Eudiff démarre 2026 pied au plancher et renforce son maillage territorial

Eudiff confirme son ambition régionale. Le groupe d’Antoine Beaudet a finalisé, début janvier, la reprise de deux magasins API (groupe Doyen Auto), situés à Gravigny (27) et Petit-Quevilly (76). Ces points de vente, qui appartenaient jusqu'ici à Jean-Philippe Peguenet, permettront d’étendre l’empreinte d’Eudiff vers l’Eure et d’ancrer davantage sa présence autour de Rouen.

Avec cette opération, le grossiste met également un premier pied au sein du réseau piloté par le groupe Doyen Auto. Raison pour laquelle Antoine Beaudet veut avancer avec prudence : "Ce qui compte quand on reprend des entreprises, c’est que les équipes ne se sentent pas pénalisées. Nous allons conserver leurs habitudes et ne rien modifier pendant un an".

Dans le même mouvement, Eudiff ouvre un nouveau comptoir à Roye (80), dans un bâtiment de 500 m² autrefois exploité comme garage et disposant déjà d’une activité de vente de pièces. Le site permet de compléter finement la couverture du territoire et de renforcer la coopération avec Maxopièces, piloté par son associé Boris Hourcade.

"Nous serons parfaitement complémentaires sur cette zone, où nos périmètres se rejoignent", souligne Antoine Beaudet. Ce dernier souligne toutefois que l’activité de réparation ne sera pas reprise par Eudiff : elle sera confiée à un réparateur, client de longue date du groupe.

Eudiff structure ses équipes

Finalisées début janvier, ces trois implantations supplémentaires vont permettre à Eudiff de passer de 13 à 16 sites. L’équipe du groupe franchit également le cap des 130 salariés.

Des perspectives positives après un exercice 2025 contrasté, à l’image du marché. Sans l’ouverture intervenue en cours d’année, novembre aurait affiché un léger retrait. Mais le distributeur normand a finalement bouclé l’année sur une croissance organique estimée entre 3 et 4 %, pour un chiffre d’affaires compris entre 24 et 25 millions d’euros. En intégrant les ouvertures de Yerville et Gonfreville, la progression atteint environ 14 %.

En parallèle, l’entreprise a poursuivi un important travail de structuration. Les directeurs de site sont devenus directeurs de zone, les pôles finance, marketing et achats ont été réorganisés et renforcés, et de nouveaux recrutements ont soutenu cette montée en puissance. "Nous devrions franchir une étape en recrutant un directeur commercial en 2026", ajoute Antoine Beaudet.

Le digital en ligne de mire

Autre chantier majeur : la relance de l’activité B2C, perturbée ces derniers mois. Eudiff prépare une refonte complète de son site e-commerce grand public, appelée à clarifier l’offre et à soutenir de nouvelles ambitions de croissance.

Le groupe veut également accélérer la digitalisation de ses services, tant pour ses clients professionnels que particuliers. "Nous allons nous appuyer sur notre prestataire informatique, la société JLPI, avec laquelle nous travaillons depuis plus de dix ans, pour renforcer cette dimension", précise Antoine Beaudet.

Enfin, le distributeur met déjà le cap sur 2026 avec la préparation de la troisième édition de son salon professionnel. Après le succès rencontré lors des deux premières rencontres régionales, Eudiff veut confirmer ce rendez-vous comme un temps fort pour ses clients et partenaires.

Florence Thonnelier prend les rênes d'Elring France

Franco-Allemande ayant passé la plus grande partie de sa vie outre-Rhin, la nouvelle responsable de l'activité rechange d'Elring en France affiche trois mois d'ancienneté de plus que son prédécesseur. En effet, Florence Thonnelier est entrée dans l'entreprise en 2016 – quelque mois avant Stanislas Brodard.

La nouvelle dirigeante bénéficie d'une importante expérience dans le domaine de l'après-vente automobile. Elle avait intégré ce secteur après un passage dans celui du bâtiment. Un premier emploi décroché à l'issue d'un cursus d'études en sciences appliquées de la santé, au sein de l'université de Furtwangen (Allemagne).

Forte de cette expérience, elle a d'abord été affectée au service achat d'Elring. Puis, la nouvelle responsable a ensuite occupé la fonction de commerciale, au siège de Dettingen an der Erms (Allemagne). Une activité qui l'a notamment mobilisée sur les marchés britannique et français.

