Les voitures électriques en fin de vie valent 18 % de plus que les thermiques

Les centres VHU vont bientôt valoir leur pesant d'or. D’après une étude de Wastetide (start-up spécialisée dans la valorisation des déchets industriels), une voiture électrique vaut en moyenne 18 % de plus qu’un modèle thermique une fois envoyée à la casse. L’analyse repose sur plus de 1 000 tonnes de déchets issus de l’industrie automobile. Cette valeur correspond à ce que rapportent les matériaux une fois le véhicule démonté.
Dans le détail, les matériaux récupérés sur un véhicule électrique représentent en moyenne 1 257 euros. Cela s’explique par la transformation même des véhicules. Là où la valeur se concentrait autrefois sur quelques pièces, elle est aujourd’hui répartie dans l’ensemble du véhicule, notamment dans ses composants électroniques. Selon l’étude, 87 % de la valeur d’une voiture électrique en fin de vie provient désormais de ces éléments, riches en métaux stratégiques pour la transition énergétique.
"Longtemps l’essentiel de la valeur matière d’un véhicule reposait sur quelques grammes de métaux précieux contenus dans le pot catalytique. Avec l’électrification, tout change", souligne Nicolas Brien, fondateur de Wastetide.
Des millions de véhicules à traiter d’ici à 2040
D’après l’étude, 249 millions de voitures circulent actuellement en Europe et seront en fin de vie d’ici 2040. Ces volumes correspondent à autant de véhicules hors d’usage (VHU) à traiter dans les prochaines années, ce qui place directement la question du recyclage au cœur de la filière.
"Le parc des véhicules électriques constitue une gigantesque mine urbaine. Le recyclage pourrait couvrir jusqu’à 10 % des besoins en cuivre en Europe", déclare le fondateur.
La réglementation évolue également. D’ici 2030, 30 % des plastiques utilisés dans les nouveaux véhicules devront être issus de matériaux recyclés.
Au-delà de la valeur économique, le recyclage des véhicules représente aussi un enjeu environnemental. Une meilleure gestion des déchets issus de l’industrie automobile permettrait d’éviter jusqu’à 20,7 millions de tonnes de CO₂ par an en Europe. Cela correspond à l’équivalent de plusieurs millions de voitures retirées de la circulation.
Dans un contexte de tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz, la hausse du prix de certaines matières comme l’aluminium ou le plastique recyclé renforce encore l’intérêt de ces ressources issues du recyclage.
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