En Europe, plus de 80 % des garages sont indépendants

Alors que les réseaux constructeurs réduisent progressivement leur maillage en Europe, les réparateurs indépendants continuent de gagner du terrain. Une tendance confirmée par la nouvelle étude de Roland Berger, réalisée avec la Figiefa.

Menée à partir de données portant sur 34 pays européens, ainsi que des analyses de Wolk & Nikolic After Sales Intelligence, l’enquête estime à environ 100 milliards d'euros la valeur directe du marché des pièces captée par l'IAM.

Mais Roland Berger estime que son poids économique dépasse largement ce périmètre. Le cabinet chiffre à 65 milliards d'euros les bénéfices liés à la préservation de la valeur des véhicules, grâce à un entretien plus abordable, et à 23 milliards les gains générés par la réduction de leur temps d'immobilisation.

En additionnant ces effets indirects à son activité, la contribution économique de la filière indépendante approcherait ainsi 200 milliards d'euros par an.

"Le secteur de la rechange indépendante est bien plus qu’un marché de réparations et de pièces. Il permet de maintenir une mobilité abordable, d'augmenter la valeur résiduelle des véhicules et de réduire les temps d'arrêt économiquement coûteux", analyse Maximilian Wegner, directeur chez Roland Berger.

L'IAM représente désormais 64 % du marché européen

Autre enseignement de l’étude : le canal indépendant continue de prendre des parts de marché. Entre 2021 et 2025, la valeur du marché européen de la pièce est passée de 129 à 156 milliards d'euros. Sur la même période, la part de l'IAM a progressé de 61,8 à 64,1 %. La part des réseaux contrôlés par les constructeurs a, quant à elle, reculé de 38,2 à 35,9 %.

La dynamique est d'autant plus notable que le nombre de points de réparation n'a pratiquement pas augmenté. L'Europe comptait environ 403 000 ateliers en 2021, contre un peu moins de 400 000 quatre ans plus tard. Le réseau multimarque est resté stable, autour de 332 000 sites, alors que les implantations liées aux constructeurs ont diminué. Autrement dit, les indépendants représentent ainsi plus de 80 % des ateliers européens.

Roland Berger y voit la confirmation d'une place qui dépasse largement l'entretien des véhicules les plus âgés. "L'IAM renforce sa position de principal canal d'entretien du parc européen", relève l'étude.

Le vieillissement du parc roulant peut expliquer cette évolution : l'âge moyen des voitures particulières européennes est passé de 11,9 ans en 2020 à 12,9 ans en 2024.

Données automobiles : une menace pour les indépendants ?

Mais cette progression de l'IAM pourrait être contrariée dans les prochaines années. Avec la généralisation des véhicules connectés et des architectures pilotées par logiciel, les constructeurs renforcent leur contrôle sur les données et les fonctions nécessaires à la réparation (diagnostic, codage des composants, programmation des calculateurs, calibrage des Adas…).

Dans son étude, Roland Berger souligne que cette évolution ouvre de nouvelles perspectives de revenus aux constructeurs, y compris lorsque les interventions sont réalisées dans les ateliers indépendants.

Si les frais d'accès et les exigences d'autorisation deviennent une surcharge structurelle, ils risquent de compromettre à la fois la viabilité de l'IAM et le caractère abordable de l'entretien automobilemet en garde Maximilian Wegner.

Roland Berger prévient ainsi que, sans accès effectif aux données et aux logiciels, les ateliers indépendants pourraient être relégués à un simple rôle d'exécutants…

Face à cette dépendance croissante, la filière développe notamment des solutions d'assistance technique à distance, aussi appelées "remote diagnostic". Ces services permettent aux garages, via des prestataires intermédiaires, de réaliser des opérations complexes sans disposer de tous les outils propres à chaque marque.

Ces solutions ne lèvent toutefois pas tous les obstacles. Roland Berger rappelle que les réparateurs indépendants doivent pouvoir accéder aux données automobiles aussi facilement et à des coûts comparables à ceux des réseaux constructeurs pour garantir une concurrence équitable.

Un enjeu que Sylvia Gotzen, directrice générale de la Figiefa, replace dans une perspective plus large : "L'avenir de la rechange indépendante appartiendra à ceux qui sauront réunir les données, la logistique et les outils numériques dans un même écosystème au service des ateliers."

Lubrifiants : face aux tensions, Wolf Oil renforce son offensive

Alors que le bras de fer entre les États-Unis et l’Iran sur le détroit d’Ormuz se poursuit, le marché des lubrifiants reste sous pression. Depuis plusieurs mois, les tensions sur les huiles de base de groupe III perturbent l’activité des fabricants et de leurs clients. Chez Wolf Oil, la situation est suivie de près, alors que les cours des matières premières poursuivent leur progression.

Le prix des huiles du groupe III est passé d’environ 1 100 euros par tonne à la mi-février à environ 3 530 euros par tonne au 1er septembrerapporte Francis Perry, directeur commercial France du fabricant de lubrifiants.

Cette flambée est évidemment liée aux difficultés d'approvisionnement provoquées par la fermeture ou la destruction de plusieurs unités de raffinage au Moyen-Orient. Pour le fabricant belge, la priorité a donc été de préserver la continuité des livraisons auprès de ses partenaires historiques.

"Notre objectif primordial a été de garantir la disponibilité des produits pour nos clients historiques", confirme Virginie Raineau, responsable marketing France de Wolf Oil. Le groupe a ainsi mis en place des mécanismes d'allocation fondés sur les budgets et les objectifs annuels de ses clients. Un moyen de maintenir des livraisons régulières sans céder à une politique opportuniste de conquête de parts de marché.

Mais les perspectives ne laissent guère entrevoir d'accalmie rapide. Même en cas d'amélioration du contexte géopolitique, la remise en service des capacités de raffinage prendra du temps, estime Virginie Raineau. "Nous n'anticipons pas de retour à la normale avant le deuxième trimestre 2027."

Les huiles régénérées progressent

Cette situation remet aussi en lumière les huiles de base régénérées. Wolf Oil travaille déjà sur ce sujet depuis plusieurs années et commercialise des formulations qui en intègrent. En 2024, le groupe a notamment lancé une gamme de lubrifiants de compétition utilisant des RRBO, pour Re-Refined Base Oils.

Pour autant, Francis Perry refuse d'en faire une simple réponse conjoncturelle aux difficultés d'approvisionnement actuelles. "Nous ne considérons pas leur utilisation comme une simple réponse conjoncturelle à une crise", précise-t-il. Le fabricant met davantage en avant leur intérêt environnemental et leur contribution à une logique d'économie circulaire.

Leur généralisation reste toutefois freinée par les contraintes techniques et les homologations constructeurs. Une huile de base régénérée ne peut pas se substituer automatiquement à une huile vierge dans toutes les formulations. Chaque produit doit être développé et validé pour répondre aux exigences ACEA, API ou ILSAC, mais aussi aux spécifications des constructeurs.

Wolf Oil se dit donc prêt à augmenter progressivement la part de ces bases dans son portefeuille. "Le rythme de cette évolution dépendra principalement du cadre d'homologation défini et soutenu par les constructeurs automobiles", ajoute Francis Perry.

Les marques Wolf et Champion s'offrent un relooking

Dans ce marché chahuté, Wolf Oil ne limite pas sa réponse à la gestion de l'approvisionnement. À Automechanika Francfort, en septembre dernier, le groupe a aussi présenté plusieurs évolutions destinées à faire progresser ses deux marques, Wolf et Champion.

La plus visible concerne leur identité. Les gammes vont bénéficier d'une refonte complète, avec de nouveaux packagings, un renouvellement des étiquettes sur l'ensemble des références, du litre au 20 litres, ainsi que l'arrivée de QR codes sur les petits conditionnements. Le déploiement doit intervenir progressivement sur les différents marchés.

En parallèle, le fabricant a restructuré son portefeuille de services. Celui-ci s'organise désormais autour de trois domaines : la data et les outils digitaux, la formation, puis l'accompagnement commercial des distributeurs et de leurs clients.

Parmi les nouveautés figure notamment l'ouverture de la Wolf Product Training Academy à certains distributeurs. Jusqu'ici réservée à l'interne, cette plateforme de formation en ligne doit permettre aux forces de vente de maintenir leurs connaissances à jour dans un univers où les préconisations techniques évoluent rapidement.

Nous la proposons à un certain nombre de distributeurs ciblés par région depuis septembre. Un déploiement progressif se poursuivra tout au long de l'année 2027confie Virginie Raineau.

Smart Scan pour anticiper les réapprovisionnements

Autre outil mis en avant à Francfort : Smart Scan chez Wolf, baptisé Pro Level Tracker chez Champion. Développée avec l'entreprise allemande Fox Insight, cette solution permet de surveiller à distance le niveau de lubrifiant contenu dans un fût, une cuve ou un IBC.

Le dispositif mesure le volume restant grâce à un système radar et transmet les informations vers une application et un portail web. Lorsqu'un seuil prédéfini est atteint, une alerte est envoyée. Pour le distributeur, l'intérêt est de pouvoir anticiper les commandes de ses clients. Pour l'atelier, le système réduit le risque de rupture.

"Le portail web constitue un tableau de bord centralisé pour piloter l'ensemble des installations chez ses clients", détaille Virginie Raineau. Le système peut aussi aider les distributeurs disposant d'un maillage important à rationaliser leurs tournées de livraison. Wolf Oil indique qu’une première installation a déjà été réalisée chez un partenaire en région parisienne.

Cette logique de services prend une importance particulière en France, où le groupe belge entend désormais se rapprocher davantage du terrain.

La France, marché stratégique pour Wolf Oil

Le marché tricolore figure parmi les trois premiers de Wolf Oil Corporation. Une position qui a conduit l'entreprise à renforcer son organisation locale.

Arrivée chez Wolf Oil en décembre 2024 pour prendre en charge le marketing du Benelux, du Royaume-Uni et de l'Irlande, Virginie Raineau a vu son périmètre s'étendre à l’Hexagone en juillet. Elle est épaulée depuis septembre par Ella Canet, qui occupe les fonctions de responsable marketing France.

Pour accélérer sa croissance dans nos frontières, Wolf Oil souhaite notamment aller plus loin dans l'accompagnement des réparateurs. Si ses actions étaient davantage concentrées sur les distributeurs, le fabricant espère reproduire une démarche déjà plus avancée au Benelux, en travaillant directement avec les clients de ses clients.

"Il y a sur le marché français une marge de progression très intéressante à ce niveau", reconnaît Virginie Raineau. Cette stratégie passe notamment par des concepts garage dits "plug-in", conçus pour se greffer sur les structures existantes sans entrer en concurrence avec les enseignes auxquelles les réparateurs sont déjà affiliés.

Le principe repose sur un engagement de volumes d'achat de lubrifiants Wolf ou Champion sur 3, 4 ou 5 ans. En contrepartie, le réparateur bénéficie d'un budget qu'il peut utiliser pour financer des équipements d'atelier, de la signalétique ou encore des vêtements de travail. L'enveloppe est prise en charge à parts égales par Wolf Oil et son distributeur.

Cette proximité accrue avec les distributeurs et les ateliers doit aussi permettre au groupe de mieux absorber les secousses d'un marché encore très instable. Car les prochains mois resteront dictés par l'évolution des approvisionnements et des cours des matières premières. Une contrainte appelée à durer au moins jusqu'à mi-2027.

Hubert Millasseau prend les commandes de Vulco en Europe du Sud

Vulco ouvre un nouveau chapitre dans son organisation. Après le départ de Camille Mounier, survenu fin août 2026 après quatre années à la tête du réseau français, l’enseigne de pneumaticiens a confié sa direction à Hubert Millasseau. Un choix effectué en interne puisque le nouveau dirigeant évolue depuis près de vingt ans au sein du groupe Goodyear.

Un périmètre élargi à trois pays

Cette nomination s’inscrit dans une réorganisation des activités retail de Goodyear en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. Hubert Millasseau devient ainsi président-directeur général de Vulco Développement, la structure qui porte l’enseigne en France (plus de 200 centres).

Ses responsabilités dépassent toutefois le seul marché hexagonal. Il est également nommé directeur général de Vulco pour l’Europe du Sud-Ouest et supervisera à ce titre les activités de l’enseigne en France, en Espagne et au Portugal.

"Le rapprochement de nos activités en France, en Espagne et au Portugal doit nous permettre de renforcer les synergies entre les marchés tout en restant au plus près des besoins de nos clients et partenaires", explique Pascal Audebert, directeur général contracted retail EMEA de Goodyear. Selon lui, "l’expérience internationale d’Hubert et sa connaissance de nos réseaux seront des atouts importants pour accompagner cette nouvelle étape".

Près de vingt ans chez Goodyear

Avant de rejoindre Goodyear en 2007, Hubert Millasseau a débuté sa carrière au début des années 2000 au sein des groupes Accor puis Nortel, où il a occupé différentes fonctions financières et commerciales.

Chez le manufacturier américain, son parcours a ensuite pris une dimension largement internationale. Il a exercé plusieurs responsabilités de direction en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique ainsi qu’en Turquie.

Ces différentes expériences lui ont permis de développer une connaissance approfondie de la distribution, des opérations commerciales et de la transformation des organisations. Un profil sur lequel Goodyear entend désormais s’appuyer pour rapprocher davantage les trois marchés de Vulco en Europe du Sud-Ouest, tout en préservant leurs spécificités locales.

Défaillances : plus de 1 200 garages automobiles concernés en un an

Les garages sont en première ligne face à la hausse des défaillances dans l'après-vente automobile. Entre octobre 2025 et septembre 2026, 1 203 entreprises de réparation et de carrosserie ont fait l'objet d'une procédure collective, soit une progression de 9,8 % sur un an. Une tendance qui contraste avec le recul des défaillances dans le contrôle technique et la distribution en gros d'équipements automobiles, selon une étude publiée par Insourcia.

Au total, la plateforme d'analyse des entreprises recense 1 511 défaillances dans les cinq activités de l'après-vente automobile, contre 1 409 sur les douze mois précédents (+7,2 %). Ces données, issues notamment du Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc), portent sur les ouvertures de redressements et de liquidations judiciaires.

Cette augmentation s'est surtout manifestée entre avril et juin 2026. Sur ce trimestre, 342 garages ont fait l'objet d'une procédure, contre 273 un an plus tôt (+25,3 %). La progression a été plus modérée durant les trois autres trimestres étudiés, oscillant entre 2 % et 7,7 %.

Des garages deux fois plus exposés que la moyenne nationale

Avec 109 défaillances pour 10 000 entreprises en activité, les garages affichent un taux deux fois supérieur à la moyenne nationale, établie à 53,7 pour 10 000 entreprises, tous secteurs confondus. Il dépasse également largement celui des centres de contrôle technique (56,3).

Les réparateurs ne sont toutefois pas les professionnels de l'automobile les plus exposés. Les distributeurs de pièces et d'équipements affichent des taux encore plus élevés, avec 143,1 défaillances pour 10 000 entreprises dans le commerce de détail et 127 dans le commerce de gros. La vente de véhicules neufs et d'occasion atteint, quant à elle, 139,1.

Entre octobre 2025 et septembre 2026, les défaillances d'entreprises de vente et de réparation automobile se sont intensifiées. Tandis que d'autres spécialités, comme le contrôle technique restent stables.

En volume, les évolutions restent néanmoins contrastées. Les centres de contrôle technique enregistrent 37 défaillances, soit une baisse de 7,5 % sur un an. Le commerce de gros d'équipements automobiles suit la même tendance, avec 74 procédures (-9,8 %), tandis que le commerce de détail en totalise 170 (+5,6 %). Enfin, l'entretien et la réparation d'autres véhicules, notamment les poids lourds, comptabilisent 27 défaillances (-10 %).

Des entreprises souvent liquidées sans redressement

L'étude d'Insourcia dresse également le portrait des entreprises d'après-vente confrontées à ces difficultés. Dans 65 % des cas, une liquidation judiciaire est prononcée dès le premier jugement, sans période de redressement. Les sociétés récemment créées apparaissent particulièrement représentées : près d'une sur quatre (24 %) avait moins de trois ans au moment de la procédure.

Les structures de petite taille sont nombreuses parmi les entreprises concernées. Selon les derniers effectifs connus, 788 employaient entre un et neuf salariés, tandis que 82 n'en comptaient aucun. Les données restent toutefois indisponibles pour 601 entreprises. Au total, Insourcia estime qu'entre 2 541 et 4 595 salariés sont concernés par ces défaillances.

Leur situation financière révèle également certaines fragilités. Parmi les sociétés défaillantes d'au moins trois ans dont les comptes sont disponibles, 28 % présentaient des fonds propres négatifs, contre 12,4 % des entreprises toujours en activité, à ancienneté des comptes comparable.

Le chiffre d'affaires médian des sociétés défaillantes s'établit, pour sa part, à 220 000 euros, contre 309 000 euros pour les entreprises en activité. Une comparaison à considérer avec prudence, puisqu'elle repose sur les comptes publiés d'un échantillon limité de sociétés.

L'Île-de-France concentre une grande partie de la hausse

Les disparités géographiques sont également marquées. L'Île-de-France apparaît comme la région la plus exposée, avec 275 défaillances dans l'après-vente automobile, contre 231 un an auparavant (+19 %). À elle seule, elle représente 44 des 102 défaillances supplémentaires enregistrées à l'échelle nationale.

Son taux atteint 148,1 procédures pour 10 000 entreprises, devant La Réunion (144,1) et les Hauts-de-France (131,9). Pour les seuls garages franciliens, la situation apparaît encore plus dégradée, avec 221 défaillances, soit une hausse de 27 % sur un an.

À l'opposé, les Pays de la Loire (82,9) et le Centre-Val de Loire (86,2) affichent les taux de défaillance les plus faibles parmi les régions recensées.

Au-delà de l'après-vente, la vente automobile connaît elle aussi une augmentation des procédures collectives. Les distributeurs de véhicules totalisent 1 379 défaillances sur la période, soit une hausse de 9 %. En ajoutant le commerce et la réparation de motocycles, qui enregistrent 133 procédures, l'ensemble de ces activités automobiles cumule 3 023 défaillances en douze mois, contre 2 824 sur la période précédente.

Feu Vert recrute un financier comme directeur général adjoint

Feu Vert fait appel à un profil issu de la finance pour renforcer sa direction. Depuis octobre 2026, Irwin Boaglio occupe le poste de directeur général adjoint de l'enseigne de centres autos.

