S'abonner
Rechange

Black Star demande sa mise en sauvegarde

Publié le 29 janvier 2026
â– 
Par Mohamed Aredjal
â– 
2 min de lecture
Le dernier fabricant français de pneus VL reconditionnés a sollicité son placement en procédure de sauvegarde auprès du tribunal de commerce d'Arras. Malgré une activité en croissance et un positionnement revendiqué sur l’économie circulaire, Black Star accumule les pertes et cherche désormais un repreneur.
L'usine Black Star de Béthune emploie environ 130 personnes, dont 40 anciens salariés de Bridgestone. ©Black Star
L'usine Black Star de Béthune emploie environ 130 personnes, dont 40 anciens salariés de Bridgestone. ©Black Star

Quatre ans après avoir repris l'ancienne usine Bridgestone de Béthune, Black Star traverse une zone de turbulences. Selon l’AFP, l’entreprise, détenue par Mobivia, réclame une période d’observation de quatre mois afin de trouver un repreneur. Durant cette phase, le groupe s'engage à maintenir son soutien financier.

Le bilan est sans appel : 6,7 millions d'euros de pertes en 2024, puis 8,5 millions en 2025, en dépit d'un chiffre d'affaires en progression. Plusieurs contacts ont eu lieu ces dernières années avec des repreneurs potentiels, mais aucun n'a abouti en raison du déficit structurel de l'entreprise, indique Laurent Cabassu, directeur général.

Un modèle économique sous pression

Le rechapage de pneus impose un processus long et coûteux. Black Star paie actuellement 9 euros par carcasse usagée, une charge jugée excessive alors que ses pneus sont commercialisés à 45 euros pièce. L'entreprise revendique pourtant 60 % de matière réutilisée dans ses produits fabriqués à Béthune. La PME souhaite désormais obtenir gratuitement ces carcasses pour alléger sa structure de coûts.

Black Star pointe également la faible application d'une loi de 2020 imposant aux services publics d'acheter en priorité des pneus rechapés. Selon Laurent Cabassu, l'entreprise subit par ailleurs un "dumping" des acteurs chinois, objet d'une enquête de la Commission européenne dont les conclusions sont attendues pour mi-2026.

Un symbole de l'économie circulaire

Black Star emploie une vingtaine de personnes dans son usine historique de Vienne (Isère) et environ 130 à Béthune, dont 40 anciens salariés de Bridgestone. La reprise de l'usine de Béthune, qui comptait encore 860 employés à sa fermeture en avril 2021, avait été saluée par Agnès Pannier-Runacher, alors ministre de l'Industrie. Elle y voyait les bases d'une "filière de pneus reconditionnés bénéfique pour l'environnement".

Sans reconditionnement, les pneus en fin de vie finissent en effet brûlés pour la plupart, rappelle le directeur général. L'enjeu environnemental reste donc entier, même si le modèle économique peine à trouver son équilibre dans le marché actuel.

Vous devez activer le javacript et la gestion des cookies pour bénéficier de toutes les fonctionnalités.
Partager :

Sur le même sujet

cross-circle