Le contrôle technique s'équipe pour traquer débridages et Adas défaillants

Les "freinages fantômes", bientôt un mauvais souvenir ? Bruxelles prépare, en effet, une révision d'ampleur de la directive de 2014 réglementant le contrôle technique, qui devrait aboutir avant la fin de l'année. Parmi les nouveautés attendues figure la vérification approfondie des systèmes avancés d'aide à la conduite (Adas).
Plusieurs dizaines de points de contrôle sont sur la table, tous destinés à vérifier le bon fonctionnement de ces dispositifs. Rappelons que les dysfonctionnements de ces aides à la conduite, qu'il s'agisse de freinages soudains déclenchés par des systèmes de freinage d'urgence mal calibrés ou d'alertes de sortie de voie erratiques, ont déjà fait couler beaucoup d'encre.
Des protocoles spécifiques sont en cours d'élaboration pour établir si ces équipements remplissent correctement leur mission. Dekra Automotive rappelle que la mise en œuvre de ces contrôles pose, pour les professionnels du secteur, des défis techniques considérables. Valider la méthodologie, former les contrôleurs et certifier les équipements nécessaires mobilisent aujourd'hui l'ensemble de la filière.
Les céléromètres arrivent en mars
Autre chantier, autre calendrier. À compter du 1er mars 2026, les centres de contrôle technique devront s'équiper de céléromètres, ces bancs à rouleaux capables de mesurer la vitesse maximale des cyclomoteurs de moins de 50 cm³.
Dans le viseur : les véhicules de catégorie L1 dont la vitesse réglementaire ne doit pas dépasser 45 km/h. Si le contrôle révèle un débridage, la contre-visite devient obligatoire. Cette mesure s'ajoute au contrôle du niveau d'émission sonore, déjà en vigueur depuis juillet 2025.
Pollution et kilométrage dans la boucle
La future directive européenne ne se limite pas aux Adas et aux deux-roues. Deux évolutions majeures concernent également les contrôles pollution. Une nouvelle technique de comptage des particules fines émises par les motorisations diesel, déjà éprouvée en Allemagne, en Belgique ou en Suisse, devrait être généralisée pour les véhicules Euro 5b et supérieurs. Une méthode de mesure inédite des émissions d'oxyde d'azote (NOx) figure aussi au programme, mieux adaptée aux évolutions techniques des moteurs récents.
Autre changement prévu : l'extension du relevé obligatoire du kilométrage au secteur de la réparation automobile. Actuellement effectué lors du contrôle technique, ce relevé sera étendu aux ateliers pour renforcer la traçabilité et lutter plus efficacement contre les manipulations de compteurs. Un partage des informations entre pays membres de l'Union européenne est également envisagé, évitant ainsi toute rupture de traçabilité lors du passage d'un véhicule d'un État à l'autre.
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