Une nomination annoncée par l'intéressé sur LinkedIn, après plus de cinq années passées à la direction financière de Hublo, entreprise spécialisée dans les solutions numériques destinées aux établissements de santé.

"Ce nouveau chapitre s'annonce passionnant, avec de beaux défis de transformation et de développement à relever aux côtés des équipes, pour contribuer à écrire la suite de l'histoire de cette belle enseigne", indique le nouveau dirigeant.

Feu Vert mise sur un profil de gestionnaire

Avant son arrivée chez Feu Vert, Irwin Boaglio a donc exercé les fonctions de directeur financier de Hublo, de juin 2021 à août 2026. Il a auparavant effectué l'essentiel de sa carrière dans la banque d'investissement, notamment chez Bank of America, où il a travaillé près de trois ans à Londres, jusqu'en mars 2021. Il avait précédemment passé plus de quatre ans chez Barclays Investment Bank, à Paris puis à Londres, après plusieurs expériences chez Exane, UBS et BNP Paribas.

Cette nomination intervient quelques mois après un changement majeur dans l'actionnariat de Feu Vert. En février 2026, le groupe familial Bassac a finalisé l'acquisition de 100 % du capital de l'enseigne, jusqu'alors détenue par le fonds Alpha Private Equity depuis 2016.

Cette opération avait été réalisée sans modification immédiate de la gouvernance, Thierry Sinquin conservant ses fonctions de président-directeur général. Auparavant, en décembre 2024, Feu Vert avait également bouclé un refinancement de 193 millions d'euros, destiné à optimiser la structure et le coût de sa dette tout en soutenant son développement.

La distribution de pièces de rechange toujours à la peine

Après un été difficile, les spécialistes de la pièce automobile espéraient retrouver un peu de dynamisme à la rentrée. Il faudra encore patienter. Selon le baromètre Feda-Xerfi de septembre 2026, l'activité de la distribution de pièces pour véhicules légers a reculé de 1 % sur un an.

Un résultat d'autant moins encourageant que le mois comptait exactement le même nombre de jours ouvrables qu'en septembre 2025. Aucun effet calendaire ne vient donc expliquer ce repli.

Cette contre-performance prolonge une tendance déjà observée au cours des derniers mois. Sur l'ensemble du troisième trimestre, la distribution VL affiche une baisse de 0,8 %. Depuis janvier, le recul reste plus limité, à 0,3 %, mais confirme les difficultés du secteur à renouer avec la croissance.

Les équipements et l'outillage dans le rouge

Derrière cette évolution globale, les différentes familles de produits connaissent toutefois des fortunes diverses. Les équipements et l'outillage enregistrent la plus forte baisse, avec un décrochage de 9 % en septembre.

La peinture-carrosserie reste également dans le négatif (-1 %), avec un repli de 1 % pour la peinture et de 1,5 % pour les produits de carrosserie.

À l'inverse, certaines activités résistent mieux. La mécanique progresse de 1 %, tandis que les prestations d'atelier gagnent 1,5 %.

Poids lourd : la distribution accuse un net recul

La situation apparaît encore plus délicate dans le véhicule industriel. En septembre, la distribution de pièces poids lourds enregistre une contraction de 4,5 %, soit une baisse nettement plus marquée que celle du VL.

Le recul concerne principalement les pièces, équipements et outillages, dont l'activité chute de 8,5 %. Les prestations d'atelier limitent davantage les pertes, avec une diminution de 0,5 %.

Sur l'ensemble du troisième trimestre, la distribution PL parvient néanmoins à préserver une très légère progression de 0,1 %. Ce résultat ne suffit pas à redresser le bilan des neuf premiers mois de l'année, qui ressort en baisse de 1,6 %.

Ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec une certaine prudence. La Feda rappelle que son baromètre poids lourd a récemment évolué pour distinguer l'activité des distributeurs vendant aux clients finaux de celle des plateformes. Cette modification s'accompagne de reclassements et de reprises de données historiques qui peuvent affecter les comparaisons avec les périodes antérieures.

Les plateformes PL échappent à la morosité

Cette nouvelle distinction fait apparaître un contraste notable au sein de la filière poids lourd. Alors que les distributeurs servant directement les réparateurs et les transporteurs voient leur activité reculer, les plateformes spécialisées poursuivent leur progression.

En septembre, leur chiffre d'affaires mesuré par le baromètre augmente de 4,5 %. La tendance se confirme sur l'ensemble du troisième trimestre (+4,7 %) et se révèle encore plus favorable depuis le début de l'année, avec une croissance cumulée de 6,9 % à fin septembre.

Une fin d'année sous surveillance pour la rechange

Au-delà de ces disparités, la Feda dresse un constat préoccupant sur l'évolution du marché. L'organisation professionnelle attribue la dégradation de l'activité à plusieurs facteurs, notamment la diminution des déplacements routiers, les contraintes pesant sur le pouvoir d'achat et les incertitudes économiques.

Dans ce contexte, les professionnels de la distribution abordent le dernier trimestre sans véritable signe de reprise. La fédération estime d'ailleurs que la situation pourrait rester dégradée tant que l'environnement économique et politique ne s'améliorera pas.

Avec Renative, Renault pousse les pièces remanufacturées dans son réseau

Avec plus de 2 000 références issues de l'économie circulaire, Renault dispose déjà d'une large offre de pièces et de composants remis en état. Le constructeur cherche désormais à les faire proposer plus souvent dans ses ateliers. C'est notamment le rôle de Renative, sa marque lancée en 2025, qui rassemble ces différentes solutions. Chaque année, Renault Group et ses marques collectent plus de 300 000 pièces usagées pour alimenter cette activité.

Pour leur donner une seconde vie, Renault dispose notamment de The Future Is Neutral, sa filiale spécialisée dans l'économie circulaire. Celle-ci regroupe plusieurs activités, dont The Remakers, qui rénove des pièces automobiles, et Gaia, spécialisée dans la réparation des batteries de traction.

Selon Renault, une pièce remanufacturée coûte en moyenne 30 % de moins que son équivalent neuf. Le constructeur précise que ces produits répondent aux mêmes exigences de performance, de qualité et de sécurité que les pièces neuves.

Le remanufacturing gagne les motorisations électriques

Depuis septembre 2026, Renault a élargi sa gamme de pièces remanufacturées aux motorisations électriques des Scenic E-Tech, Megane E-Tech et Master E-Tech. Le constructeur propose également des batteries de traction reconditionnées.

Renault développe aussi la réparation de composants électroniques, notamment ceux des systèmes multimédias des véhicules (GPS, radio, écran central…). Lorsqu'une pièce est réparable, cette intervention coûte en moyenne 50 % de moins que son remplacement, selon le groupe.

L'offre comprend également des huiles moteur fabriquées à partir d'huiles de base reraffinées. Lancée en 2025, la gamme Renault Castrol RRBO couvre depuis septembre 2026 l'ensemble des véhicules thermiques et hybrides du groupe en circulation en Europe. Renault annonce une réduction de l'empreinte carbone comprise entre 13 et 24 % grâce à ces huiles.

Les tapis de sol Premium Renault intègrent désormais 43 % de matières recyclées dans leur partie textile, notamment sur les Renault 5 E-Tech, Clio 6 et Twingo E-Tech. Dacia utilise également des matériaux recyclés dans certaines gammes de tapis de sol.

Une formation pour accompagner les réparateurs

Pour faire connaître Renative auprès des automobilistes, Renault a développé une formation en ligne avec Renault Academy. Destiné aux collaborateurs de l'après-vente, notamment aux conseillers service, ce module doit les aider à présenter les différentes offres aux clients.

Déployée dans dix pays européens, cette formation a déjà été suivie par 75 % des conseillers service, selon Renault.

"Au moment où il se présente dans nos ateliers, le client se voit proposer notre offre Renative", explique Édith Morin-Dufour, directrice stratégie, partenariats et développement durable après-vente de Renault Group.

Les pièces et composants issus de l'économie circulaire peuvent aussi être utilisés pour le reconditionnement des véhicules d'occasion, notamment dans le cadre du label Refactory certified.

Cette stratégie s'inscrit dans le plan futuREady, présenté en mars 2026, avec lequel Renault cherche notamment à fidéliser ses clients tout au long de la vie de leur véhicule. À l'horizon 2030, le constructeur ambitionne de faire de Renative un réflexe dans son réseau après-vente comme auprès des automobilistes.

Glass Express, c'est (pas) fini !

Glass Express perd son siège historique mais pas l'ensemble de son réseau. Après plusieurs mois de procédure judiciaire et l'échec d'un projet de reprise, l'enseigne de réparation de bris de glace a cessé ses activités à Évreux et Gravigny (27), lundi 2 novembre 2026 au soir. Ses quatre autres plateformes régionales restent toutefois opérationnelles.

Cette issue intervient après une longue période d'incertitude. Placée en redressement judiciaire le 30 avril dernier, Glass Express France avait vu sa procédure convertie en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce d'Évreux le 10 septembre 2026. La juridiction avait néanmoins autorisé la poursuite de son activité jusqu'au 2 novembre, afin de permettre la recherche d'un repreneur.

Samuel Brigantino, fondateur et dirigeant du réseau, espérait encore sauver l'entreprise. Il avait proposé de reprendre l'essentiel de ses actifs et l'ensemble des salariés. Son offre a finalement été rejetée le 29 octobre 2026, scellant le sort des deux établissements normands. Le tribunal a jugé les perspectives d'activité de la spécialité du vitrage trop instables.

15 millions d'euros d'impayés

"Après 13 ans de développement de cette marque, cette décision est un choc, déplore le dirigeant. Il y a deux ans, je n'aurais jamais imaginé que nous nous retrouverions dans cette situation". En effet, la disparition de ces deux établissements marque un coup d'arrêt pour une entreprise qui avait connu une croissance soutenue ces dernières années.

En 2024, la seule entité Glass Express France réalisait encore 12,6 millions d'euros de chiffre d'affaires. Tandis que l'ensemble du réseau poursuivait son expansion au-delà de son berceau normand. En 2025, le groupe revendiquait un chiffre d'affaires consolidé de 27 millions d'euros et employait 250 salariés.

Malgré cette progression, sa situation financière s'est progressivement dégradée. Samuel Brigantino met notamment en cause les pratiques de paiement de certains assureurs, avec lesquels son enseigne, non agréée, entretient des relations conflictuelles depuis plusieurs années.

Selon le dirigeant, quelque 40 000 dossiers litigieux représentaient initialement près de 15 millions d'euros de créances impayées – dont une partie a d'ores et déjà été récupérée. Il dénonce notamment des factures dont les montants auraient été réduits unilatéralement par les assureurs, ainsi que des règlements intervenant parfois avec plus de 150 jours de retard – bien au-delà du délai légal de 30 jours.

Les assureurs resserrent leur emprise sur l'après-vente automobile

Parmi les sept compagnies mises en cause par Glass Express figurent notamment la Macif, la Matmut et Pacifica. Pour Samuel Brigantino, l'accumulation de ces différends aurait fragilisé la trésorerie de son entreprise, jusqu'à compromettre la poursuite de son activité. Les conséquences sociales sont importantes. La fermeture du siège doit entraîner le licenciement de ses 40 salariés, auxquels s'ajoutent les 40 employés de la plateforme historique de Gravigny.

De son côté, Holding Brigantino Investissement (HBI), qui assure des fonctions support pour le réseau, a été sauvé au prix d'un plan de sauvegarde de l'emploi. Celui-ci prévoit de réduire ses effectifs de 40 à 15 personnes. C'est donc une grande partie de l'organisation mise en place pour accompagner le développement national de Glass Express qui disparaît.

Quatre entités régionales poursuivent leur activité

Cette liquidation ne signe toutefois pas la fin de l'enseigne. Les quatre autres entités régionales poursuivent leurs activités. Les plateformes de distribution de vitrages d'Arras (62), de Rennes (35), de Tours (37) et de Troyes (10) restent opérationnelles, tout comme les centres de réparation qui leur sont rattachés. Au cours des derniers mois, leur autonomie a été renforcée pour leur permettre de fonctionner indépendamment de la structure nationale.

Glass Express a ainsi renoué avec son organisation initiale, en redonnant aux entités régionales la gestion de leurs fonctions support et de leur relation client. "Maintenant, nous allons stabiliser le réseau dans ces régions. Nous allons les remettre en état et avancer sur les procédures judiciaires en cours", explique Samuel Brigantino. Il précise aussi qu'il continuera à travailler avec le liquidateur judiciaire pour renflouer la dette.

Car le dirigeant n'entend pas renoncer à son combat contre les pratiques qu'il reproche à certains assureurs. Pour sécuriser les dossiers de réparation et limiter les contentieux, Glass Express a notamment travaillé avec la FFC Mobilité à l'élaboration d'un nouveau mode opératoire, dont le déploiement est prévu d'ici à la fin de l'année 2026.

Ce dispositif associe une expertise indépendante sur pièces à un contrat de cession de créance limité dans le temps. Il vise notamment à mieux encadrer les relations entre les réparateurs, les automobilistes et leurs assureurs.

"Le client y est également entièrement informé et associé à la procédure", précise Samuel Brigantino. Cette démarche vise à répondre aux critiques de certains assureurs, qui contestenthttps://j2rauto.com/reseaux/avec-mondial-pare-brise-la-macif-lorgne-le-marche-du-bris-de-glace/ les pratiques tarifaires des réparateurs non agréés. Celle-ci tire aussi les leçons de l'expérience du redressement judiciaire du groupe.

Effectivement, l'administrateur judiciaire avait mandaté un cabinet de recouvrement, pour réclamer les impayés directement auprès des assurés… Une pratique qui avait suscité l'incompréhension et terni l'image de marque de Glass Express. Mais cette stratégie avait aussi accéléré certains remboursements de facture par des assureurs sous la pression de leurs clients.

Rapport de force entre assureurs et réparateurs non-agréés

En parallèle, Glass Express poursuit ses démarches auprès de la DGCCRF et des élus pour défendre le libre choix du réparateur. "Les assurances recommencent à s'ingérer dans les affaires des réparateurs comme avant l'adoption de la loi Hamon [sur le libre choix du réparateur – ndlr], affirme Samuel Brigantino. Mais la situation d'aujourd'hui est encore pire, car ils empruntent des voies détournées et nous font en plus passer pour des voleurs".

Finalement, le dirigeant déplore qu'il ait fallu voir la liquidation du réseau Glass Elite en 2025, puis aujourd'hui celle de Glass Express pour prendre conscience des effets de la "financiarisation du marché du bris de glace". Au travers de cette formule, il dénonce le rapport de force initié par les assureurs contre les réparateurs non-agréés, depuis le rachat de Mondial Pare-Brise par la Macif en 2023.

D'après lui, l'éventuelle disparition des enseignes indépendantes pourrait déboucher sur des prix excessivement trop tirés vers le bas par les assureurs. Ceux-ci entraîneraient à la fois une paupérisation des artisans et une baisse de qualité de leurs réparations, au détriment des assurés… Un argument suffisamment pertinent pour avoir déclenché une enquête de la DGCCRF sur les mécanismes de ce marché.

IDLP rachète SBD et se développe à Bordeaux

Une nouvelle plateforme passe dans le giron d'IDLP. Le groupe dirigé par Patrice et Fabrice Godefroy vient de finaliser le rachat de la Société bordelaise de distribution (SBD) à Floirac (33), près de Bordeaux. Déjà affiliée à Alternative Autoparts depuis 2020, l'entreprise va permettre au groupement de consolider sa présence dans le Sud-Ouest, tout en donnant de nouvelles perspectives à cette structure historique.

"Pour nous, cette opération présentait deux enjeux. Le premier était de conserver cette plateforme à Bordeaux, une ville importante dans le maillage territorial d'Alternative Autoparts comme du groupe IDLP", explique Fabrice Godefroy, directeur général d'IDLP.

À l'origine de cette cession, la volonté des actionnaires de SBD de passer la main. François Chevreux, qui assurait principalement la gestion de l'entreprise, approche notamment de l'âge de la retraite. Avec Philippe Pechberty, également propriétaire de Dapam à Toulouse, il avait rejoint Alternative Autoparts en mars 2020, après avoir quitté le réseau Sirius.

Les deux dirigeants, toujours membres du conseil d'administration du groupement, se sont naturellement rapprochés d'IDLP pour envisager la transmission de leur société. Après plusieurs mois de discussions, un accord a finalement été trouvé.

Lorsque nous avons appris les intentions des actionnaires, nous avons donc étudié le dossier afin d'éviter que la structure ne soit reprise par un autre acteur du marchéajoute Fabrice Godefroy.

Précisons que la transaction a été réalisée par l'entité PAP Ouest, dont les équipes, dirigées par Julien Lefort, prennent désormais les commandes de SBD.

Une réorganisation logistique annoncée

Au-delà du changement de propriétaire, cette acquisition doit donner un nouvel élan à la plateforme bordelaise. Selon ses derniers comptes disponibles, SBD a réalisé en 2025 un chiffre d'affaires de 3,36 millions d'euros. Des résultats que Fabrice Godefroy ne considère toutefois pas comme représentatifs de son potentiel de développement.

Pour concrétiser ses ambitions, le dirigeant prévoit d'abord de revoir les moyens logistiques de l'entreprise. "Aujourd'hui, la plateforme occupe des locaux qui ne sont plus adaptés à ses activités. Nous allons donc devoir trouver rapidement un nouveau site, plus fonctionnel et mieux dimensionné pour répondre à nos besoins."

Ce projet de déménagement n'est pas nouveau. Dès 2020, François Chevreux envisageait déjà de transférer son activité dans des bâtiments mieux adaptés. Six ans plus tard, le changement d'actionnaire devrait permettre de relancer ce chantier.

En parallèle, une réorganisation de l'offre est à l’étude. De nouvelles marques doivent rejoindre le catalogue de la plateforme, qui s’appuie aujourd’hui sur un stock d’environ 50 000 références. Les synergies avec les autres structures d'IDLP doivent également contribuer à développer son activité. Cette transformation s'appuiera sur les équipes existantes, dont les emplois seront maintenus.

Nous allons conserver les collaborateurs actuellement en poste, car la plateforme dispose de personnes compétentes. L'idée est de nous appuyer sur leurs savoir-faire tout en apportant notre organisation, nos moyens et notre dynamique commercialesouligne Fabrice Godefroy.

IDLP veut reproduire le modèle de PAP Ouest à Bordeaux

Pour mener ce projet, IDLP compte s'appuyer sur l'expérience acquise par Julien Lefort dans l'Ouest. Ce dernier a notamment piloté le développement de PAP Ouest, née du rachat de Riche Diffusion en 2018.