Maintenir l'état d'esprit entretenu depuis neuf ans

"Nous avons entretenu une belle collaboration avec Stanislas Brodard, en suivant ensemble nos clients, pendant 8 ans, raconte Florence Thonnelier. Cela m'a beaucoup plu et j'y ai beaucoup appris. J’ai donc naturellement relevé le challenge de prendre sa place dans le marché français, afin de continuer à offrir le meilleur support possible à nos clients".

En se consacrant désormais exclusivement aux activités hexagonales, Florence Thonnelier assure qu'Elring France maintiendra l'état d'esprit mis en place depuis neuf ans. La marque de pièces d'étanchéité, colles et joints entretiendra aussi son dynamisme. Soient autant d'objectifs visés par la mise en place d'une équipe étoffée.

"J'endosse la fonction de responsable des ventes, gérant tous nos sujets commerciaux, nos collaborations et leurs conditions. Tandis qu'un technico-commercial sera directement présent en France, auprès de nos clients distributeurs et de leurs clients finaux. Il représentera notre marque sur le terrain et s’occupera du support technique, des formations, ainsi que du Club technique automobile, en relation avec la marque Elring". La dirigeante précise que le candidat pour cette dernière fonction est encore en cours de recrutement.

Cette future personnalité de terrain sera donc directement placée sous l'égide de Florence Thonnelier. Tandis qu'elle-même continuera à rendre compte à Adrian Blessing, responsable des ventes Europe occidentale et à Simon Reich, directeur des ventes Europe occidentale et Allemagne. Tous sont sous la responsabilité du vice-président après-vente d'Elring, Georges Mourad.

Plateformes : l’activité progresse malgré les turbulences

Agilité : c’est sans doute le maître-mot de la période pour la rechange automobile. Un bon résumé de la situation actuelle, mais aussi une bonne définition du métier. Car aujourd’hui comme hier, le monde de la pièce a fait sienne cette logique des montagnes russes. Les derniers mois confirment une alternance plus nette entre pics et creux d’activité, rendant le marché plus imprévisible.

"Le premier semestre a été coupé en deux, avec un premier trimestre difficile et un second plus favorable. Depuis l’été, la même logique prédomine", analyse Christophe Gloux, directeur du commerce pièces et services France de Stellantis.

Un constat largement partagé : les plateformes doivent absorber des oscillations plus brutales tout en maintenant un niveau de service stable. Cette instabilité découle directement du contexte économique. Face à la contraction du pouvoir d’achat, les automobilistes réagissent davantage qu’ils n’anticipent. L’entretien reste indispensable, mais il n’intervient plus forcément aux périodes habituelles, perturbant des cadences longtemps prévisibles.

La demande évolue en faveur des offres alternatives

Malgré cette météo changeante, la plupart des plateformes ont réussi à tirer leur épingle du jeu. En 2025, la croissance a été au rendez-vous, même si elle reste modérée, dans la lignée des trois derniers exercices. "L’activité de nos plateformes se porte très bien. Nous n’avons aucun site en dessous de nos prévisionnels", confie Jean-Christophe Gacougnolle, directeur supply chain d’Alliance Automotive Group (AAG).

Julien Raimbault, directeur logistique de Logisteo, plateforme nationale du groupe Autodistribution, rapporte que "sur les dernières semaines, on voit le marché se tasser. Mais malgré ce ralentissement qui est vraiment perceptible, on reste au-dessus de 2024 concernant notre chiffre d’affaires pièces."

Ce que son confrère de Stellantis, Christophe Gloux, traduit ainsi : "Il faut quand même rappeler que le marché est resté dans une bonne dynamique pendant plusieurs années. Cela étant, nous savions que la situation pouvait se tendre à un moment ou un autre, et nous nous étions préparés à cela."

L’un des marqueurs forts des derniers mois, conséquence directe de l’inflation et des contraintes financières qui pèsent sur les ménages, tient dans la montée en puissance des marques alternatives. Qu’il s’agisse de marques de distribution (MDD) ou d’entrée de gamme, le contexte actuel a dopé les offres les plus accessibles. Jusqu’à tirer le marché vers le bas ? Une idée que les observateurs interrogés réfutent.

"Le pouvoir d’achat baisse et les gens se tournent vers des pièces moins onéreuses, c’est une réalité. Mais avec notre gamme Eurorepar, par exemple, on répond à cette demande avec une offre de qualité et constamment enrichie", nuance Christophe Gloux.

