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Distribution

Alexandra Souffrant (Iperia) : là où elle voulait être

Publié le 3 octobre 2022
Par Romain Baly
2 min de lecture
Après avoir longtemps évolué dans la rechange traditionnelle, Alexandra Souffrant a rejoint en 2017 le monde de la rechange constructeur et dirige aujourd'hui Iperia, l'une des plus grandes plateformes Distrigo de l'Hexagone. Un accomplissement professionnel et personnel.
Alexandra Souffrant a pris la tête d'Iperia, l'une des trois plateformes Distrigo du groupe Chopard, en 2021.
Alexandra Souffrant a pris la tête d'Iperia, l'une des trois plateformes Distrigo du groupe Chopard, en 2021.

Au-delà des lignes sur le CV, des échelons gravis au fil des années ou des responsabilités assumées avec succès, on retiendra finalement autre chose d'Alexandra Souffrant. Un parcours qui mêle avec brio caractère, passion et conviction. "Quand on est une femme, dans ce métier, il faut en faire dix fois plus pour trouver sa place et prouver sa valeur."

Après trente ans de carrière, sa valeur, à vrai dire, n'est plus à démontrer. Dès le départ, c'est justement sa force de caractère qui l'a aidée à trouver la bonne voie. Fille de transporteurs, elle grandit dans cet univers fait de camions et de mécanique (l'entreprise familiale avait un atelier intégré). Prédestinée à reprendre l'affaire avec son frère, elle comprend très tôt que travailler en famille ne sera pas une sinécure, et que ce monde-là n'est peut-être pas le sien. La voilà qui intègre le Garac pour un BTS force de vente, puis une grande école pour un master en management. Sa première expérience professionnelle sera une révélation à double titre.

En 1992, elle rejoint l'école Citroën pour se frotter à la vente et se prend de passion à la fois pour la marque et pour l'auto mobile. Cette expérience est en réalité une triple révélation. C'est là qu'elle prend conscience que vendre des voitures n'est pas fait pour elle ! À la superficialité des concessions, elle préfère l'authenticité du monde de la pièce.

"Là on est dans le vrai, on contribue à réparer les voitures, on aide les gens, on se sent utile", souligne-t-elle. Après un passage chez un équipementier puis dans le monde du vitrage, elle découvre réellement la rechange, en 2003, chez Starexcel (devenu Précisium) en tant que directrice des achats. Un poste clé qu'elle aborde sans trembler. "Négocier avec les fournisseurs était quelque chose de tout à fait naturel."

La force de l'expérience

Au bout de six ans, et parce qu'elle considère qu'on ne peut occuper ce poste ad vitam aeternam sans finir par manquer de peps, elle prend un nouveau virage. Elle dirige ainsi une succursale du groupement pendant deux ans, puis deux sites des Établissements Delestrez pendant six ans.

"Diriger une entreprise répondait à une ambition personnelle. Je voulais passer de l'autre côté, voir ce que nos adhérents me racontaient. J'en garde un fabuleux souvenir sur le plan humain. Je n'impose jamais rien, je suis toujours dans le partage et la communication, et je dois dire qu'avec les équipes, nous avons vécu de très belles choses ensemble."

Malgré cela, en 2017, elle souhaite voir autre chose. C'est que la rechange indépendante vit alors son big bang avec l'arrivée des constructeurs dans la cour des acteurs historiques. De quoi rebattre les cartes et susciter, chez les seconds, interrogation, suspicion, voire mépris… Alexandra Souffrant, elle, voit les choses différemment. "Je n'ai pas vu cette évolution d'un œil désapprobateur. Au contraire, je trouvais que c'était très captivant et je voulais vivre ça de l'intérieur."

Après un passage chez Renault, elle dirige entre 2019 et 2021 la plateforme Distrigo du groupe Mariscal, XPR Distribution (à Estrées-Deniécourt, dans la Somme), puis Iperia (à Fauverney, en Côte-d'Or), l'une des trois du groupe Chopard.

Aujourd'hui, Alexandra Souffrant partage sa satisfaction : "J'ai fait beaucoup de concessions pour en arriver là, je n'ai pas compté mes heures, j'ai fait déménager toute ma famille… Alors aujourd'hui, je suis heureuse de savoir que mon mari est fier de moi, tout comme mes parents, qui ont toujours cru en moi." Elle ne dirige pas l'entreprise familiale, mais elle est à la tête d'une des plus grandes plateformes de l'Hexagone. Un sacré chemin !

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