L'ancienne plateforme nantaise a connu depuis une transformation importante, marquée par son déménagement en 2023 dans des locaux plus vastes à Saint-Herblain (44).

Cette évolution s'est accompagnée d'un élargissement de son catalogue et d'une montée en puissance de son activité. En 2024, PAP Ouest revendiquait ainsi 75 000 références et jusqu'à 1 400 colis expédiés quotidiennement, contre 120 à ses débuts. Fabrice Godefroy espère désormais engager une trajectoire comparable à Bordeaux.

"Lorsque l'on regarde ce que Julien Lefort a accompli chez Ouest Injection et PAP Ouest, nous avons toutes les raisons de penser qu'il obtiendra également de très bons résultats à Bordeaux", affirme-t-il.

L'opération complète par ailleurs la couverture territoriale du distributeur et de son groupement. Avec Nantes, Bordeaux et Toulouse, IDLP dispose désormais de trois implantations PAP pour desservir une grande partie de l'Ouest et du Sud-Ouest. "Cette opération nous permet à la fois de préserver une plateforme au sein d'Alternative Autoparts et de renforcer notre réseau PAP", résume le directeur général.

Autolia se renforce avec l'arrivée d'Apprau

Vingt ans après leur création, Autolia Group et Apprau ont décidé de rapprocher leurs organisations. Le réseau de plateformes logistiques a officialisé, ce 2 novembre 2026, son adhésion au groupement présidé par Laurent Brutinel. Ce partenariat sera effectif dès le 1er janvier prochain.

Le rapprochement concerne les quatre entreprises réunies au sein d'Apprau : Adipa, Chaussende, Dasir et Motor Parts. Pour rappel, ces dernières disposent de sept plateformes implantées à Lyon (69), Limoges (87), Vitrolles, Marseille (13), Toulouse (31), Nantes (44) et Lille (59). Leur arrivée viendra compléter le dispositif des cinq membres actuels d'Autolia Group : Agra, EFF Priam, Norca, TF et TVI.

Apprau rejoint Autolia en qualité de membre adhérent, tandis que ses quatre entreprises conservent leur identité et leur autonomie opérationnelle. Une organisation conforme au modèle défendu par le groupement depuis sa création en 2006.

"Depuis vingt ans, Autolia Group s'est construit autour d'une idée forte : réunir des entreprises indépendantes qui partagent la volonté d'être plus performantes ensemble, tout en préservant leur singularité", rappelle Laurent Brutinel, son président.

Autolia élargit son réseau de distribution

Avant cette opération, Autolia Group revendiquait 15 plateformes de distribution, 450 distributeurs grossistes et points de vente, ainsi que 650 garages, répartis sous les différentes enseignes de ses adhérents. Avec l’intégration d'Apprau, le groupement, qui perdra Flauraud dès janvier prochain, devrait sensiblement consolider sa couverture territoriale. Le nouvel ensemble devrait ainsi réunir 22 plateformes.

Au-delà de l'élargissement du réseau, l'un des principaux enjeux du rapprochement réside dans le renforcement de la puissance d'achat. En réunissant leurs volumes, les membres d'Autolia Group et d'Apprau espèrent améliorer leurs conditions de négociation auprès des équipementiers, fournisseurs et prestataires.

Cette logique de mutualisation doit également s'étendre à d'autres domaines. Les deux organisations évoquent des coopérations commerciales, logistiques et opérationnelles, ainsi qu'un partage de leurs compétences et de leurs outils.

"Nous partageons avec les membres d'Autolia Group une même vision du commerce indépendant, fondée sur la proximité, l'engagement entrepreneurial et la recherche de performance. Notre volonté est de contribuer pleinement à cette dynamique collective, tout en poursuivant le développement de nos propres organisations", souligne Pascale Lefeuvre, présidente d’Apprau.

Un rapprochement inscrit dans la stratégie Horizon 2030

Cette annonce intervient après la célébration du 20e anniversaire d'Autolia Group, organisée en Corse du 21 au 23 octobre dernier. Le groupement y avait présenté ses perspectives de développement à travers son plan Horizon 2030. L'arrivée d'Apprau constitue une première traduction de cette feuille de route.

Pour Denis Descosse, directeur général d'Autolia Group, la prochaine étape consistera à donner une réalité opérationnelle à cette alliance. "Notre priorité est maintenant de transformer cette dynamique en synergies concrètes, dans un esprit de confiance, de réciprocité et de création de valeur partagée."

Quelles répercussions chez Nexus Automotive France ?

Ce rapprochement devrait avoir des conséquences pour Nexus Automotive France, dont Apprau est l'un des quatre actionnaires fondateurs depuis 2020, aux côtés d'Alternative Autoparts, d'Aniel et d'ID Rechange. Son départ représenterait une perte significative pour l'entité tricolore du groupement international, tant en matière de volumes d'achats que de couverture territoriale.

Reste à savoir comment Nexus Automotive France entend compenser cette défection et quelles conséquences elle aura sur son organisation.

Contrôle technique : SGS met la main sur ProTechnologies

SGS étend son emprise sur le marché du contrôle technique. Le groupe suisse, déjà à la tête de près de 2 000 centres de contrôle technique en France à travers ses enseignes Auto Sécurité et Sécuritest, annonce le rachat de ProTechnologies, spécialiste de l'accompagnement des centres indépendants.

Avec cette opération, il met la main sur un maillage qui fédère 550 établissements sous l'enseigne Mon Contrôle Technique. ProTechnologies accompagne 290 autres centres qui utilisent ses solutions logicielles (AutoSoft Explorer, Truck Explorer, CTonline, etc.).

Le rapprochement permet à SGS d'élargir son périmètre au-delà de ses réseaux traditionnels. Jusqu'ici, le groupe s'appuyait principalement sur ses deux réseaux historiques. Il dispose désormais d'une troisième offre destinée aux exploitants qui souhaitent conserver leur indépendance tout en bénéficiant de services d'accompagnement.

Concrètement, nous complétons notre offre. Mon Contrôle Technique devient, à côté d'Auto Sécurité et Securitest, la troisième identité de SGS, dédiée aux centres qui font le choix de ne pas être rattachés à un réseauprécise Antoine Talagrand, business manager de la division Transport de SGS.

SGS lorgne les centres de contrôle technique indépendants

Créée en 1993, ProTechnologies s'est spécialisée dans l'assistance aux professionnels du contrôle technique. L'entreprise intervient aussi bien dans la création de centres que dans leur exploitation quotidienne. Ses activités couvrent le véhicule léger, les véhicules de catégorie L et le poids lourd.

Avec cette acquisition, SGS entend accélérer son développement auprès des exploitants indépendants, dont le nombre reste important sur le marché français. Selon les derniers bilans de l'Utac-OTC, 1 289 des 6 784 centres agréés pour les véhicules légers n'étaient rattachés à aucun réseau fin 2025, soit 19 % du parc national. Leur nombre a même progressé de 53 établissements en un an.

Cette proportion est encore plus marquée dans le poids lourd, où 171 des 398 centres agréés exercent hors réseau, soit près de 43 %.

ProTechnologies conserve sa direction

Sur le plan opérationnel, ce rapprochement ne s'accompagne pas d'un changement de gouvernance chez ProTechnologies. Thomas Bozon conserve ses fonctions de directeur général, désormais au sein de la division Transport de SGS.

"Rejoindre SGS est une très bonne nouvelle pour les centres de Mon Contrôle Technique : ils s'appuient désormais sur la solidité d'un grand groupe, sans rien perdre de leur indépendance", précise le dirigeant.

Reste à voir comment cette autonomie se traduira dans la durée. Car si SGS présente ses trois enseignes comme complémentaires, leur réunion au sein d'un même groupe renforce aussi la concentration du marché du contrôle technique tricolore.

Avec près de 2 000 centres déjà présents dans ses deux réseaux historiques et les 550 sites accompagnés par ProTechnologies, SGS s'appuie désormais sur un ensemble d'environ 2 550 centres.

Loi Montagne et pneus hiver : les automobilistes encore dans le brouillard

Six ans après sa mise en place, la loi Montagne reste difficile à appliquer. Depuis le 1er novembre 2026, les automobilistes circulant dans les zones concernées doivent à nouveau disposer d'équipements adaptés aux conditions hivernales. Pourtant, alors que cette obligation s'applique jusqu'au 31 mars 2027, les automobilistes semblent encore mal connaître la réglementation.

Une enquête réalisée par l'Ifop pour Musher Antiglisse, spécialiste des chaussettes à neige, illustre ce décalage. Si 83 % des automobilistes interrogés affirment connaître précisément les équipements exigés par la réglementation, seuls 20 % parviennent à identifier l'ensemble des solutions autorisées.

Dans le détail, les chaînes métalliques et les pneus hiver portant le marquage 3PMSF sont les mieux identifiés, chacun étant cité par 65 % des répondants. Les chaussettes à neige et les chaînes textiles ne sont reconnues comme conformes que par 56 % des conducteurs. Quant aux pneus quatre saisons homologués 3PMSF, ils ne sont mentionnés que par 46 % des personnes interrogées.

"Ces résultats montrent qu'il reste un véritable travail de pédagogie à mener auprès des automobilistes. Se sentir informé sur la loi Montagne ne signifie pas nécessairement connaître les équipements autorisés. Il est essentiel que chacun puisse identifier les solutions à sa disposition pour préparer ses déplacements hivernaux en toute sérénité", souligne Alexandre Baisse, cofondateur de Musher Antiglisse.

Loi Montagne : une obligation toujours sans amende

Cette méconnaissance intervient dans un contexte réglementaire particulier. Instaurée en 2021, la loi Montagne impose, dans plus de 4 000 communes réparties sur 34 départements, de disposer de quatre pneus hiver ou toutes saisons homologués 3PMSF, ou de détenir des dispositifs antidérapants permettant d'équiper au moins deux roues motrices.

Depuis novembre 2024, le seul marquage M+S ne suffit plus pour satisfaire à cette obligation avec des pneumatiques. Les automobilistes équipés de pneus portant uniquement cette inscription doivent donc disposer de chaînes ou de chaussettes à neige lorsqu'ils circulent dans les secteurs concernés.

Mais le non-respect de ces dispositions ne fait toujours pas l'objet d'une amende spécifique. Le décret nécessaire à l'instauration de la contravention de quatrième classe, d'un montant de 135 euros, n'a jamais été publié.

Une anomalie que le Syndicat du pneu dénonce depuis plusieurs années. En mars 2026, l'organisation professionnelle avait d'ailleurs adressé une lettre ouverte au gouvernement pour demander une clarification des règles, l'instauration effective des sanctions et une campagne nationale d'information.

Cette revendication est relayée depuis plusieurs années par Christophe Rollet, directeur général de Point S. Dans une nouvelle tribune publiée fin octobre, le dirigeant interpelle les pouvoirs publics sur leur immobilisme.

Combien d'accidents, d'embouteillages sur les routes et autoroutes faudra-t-il encore avant que nos responsables politiques aient le courage de faire appliquer une loi qu'ils ont eux-mêmes votée ?s'interroge-t-il.

Pour le responsable du réseau de pneumaticiens, les difficultés de pouvoir d'achat ne justifient pas cette situation. Il préconise plutôt des mesures d'accompagnement pour les ménages modestes, notamment une TVA réduite ou des aides adaptées aux revenus.

L'absence d'amende ne signifie toutefois pas que les automobilistes peuvent ignorer leurs obligations. Les forces de l'ordre peuvent notamment interdire l'accès à certaines routes enneigées aux véhicules insuffisamment équipés. En cas d'accident, les conditions du contrat d'assurance peuvent également entrer en jeu, sans qu'une absence de pneus hiver entraîne automatiquement un refus d'indemnisation.

L’essor du pneu quatre saisons

Au-delà du débat sur les sanctions, les professionnels du pneumatique insistent sur la nécessité de mieux sensibiliser les conducteurs aux risques hivernaux. Et pas uniquement dans les massifs montagneux.

Le Syndicat du pneu rappelle notamment les importantes perturbations provoquées par les chutes de neige du 5 janvier 2026. Cet épisode, qui avait touché une large partie du nord et de l'ouest de la France, avait entraîné des difficultés de circulation majeures, notamment en Île-de-France.

Selon une étude réalisée en 2024 par le Gipa pour l'organisation professionnelle, deux automobilistes sur dix déclaraient avoir déjà été immobilisés sur la route par des chutes de neige. Cette proportion atteignait même 36 % parmi les Franciliens interrogés.

Pour le SDP, ces événements rappellent l'intérêt des pneumatiques adaptés aux basses températures, y compris hors des périmètres soumis à la loi Montagne. Une évolution des usages qui semble déjà se traduire dans les ventes.

Au premier semestre 2026, les ventes de pneus quatre saisons ont progressé de 15,7 %, tandis que celles des enveloppes été reculaient de 12 %, selon les données communiquées par le Syndicat du pneu. Autre évolution notable : le prix moyen d'un pneu quatre saisons s'établissait à 100,07 euros sur cette période, contre 106,80 euros pour un pneu été.

L'argument tarifaire, longtemps défavorable aux enveloppes polyvalentes, tend ainsi à s'estomper. Près de 60 % des pneus tourisme neufs commercialisés en France portent désormais le marquage 3PMSF, d'après l'organisation professionnelle.

Équipements hiver : le rôle des réparateurs

Cette progression ne règle cependant pas toutes les difficultés. Si les pneus quatre saisons homologués permettent de répondre aux exigences de la loi Montagne, ils ne dispensent pas les conducteurs d'adapter leur conduite aux conditions météorologiques. De même, les chaînes et chaussettes à neige constituent des solutions réglementaires. Mais leur utilisation reste ponctuelle et suppose de savoir les installer correctement.

L'enquête Ifop pour Musher montre d'ailleurs que les automobilistes sont davantage préoccupés par les conditions de circulation que par les obligations légales. Ainsi, 58 % des conducteurs interrogés redoutent avant tout de perdre le contrôle de leur véhicule sur la neige. Un tiers craint de rester bloqué, tandis que 19 % appréhendent de devoir installer des chaînes au bord de la route.

Ces résultats soulignent l'importance du conseil délivré par les professionnels de l'automobile. Au moment du remplacement des pneumatiques, les ateliers peuvent notamment orienter leurs clients vers les équipements correspondant à leurs déplacements habituels, tout en rappelant les règles applicables dans les zones montagneuses.

Reste que, pour les représentants de la filière, cette pédagogie ne saurait se substituer à une application effective de la réglementation. À quatre ans des Jeux olympiques d'hiver de 2030 dans les Alpes françaises, le Syndicat du pneu estime nécessaire de clarifier rapidement le dispositif pour garantir la sécurité et la fluidité du trafic.

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Vroomly lance son application mobile pour les garages indépendants

Avec sa nouvelle application, Vroomly entend réduire les passages devant l’ordinateur pour les tâches courantes. La plateforme tout-en-un dédiée aux garages automobiles rassemble sur smartphone ses principales fonctions. Une trentaine de réparateurs ont testé cet outil pendant quatre semaines avant son lancement.

Le catalogue à portée de main

Premier service proposé par l'application : l'accès à la commande de pièces de rechange. La solution permet de consulter les 2,5 millions de références du catalogue Vroomly et de comparer les prix et les stocks de plus de 70 distributeurs. La recherche s’effectue à partir de l’immatriculation, du VIN ou d’une référence, notamment d’origine.

Le professionnel conserve ses conditions d’achat habituelles, qu’il s’agisse des tarifs négociés ou des moyens de paiement. Une fois la commande passée, il peut suivre l’acheminement de ses colis et recevoir des notifications lors de leur expédition puis de leur livraison. Les retours se déclarent également depuis le téléphone, avec la possibilité de photographier la pièce pour documenter la demande.

Du planning au devis

Les ateliers abonnés au logiciel de gestion disposent de fonctions supplémentaires. Un tableau de bord regroupe les rendez-vous et les livraisons du jour. L’agenda se consulte à la journée, à la semaine ou par mécanicien, pour suivre la répartition des travaux.

Le réparateur peut aussi créer ou modifier un devis, puis l’adresser au client par SMS, courriel ou WhatsApp. La fiche d’intervention réunit les informations nécessaires au suivi des opérations, avec l’accès à la commande de pièces, à l’affectation des mécaniciens et à l’ordre de réparation. Un annuaire facilite les appels et les échanges avec les clients, tandis que des notifications rappellent les rendez-vous à venir.

Avec cette application, Vroomly, qui revendique désormais 12 000 garages équipés en France, complète son panel de services et entend offrir aux MRA des outils de gestion et d’approvisionnement comparables à ceux des grandes enseignes.

"Les réseaux ont équipé leurs ateliers d'outils mobiles depuis des années. Un garage indépendant n'avait pas accès à ce niveau d'équipement sans en avoir la structure. C'est ce que nous corrigeons : l'atelier entier dans la poche du garagiste, sans rien changer à sa façon de travailler", conclut Alexis Frèrejean, CEO de Vroomly.

Les Français roulent moins mais tombent toujours plus en panne

Moins de kilomètres au compteur, mais toujours autant de véhicules immobilisés sur le bord des routes. Le paradoxe se confirme dans le dernier bilan estival de l'Union des Assisteurs. Entre juin et septembre 2026, les neuf sociétés membres de l'organisation professionnelle ont traité plus de 2,7 millions de dossiers automobiles, soit une hausse de 1 % sur un an.

Avec ce volume, l'automobile reste de loin le premier métier des assisteurs, qui ont enregistré 3,8 millions de dossiers toutes activités confondues sur cette période, contre 3,7 millions un an plus tôt.

Cette progression légère mais notable des dépannages s’inscrit dans un contexte de recul des déplacements. Selon les estimations des professionnels de l'assistance, les distances parcourues par les automobilistes auraient diminué d'environ 5 % depuis le début de l'année, notamment sous l'effet de la flambée des carburants.

Pour expliquer la hausse des dépannages, l'Union des Assisteurs pointe le vieillissement du parc, associé à un entretien parfois différé pour des raisons budgétaires. À ces facteurs s'ajoutent les épisodes de chaleur et leurs conséquences sur la fiabilité mécanique des véhicules.

L'été 2026 a, en particulier, mis les batteries à rude épreuve. D'après l'Union des Assisteurs, lorsque les températures dépassent 35 °C, le nombre de pannes peut augmenter de 15 à 20 %.