Le segment de la MDD continue donc d’alimenter les ambitions du marché de la rechange, et les acteurs ignorant le phénomène demeurent à la marge. Au détriment de qui ou de quoi ? Essentiellement de l’entre-deux, avec des marques quality ni assez compétitives, ni suffisamment rassurantes. Mais, estime Julien Raimbault, "quelle que soit l’évolution du marché, entre du premium et de la MDD, il y a encore de la place pour tout le monde."

Pour Logisteo, le temps de la récolte

De la place pour tout le monde, sans doute, mais dans les rayonnages des plateformes, cela reste plus discutable. Dans les entrepôts, la rengaine visant à “pousser les murs” a aussi ses limites. Les ouvertures de sites ou les déménagements imposent des investissements lourds. La tendance est donc davantage à l’optimisation ou à l’agrandissement de l’existant plutôt qu’à des créations.

Notre panorama annuel confirme cette orientation. Les nouveaux sites se comptent sur les doigts de la main. Les plateformes – grandes comme petites – concentrent leurs efforts sur les gains de productivité, l’ajustement des stocks, la modernisation des équipements et la mise en place de nouveaux concepts. “Aujourd’hui, les clients cherchent du prix et du service”, résume Julien Raimbault.

Dans le groupe Parts Holding Europe (PHE), le maillage national – composé d’une plateforme nationale, de plateformes spécialisées et des plateformes régionales ACR Group – n’a pas changé, mais les chantiers internes n’ont pas manqué. Logisteo, la plateforme nationale d’Autodistribution à Réau (77), a bénéficié de 13 millions d’euros d’investissements pour augmenter les surfaces de stockage et renforcer la mécanisation.

Une évolution "qui porte ses fruits", explique son directeur, mais qui "nécessite beaucoup d’attention, notamment sur la maintenance". Comme souvent, la réussite d’un tel projet ne détermine pas toute la performance d’un groupe, mais un échec peut affecter l’ensemble de la chaîne.

Pour répondre aux besoins des consommateurs, l'offre continue de se réinventer dans les plateformes, avec une place de plus en plus grande accordée aux MDD et aux marques d'entrée de gamme.

Pour répondre aux besoins des consommateurs, l'offre continue de se réinventer dans les plateformes, avec une place de plus en plus grande accordée aux MDD et aux marques d'entrée de gamme.

First, le facteur X d’AAG

Parmi les autres leaders du marché, Alliance Automotive Group connaît bien ce sujet. Deux ans après avoir ouvert ses portes à Saint-Fargeau-Ponthierry (77), First, la nouvelle plateforme nationale du groupement filiale de GPC, n’a toujours pas réussi à atteindre son rythme de croisière.

La faute à une cascade de soucis plus ou moins bien anticipés, entre un changement d’ERP et de WMS. Autres problématiques qui ont perturbé la mise en route : la fusion de trois sites aux organisations différentes (Sainte-Geneviève-des-Bois, Blois et Saint-Amand Service) et les problèmes liés à la cellule robotisée Exotec, censée gérer 100 000 bacs.

De quoi générer quelques tensions chez les adhérents, pénalisés dans leur quotidien par cet entrepôt, pivot dans l’organisation d’AAG, sur lequel ils n’ont pas pu compter pendant de longs mois. "Nous comprenons très bien leur agacement", assure Jean-Christophe Gacougnolle. "Nous avons fait évoluer nos process, mais cela prend toujours du temps."

À la fois transparent et compatissant, le responsable développe : “Nous avons constaté, en intégrant les différentes plateformes, que chacune avait des spécificités qui nous demandaient nécessairement de nous ajuster. Je peux comprendre que cette phase d’intégration soit venue polluer ce que nos indépendants attendent de nous. Aujourd’hui, nous avons terminé de transférer tous les produits, nous évoluons donc à isopérimètre et nos clients peuvent tout avoir depuis First. Les difficultés sont à présent derrière nous."

Lancer pleinement l’aventure First reviendra pour AAG à s’enlever une belle épine du pied, tant ce site s’avère stratégique, et tant le reste du maillage technique et régional n’est plus à éprouver.

