maintenir des gammes "basiques", nous aurions peut-être été confrontés à cette problématique. Il faut aussi préciser que les produits à bas coût importés d'Asie font face à une hausse des coût du transport et surtout à une baisse de sa disponibilité.
C'est aussi la raison pour laquelle nous avions changé de cap. Si les coûts augmentent inévitablement, il est plus judicieux de transporter de la marchandise avec une meilleure valeur ajoutée ! Ce qui nous a permis de répondre à la demande et de n'afficher aucune rupture de stock sur le levage depuis le début du Covid. Nous allons conserver cette position pour l’année à venir et pour plusieurs années je pense…

Le pont 2 colonnes reste-il le best-seller des appareils de levage auprès des garages ?
Certainement, car il est le plus économique et le plus polyvalent pour les interventions de mécanique classique.

Mais dans les centres autos, c’est le pont ciseaux qui devient le plus populaire.

Apprécié pour son efficacité et son faible encombrement, il ne présente pas de gêne pour ouvrir les portières et offre une mise en œuvre plus rapide.

Avez-vous observé chez les professionnels une demande pour des ponts avec des capacité de levage toujours plus élevées ?
Oui effectivement. Les demandes allaient auparavant de 2 à 3,5 tonnes, aujourd'hui on démarre à 3,5 tonnes et jusqu'à 5 tonnes couramment. Mais attention, les véhicules levés sont loin de peser ces poids-là ! C'est avant tout un choix qui sécurise les utilisateurs en termes de capacités. Il faut dire que tous les ponts ne sont malheureusement pas égaux et n'atteignent pas toujours réellement la capacité indiquée. Nous avons constaté que des ponts low cost proposant parfois 4 ou 4,5 tonnes en théorie étaient inférieurs en termes d'épaisseur et de dimension des vérins par rapport à notre gamme 3,5 tonnes, étudiée pour être stable au-delà de cette charge et durable dans le temps ! Il ne faut donc pas seulement regarder la charge maximale indiquée pour juger de la robustesse d'un pont.

Quid de la demande pour les ponts élévateurs mobiles ? Est-elle en progression ?
Oui cette demande est récurrente. Mais bien que certains de ces produits soient pratiques, un modèle mobile professionnel coûte souvent très cher ! Il ne faut d’ailleurs pas les confondre avec les gammes dédiées au particuliers que l'on trouve sur internet et qui ne sont pas adaptées aux normes des ateliers. Un produit mobile présente aussi souvent des inconvénients en contrepartie, comme une hauteur de levage limitée pour les ciseaux, des passages de câbles encombrants ou encore une alimentation électrique à faire suivre en permanence... Pour le mono-colonne mobile, il faut prévoir la place du véhicule, mais aussi la place de stockage du pont sur le côté avant de le positionner sous le véhicule. Ce qui nécessite de l’espace…

Ce peut donc être un bon outil d'appoint, mais ce n'est pas toujours la bonne réponse pour un poste de travail efficace et organisé !

Quels conseils préconisez-vous pour l’entretien d’un pont élévateur ?
Ne faisant que de l'hydraulique, nos ponts sont robustes et sans friction métallique importante, leur entretien est donc faible. Mais les huiles hydrauliques accumulent de l'humidité par la condensation des réservoirs et certains graissage doivent être contrôlés. Pour une bonne durabilité, penser à contrôler et graisser les axes, poulies et toutes pièces présentant un mouvement de pivot tous les mois ou tous les semestres, en fonction de l'intensité d'utilisation. Bien que les usagers soient mécaniciens, pris dans leur travail, beaucoup ne pensent pas à graisser le matériel qui reste purement mécanique. Alors qu'il y a systématiquement un entretien régulier à y apporter. Pour un fonctionnement stable et sûr, la tension des câbles ou mécanismes de synchronisation est également à surveiller, surtout durant les premiers mois d'utilisation puisque les câbles s'assouplissent à l'usage et les compensations hydrauliques remontent de l'air au niveau des purges.

Pour une bonne durabilité, vidangez le circuit une fois avant la deuxième année d'utilisation car celui-ci est chargé en humidité et contient des impuretés de rodage du matériel. Les années suivantes, une vidange est requise mais cela aura moins d'incidence. Si ces recommandations sont appliquées sur un matériel de qualité, celui-ci peut afficher une durabilité de plusieurs dizaines d'années au final.

Découvrez notre article consacré au marché du pont élévateur dans le J2R n°120 de février 2022.

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