Des assistances plus nombreuses pour les voitures électriques

Si les véhicules thermiques représentent encore l'essentiel des interventions, l'électrification du parc commence également à modifier l'activité des professionnels du dépannage.

L'Union des Assisteurs fait état d'une hausse de 35 % des dossiers concernant les modèles électriques durant l'été 2026. Leur poids reste toutefois très limité dans le volume total des prises en charge.

Procodis France affiche ses ambitions avec Stanislas Brodard

Procodis France a réalisé un joli coup sur le mercato de l’après-vente en attirant dans ses rangs Stanislas Brodard.

Nommé directeur commercial de l’entreprise le 1er juillet dernier, ce dernier entend "remettre à sa juste place le nom de Procodis France" et "donner plus de visibilité à la marque de l’équipementier français auprès des distributeurs et des réparateurs dans un marché favorable aux marques alternatives".

Parmi ses priorités, Stanislas Brodard veut mieux faire connaître le catalogue du fournisseur (distribution, embrayage, freinage, pièces techniques, antivibratoire, etc.) auprès des professionnels de la rechange.

Procodis France propose des produits de qualité à des prix adaptés. Ma mission est de mettre en lumière cette offreajoute-t-il.

Procodis veut consolider son maillage commercial

Le directeur commercial rappelle que l’entreprise bénéficie de certifications ISO 9001 et fait régulièrement l’objet d’audits et de contrôles de partenaires de l’industrie automobile. Malgré la pression sur les prix, "nous refusons de transiger sur la qualité, qui demeure notre première priorité", insiste-t-il.

Cette reconnaissance doit aussi passer par un accompagnement renforcé des clients. Stanislas Brodard entend notamment développer le soutien technique, fidèle à une démarche qui constitue l’un des fils conducteurs de son parcours professionnel.

Parallèlement, le nouveau directeur commercial s'est fixé pour ambition de poursuivre le développement du réseau de distribution de la marque. L’équipementier français espère notamment consolider et développer ses partenariats commerciaux en France comme à l’export. "Mon rôle consiste donc à valoriser les atouts de Procodis France et à déployer notre stratégie de maillage commercial", résume-t-il.

Stanislas Brodard débute sa carrière dans l’automobile comme commercial pour plusieurs marques avant de rejoindre le GNFA (devenu Mobipolis) en 2002, où il se tourne vers la formation technique. Entre 2003 et 2004, il travaille chez Infopro Digital à la rédaction de méthodes de réparation et de bases de données techniques.

En 2006, il intègre Gates comme directeur technique pour la rechange indépendante des marchés francophones, avant de prendre, deux ans plus tard, des responsabilités commerciales en Île-de-France et dans le Nord-Est.

De 2010 à 2015, il dirige les opérations et le back-office de Lum Lux. En septembre 2016, il devient directeur France de la rechange indépendante chez ElringKlinger Meillor. Après plus de neuf ans dans le groupe, il rejoint Rheinmetall en janvier 2026 comme directeur commercial de la rechange pour la France, le Benelux et les Drom, jusqu’en juin 2026.

La carrosserie Morel a réduit ses émissions de CO2 de 17 tonnes en 2025

Au sein du réseau Five Star, certains réparateurs jouent un rôle moteur dans la diffusion des bonnes pratiques sociales et environnementales. C’est le cas de la carrosserie Morel, implantée à Lentilly (69), qui vient de recevoir les résultats des mesures réalisées par Leasia Conseil sur l’impact de son activité. Grâce à l’outil C2O (Carrosserie carbone optimisation), l’entreprise a ainsi évalué à 197 tonnes de CO2 ses émissions en 2025.

Ce bilan doit être rapporté au volume d’activité de l’atelier. Sur l’année, la carrosserie a pris en charge 2 572 véhicules, dont près de 400 Tesla, soit une moyenne d’environ 50 véhicules par semaine. Ces interventions concernaient notamment 1 983 sinistres et collisions, 92 bris de glace et 110 dossiers liés à la grêle, auxquels s’ajoutent 386 prestations mécaniques.

La carrosserie a parallèlement renforcé le recours à la réparation plutôt qu’au remplacement. En 2025, 20,93 % des pièces ont été réparées, contre 18,43 % en 2024. Les pièces issues de l’économie circulaire ont également progressé : 7,7 % des dossiers sinistres ont donné lieu à l’utilisation de pièces de réemploi, contre 6,31 % un an plus tôt.

Identifier les leviers concrets

Spécifiquement conçu pour les métiers de la carrosserie, le dispositif de Leasia Conseil estime que les pratiques mises en place par l’entreprise ont permis d’éviter l’émission de 17 tonnes de CO2 supplémentaires. Parmi les leviers identifiés figurent notamment la gestion des déchets et le recours aux pièces issues de l’économie circulaire (Piec), deux domaines dans lesquels les dirigeants de l’entreprise entendent poursuivre leurs efforts. "Cette démarche nous permet de disposer d’une vision chiffrée et objective de notre impact et d’identifier les leviers concrets sur lesquels nous pouvons encore agir. Elle s’inscrit dans notre volonté de faire évoluer nos pratiques, au service de nos clients et de notre territoire", expliquent Sandrine et Frédéric Michel.

Les initiatives de la carrosserie Morel s’inscrivent dans un travail engagé de longue date. Lors du dernier congrès Five Star, organisé en septembre 2026, elle avait ainsi obtenu la distinction Autoecoclean Argent, attribuée par l’organisme Autoeco. Cette reconnaissance distingue les efforts réalisés en matière de gestion des déchets automobiles, au-delà des seules obligations réglementaires. "Ce résultat traduit un travail de fond mené au sein de l’atelier : tri rigoureux, traçabilité et valorisation des déchets issus de nos activités de carrosserie et de mécanique", précisent les dirigeants.

Prendre en compte les attentes de toutes les parties prenantes

Sandrine et Frédéric Michel avaient également fait partie des premiers réparateurs du réseau à se soumettre à l’audit associé au label RSE de Five Star. Une démarche qui leur a permis d’obtenir, là encore, une médaille d’argent. Dans l’entreprise, cette politique repose notamment sur une charte partagée avec les équipes, les clients et les partenaires. Depuis huit ans, des plans d’action internes sont également élaborés à l’occasion de réunions annuelles réunissant les membres de l’entreprise.

La carrosserie cherche par ailleurs à identifier les attentes de l’ensemble de ses parties prenantes — clients, fournisseurs, salariés et partenaires — afin d’intégrer ces enjeux dans son fonctionnement et ses orientations.

Cette démarche passe enfin par la sensibilisation régulière des équipes aux enjeux de la responsabilité sociétale, afin d’inscrire ces pratiques dans le fonctionnement quotidien de l’atelier. Pour Sandrine et Frédéric Michel, cette logique doit avant tout s’inscrire dans la durée : "La RSE n’est pas un projet ponctuel, c’est une pratique qui s’améliore d’année en année, avec l’ensemble de nos collaborateurs."

Carglass : les rouages d'une logistique hors norme

Derrière chaque pare-brise remplacé chez Carglass, une vaste machine logistique tourne pour mettre la bonne pièce à disposition. Pour répondre aux besoins de ses équipes, l'enseigne dispose d'un stock national comptant pas moins de 240 000 pièces de vitrage.

"Nos centres et notre flotte mobile s’appuient sur d’importants volumes de fournitures et d’équipements spécialisés, tels que le vitrage automobile et les outils de recalibrage Adas (systèmes d'aides à la conduite)", explique Dominique Cadiou, directeur commercial Carglass.

Un stock à l'échelle européenne

Les vitrages sont principalement stockés dans les deux plateformes françaises de Saint-Ouen-l'Aumône (95) et de Nîmes (30). La première dessert la moitié nord du territoire, tandis que la seconde couvre le sud. L'enjeu est de maintenir une offre adaptée à la diversité des véhicules et de leurs équipements. "Nous gérons environ 300 fois plus de références qu'un constructeur car nous sommes capables d'intervenir sur plus de 300 marques actuellement en circulation au niveau mondial", précise Dominique Cadiou.

Ces deux plateformes s'appuient également sur le Carglass European Distribution Center de Bilzen, en Belgique. Présenté par Belron comme le plus grand entrepôt de sa catégorie au monde, il dispose d'une capacité de stockage de 300 000 vitrages et de six millions de pièces et accessoires. Les flux annuels annoncés atteignent 1,2 million de vitrages et 22 millions d'accessoires, à destination de plus de dix pays européens.

Implanté sur un terrain de neuf hectares, le site comprend environ 41 000 m² consacrés au stockage, avec une hauteur sous plafond de 12,5 mètres et 28 quais. Cette organisation européenne complète les stocks nationaux pour faciliter l'accès aux pièces moins courantes, notamment celles destinées aux véhicules anciens.

Les achats bénéficient eux aussi de la dimension internationale du groupe. "Carglass fait partie du groupe Belron qui est présent dans 42 pays. La quasi-totalité de nos volumes sont donc contractualisés au niveau du groupe", indique le responsable commercial.

"Nous travaillons exclusivement avec des verriers accrédités en première monte, c'est-à-dire les mêmes fabricants qui équipent les véhicules neufs sur les chaînes de production des constructeurs. Hormis quelques rares exceptions, les pièces que nous posons (fabriquées par ces équipementiers) sont des OEE (original equipment equivalent). Elles sont traçables et font l'objet d'un contrôle continu."

Un contrôle qualité à cinq niveaux

Carglass ne détaille pas la répartition de ses achats entre ses fournisseurs. Parmi les verriers cités figurent Fuyao, AGC Automotive, Pilkington, Shatterprufe, implanté en Afrique du Sud, et Şişecam, en Turquie.

Au-delà de l'approvisionnement, le réseau insiste sur le suivi des pièces. "Pour garantir leur qualité, nous avons mis en place une chaîne de contrôle à cinq niveaux, depuis l'audit des usines fournisseurs jusqu'au contrôle pré-intervention dans nos centres, supervisé par notre centre d'excellence qualité de notre groupe Belron", explique Dominique Cadiou.

Également implanté à Bilzen, ce service vérifie le respect des exigences imposées aux fournisseurs. Ses contrôles portent notamment sur les distorsions optiques, la géométrie du vitrage et sa compatibilité avec les systèmes d'aide à la conduite.

Dominique Cadiou défend ainsi le choix des vitrages OEE retenus par le groupe : "Les pièces non accréditées première monte (dites ARG, aftermarket replacement glass) présentent un risque accru d’échec de recalibrage, ce qui se traduit directement par des surcoûts et une moindre satisfaction client, un risque que nous refusons de faire prendre à nos clients et à nos partenaires assureurs."

Cette distinction correspond à la politique d'approvisionnement de Carglass : l'appellation ARG désigne le vitrage destiné au marché de la rechange et ne constitue pas, à elle seule, une certification de qualité.

Ces exigences accompagnent la complexité croissante des équipements associés au pare-brise. Selon Dominique Cadiou, "avec les Adas, le pare-brise n'est plus une simple pièce de carrosserie : c'est le support physique de systèmes de sécurité dont le bon fonctionnement dépend directement de la qualité optique et géométrique du verre. Aujourd’hui, un pare-brise intègre environ 28 fonctionnalités différentes, dont des dispositifs de sécurité essentiels tels que le freinage d'urgence ou l'alerte de franchissement de voie".

Ces aides à la conduite exploitent notamment les informations de la caméra installée derrière le pare-brise. Le vitrage doit donc présenter les caractéristiques optiques et géométriques adaptées, puis la caméra être recalibrée après son remplacement.

Les difficultés d'un réemploi à grande échelle

La logistique intervient aussi après la dépose. Lorsqu'un livreur approvisionne le sas d'un centre, il récupère les pare-brise usagés qui y ont été regroupés. Carglass France collecte ainsi chaque année plus de 9 000 tonnes de pare-brise, acheminées vers des centres de recyclage. Le verre peut notamment servir à fabriquer de la laine de verre ou des bouteilles.

"L'économie circulaire du vitrage s'oriente aujourd'hui davantage vers le recyclage de la matière que vers le réemploi du produit lui-même", note Dominique Cadiou. Le développement du réemploi suppose en effet de garantir l'intégrité du vitrage et sa compatibilité avec le véhicule. Selon lui, "les enjeux de traçabilité, de contrôle de l'état réel du vitrage et de conformité aux exigences techniques rendent aujourd'hui difficile le développement d'une filière de réemploi à grande échelle".

Une autre voie consiste à réintroduire les matériaux récupérés dans la fabrication de vitrages automobiles. Le responsable indique ainsi étudier avec un partenaire spécialisé dans la fabrication du verre comment permettre la réutilisation des matériaux issus des vitrages remplacés, notamment le verre et le PVB, dans la production de nouveaux vitrages automobiles. Le polybutyral de vinyle, ou PVB, est le film intercalaire qui maintient ensemble les couches du verre feuilleté.

À l'échelle du groupe, cette démarche a déjà donné lieu à une expérimentation avec AGC Automotive Europe. Lancé en 2023, le projet a permis de produire 250 pare-brise incorporant du verre recyclé, dont la pose a commencé en Belgique en 2024. La première phase utilisait du verre issu de vitres latérales. En 2025, Belron a fourni plus de 100 tonnes de déchets de vitrage pour élargir l'expérimentation à une gamme plus étendue de pare-brise. Le groupe consacre l'étape suivante à l'évaluation de la viabilité économique et des conditions de déploiement du procédé.

Pour Carglass, l'objectif est désormais de faire de la collecte existante un maillon de cet approvisionnement en matière recyclée. Les camions qui rapportent les vitrages usagés pourraient ainsi contribuer à alimenter la fabrication des pièces qu'ils livreront demain.

Entretien automobile : le vieillissement du parc ne suffit plus

"Ma révision attendra encore quelques semaines." Depuis quelques mois, cette phrase revient de plus en plus souvent dans les ateliers, et résume les arbitrages d’automobilistes dont le budget ne suit plus le coût de l’entretien.

Une situation corroborée par plusieurs enquêtes menées en Europe, qui confirment le poids des contraintes budgétaires sur l’entretien automobile. Ces études font ressortir une même tendance : face au coût des interventions, une partie des conducteurs espace leur maintenance ou réduit les travaux engagés.

Les reports de maintenance se multiplient en Europe

En Belgique, l’enquête Maintenance Monitor 2026 de Petronas, réalisé par iVOX auprès de 1 000 personnes, montre un effritement de la régularité des visites. La proportion de conducteurs déclarant faire entretenir leur voiture chaque année passe de 83 % en 2025 à 79,8 % en 2026.

Surtout, 18,2 % ont déjà renoncé à un entretien pour des raisons financières. Chez les moins de 34 ans, cette proportion atteint un tiers.

Même tendance observée en Espagne où l’étude de la fondation CEA et de Continental illustre ces arbitrages. Parmi les quelque 1 100 conducteurs interrogés en mai et juin 2026, près de six sur dix disent avoir différé une réparation ou une opération de maintenance pour des motifs économiques.

Le prix intervient de façon déterminante dans les décisions d’entretien pour 88 % des répondants.

Des interventions réduites au strict nécessaire

Le marché allemand apporte un autre éclairage. Selon le DAT Report 2026, consacré aux comportements de l’année 2025, 58 % des automobilistes ont modifié leurs habitudes d’entretien et de réparation par rapport à deux ou trois ans auparavant. Parmi eux, 43 % déclarent ne plus faire réaliser que les travaux indispensables.

La recherche d’économies s’accompagne d’un regard plus critique sur les prestations. Plus de 40 % des propriétaires de véhicules doutent que tous les travaux effectués aient été nécessaires et 55 % expriment une insatisfaction croissante face à l’évolution des coûts.

Pour autant, la fidélité reste élevée : 90 % des sondés déclarent fréquenter toujours le même atelier. Autrement dit, la fidélisation ne garantit plus, à elle seule, l’acceptation du devis…

Le vieillissement du parc ne suffit plus

Ces comportements trouvent un écho dans la conjoncture française. De janvier à juillet 2026, le baromètre Mobilians-Solware enregistre une baisse de 3,1 % des entrées ateliers. Le panier moyen progresse pourtant de 1,8 %, à 409,90 euros. Mais cette augmentation ne suffit pas à préserver leur chiffre d’affaires, qui recule de 1,3 %, avec une diminution de 2 % des recettes liées aux pièces.

La distribution ressent également ce manque de dynamisme. D’après le baromètre Feda-Xerfi, le chiffre d’affaires des distributeurs de pièces pour véhicules légers baisse de 0,2 % sur les huit premiers mois de 2026. L’activité mécanique cède 0,8 %, tandis que les prestations des ateliers intégrés aux distributeurs reculent de 2,5 %.

Autre tendance qui semble se confirmer : le vieillissement du parc roulant ne suffit plus à soutenir l’activité des garages. L’étude de la fondation Línea Directa et de Centro Zaragoza confirme ce phénomène en Espagne : plus les véhicules prennent de l’âge, moins leurs propriétaires tendent à investir dans leur entretien.

De l'autre côté des Pyrénées, le parc de VP local atteint 14,5 ans en moyenne, tandis que le prix des réparations a augmenté de 22 % en cinq ans, selon la fondation. Or, l’étude relève que les voitures de plus de 15 ans impliquées dans des accidents avec des victimes présentent 70 % de défauts de plus que les véhicules âgés de zéro à quatre ans.

Plus un véhicule est vieux, moins on investit dans son entretien, alors que ce devrait être l'inverse ; si une voiture est vieille, la maintenir en bon état signifie investir dans notre sécuriténote Mar Garre, directeur général de la fondation.

Une opportunité pour la pièce de réemploi ?

Les enquêtes font néanmoins apparaître des possibilités pour maintenir les véhicules dans les ateliers. En Allemagne, 59 % des propriétaires se disent prêts à accepter des pièces d’occasion pour réduire le coût des réparations.

Ajoutons que, malgré cette conjoncture difficile, les automobilistes restent attachés aux conseils de leur réparateur. En Belgique, 79 % des répondants se fient ainsi à leur garagiste.

Pour les ateliers et leurs fournisseurs, l’enjeu est de proposer un entretien que le client peut encore payer. Faute de quoi, c’est la panne qui fixera le prochain rendez-vous.

TMD Friction produira ses freins Euro 7 dès 2027

TMD Friction prépare la mise en production de ses solutions de freinage conformes à Euro 7. L'équipementier annonce avoir conclu des accords avec plusieurs constructeurs pour démarrer leur production et leurs livraisons en 2027. Son offre associe des plaquettes à faible teneur en métaux ou organiques sans amiante à des disques en fonte grise, avec ou sans revêtement en métal dur.

