À l'école 123 Pare-Brise, de futurs diplômés à la réparation de bris de glace
En pleine croissance depuis sa création en mai 2020, 123 Pare-Brise doit recruter de plus en plus de techniciens pour accompagner son expansion rapide. A cette fin, la dernière-née des enseignes de réparation et de remplacement de vitrages automobiles a mis en place depuis début 2024 son propre organisme de formation, certifié Qualiopi, baptisé 123 Formation.
Le 7 octobre dernier, le réseau est allé encore plus loin en ouvrant son centre de formation à Bourgoin-Jallieu (38), au sein de son siège historique. Les techniciens y passeront leur CQP (certificat de qualification professionnelle) d’opérateurs vitrages, diplôme certifié par l’Etat. 123 Pare-Brise devient ainsi la deuxième enseigne sur le marché français à mettre en place cette formation diplômante.
Avec cette nouvelle installation, le spécialiste du bris de glace, qui ouvre deux nouvelles agences par mois, entend répondre aux besoins de son réseau. L'enseigne compte aujourd'hui près de 130 ateliers et emploie 850 salariés. Et son objectif est d'atteindre les 200 points de service d’ici à 2027. De fortes ambitions pour l'entreprise qui a adopté une stratégie succursaliste, plutôt que la franchise, pour grandir sur ce marché.
Formation obligatoire pour les salariés
Cet objectif est d'autant plus relevé que la filière du bris de glace fait face à une pénurie de main-d'œuvre et à un turnover particulièrement importants. "Nous recrutons plusieurs dizaines de personnes par mois. Une partie d'entre elles remplacent des salariés partants. Mais nous créons mensuellement aussi un minimum de quatre postes, du technicien et au commercial jusqu'aux fonctions de support", précise Louis Pladys, responsable marketing et communication de 123 Pare-Brise.
Cette tâche est assignée à un service de ressources humaines composé de huit personnes. Tous ces nouveaux entrants suivent une session au cours de laquelle ils prennent connaissance de la culture du réseau et de ses procédés. D'autres cursus sont dédiés à la gestion administrative et au management pour des salariés plus anciens. Un système qui favorise les évolutions internes.
Ces enseignements sont assurés par 123 Formation, qui a donc enrichi son éventail avec le CQP d'opérateur de vitrage. "Cette spécialité est uniquement enseignée aux apprentis carrossiers, dans un module dédié. Mais aucun CFA ou lycée professionnel ne forme spécifiquement des spécialistes du vitrage", explique Louis Pladys.
Jusqu'à maintenant, seul le réseau Carglass assurait une formation certifiante équivalente depuis 2014. Depuis, d'autres acteurs – cinq au total – s'y sont mis beaucoup plus récemment. Parmi eux figurent notamment Glass and Boost (groupe VSF) et Glastint.
Six mois pour un examen
En se différenciant ainsi, les dirigeants de 123 Pare-Brise comptent se rendre encore plus attractifs et efficaces pour fidéliser leurs salariés et attirer des candidats. Les débutants dans la réparation de vitrage – jeunes et moins jeunes en reconversion – peuvent maintenant valoriser officiellement l'apprentissage de leur savoir-faire.
Outre le bris de glace, cette formation se différencie sur d'autres points encore. "En plus de l'enseignement obligatoire prévu par le CQP, nous y avons rajouté l'habilitation B0L (mise en sécurité des véhicules électriques) et le recalibrage des Adas", précise Grégory Meaux, responsable formation du réseau. Autrement, le programme comprend trois blocs de compétences. Le premier concerne le remplacement de tous types de vitrages (pare-brise, lunette arrière, custode…). Le deuxième est consacré à la réparation de vitrages. Enfin, le dernier est dédié à la relation client. Il comprend des parties traitant de l'accueil et de la restitution de véhicules.
Au total, l'apprentissage repose sur 221 heures de cours réparties sur six mois. "Nous comptons organiser quatre sessions de formation par an, comptant huit à douze personnes chacune, détaille Grégory Meaux. Le CQP est organisé à partir d'une semaine de présence en centre de formation, suivie de trois semaines en agence, avec un tuteur. À la fin, les apprentis sont soumis à un examen". Leur cursus s'achève devant un jury de trois professionnels extérieurs à l'entreprise. Ceux-ci soumettent les apprentis à un entretien, pendant lequel ils leur posent des questions pendant 30 minutes.
