Christophe Périllat, Personnalité Automobile de l’Année

Un prix repensé pour un signal assumé. Rebaptisée Personnalité Automobile de l’Année, l’ancienne distinction de l’Homme de l’Année du Journal de l’Automobile reflète désormais plus clairement la diversité du secteur. Mais au-delà du changement de nom, le jury de journalistes a surtout fait un choix de fond en distinguant Christophe Périllat, directeur général de Valeo.
Avec ce vote, la profession ne salue pas uniquement un dirigeant, mais une prise de position devenue centrale dans le débat industriel européen : la défense d’un contenu local minimum dans les véhicules vendus sur le marché de l’Union, face à la montée en puissance de la concurrence chinoise.
"Cette distinction est avant tout le reflet du travail et de l’engagement constant des équipes de Valeo. Je suis fier de diriger ce groupe et de défendre une filière industrielle européenne qui est plus que jamais stratégique", a réagi le directeur général de l’équipementier tricolore.
Le contenu local, au cœur du débat européen
Depuis plusieurs mois, Christophe Périllat s’est imposé comme l’une des voix les plus audibles du secteur sur les enjeux de compétitivité et de souveraineté industrielle. Un discours qui dépasse largement le périmètre de Valeo, dans un contexte marqué par la transition électrique, et des incertitudes réglementaires persistantes.
Dans les prochains jours, la Commission européenne doit présenter son Industrial Accelerator Act (IAA), appelé à fixer un seuil minimal de contenu local européen. "Nous sommes arrivés au moment des choix politiques dont les conséquences seront très significatives", expliquait récemment le dirigeant de Valeo au Journal de l’Automobile.
Selon lui, le contenu local moyen de l’industrie automobile européenne avoisine aujourd’hui les 75 %, un niveau inférieur à celui observé dans d’autres grandes régions du monde. "L’Amérique du Nord se protège avec un contenu local à 75 %, l’Inde à 80 %, tandis que la valeur ajoutée des véhicules vendus en Chine est proche de 100 %", rappelle-t-il. L’enjeu est clair : un seuil trop bas favoriserait les délocalisations, tandis qu’un objectif plus ambitieux pourrait relancer une dynamique de relocalisation industrielle.
Valeo en cohérence avec le discours
Pour Christophe Périllat, il ne s’agit pas de protectionnisme, mais d’une stratégie industrielle de long terme. L’électrification et le SDV (software defined vehicle) bouleversent la chaîne de valeur automobile et nécessitent des investissements lourds. "Si l’Europe n’est pas la productrice de ces technologies lorsqu’elles sont encore coûteuses, elle ne le deviendra jamais", prévient-il.
La trajectoire de Valeo illustre cette approche. Malgré un marché automobile européen en recul depuis 2017, l’équipementier affiche une progression de son chiffre d’affaires sur le continent, portée par l’augmentation du contenu par véhicule. Présenté fin 2025, le plan stratégique "Elevate 2028" vise un retour à la croissance à partir de 2027.
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