Le rôle clé du couple disque-plaquette

Pour réduire les poussières de frein, la formulation de la plaquette ne suffit pas. Selon TMD Friction, environ 80 % des émissions proviennent de l’abrasion du disque. Le matériau de friction détermine toutefois la quantité de matière arrachée à sa surface : les deux composants doivent donc être développés conjointement.

Cette recherche impose plusieurs exigences. Le frein doit émettre moins de particules tout en conservant ses performances, sa résistance à l’usure et son confort acoustique. Les disques revêtus constituent l’une des pistes étudiées, avec des garnitures adaptées à chaque application. Pour les équipementiers, le travail porte ainsi sur l’ensemble du couple de friction.

TMD Friction prépare son offre aftermarket

TMD Friction s’appuie sur ses développements en première monte pour préparer son offre destinée à la rechange. Plusieurs formulations répondant aux exigences d’émissions ont déjà été identifiées, selon l'industriel. Les produits destinés au marché de la rechange font actuellement l’objet d’essais intensifs.

Le fabricant prévoit d’être prêt lorsque les prescriptions propres à l'aftermarket s’appliqueront. Il évoque aussi la possibilité d’une homologation future du disque et de la plaquette comme un ensemble indissociable. Cette hypothèse reste à confirmer, le cadre réglementaire de l’après-vente étant encore en développement.

Des essais réalisés en interne

Pour mener ces développements, le groupe dispose de son propre banc de mesure des émissions. Cet équipement, annoncé en novembre 2024, représente un investissement de 1,5 million d’euros. Il sert aussi bien aux homologations en première monte qu’à la mise au point des matériaux pour la rechange.

Pour rappel, Euro 7 s’appliquera aux nouveaux types de véhicules légers à partir du 29 novembre 2026, puis à l’ensemble des modèles neufs concernés un an plus tard. Le règlement étend les exigences environnementales aux particules issues du freinage.

Diesel Technic automatise son stock pour mieux dépanner les ateliers

Chez Diesel Technic France, une commande ne compte en moyenne que 1,5 ligne, pour un montant d’environ 150 euros. Ces petits paniers traduisent la place du fournisseur de pièces du catalogue DT Spare Parts dans l’après-vente : celle d’un véritable spécialiste du dépannage. "Notre métier est de livrer le lendemain matin avant 8h la pièce manquante pour réparer un véhicule industriel immobilisé", résume Benoît Debargue, directeur général adjoint et commercial de la filiale du groupe allemand.

C’est pour tenir cette promesse que la filiale a investi 13 millions d’euros dans sa nouvelle plateforme de Janzé (35). Mis en service début 2026, le site doit lui permettre de mieux servir ses quelque 1 500 clients actifs (distributeurs, concessionnaires, groupements, etc.) sur le territoire national.

Davantage de pièces à faible rotation

À Janzé, le stock atteint aujourd'hui 26 700 références. L’objectif est d’en proposer 30 000 à la fin de 2026, sur les quelque 50 000 du catalogue mondial. Le nombre d’articles en réapprovisionnement automatique a également doublé, passant de 13 000 à 26 000, en intégrant davantage de faibles rotations.

Cette politique vise à compléter les assortiments des distributeurs, qui concentrent leurs moyens sur les références les plus vendues. "Quand l’activité d’un distributeur ralentit, son groupe lui demande de baisser ses stocks. S’il baisse ses stocks, il a encore plus besoin de dépannage", analyse Yanick Lemarié, directeur général de la filiale.

Selon Diesel Technic France, le taux de disponibilité approchait 95 % en septembre 2026, contre 88 à 89 % les années précédentes. L’enjeu est de réduire les reliquats, les annulations et les approvisionnements depuis l’Allemagne. La carrosserie illustre ce positionnement : première gamme de produits du fournisseur, elle réunit des pièces encombrantes et dispersées entre de nombreux modèles, que les grossistes peinent à stocker.

"Il n'y a pas de loi des 20/80 stricte en carrosserie. Très peu de distributeurs stockent de la carrosserie en grande quantité, car ce sont des pièces particulièrement volumineuses, encombrantes et fragiles", complète le gérant.

L’automatisation au service des commandes urgentes

Pour tenir les départs du soir, la plateforme s’appuie sur une cellule automatisée AutoStore, dotée de 16 robots et de près de 26 800 bacs. Les pièces arrivent aux postes des préparateurs, tandis que les produits volumineux restent stockés en rayonnages. Les commandes prises en charge par le système sont traitées en moyenne en 5 à 7,5 minutes, selon l’entreprise. "La question n’est pas de supprimer des postes, mais de savoir si nous pouvons traiter 200 commandes de plus par jour avec le même nombre d’opérateurs", souligne Yanick Lemarié.

Le site prépare désormais environ 750 commandes par jour. "Demain, notre outil nous permettra d’absorber 1 000 commandes quotidiennes sans difficulté", assure le directeur général. La filiale en attend 185 000 sur l’ensemble de 2026, contre 110 000 en 2020. La rapidité de mise en stock compte aussi : une pièce réceptionnée ne devient disponible à la vente qu’une fois intégrée au stockage.

"Historiquement, la mise en stock était secondaire par rapport à l’urgence du traitement des commandes clients", reconnaît Yanick Lemarié. Pour accélérer l’intégration des arrivages, la filiale conserve une marge de manœuvre. "L’AutoStore n’est aujourd’hui exploité que pendant les heures de bureau", rappelle Benoît Debargue, qui envisage une amplitude de 6 heures à 22 heures si les volumes le nécessitent.

Les concessionnaires, un relais de croissance

L’investissement doit aussi accompagner le développement commercial de Diesel Technic France, notamment auprès des concessionnaires, qui représentent désormais 23 % de son chiffre d’affaires. Le référencement par Force Réseau, le groupement des concessionnaires Renault Trucks, a conduit la filiale à interconnecter les commandes TecCom via le Golda.

"Nous avons refusé d’embaucher du personnel uniquement pour effectuer de la saisie manuelle de commandes", indique Benoît Debargue. Les clients équipés commandent ainsi depuis leur propre logiciel, sans ressaisie sur le portail du fournisseur. Plusieurs distributeurs ont depuis adopté ce fonctionnement. Au total, 96,6 % des commandes sont désormais passées en ligne.

Avec Janzé, la filiale dispose donc d’une capacité supplémentaire pour soutenir cette conquête commerciale. "Lorsque nous avons dimensionné l’AutoStore et les surfaces de stockage de Janzé, nous avons établi nos calculs sur un horizon de dix ans, c’est-à-dire jusqu’en 2036", annonce Yanick Lemarié.

Le chiffre d’affaires de la filiale devrait atteindre 20,7 millions d’euros en 2026, contre 8,3 millions en 2015. Pour la suite, le dirigeant fixe le cap : "Nous nous sommes fixé un objectif de croissance moyenne de 5 % par an." Une ambition qui repose d’abord sur la disponibilité des pièces. "La qualité de notre stock et la disponibilité immédiate constituent le cœur de notre stratégie commerciale", conclut Yanick Lemarié.

Recyclage automobile : Valorauto prépare son expansion européenne

Valorauto veut multiplier son activité par cinq dans les cinq à dix prochaines années. Pour y parvenir, la coentreprise de Stellantis et Galloo a commencé à constituer des réseaux de partenaires dans deux nouveaux pays européens, sans préciser lesquels.

Créée en novembre 2023 et basée à Halluin (59), l'entreprise est déjà présente en France, en Belgique et au Luxembourg. Elle accompagne les constructeurs automobiles dans la collecte et le traitement de leurs véhicules hors d'usage (VHU). Outre Stellantis, Ford, Mazda et Hyundai font également appel à ses services.

Valorauto compte s'appuyer sur son expérience française pour se développer en Europe. Depuis le 1er janvier 2024, la responsabilité élargie du producteur (REP) impose aux constructeurs d'organiser la collecte et le traitement des véhicules qu'ils mettent sur le marché lorsqu'ils arrivent en fin de vie. Pour remplir cette obligation, ils doivent adhérer à un éco-organisme agréé ou, par dérogation, déployer leur propre système individuel agréé.

Près de 500 centres VHU partenaires en France

En France, Valorauto travaille avec près de 500 centres VHU partenaires, répartis en métropole et dans les territoires d'outre-mer. Ce maillage vient d'ailleurs de franchir une étape réglementaire : Stellantis a annoncé, le 27 octobre 2026, que les autorités françaises avaient approuvé fin août le réseau partenaire de son système individuel, piloté par Valorauto.

Cette décision s'inscrit dans la procédure prévue lors de l'agrément du système individuel de Stellantis, accordé par arrêté du 1er juillet 2024 et valable jusqu'au 31 décembre 2029. Celui-ci couvre la collecte et le traitement des VHU issus des marques du groupe sur l'ensemble du territoire national, y compris les territoires ultramarins concernés.

Grâce à une plateforme en ligne et à une assistance téléphonique, les automobilistes peuvent obtenir une offre de rachat, puis demander l'enlèvement de leur véhicule ou le déposer dans un centre agréé. Pour les VHU des marques concernées par le système individuel de Stellantis, les services comprennent l'enlèvement gratuit sur le lieu de stationnement et la prise en charge gratuite des véhicules complets.

De nouvelles obligations à l'échelle européenne

Publié en juillet et entré en vigueur le 13 août 2026, le nouveau règlement européen sur la circularité des véhicules s'appliquera progressivement à partir de septembre 2028. Il prévoit notamment de renforcer progressivement les obligations des constructeurs concernant le démontage des véhicules, le réemploi des pièces et l'utilisation de matières recyclées dans leur fabrication.

Avec un chiffre d'affaires de 3,8 millions d'euros en 2025, Valorauto veut profiter de ce nouveau cadre réglementaire pour développer son réseau au-delà de ses trois marchés actuels. "Nous commençons d’ores et déjà à constituer des réseaux de partenaires dans deux nouveaux pays. Cette internationalisation devrait permettre à Valorauto de multiplier son activité par 5 à horizon 5 à 10 ans", souligne Thomas Delgado, président de l'entreprise.

Sayelo : un standard IA pour l’accueil téléphonique des garages

Répondre au téléphone en pleine réparation n'est pas toujours évident. Pour éviter aux garagistes de multiplier les interruptions, la société Sayelo, basée à Montreuil (93), propose un standard téléphonique utilisant l'intelligence artificielle (IA). Celui-ci décroche les appels, prend les rendez-vous et transmet les demandes des automobilistes aux équipes de l'atelier.

Pour une révision, un changement de pneus ou une intervention sur les freins, l'assistant recueille les informations nécessaires (immatriculation, modèle et motif du rendez-vous). Il propose ensuite un créneau de rendez-vous en fonction du planning du garage. Le client reçoit une confirmation par SMS, puis un rappel la veille. De son côté, le réparateur récupère un résumé de l'appel pour préparer l'intervention.

"Un garagiste a les mains dans le moteur, pas sur le téléphone. Sayelo note le véhicule, pose le rendez-vous sur les bons créneaux et laisse le diagnostic à ceux dont c'est le métier", souligne Alexandre Haddad, fondateur de Sayelo.

Un standard désormais pilotable sur WhatsApp

Plus besoin de passer par différents menus : le garagiste peut modifier ses horaires d'ouverture, changer son message d'accueil ou transmettre une consigne en envoyant un simple message écrit ou vocal sur WhatsApp.

"Un patron n'a pas le temps d'apprendre un logiciel. Il a le temps d'envoyer une note vocale", insiste le dirigeant.

Côté installation, le garage conserve son numéro de téléphone grâce à un renvoi d'appel. Selon Sayelo, cinq minutes suffisent pour mettre en service l'assistant à partir du numéro Siren de l'entreprise. L'offre démarre à 39 euros HT par mois, sans engagement ni frais de mise en service. Un essai gratuit de 14 jours est également proposé.

Mister-Auto crée son club pour fidéliser les professionnels

Mister-Auto développe son portefeuille de services destiné aux professionnels. À l'occasion du dixième anniversaire de son offre BtoB, la plateforme e-commerce annonce le lancement d’un club réservé aux réparateurs.

Ce nouvel espace s’appuie d’abord sur un programme de fidélité. Les membres peuvent cumuler des points lors de challenges promotionnels, puis les échanger contre des récompenses dans une boutique dédiée. Des jeux et des événements doivent également rythmer la vie du club.

Un espace technique pour les ateliers

L'offre de Mister-Auto comprend aussi une MédiaTECH, c’est-à-dire une interface rassemblant des contenus techniques, des guides pratiques et des conseils. Un espace de discussion doit également permettre à la communauté de réparateurs de confronter leurs expériences et de solliciter leurs confrères.

S'y ajoute un accès prioritaire à des offres négociées auprès de partenaires pour les besoins du garage. Parmi ces fournisseurs cités figure Movalib, éditeur de solutions de gestion pour les professionnels de l'automobile. "Plus d'un an de travail et d'échanges constructifs nous mènent aujourd'hui à ce partenariat évident avec Mister-Auto PRO", souligne Ludovic Rigot, fondateur de la jeune pousse.

Avec la création de ce club, Mister-Auto espère donner une nouvelle dimension à son activité BtoB. L’an dernier, Jean-Michel Booh-Begue, directeur des opérations, indiquait au J2R que ce canal pesait désormais 20 % du chiffre d'affaires.

Amplitude Green Parts, nouvelle plateforme dédiée à la pièce durable

Pas toujours facile pour les réparateurs automobiles de trouver rapidement des pièces issues de l'économie circulaire (Piec). C'est donc pour leur faciliter la recherche que le groupe concessionnaire Amplitude a lancé une plateforme numérique d'intermédiation destinée aux professionnels.

Sur Amplitude Green Parts, les réparateurs peuvent ainsi rechercher et commander facilement ces alternatives aux pièces neuves. Un service de conciergerie leur permet de déléguer la recherche de la pièce souhaitée, parmi les fournisseurs référencés. La plateforme promet ainsi de les aider à trouver des références "introuvables" ailleurs. Parallèlement, elle propose aussi des mises en relation avec des spécialistes de la réparation à la demande, notamment pour les composants électroniques.

Traçabilité et qualité vérifiées

"Avec Amplitude Green Parts, notre ambition est simple : rendre l’économie circulaire accessible à tous les professionnels de notre réseau, affirme Gérald Richard, président du groupe Amplitude. Nous leur apportons une solution concrète pour concilier qualité, compétitivité et responsabilité environnementale, tout en préservant le pouvoir d’achat des automobilistes".

En effet, ce service centralise une large gamme de références mécaniques, de carrosserie et électroniques. Il s'agit aussi bien de pièces d'occasion reconditionnées que remanufacturées. Issues d'un réseau de fournisseurs spécialisés, ces pièces sont donc traçables et leur qualité a été vérifiée avant qu'elles soient revendues.

Plus précisément, les pièces d'occasion sont prélevées sur des véhicules hors d'usage (VHU) légalement recyclés. Tandis que les références reconditionnées voient leur état de fonctionnement contrôlé par des professionnels spécialisés. Enfin, les pièces remanufacturées (ou d'échange standard) sont remises à neuf selon des processus industriels rigoureux, leur redonnant des niveaux de qualité comparables à ceux des pièces neuves.

Le concepteur du site annonce des prix en moyenne moitié moins élevés que le neuf. Ces pièces répondent à la fois aux attentes des automobilistes, soucieux de préserver leur pouvoir d'achat, et aux professionnels attentifs à la rentabilité de leur activité. Sans oublier leur dimension environnementale résidant dans leur impact carbone réduit en comparaison avec une pièce neuve.

Saint-Gobain Sekurit étend son réseau de réparation de vitrage à la Suède, avec Glaskedjan

Les plus de 90 centres du réseau suédois Glaskedjan rejoignent Glassdrive, enseigne de Saint-Gobain Sekurit, auquel appartient également France Pare-Brise. Créé en 2010, Glaskedjan est le premier réseau de spécialistes du vitrage en Suède. Il bénéficie d'une couverture nationale et intervient aussi bien dans l'automobile que dans le bâtiment.

Deux réseaux aux ambitions communes

Glaskedjan bénéficie d'une solide implantation sur le marché du vitrage automobile, notamment auprès des assureurs et des gestionnaires de flottes. Son réseau emploie plus de 350 salariés et génère un chiffre d'affaires d'environ 49,3 millions d'euros. Forts de leur maillage territorial, ses techniciens interviennent sur les véhicules de dernière génération et assurent notamment le recalibrage des systèmes d'aide à la conduite (Adas).

Pour poursuivre son développement, le réseau suédois cherchait toutefois à s'adosser à un partenaire capable de soutenir sa croissance. "Après avoir examiné attentivement les différentes options de développement qui s'offraient à notre réseau, nous sommes convaincus que Saint-Gobain et Glassdrive sont les partenaires de long terme les mieux placés pour nous accompagner dans notre prochaine phase de croissance", explique Annette Persson, directrice générale de Glaskedjan. Elle souligne également la convergence des valeurs et des visions stratégiques des deux enseignes, dans un environnement concurrentiel de plus en plus exigeant.

"Au cours des quinze dernières années, Glaskedjan a construit une marque reconnue, un réseau solide et une remarquable culture entrepreneuriale, parfaitement compatible avec celle de Glassdrive", souligne Thierry Vanengelandt, directeur général réseaux et services de Saint-Gobain Sekurit AGR. "Notre ambition n'est pas de changer ce qui fait son succès, mais de soutenir son développement futur et de l'aider à révéler tout son potentiel au bénéfice de ses membres et de ses clients."

Des synergies à l'échelle européenne

L'intégration à Glassdrive doit permettre aux membres de Glaskedjan de renforcer leur compétitivité, tout en conservant leur identité, leurs valeurs et leur ancrage local.

Le réseau suédois pourra notamment s'appuyer sur les outils numériques, l'expertise internationale et les opportunités commerciales de Glassdrive. Ses adhérents bénéficieront également de programmes de formation enrichis par les bonnes pratiques déployées dans les autres pays européens.

Pour Glassdrive, cette opération marque une nouvelle étape dans son expansion géographique. L'enseigne s'implante ainsi sur l'un des derniers marchés de la région où elle ne disposait pas encore de réseau de réparateurs-poseurs. La filiale de Sekurit Services était déjà présente dans les autres pays scandinaves, ainsi qu'en Finlande et dans les États baltes.