Véhicules de formation atypiques
Pour répondre à ses ambitions, le centre de formation de l'enseigne a été conçu pour assurer un apprentissage immersif et polyvalent à chacune des promotions. Ce site flambant neuf s'étend sur 350 m². Il comprend un espace d'accueil clients identique à tous ceux du réseau et une salle de formation dédiée aux enseignements théoriques. Tandis que les cours pratiques sont assurés dans un atelier accueillant quatre véhicules.
Détail amusant : deux d'entre eux sont en réalité les parties avant de quatre demi-voitures soudées dos à dos sur un châssis. Cette astuce permet de gagner de la place, tout en permettant à deux groupes de travailler simultanément sur deux pare-brise installés sur un même véhicule. Cet atelier jouxte une zone de stockage, permettant aussi de simuler la gestion de ce poste.
Enthousiasme pour le vitrage
L'enseignement des différents cursus (technique, gestion de logiciels et administratif) devrait être assuré par sept à huit formateurs, d'ici à quelques mois. Tous n'étaient pas encore en place au moment de notre visite. La première promotion lancée en octobre compte huit apprentis. "Nous ne voulions pas la remplir au maximum, pour nous roder lors de cette première session", explique Grégory Meaux. Celle-ci est néanmoins à l'image du réseau. Les candidats sont originaires des quatre coins de la France. Certains sont issus d'autres métiers, reconvertis dans le vitrage. D'autres sont de jeunes actifs.
Parmi ces derniers figure Victor Bocquet, un ancien étudiant en Staps et en audiovisuel, devenu technicien à Saint-Omer (59). "J'ai découvert le vitrage lors d'un job étudiant à l'été 2023. Cela m'a beaucoup plu, car c'est une spécialité très minutieuse, très technique. Il n'existe pas deux opérations identiques", s'enthousiasme-t-il. Ce parcours l'a poussé à se reconvertir et à signer un CDI six mois plus tard.
Le jeune homme travaille maintenant dans l'un des plus grands centres 123 Pare-Brise de France. Il affirme que l'enseigne est une "entreprise humaine" dans laquelle il entrevoit des perspectives qui le poussent à y rester. "Je suis optimiste pour ma carrière, car je connais des gens qui ont évolué dans le groupe, affirme-t-il. Un jour, j'aimerais prendre la responsabilité d'un centre ou devenir responsable technique au niveau régional".
Remplacement de vitrage éthique
Tous les apprentis de cette première promotion sont déjà salariés du réseau. Mais, ils bénéficient d'avantages spécifiques. "Nos stagiaires gardent leurs primes en plus de leur salaire, comme s'ils restaient en agence. Nous prenons également en charge leurs frais d'hébergement, explique Louis Pladys. Ils sont quasiment en «mini alternance» pendant six mois". Ce dispositif vise donc évidemment à recruter des novices et des jeunes.
De plus, l'enseigne embauche aussi des techniciens confirmés, transfuges d'autres réseaux. "Beaucoup viennent chez nous attirés à la fois par les perspectives d'évolutions et parce qu'ils sont lassés d'être poussés à promouvoir les ventes additionnelles", observe Louis Pladys.
Précisément, le réseau se démarque aussi en se spécialisant alors que certains de ses concurrents misent sur la diversification des services (nettoyage d'optiques, etc.). Ses commerciaux signent par exemple une charte éthique leur interdisant par exemple de vendre un remplacement de vitrage lorsqu'il n'est pas nécessaire. Un point particulièrement important dans le contexte actuel, qui voit les assureurs accuser les réseaux non agréés de pratiquer des abus. Cela, alors que 123 Pare-Brise se développe précisément sans s'appuyer sur des agréments avec les assurances. Une stratégie qui semble lui réussir.
Reste à voir dans quelles mesures le lancement de son CQP l'aidera à atteindre ses objectifs de recrutement. En effet, l'enseigne veut recruter 200 nouveaux salariés – toutes spécialités comprises – en 2025, pour compenser son turnover et pour pourvoir aux besoins des plus de vingt nouveaux centres qui ouvriront dans l'année.