Avec cette nouvelle implantation, Glassdrive fédère désormais plus de 1 700 centres de pose dans une dizaine de pays européens.

LKQ change de direction pour redresser l'Europe

LKQ s'enfonce dans le rouge. Le 23 octobre, le géant de la pièce de rechange a annoncé plusieurs mesures fortes pour répondre à des performances très inférieures à ses attentes. Les résultats préliminaires du troisième trimestre montrent que ses difficultés dépassent le seul ralentissement du marché.

Le groupe américain prévoit un chiffre d'affaires de 3,32 milliards de dollars, contre 3,50 milliards un an plus tôt, soit un recul d'environ 5,1 %. Les ventes de pièces et de services enregistreraient une baisse organique de 5,4 %. Et c'est sur le continent européen que la dégradation est la plus marquée.

L'Europe concentre les difficultés

Dans cette région, le repli organique des ventes de pièces et de services atteindrait 9,8 %. La marge d'Ebitda serait comprise entre 4,1 % et 5,1 %, contre 10 % au troisième trimestre 2025. Elle serait donc réduite de moitié environ en un an.

LKQ identifie deux causes principales. En Allemagne, le déploiement d'un ERP, le logiciel de gestion intégré de l'entreprise, perturbe les opérations. Au Royaume-Uni et au Benelux, le groupe subit une contraction des volumes.

Le contraste est net avec l'Amérique du Nord, où les performances restent conformes aux attentes de la direction malgré un environnement moins favorable.

Deux départs immédiats à la tête de LKQ

Cette contre-performance s'accompagne d'un changement de direction. Trois ans après sa nomination, le CEO Justin Jude a dû quitter ses fonctions dès le 23 octobre. Son successeur, Salvatore A. Abbate, prendra son relais le 15 décembre. Dans l'intervalle, John Mendel, président du conseil d'administration, et Sue Gove, présidente du comité d'audit, assurent conjointement l'intérim.

Le futur dirigeant arrive avec plus de 30 ans d'expérience dans la distribution et l'industrie. Ancien directeur général de Veritiv – fournisseur de produits d'emballage –, il a conduit la transformation de l’entreprise jusqu'à sa cession à Clayton, Dubilier & Rice pour 2,6 milliards de dollars en 2023.

En Europe, Andy Hamilton quitte également ses fonctions de président et directeur général avec effet immédiat. LKQ confie au cabinet Alvarez & Marsal une mission de conseil portant d'abord sur le service client, la stabilisation des opérations et la maîtrise des coûts.

Les objectifs annuels retirés

Au niveau du groupe, LKQ anticipe une perte nette des activités poursuivies attribuable à ses actionnaires comprise entre 16 et 32 millions de dollars. Un an auparavant, ce même périmètre avait dégagé un bénéfice de 178 millions. Cette prévision intègre 111 millions de dollars de dépréciations sans décaissement.

Compte tenu des résultats européens et du changement de direction, le distributeur retire ses objectifs pour 2026, actualisés pour la dernière fois le 30 juillet. Les résultats complets, attendus le 29 octobre, permettront de mesurer plus précisément l'ampleur du recul pour LKQ.

Ces annonces prolongent une période de turbulences ouverte dès 2025 pour LKQ, qui avait déjà abaissé ses prévisions et subi la pression de ses actionnaires. Le fonds activiste Ananym Capital plaidait alors pour une vente ou une scission des activités européennes. Le groupe a depuis élargi la réflexion : en janvier, il a lancé une revue stratégique incluant une éventuelle vente de l'ensemble de l'entreprise.

Les airbags d'occasion désormais interdits

Un airbag d'occasion ne peut plus servir à une réparation. Avec le décret du 23 octobre 2026 publié au Journal officiel, le gouvernement a explicitement interdit l'installation de coussins gonflables issus du réemploi ou de la réutilisation. Entrée en vigueur le 25 octobre, cette disposition concerne les professionnels comme les particuliers.

Une interdiction au-delà de Takata

Si la mesure intervient dans le contexte du scandale des airbags Takata, sa portée est générale. Le décret complète l'article R. 317-23 du code de la route. Il vise aussi bien les acteurs de la construction automobile que ceux de la déconstruction, de l'entretien et de la réparation.

Pour les ateliers, la conséquence est très claire : un airbag d'occasion ne peut plus constituer une solution de remplacement, même s'il provient d'un véhicule hos d'usage (VHU) non concerné par un rappel.

Précisons que le gouvernement avait préparé le terrain avec un avis publié au Journal officiel le 2 juin. Celui-ci appelait déjà les acteurs du marché à écarter les airbags non neufs de leurs activités.

Deux risques étaient mis en avant. D'abord, le vieillissement prématuré de certaines technologies pyrotechniques, susceptible de rendre le module dangereux. Ensuite, les dommages pouvant résulter du démontage et les incertitudes sur l'état du VHU donneur.

Les airbags exclus du réemploi

L'avis de juin rappelait également que les airbags d'occasion ne figurent pas parmi les pièces issues de l'économie circulaire que les réparateurs doivent proposer en alternative au neuf. Le décret ajoute désormais une interdiction explicite de montage à cette exclusion du dispositif.

Autre règle rappelée : la vente ou la mise à disposition d'airbags aux particuliers est déjà interdite, qu'ils soient neufs ou d'occasion. Il faut donc distinguer cette restriction commerciale de la nouvelle disposition, qui porte sur leur installation dans un véhicule.

Valeo : l’après-vente résiste au recul de la première monte

C’est un bilan en demi-teinte qu’affiche Valeo pour le troisième trimestre 2026. Entre juillet et septembre, le chiffre d'affaires réalisé sur le marché de la rechange atteint 516 millions d'euros, contre 503 millions un an auparavant.

Soit une progression de 2,6 % en données publiées et de 3 % à périmètre et taux de change constants. Sur la même période, les revenus consolidés de l'équipementier reculent de 2,3 %, à 4,88 milliards d'euros.

La rechange garde le rythme

Valeo attribue cette progression à la bonne tenue de ses activités en Amérique du Nord, en Asie et en Europe.

La croissance du trimestre dépasse celle enregistrée sur l'ensemble des neuf premiers mois, qui ressort à 2,4 % à données comparables. Depuis janvier, l’aftermarket totalise 1,618 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Ce qui représente un peu plus d'un dixième des revenus de l’équipementier automobile.

Ce bilan appelle néanmoins une nuance. En données publiées, les ventes aftermarket restent presque stables par rapport aux 1,617 milliard d'euros réalisés sur les neuf premiers mois de 2025 : elles ne progressent que de 0,1 %.

L'écart tient principalement aux variations monétaires, dont l'incidence négative atteint 2,2 %, auxquelles s'ajoute un léger effet de périmètre défavorable de 0,1 %.

La première monte reste sous pression

Le contraste demeure marqué avec l’activité première monte. Son chiffre d’affaires s’élève à 4,08 milliards d'euros au troisième trimestre, en baisse de 3,8 % à périmètre et taux de change constants. Ce recul dépasse celui de la production automobile mondiale, estimé à 1,6 % par S&P Global Mobility.

Valeo explique en partie cet écart par une comparaison défavorable avec le troisième trimestre 2025, durant lequel la division Power avait enregistré des compensations clients. L'Europe et la Chine pèsent également sur les ventes de première monte, en retrait respectif de 7,1 % et de 12,9 % à données comparables.

L'équipementier maintient malgré tout ses objectifs annuels : un chiffre d'affaires compris entre 20 et 21 milliards d'euros, une marge opérationnelle de 4,7 % à 5,3 % et un flux de trésorerie disponible après frais financiers nets supérieur à 400 millions d'euros.

Cybersécurité : quand l'atelier devient une cible

C’est un fait : plus les ateliers se connectent, plus ils s’exposent aux cyberattaques. En 2025, le secteur du commerce et de la réparation d’automobiles et de motocycles représentait 8 % des violations de données notifiées à la CNIL, ce qui en fait le cinquième secteur le plus touché. Au total, l’autorité a enregistré 6 167 violations de données sur l’année, dont une sur deux relevait d’un piratage. Un chiffre qui ne reflète toutefois qu’une partie de la réalité, puisqu’il ne recense pas l’ensemble des cyberattaques subies par les entreprises…

L’atelier multiplie les portes d'entrée

L’après-vente automobile est directement exposée à cet essor de la cybermenace. La numérisation croissante des ateliers s’accompagne en effet d’une explosion du volume de données traitées au quotidien. "Aujourd’hui, un garage travaille avec de nombreux outils numériques : logiciels de gestion, facturation, et surtout un accès au système d’immatriculation des véhicules (SIV)", souligne Bruno Choix, vice-président de la FNA. Le risque ne vient plus seulement d’un logiciel isolé, mais de la multiplication des équipements et services connectés. Valise de diagnostic, outil de gestion en SaaS ou simple messagerie professionnelle : l’interconnexion de ces solutions élargit la surface d’attaque des entreprises. Les données qu’elles hébergent attisent aussi les convoitises et peuvent ensuite alimenter des circuits de revente frauduleux.

Au-delà des infrastructures informatiques, les accès détenus par les réparateurs constituent eux-mêmes une cible. "Ce qui intéresse les fraudeurs, ce sont d’abord les accès. Un garage possède des données clients, des coordonnées, des informations administratives, parfois des données bancaires", poursuit Bruno Choix. Plusieurs piratages récents illustrent cette tendance. En décembre 2024, 78 000 clients du service de location de Norauto avaient été touchés. Leurs noms, prénoms, adresses électroniques et numéros de téléphone avaient notamment été récupérés. Plus récemment, France Pare-Brise et France Casse ont également été victimes de fuites de données. Des milliers de dossiers comprenant des informations d’assurance, d’identité et de cartes grises ont été dérobés. "La seule cible des assaillants était les données clients. Probablement pour les revendre par la suite", indique Benoît Matagrin, directeur marketing de France Casse.

Les petits garages également dans le viseur

Ces attaques ne concernent plus uniquement les grandes structures. À la prolifération des outils connectés s’ajoute une autre évolution : l’essor de l’intelligence artificielle, qui abaisse les barrières techniques et permet d’industrialiser les offensives. "L’arrivée de l’IA entraîne la formation de véritables usines à attaques qui font de la pêche au gros, mais qui touchent tout autant les PME", constate Dorothée Depros, déléguée générale d’Hexatrust. Au cours des douze derniers mois, 16 % des TPE-PME ont ainsi déclaré avoir subi au moins un incident de nature cyber, selon les données de la FNA.

Moins armées financièrement et techniquement que les grands réseaux et groupements de distribution, ces entreprises constituent souvent des cibles vulnérables, alors même que le risque y demeure largement sous-estimé. "Dans un garage de quelques salariés, c’est souvent le chef d’entreprise lui-même qui gère l’informatique, en plus de l’activité commerciale et technique", rappelle Bruno Choix.

Du blocage d'activité...

Le cas du garage Désert, situé à Saint-Rémy-sur-Orne (14), illustre concrètement cette exposition. L’établissement a été victime d’une cyberattaque entre le 17 novembre et le 5 décembre 2025. Si l’enquête n’a révélé aucun vol de données clients, les conséquences sur sa trésorerie ont été immédiates.

Après un piégeage via un lien frauduleux, deux prélèvements d’un montant total de 226 000 euros ont été effectués, alors que l’établissement ne réalise qu’une dizaine de cartes grises par mois pour un montant habituel d’environ 640 euros. "Aujourd’hui, les 226 000 euros sont gelés et les relances ont été suspendues, mais nous ne savons toujours pas comment le dossier va se terminer. Si cette somme devait rester à notre charge, ce serait la mort de notre activité", s’inquiète Maryline Désert, codirigeante du garage.

Les répercussions économiques dépassent la seule trésorerie. L’établissement a dû annuler le recrutement d’un mécanicien et reporter plusieurs investissements. L’incident a également profondément modifié son rapport au SIV. "Après ce que nous avons vécu, nous ne voulons plus prendre le risque de reprendre une habilitation SIV. C’est devenu une énorme charge mentale", poursuit-elle.

...À la perte de confiance

Une cyberattaque peut aussi aller jusqu’à paralyser l’outil de travail. "Ça peut aller jusqu’à l’arrêt total de l’activité", souligne Julien Gourbere, chef de projet cybersécurité chez Mobilians. L’éditeur de logiciels Solware en avait fait l’expérience lors du piratage de sa plateforme SaaS en 2021. Privés d’accès à leur outil de gestion, des centaines d’ateliers s’étaient retrouvés du jour au lendemain dans l’impossibilité de commander des pièces, d’éditer des factures ou d’établir le moindre devis pendant plusieurs semaines.

À ces conséquences opérationnelles s’ajoute un autre risque : celui de voir la confiance des clients durablement altérée. Lorsqu’une violation de données personnelles présente un risque important, l’entreprise peut aussi devoir informer les personnes concernées que leurs informations ont été compromises. Une situation particulièrement délicate lorsque les données en question comprennent des cartes grises, des informations d’identité ou des coordonnées bancaires. "Au-delà de l’aspect financier, l’impact le plus significatif a été sur la confiance de nos clients : certains d’entre eux ont fait le choix de fermer leur compte à la suite de cet épisode", témoigne Benoît Matagrin. Victime d’une fuite ayant touché 3,3 millions de comptes, France Casse avait dû fermer l’ensemble de ses services pendant plusieurs heures pour contenir l’attaque.

Les attaques changent d'échelle

Cette multiplication des cyberattaques dans l’après-vente automobile s’explique aussi par l’évolution des techniques utilisées. "Avant, les attaques se faisaient de façon manuelle, ciblée. Aujourd’hui, elles sont généralisées et systémiques", résume Dorothée Depros. Au premier rang des menaces figure le ransomware. Selon le dernier rapport d’Upstream Security, les attaques par rançongiciel ont représenté 44 % des cyberattaques automobiles recensées en 2025, une proportion qui a doublé en un an.

Les principaux modes d’entrée restent néanmoins souvent les mêmes : hameçonnage via le SIV, liens malveillants ou ingénierie sociale. "Les cybercriminels ne recherchent pas nécessairement une faille informatique très sophistiquée. Un faux mail, un faux appel téléphonique ou une usurpation d’identité peuvent suffire à obtenir des identifiants", observe Bruno Choix.

L’IA change la donne

Surtout, avec l’essor de l’intelligence artificielle, ces pratiques gagnent en crédibilité. Là où les tentatives d’hameçonnage pouvaient autrefois être repérées grâce à une adresse suspecte, des fautes grossières ou un logo approximatif, l’IA permet aujourd’hui de générer en quelques minutes des courriels convaincants ou des répliques très proches de sites internet d’ateliers, d’assureurs ou de loueurs. "Désormais, il faut vraiment y regarder à deux fois avant de cliquer", met en garde Dorothée Depros. Il devient ainsi plus difficile pour les professionnels de distinguer une demande légitime d’une tentative de fraude. "L’essor des outils d’intelligence artificielle a considérablement abaissé la barrière technique pour mener ce type d’attaque, ce qui explique en partie la multiplication des tentatives observées sur de très nombreux sites ces derniers mois", souligne Benoît Matagrin.

Les cybercriminels disposent également de stratégies d’infiltration plus variées, notamment avec les attaques par rebond. L’objectif consiste alors à compromettre un fournisseur, un sous-traitant ou une filiale pour atteindre ensuite l’entreprise visée. "On a eu plusieurs cas de personnes qui se sont fait passer pour le comptable de l’entreprise, ou de messages piégés arrivant directement de la boîte mail d’un fournisseur", illustre Julien Gourbere.

Cette propagation d’un maillon à l’autre rappelle qu’aucune entreprise ne peut envisager sa cybersécurité de manière totalement isolée. Face à des attaques plus nombreuses et plus crédibles, la protection informatique ne peut donc plus se limiter à une réaction d’urgence après un incident. Elle devient progressivement une politique permanente, associant investissements, procédures et sensibilisation des équipes.

Se protéger devient un investissement permanent

Après son piratage du 20 juillet 2026, France Casse a ainsi profondément revu son dispositif de sécurité informatique. L’entreprise a lancé un audit, renforcé la surveillance de ses systèmes et sécurisé davantage ses accès. Elle a aussi modifié la manière dont ses outils sont développés.

Chaque nouvelle version fait à présent l’objet de revues de code et de tests automatisés destinés à détecter certaines failles avant sa mise en ligne. Les développeurs ont été sensibilisés en priorité, et France Casse prévoit d’étendre progressivement cette démarche à l’ensemble de ses salariés.

Le sujet reste piloté en interne par la direction technique, avec l’implication directe de Benoît Matagrin. L’entreprise n’a pas fait appel à un prestataire extérieur pour gérer sa sécurité au quotidien. Elle ne précise pas combien ces changements lui ont coûté, mais la cybersécurité figure désormais parmi les dépenses prévues chaque année. "La sécurité informatique est devenue un poste d’investissement récurrent et prioritaire pour France Casse, et non plus une dépense ponctuelle liée à un incident isolé", explique son directeur marketing.

Tous les professionnels ne disposent évidemment pas des mêmes moyens. "Un grand groupe a des verrous partout, des logiciels, un service de sécurité informatique qui peut appeler ou envoyer des mails d’alerte. Un petit garage, lui, n’a pas tout ça", rappelle Bruno Choix. Pour ces petites structures, la FNA recommande notamment, lorsque c’est possible, de réserver un ordinateur aux seules opérations liées au SIV et de retirer le certificat numérique après chaque carte grise. Elle oriente aussi les professionnels vers Cybermalveillance.gouv.fr, les prestataires labellisés ExpertCyber ou les dispositifs de l’ANSSI afin d’être accompagnés en cas d’incident et de mieux protéger leurs systèmes.

Obligation de corriger les habitudes

Depuis 2025, la fédération met aussi à disposition de ses adhérents une documentation détaillant la marche à suivre en cas de cyberattaque. Elle recense les alertes au phishing et indique être en contact régulier avec les services du ministère de l’Intérieur. Lorsqu’un adhérent est victime, ses services juridiques et métiers peuvent intervenir dès la constatation de la fraude et l’accompagner jusqu’aux éventuels recours.

Au garage Désert, les ordinateurs saisis pendant l’enquête ont été remplacés par de nouveaux postes dotés d’antivirus plus performants. Maryline Désert n’est pas en mesure de chiffrer le coût de cette remise à niveau. Après la fraude, la FNA a également épaulé l’établissement dans ses démarches. Bruno Choix s’est notamment déplacé auprès de la dirigeante quelques jours après la découverte de l’ampleur des sommes réclamées.

La multiplication des attaques contraint ainsi l’après-vente à revoir ses habitudes. Car si les grandes structures disposent de moyens conséquents pour se défendre, les structures plus modestes restent particulièrement exposées. Pour elles, la première protection repose souvent moins sur des systèmes sophistiqués que sur des procédures simples et la capacité des équipes à repérer une tentative de fraude avant qu’il soit trop tard.

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Mobilians et Hexatrust s'allient pour démocratiser la cybersécurité

Face à la numérisation croissante des ateliers et des véhicules, Mobilians et Hexatrust ont officialisé, le 27 janvier 2026, un partenariat destiné à mieux accompagner les professionnels de la mobilité face aux cybermenaces. Parmi les outils mis en avant figure HexaDiag, un portail d’autodiagnostic de cybersécurité développé par Hexatrust. Accessible gratuitement et fondé sur les référentiels de l’ANSSI, il permet aux chefs d’entreprise d’évaluer leur niveau de maturité numérique et d’identifier leurs principales vulnérabilités. Le dispositif comprend également HexaSearch, qui permet de rechercher des partenaires spécialisés à proximité. L’accord prévoit en parallèle des actions de sensibilisation et de formation adaptées aux TPE-PME du secteur. Un suivi annuel et la nomination de référents au sein des deux structures doivent assurer le pilotage du dispositif.

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Cyberattaque : CNIL, ANSSI... qui prévenir ?

Une violation de données personnelles ne doit pas systématiquement être notifiée à la CNIL. Cette obligation dépend du risque qu’elle fait peser sur les personnes concernées. Lorsque la fuite de noms, d’adresses, d’adresses électroniques ou de numéros de téléphone est susceptible d’entraîner une fraude, une usurpation d’identité ou une perte financière, l’entreprise doit effectuer une notification auprès de la CNIL dans un délai de 72 heures.

Lorsqu’un ordinateur est piraté, qu’un logiciel est bloqué ou qu’une entreprise est victime d’un ransomware, les TPE-PME peuvent également se tourner vers 17Cyber. Ce service aide les professionnels à identifier la nature de l’incident et leur indique les premières démarches à effectuer. Le CERT-FR, service de l’ANSSI, peut aussi recevoir les signalements d’incidents cyber. En cas de fraude, de vol d’identifiants ou d’usurpation liée au SIV, un dépôt de plainte auprès de la police ou de la gendarmerie peut également être nécessaire. Les courriels, captures d’écran, fichiers reçus ou messages envoyés par les pirates doivent alors être conservés afin de préserver les éléments utiles à l’enquête.

Par Lucas Autréau et Charlotte Morvan 

Recyclage : Aliapur au soutien des deux futures usines de pneus usagés en France

Avant de recycler les pneus, il faut s’assurer d’en recevoir suffisamment. Pour ses deux projets d’usines en France, Infiniteria Europe, spécialiste du recyclage de pneumatiques usagés, engage ce travail avec Aliapur. L’industriel et l’éco-organisme ont signé un protocole d’accord pour préparer l’approvisionnement des futures installations en enveloppes usagées.

Les deux partenaires souhaitent désormais négocier un contrat de fourniture à long terme. Aliapur, qui organise la collecte et le traitement des montes en fin de vie dans le cadre de la responsabilité élargie du producteur (REP), apporterait ainsi la matière nécessaire au fonctionnement des deux unités. À ce stade, le protocole fixe un cadre de discussion : l’accord d’approvisionnement reste à conclure.

Deux usines à l’étude

Les projets français sont encore en développement. Les sites présélectionnés font l’objet d’évaluations et les études d’impact environnemental sont en cours. Les deux partenaires ne précisent ni les lieux envisagés, ni les capacités de traitement, ni le calendrier de mise en service. Aucun montant d’investissement ou volume de pneus à fournir n’est annoncé.

Ces installations doivent recycler les pneumatiques par pyrolyse afin d’en tirer des matières premières secondaires destinées à de nouveaux usages.

Ces deux usines françaises s’inscrivent dans un programme industriel plus large. Co-entreprise créée en 2023 et détenue majoritairement par Antin Infrastructure Partners (aux côtés de Michelin et Enviro), Infiniteria développe une première unité à Uddevalla, en Suède. Sa capacité initiale annoncée s'élève à environ 35 000 tonnes de pneus usagés par an. D’autres implantations sont prévues sur plusieurs marchés.

LKQ dévoile son offre à la carte pour les garages

Du 17 au 20 septembre, quelque 840 professionnels ont participé à la convention France-Benelux organisée par LKQ à Marbella, en Espagne. L’évènement a notamment été rythmé par deux jours de salon, qui a accueilli 44 stands. Côté français, 90 garages et une vingtaine de distributeurs avaient fait le déplacement. Avec les équipes de LKQ, la délégation tricolore atteignait près de 270 personnes, contre environ 150 lors de la précédente convention française. Côté belge, 193 garages rattachés aux filiales du groupe et 39 ateliers clients de grossistes étaient représentés.

À Marbella, LKQ a surtout détaillé son offre "à tiroirs". Son principe : permettre aux réparateurs de piocher parmi plusieurs niveaux d’accompagnement sans devoir rejoindre d’emblée AutoFirst, le réseau de garages du groupe. La moitié des 90 ateliers français présents à la convention n’étaient d’ailleurs pas encore sous enseigne.

Volet technique important

Premier point d’entrée dans cet écosystème, CarCat constitue le portail en ligne de LKQ destiné aux réparateurs. Il permet notamment de commander des pièces, de gérer les données clients et véhicules et d’accéder à un catalogue comprenant des références premium et des marques de distributeur, ainsi que de l’outillage et des consommables. Avec Emotive Partner, LKQ propose parallèlement un accompagnement marketing destiné à aider les ateliers à promouvoir auprès de leurs clients les marques propres réunies sous la bannière européenne Emotive.

Le volet technique occupe une place importante dans cette organisation. HaynesPro rassemble les informations nécessaires aux interventions, notamment les schémas électriques et les procédures de réparation. Cette documentation est complétée par TSB (Technical Service Bulletins), qui regroupe des cas de panne déjà documentés et leurs solutions. LKQ Remote Support permet, de son côté, d’obtenir une assistance à distance pour certaines opérations de diagnostic, de programmation ou de codage. Une TechLine assure également une assistance technique par téléphone.

La formation complète ce dispositif avec la LKQ Academy. En France, son catalogue comprend plus de 120 modules en ligne, auxquels s’ajoutent des sessions en présentiel. "Un garage peut accéder à la LKQ Academy, au module de diagnostic à distance ou à la hotline sans être contraint de passer immédiatement sous enseigne AutoFirst", détaille Ludovic Montenot, responsable des programmes de solutions atelier de LKQ France.

Toutes les prestations ne seront toutefois pas proposées aux mêmes conditions. Leur niveau dépendra notamment du volume d’affaires réalisé avec LKQ. "Plus un atelier souhaite accéder à des services avancés, plus le niveau de chiffre d’affaires attendu sera élevé", précise David Colantonio, directeur commercial de LKQ Europe. Les premières briques du dispositif resteront, à l’inverse, accessibles avec un volume d’achats plus faible.

LKQ veut aussi intervenir davantage dans le pilotage économique des ateliers. Avec Business Performance, les garages équipés d’un logiciel de gestion pourront comparer leurs résultats aux moyennes nationales afin d’identifier leurs marges de progression et leur potentiel de chiffre d’affaires. LKQ Service Partner se concentre, pour sa part, sur l’apport d’affaires. Ce label ouvre notamment la porte à des accords nationaux conclus avec des gestionnaires de flotte, dont Arval. Il s’adresse directement aux garages, à la différence de LKQ Partner, réservé aux distributeurs.

AutoFirst vise 500 ateliers en France

Cette offre modulable n’écarte pas pour autant les ambitions de LKQ pour ses propres enseignes. À Marbella, le groupe a rappelé son objectif de porter AutoFirst à 500 ateliers en France. Son concept a été revu ces derniers mois avec des exigences et une redevance relevées. "Le niveau d’exigence et la redevance ont augmenté pour offrir un niveau de service conforme aux normes européennes de LKQ. Cela nous permet notamment de négocier des accords flottes à l’échelle européenne avec des loueurs comme Arval, ce qui nécessite un réseau homogène et bien maillé", explique David Colantonio.

Cette évolution doit rapprocher AutoFirst des standards de Qualitygarage, l’autre enseigne de réparation exploitée par LKQ en Belgique. Cette dernière impose davantage d’exigences à ses adhérents sur les plans de la technique, de la certification et du marketing, tout en leur donnant accès à des offres de leasing. Selon la direction de LKQ France, certaines solutions développées pour Qualitygarage sont progressivement intégrées à AutoFirst dans l’Hexagone.

Le groupe travaille parallèlement au développement de Bosch Car Service en France. Les réparateurs qui intégreront ce réseau devront respecter les standards fixés par Bosch, notamment en matière d’assortiment de pièces, d’équipements et de diagnostic.

Parmi les distributeurs français présents à Marbella figurait Eudiff. Le grossiste a renoncé cette année à son séminaire habituel pour emmener une trentaine de clients à la convention LKQ. Sept d’entre eux ont finalement décidé de rejoindre AutoFirst. "C’est une vraie fierté d’avoir fait adhérer sept de nos clients à AutoFirst", souligne Antoine Beaudet, dirigeant d’Eudiff. Celui-ci affirme également que son entreprise a emmené le plus grand nombre de réparateurs à Marbella et enregistré le meilleur taux de transformation parmi les distributeurs présents.

LKQ revoit ses partenariats avec les distributeurs

LKQ fait également évoluer sa relation avec les grossistes indépendants, désormais distingués en trois niveaux : les clients traditionnels, les membres du Business Partner Network (BPN) et les LKQ Partners. "La majorité des partenaires BPN ont vocation à devenir LKQ Partners", indique Ludovic Montenot. Les distributeurs qui conserveront leur statut BPN continueront d’avoir accès à AutoFirst, mais ne pourront plus recruter de nouveaux garages sous cette enseigne ni bénéficier des nouveaux concepts développés par LKQ.

Présenté aux distributeurs avant l’été, le contrat LKQ Partner a été officiellement lancé à Marbella. Les signatures doivent être finalisées d’ici à la fin de l’année. Les grossistes qui rejoindront ce programme adopteront une identité commune, matérialisée notamment par un logo et une enseigne. "Les LKQ Partners bénéficieront globalement des mêmes avantages que nos filiales, mais aussi des mêmes exigences. Par exemple, ils achèteront leurs pièces aux mêmes conditions tarifaires", précise David Colantonio.

Le groupement prévoit également de mener avec eux des actions commerciales communes, avec un financement partagé de certaines opérations destinées aux garages. Le nouveau statut promet donc de resserrer les liens entre LKQ et ses adhérents. Reste à voir comment chacun arbitrera entre ce rapprochement et ses autres alliances déjà nouées sur le marché.

Progicar ajoute un module de pilotage commercial à Multiparts

Progicar étoffe Multiparts, son logiciel de gestion des commandes destiné aux plateformes de distribution de pièces de rechange, avec un module baptisé "Business". Ce nouvel outil rassemble cinq écrans d'analyse pour suivre le chiffre d'affaires, les marges et les performances commerciales. Les indicateurs sont actualisés chaque matin à partir des factures de la veille, sans extraction ni ressaisie.

Un suivi quotidien des ventes et des marges

Le module Business permet aux responsables de consulter leur chiffre d'affaires jour après jour, les marges, les remises et les avoirs. Ils peuvent également suivre les résultats de chaque conseiller commercial et mesurer l'atteinte des objectifs, secteur par secteur.

Pour les pneumatiques, un écran détaille les volumes vendus, le chiffre d'affaires net et les remises moyennes par marque. Un autre tableau de bord compare les ventes par catégorie de clientèle à celles de l'année précédente. Enfin, un dernier outil permet de créer des rapports personnalisés en croisant plusieurs critères. Les cinq écrans peuvent être activés séparément et leurs données exportées vers Excel.

L'intelligence artificielle pour anticiper les résultats

Progicar mise aussi sur l'intelligence artificielle pour estimer le chiffre d'affaires de fin de mois. Le calcul prend en compte les jours ouvrés, du lundi au samedi, ainsi que les jours fériés français. De quoi permettre aux responsables d'identifier plus tôt les écarts et d'adapter leurs actions commerciales.

Le module établit également des prévisions annuelles et mesure les objectifs restant à atteindre pour chaque conseiller. Il permet aussi de repérer automatiquement les secteurs commerciaux qui prennent du retard.

"Les plateformes de distribution ne manquent pas de chiffres : elles manquent de temps pour les reconstituer. Avec le Module Business, nous ne leur ajoutons pas un tableau de plus, nous leur retirons une tâche", souligne Christophe Periault, directeur commercial de Progicar.

Une mise en service en moins de 24 heures

Le module Business peut être adapté au fonctionnement de chaque plateforme : les responsables peuvent modifier les catégories de clientèle, les critères de chiffre d'affaires et les rapports directement dans le logiciel, sans développement supplémentaire.

Après la souscription, les équipes suivent une formation dédiée. Progicar annonce ensuite une mise à disposition du module en moins de 24 heures.

Éditeur de logiciels pour les professionnels de l'automobile, Progicar a lancé Multiparts en avril 2024, après plusieurs mois de tests sur la plateforme Logipar du réseau Distrigo. La solution permet de centraliser les commandes, de gérer les retours et les garanties, mais aussi de suivre les dates de réassort en temps réel. Elle propose également un portail destiné aux clients des plateformes, notamment les garages, les réparateurs et les concessions.

Niterra revoit l'organisation de son équipe commerciale

Niterra revoit son organisation commerciale en France. Sous la conduite de Jean-François Beaulieu, responsable des ventes nationales aftermarket depuis octobre 2024, l’équipementier a redéfini les secteurs de son équipe. Cette réorganisation s'accompagne d'une nomination : Alexandra Essirard, chargée de couvrir la région Ouest.

Forte de 21 ans d’expérience dans l’après-vente automobile, cette dernière a notamment œuvré pour le groupe Odis-Toledif en tant que responsable achats entre 2009 et 2026.  La nouvelle responsable commerciale entend poursuivre les relations établies par son prédécesseur, Christian Retailleau, qui couvrait jusqu’alors la région Centre-Ouest.

Précisons que cette nomination suit celle de Mario Francisco dans le Sud-Ouest. Ce dernier a pris le relais en octobre 2025 de Guillaume Innocent,  désormais responsable des grands comptes. Les autres membres de la force commerciales sont Alain Cossec, qui couvre le Nord et l’Île-de-France, tandis que Jean-Pierre Damiani et Gilles Moinier sont respectivement chargés du Sud-Est et de l’Est. Charles Ollivier assure pour sa part l’activité export vers l’outre-mer et le Maghreb.

Ovoko Pro veut séduire les ateliers

Trouver une pièce de seconde vie est une chose. Pouvoir l'intégrer à un devis sans compliquer le travail de l'atelier en est une autre. Avec Ovoko Pro, la place de marché européenne cherche à faciliter ce passage en proposant un compte gratuit aux professionnels, des réparateurs indépendants aux gestionnaires de flottes. Le programme donne accès au catalogue de plus de 40 millions de pièces revendiqué par Ovoko, alimenté par des vendeurs européens.

Des achats mieux encadrés

L'inscription est soumise à validation, annoncée sous un jour ouvrable. Les membres bénéficient d'une remise de 15 % sur les offres Pro. Le site précise que les réductions sont accordées par les vendeurs concernés et appliquées automatiquement. Ces derniers proposent aussi des retours gratuits sous 30 jours et traitent les expéditions en priorité.

S'y ajoutent une assistance dédiée et un accès centralisé aux factures et aux commandes. La garantie d'un an, déjà déployée par Ovoko, reste réservée aux pièces éligibles.

Le garage reste prescripteur

Pour appuyer son lancement, Ovoko s'appuie sur une étude consacrée notamment aux automobilistes qui confient entièrement leurs choix à leur réparateur. Parmi eux, 24 % déclarent avoir déjà reçu une proposition de pièce d'occasion, contre 32,7 % pour l'ensemble des répondants.

Les garanties et les possibilités de retour figurent parmi leurs premières attentes. Ces résultats suggèrent une marge de progression dans les propositions faites en atelier.

"Ce que montre cette étude, c'est que le frein n'est pas le client, c'est l'offre elle-même. La demande est là, elle est même plus forte que la moyenne du marché, mais les garages n'ont pas toujours les outils pour la satisfaire rapidement et en toute confiance", estime Nicolas Proupech, responsable du développement commercial d'Ovoko en France et en Belgique. Reste à convaincre les réparateurs de recourir plus régulièrement à ce canal d'achat.

Laurent Roux, Garac : "Je ne veux pas former des jeunes voués à l'obsolescence programmée"

J2R : Comment se passe cette rentrée 2026 pour le Garac ?

Laurent Roux : Cette rentrée marque un nouveau record pour l'établissement, avec 1 638 jeunes et apprenants accueillis. Il y a 25 ans, nous comptions 1 151 élèves, avant de reculer progressivement jusqu'à un point bas de 813 jeunes à la rentrée 2013. Nous avons donc doublé nos effectifs depuis, avec une progression de 20 % depuis 2020. C'est remarquable ! Cette dynamique s'explique par la mutation de l'automobile vers la mobilité globale et par la technicité croissante des véhicules, qui attire de nouveaux publics.

Nous venons par ailleurs de regrouper toutes nos formations sur le site d'Argenteuil (95), où un nouveau bâtiment comprenant 8 salles de classe de 30 places vient d'être livré. L'objectif fixé par notre conseil d'administration est désormais d'approcher les 2 000 apprenants par an.

 

Vous avez franchi le cap des 100 femmes parmi les nouveaux élèves cette année. Comment aider le secteur à se féminiser davantage ?

Cela fait plus de dix ans que le Garac œuvre pour la féminisation des métiers au côté de l'ANFA (Association nationale pour la formation automobile, ndlr). Il y a cinq ans, nous accueillions environ 50 jeunes femmes par an. Aujourd'hui, il y a vraiment un changement : nos métiers attirent davantage les femmes. Cette présence féminine change l'état d'esprit des équipes et apporte une réelle complémentarité dans les classes comme dans les ateliers. Elle répond aussi aux attentes exprimées par les entreprises. Je crois, par ailleurs, que ce sont souvent davantage les parents qu'il faut convaincre que les filles elles-mêmes. Attirer plus de femmes nous aidera enfin à moins subir la baisse démographique à venir.

 

Quelles sont les principales nouveautés de cette rentrée ? Avez-vous fait évoluer vos formations ?

La carte de nos formations a considérablement évolué ces dernières années. Nous ne proposons plus de CAP et démarrons désormais nos parcours directement au niveau du bac professionnel dans l'ensemble de nos filières : automobile, moto, poids lourd, carrosserie, aménagement de véhicules, vente et commerce.

Pour les élèves encore indécis, qui souhaitent parfois découvrir plusieurs filières avant de faire leur choix, nous avons créé une classe de seconde "Famille des métiers", que j'aime appeler la seconde "Je ne sais pas". Elle permet d'explorer pendant une même année l'auto, la moto et le poids lourd, tout en proposant une initiation à la carrosserie pour affiner son orientation. Cela fonctionne plutôt bien.

La rénovation du bac professionnel Maintenance des véhicules, entamée l'an dernier, poursuit aussi son déploiement cette année en classe de première, avant la terminale l'an prochain. Les BTS des filières auto, moto et poids lourd ont également vu leurs référentiels rénovés par l'Éducation nationale et l'ANFA afin d'intégrer pleinement l'électrification et les systèmes d'aide à la conduite (Adas). Le Garac a souhaité aller plus loin avec des certifications de branche, très prisées par les entreprises car elles favorisent une insertion rapide des techniciens.

Dans le même temps, nous travaillons avec le rectorat de Versailles pour déployer des formations expérimentales post-bac professionnel. Après une première expérience consacrée à la maintenance des véhicules électriques, lancée il y a trois ans avec succès, nous démarrons cette année une formation centrée sur les aides à la conduite.

Pour la rentrée prochaine, nous préparons un autre cursus dans le domaine de la carrosserie. Il existe toute une activité autour du covering, du detailing, du débosselage sans peinture ou encore des techniques de remise en état rapide. Il y a un vrai projet sur ce sujet, car les voitures sont de plus en plus souvent louées et ces méthodes permettent des réparations rapides, avec un rendu presque neuf et une approche RSE plus vertueuse. Enfin, parallèlement aux cursus diplômants, nous développons aussi des modules d'habilitation courts, notamment pour la climatisation et les travaux sous tension, destinés aux salariés déjà en poste dans la branche.

 

Y a-t-il des filières où le nombre de nouveaux élèves progresse moins vite ?

La filière moto connaît une progression moins soutenue et une légère baisse d'attractivité par rapport aux décennies précédentes. Quand je suis entré au Garac en 1997, c'était la première filière à remplir ses classes ! Cette évolution est liée aux débouchés professionnels et aux réglementations appliquées aux deux-roues, notamment en région parisienne, même si la passion demeure. À l'inverse, le secteur de la carrosserie-peinture, dont certains prédisaient le déclin il y a quinze ou vingt ans, affiche désormais des classes quasiment pleines.

 

Quels sont les moyens d'attirer encore davantage de jeunes vers ces métiers ?

Il faut d'abord que les jeunes parlent aux jeunes, pour valoriser la réalité quotidienne des métiers et montrer les parcours possibles. Il faut également être ouvert à tous les profils, notamment aux élèves issus de filières générales qui nous rejoignent pour suivre des cursus condensés en un an, très axés sur la pratique en atelier. Ces profils sont extrêmement prisés par les entreprises en raison de leur maturité.

Pour nous, la priorité repose avant tout sur une orientation choisie et non subie. En faisant découvrir l'ensemble des ateliers dès l'entrée, nous permettons aux apprenants d'être acteurs de leur formation et de réorienter leur parcours si nécessaire, par exemple en passing de l'auto au poids lourd ou du poids lourd à la moto. Enfin, la diversité de nos filières – technologies électriques, véhicules historiques, tôlerie-formage, commerce et vente, etc. – doit permettre à chacun de trouver un domaine dans lequel il pourra s'épanouir.

 

 

Comment faites-vous pour maintenir les formations dans le rythme des évolutions du secteur ?

Je ne veux pas former des jeunes voués à l'obsolescence programmée. Je souhaite leur apporter un socle solide en formation initiale, tout en les préparant à s'adapter aux évolutions futures grâce à la formation continue. Cela implique d'être ouvert à différents partenariats, mais aussi de réinventer régulièrement nos méthodes d'enseignement. Après le Covid, nos formateurs se sont familiarisés avec les outils d'enseignement à distance.

Désormais, ils intègrent également l'intelligence artificielle dans leurs pratiques pédagogiques. Nous devons aussi anticiper les transformations technologiques à venir, comme la disparition progressive des calculateurs au profit de nouvelles architectures logicielles. Cela va fortement modifier la maintenance des véhicules.

 

Vous évoquez l'intelligence artificielle. Comment, selon vous, va-t-elle transformer les différents métiers du secteur ?

Je ne suis pas devin, mais je constate, en discutant avec les professionnels du secteur, que le sujet est omniprésent. L'IA va transformer nos métiers et introduire de nouveaux processus, y compris dans la maintenance. En matière de diagnostic, elle permettra par exemple d'analyser rapidement des images et des symptômes pour orienter les interventions.

Par analogie avec le secteur médical, le technicien d'atelier va passer progressivement d'un rôle de généraliste à celui de spécialiste hautement qualifié. Il faut aussi regarder ce qui se passe en dehors de l'Europe, notamment avec les véhicules autonomes. Ils arriveront chez nous un jour et nous devrons être prêts, avec des formations permettant d'en assurer la maintenance.

Boîtes robotisées et utilitaires : TC Matic étoffe ses kits

Toutes les boîtes automatiques ne s’entretiennent pas de la même façon. Chaque technologie impose des méthodes et des produits adaptés. TC Matic s'adapte à cette diversité en ajoutant de nouvelles applications à sa gamme Service Kits. L'entreprise espagnole revendique un parc potentiel de plus de 10 millions de véhicules pour l’ensemble de ces nouveautés.

Les boîtes robotisées en ligne de mire

La première extension concerne les boîtes dites semi-automatiques, robotisées ou pilotées. TC Matic évalue leur couverture à près de 7,8 millions de véhicules en Europe. Les applications visent notamment des modèles de petit et moyen gabarit commercialisés par Citroën, Peugeot, Toyota, Opel, Renault et Fiat.

Pour le fournisseur, l’enjeu consiste à identifier la solution adaptée à la transmission montée sur le véhicule. Raison pour laquelle il développe des kits réunissant les composants et les fluides nécessaires selon l’intervention, accompagnés d’instructions propres à chaque boîte.

Une offre destinée aux utilitaires

TCMatic ajoute également des Service Kits pour les utilitaires légers. Ces kits permettent aux ateliers de proposer de nouvelles prestations aux professionnels, pour qui chaque immobilisation pénalise l’activité.

Autre ajout au catalogue : des kits dédiés à la transmission automatique Ford 10R80. TC Matic estime le parc correspondant à près de 1,5 million de véhicules en circulation.

Ces lancements prolongent l’enrichissement de l’offre présenté autour d’Automechanika Francfort 2026. TCMatic avait alors annoncé des solutions pour les transmissions de véhicules hybrides et électriques, ainsi que des Expert Kits destinés à traiter des pannes fréquentes.

Réparation des batteries : Covéa entre au capital d’Entroview

La réparation automobile durable reste l’un des chevaux de bataille de Covéa. Pour répondre au défi de l’électrification du parc roulant, l’assureur entre au capital d’Entroview, une jeune pousse créée en 2021 et spécialisée dans le diagnostic avancé des batteries de véhicules électriques.

Limiter le remplacement systématique de batterie

Cette opération capitalistique prolonge les travaux engagés depuis 2024 entre Entroview et le Cesvi, technocentre de Covéa. "Nous avons d'abord travaillé ensemble en atelier, sur de vraies batteries, explique Gaëtan Depaëpe, dirigeant et cofondateur d’Entroview.  Nous en tirons une conviction commune : une batterie abîmée n'est pas une batterie perdue. La réparer ou la réutiliser, c'est rendre l'après-vente plus résiliente et l'électrique plus vertueux".

Le Cesvi cherche à éviter le remplacement systématique des batteries après un accident. Il étudie les possibilités de les maintenir en service, de les réparer ou de les réemployer lorsque leur état le permet. L’objectif : mieux maîtriser le coût des sinistres impliquant des véhicules électriques.

Pour y parvenir, "la technologie développée par Entroview apporte une approche innovante du diagnostic des batteries et notre expertise terrain contribue à l’adapter aux réalités de la réparation automobile, précise Christophe Petrynka, directeur de Cesvi France.

La jeune entreprise combine une méthode physique et l’intelligence artificielle pour évaluer l’état de santé des batteries. Cette approche permet d’estimer leur intégrité et de déterminer si elles peuvent être réparées ou réemployées après un sinistre.

Enjeu économique et environnemental

L'enjeu de ces travaux est de réparer les modèles électriques dont le coût reste supérieur en moyenne de 11 % à celui des véhicules thermiques. Cela, notamment en raison de leur poids, des contraintes de leur mise en sécurité et du prix des batteries. Sans oublier l'impact environnemental de leur remplacement.

L’assureur et ses deux partenaires souhaitent donc privilégier le maintien en service de la batterie chaque fois que son état le permet. À défaut, ils donnent la priorité à sa réparation puis, si celle-ci est impossible, à son remplacement par une batterie de réemploi plutôt que neuve.

"Analyser, réparer et réemployer les batteries plutôt que de les remplacer systématiquement, est un enjeu économique, environnemental et sociétal majeur pour nos sociétaires comme pour l’ensemble de la filière automobile", résume Philippe Rondeau, directeur Expertise et Solutions de l'Indemnisation de Covéa.

La collaboration entre l’assureur, le Cesvi et Entroview devrait accélérer les expérimentations et les travaux menés avec les constructeurs automobiles. L’objectif est de développer des méthodes et des outils de diagnostic destinés aux professionnels de la réparation et du réemploi, afin de contribuer à la structuration d’une filière de réemploi des batteries de véhicules électriques.

Sampa France va regrouper logistique et industrie près de Lyon

Sampa France prépare son installation à Saint-Priest, à l’est de Lyon. Prévue au 2e trimestre 2027, l’ouverture de ce nouveau site doit renforcer les capacités logistiques du fournisseur de pièces de rechange pour poids lourds, tout en développant son activité industrielle. Implanté sur un terrain de 12 385 m², le bâtiment comprendra 4 525 m² d’entrepôt, 1 700 m² d’espace industriel et 344 m² de bureaux.

Jusqu’à 24 000 emplacements de stockage automatisé

Le site disposera de plus de 10 000 emplacements palettes et d’une capacité de stockage automatisée de 24 000 emplacements. Sampa France vise ainsi un taux de disponibilité supérieur à 94 %.

La partie industrielle accueillera également une activité de remanufacturing de composants. Le fabricant entend prolonger la durée de vie des pièces et adapter son offre aux évolutions des parcs de véhicules, notamment dans le contexte de la transition énergétique. Le projet a bénéficié de l’accompagnement de Business France, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et d’OnlyLyon, ainsi que du soutien financier de Bpifrance, de Banque Populaire et du Crédit Agricole.

"Notre objectif reste inchangé : mieux répondre aux besoins de nos clients et les accompagner durablement dans les transformations à venir, notamment celles liées à la transition énergétique des parcs roulants. Je remercie chaleureusement l'ensemble des équipes Sampa pour leur contribution, ainsi que nos partenaires et nos clients pour leur confiance et leur accompagnement dans les évolutions rapides du groupe Sampa", commente Emmanuel Vincent, président de Sampa France.

Spectros plus précis pour des teintes toujours plus complexes

Le marché européen de la mesure colorimétrique reste dominé par deux fabricants historiques de spectrophotomètres : l’allemand BYK-Gardner, propriété du groupe Altana, et l’américain X-Rite, intégré à Veralto. Tous deux travaillent avec les fabricants de peinture, qui développent autour de leurs appareils des logiciels et des bases de données de formules.

Une organisation qui laisse peu de place à d’autres acteurs sur le marché européen. "Les ateliers de carrosserie utilisent presque toujours le spectrophotomètre préconisé par leur fournisseur de peinture, explique Klaus Wimmer, responsable produit réparation automobile chez BYK-Gardner. Il fait partie d’une solution complète de reproduction des couleurs, incluant un logiciel, une base de données de formules, une balance et un système de recherche de teinte."

Connectés à des bases de données colorimétriques de plus en plus fournies, les spectrophotomètres permettent de rechercher plus rapidement une formule adaptée au véhicule. Pratique alors que les constructeurs multiplient les peintures à effets, nacrées, mates ou fortement métallisées. Cette sophistication des teintes pousse l’ensemble des fabricants de peinture à faire évoluer leurs équipements.

Des micros-caméras à l'IA

Les premiers spectrophotomètres (à partir de 1994) mesuraient principalement la couleur. Pour identifier les peintures à effets, le peintre devait encore s’appuyer largement sur son expérience et sur les teintiers. Les appareils ont depuis gagné en finesse. La multiplication des angles de lecture et l’intégration de caméras permettent désormais d’analyser les pigments métallisés ou nacrés ainsi que certains effets de texture. Le développement des bases de données en ligne a ensuite facilité la recherche et l’actualisation des formules.

Parallèlement, la généralisation des connexions sans fil a libéré les appareils de leur liaison physique avec l’ordinateur du laboratoire. Les mesures réalisées sur le véhicule peuvent ainsi être transmises directement au logiciel de recherche depuis le parking ou la zone de préparation.

Une nouvelle étape a été franchie avec l’intégration de fonctions d’imagerie toujours plus poussées. Lancé en 2022, le PPG DigiMatch combine notamment plusieurs angles d’imagerie et de réflectance afin d’affiner la lecture des effets. Deux ans plus tard, Axalta est allé plus loin avec son Irus Scan, développé avec BYK-Gardner, qui ajoute à l’analyse colorimétrique une mesure directe de la brillance. Cette donnée peut notamment faciliter la reproduction des finitions mates.

Le savoir-faire reste indispensable

Ces progrès ne dispensent toutefois pas le peintre de maîtriser les fondamentaux de la colorimétrie. "Un spectrophotomètre performant reste un outil d’aide à la décision qui doit être utilisé avec méthode et expertise pour obtenir le meilleur résultat possible", rappelle François Real, responsable technique de Sherwin-Williams France. La qualité de la mesure dépend notamment de l’état du support. Celui-ci doit être propre et correctement préparé, tandis que les conditions de température doivent rester compatibles avec les préconisations du fabricant. Une mauvaise manipulation peut fausser le résultat, aussi sophistiqué soit l’appareil. "Le spectro n’est pas un outil magique", insiste François Real.

L’interprétation de ses données et le choix final de la formule réclament donc toujours une formation adaptée et l’expérience du peintre. Les progrès des logiciels et de l’intelligence artificielle devraient encore faire évoluer ces outils dans les prochaines années, sans pour autant effacer cette expertise.

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Axalta Irus Scan inverse les angles

L'Axalta Irus Scan, dernier spectrophotomètre en date présenté par un fabricant de peinture haut de gamme. ©Axalta

L'Axalta Irus Scan, dernier spectrophotomètre en date présenté par un fabricant de peinture haut de gamme. ©Axalta

La brillance devient à son tour un critère mesurable. Lancé en 2024, l’Axalta Irus Scan se distingue par une technologie brevetée de mesure à angle inversé. Selon Axalta, il s’agit du premier spectrophotomètre destiné à la réparation automobile capable de mesurer directement la brillance d’une surface. Une donnée particulièrement utile pour les finitions mates, puisqu’elle aide le peintre à ajuster la quantité de matifiant et à mieux reproduire l’aspect d’origine.

L’appareil associe cette fonction à une caméra RVB haute définition et à un système optique multi-angle. Il peut analyser des teintes complexes, comme certains gris métallisés, blancs nacrés ou pigments à effets. Développé avec BYK-Gardner, l’Irus Scan s’intègre à l’écosystème numérique Axalta Irus, utilisé par les marques Cromax, Spies Hecker et Standox. Il complète ainsi la chaîne de recherche et de préparation des teintes proposée par le groupe.

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Refinity Scan mesure (presque) plus vite que son ombre

Le spectro Refinity ScanR, dédié aux marques de Surventis : Glasurit et R-M. ©Surventis

Le spectro Refinity ScanR, dédié aux marques de Surventis : Glasurit et R-M. ©Surventis

Conçu avec X-Rite, le Refinity ScanR rejoint l’environnement Refinity développé par l’ancienne activité BASF Coatings, devenue Surventis en 2026. Trente secondes suffisent à ce spectrophotomètre pour réaliser cinq mesures. Présenté en 2025, il mise donc d’abord sur la rapidité d’exécution, avec six angles de lecture pour affiner l’identification de la teinte et de ses variantes. Les données recueillies alimentent directement l’écosystème numérique Refinity utilisé par les marques Glasurit et R-M.

L’appareil embarque aussi plusieurs fonctions destinées à limiter les erreurs de mesure. Il peut détecter certaines rayures présentes sur la surface observée et reconnaître automatiquement le VIN ou la plaque d’immatriculation du véhicule. Cette identification facilite ensuite la recherche de la bonne formule dans la base de données. Le ScanR propose également une fonction dédiée aux couleurs de jantes.

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PPG Digimatch zappe les défauts avec son zoom

Visualisation de l'orientation des pigments avec le spectrophotomètre DigiMatch. ©PPG

Visualisation de l'orientation des pigments avec le spectrophotomètre DigiMatch. ©PPG

Avec le DigiMatch, PPG a surtout cherché à rapprocher la mesure colorimétrique de l’imagerie numérique. Dévoilé en 2022, le spectrophotomètre exploite six angles d’imagerie et six angles de réflectance afin d’analyser simultanément la couleur, les effets et la texture de la peinture. Les données recueillies sont ensuite intégrées à l’écosystème PPG Linq. Sa caméra numérique haute résolution permet notamment de visualiser les particules métallisées ou nacrées.

Associé au logiciel VisualizID, l’appareil aide le peintre à comparer à l’écran les différentes variantes proposées avant leur préparation. Son zoom facilite aussi le choix d’une zone de mesure en évitant certains défauts présents sur le support.

Compact, le DigiMatch a été conçu pour intervenir sur des zones difficiles d’accès ou des éléments aux formes complexes. Sa station d’accueil assure enfin son rangement, sa recharge et l’accès aux accessoires nécessaires à son étalonnage.