Distrigo mise sur ses réseaux secondaires

Terminons le tour de ce trio de tête par Stellantis et Distrigo. Avec 36 sites logistiques, le groupe dispose du maillage le plus dense du marché. Considérant avoir atteint son plein potentiel avec ses plateformes de grande envergure, le constructeur s’est fixé d’autres objectifs.

Engagé dans un renforcement de ses gammes (carrosserie avec Eurorepar, pneus budget avec Fortune, lubrifiant très prochainement avec un partenaire bien connu), le groupe entend à l’avenir se renforcer auprès des réparateurs indépendants.

La mise en place des Distrigo Relay après l’épidémie de Covid, soit des mini-hubs réalisant un niveau d’activité trois à cinq fois inférieur à une plateforme éponyme et permettant de s’implanter dans des zones plus enclavées (Corse, Lozère…), porte ses fruits. Stellantis en compte 13 et ne s’interdit pas d’en ouvrir de nouveaux. En parallèle, ses efforts seront surtout dirigés sur Distrigo Market (120 adresses actuellement). Pour rappel, il s’agit de comptoirs installés chez des concessionnaires, agents et adhérents Eurorepar Car Service.

"Cela répond à une vraie demande de proximité, pour les professionnels comme pour les particuliers. Et les résultats sont très bons. Nous allons poursuivre le développement", confirme Christophe Gloux.

On compte peu de créations depuis un an, mais les plateformes ont beaucoup évolué pour renforcer leur offre et leur attractivité. ©J2R

On compte peu de créations depuis un an, mais les plateformes ont beaucoup évolué pour renforcer leur offre et leur attractivité. ©J2R

Des outsiders ambitieux

Derrière ce trio, les forces en présence du côté des outsiders sont désormais bien installées et bien identifiées. Le maillage d’Alternative Autoparts, après s’être considérablement développé ces dernières années, n’a pas bougé d’un iota. Oubliées l’an passé (par notre faute), les plateformes de son adhérent Autopuzz, très actif avec quatre sites dans l’Hexagone, figurent désormais bel et bien dans notre panorama annuel.

Toujours concernant le groupement fondé par IDLP et Atac, la plateforme parisienne AFP reste entourée d’un point d’interrogation. Son avenir, depuis le décès début 2024 de Serge Falco, son dirigeant et fondateur, fait l’objet de multiples rumeurs de cession.

Autre représentant Alternative Autoparts (bien qu’il n’en porte pas officiellement les couleurs), le réseau DCA Plateforme a de son côté beaucoup évolué depuis un an. Son site de Gennevilliers (92), celui par lequel l’aventure de Distri Cash dans la pièce s’est amorcée, a déménagé juste à côté, à Villeneuve-la-Garenne, pour gagner en surface.

Le groupe s’est aussi implanté à Toulouse (31) début 2025, quelques mois avant de prendre possession de son nouvel entrepôt à Rouen (76), l’ancien ayant été détruit par un incendie en janvier 2023. Autre groupement, LKQ France n’a lui non plus pas ouvert de nouvelles implantations ces douze derniers mois.

En revanche, le groupe a bouclé un dossier aussi chaud que stratégique en terminant les travaux d’extension de son site de Lyon, dont la surface a été doublée pour être portée à 13 000 m². "L’objectif était double : accompagner la montée en volume et améliorer les conditions de travail (sécurité, ergonomie, efficacité énergétique) des équipes", rappelle-t-on chez LKQ.

Plateforme majeure pour la moitié sud du pays, le site alimente les entrepôts régionaux depuis le hub logistique de Berkel, aux Pays-Bas, et joue un rôle central dans la croissance du groupe en France. LKQ entend désormais accélérer la standardisation de ses outils à l’échelle européenne pour tendre vers une logistique plus homogène et plus fluide.

ID Rechange voit toujours plus grand

Toujours parmi les outsiders, aucun changement à noter concernant l’Agra, Exadis ou les très discrets membres de GPI. En revanche, ID Rechange s’est encore distingué par son activité débordante.

Attendu depuis un long moment, le déménagement d’Otto’Go à Gennevilliers (92) s’est concrétisé il y a un an avec un entrepôt flambant neuf regroupant la propre activité de l’entreprise et celle de Codifa, sa voisine et collègue de groupement.

Dans le Sud, à Carpentras (84), Safa + a doublé sa surface de stockage, tandis que dans l’Ouest, à Segré (49), LAD s’active actuellement à voir plus grand. Toujours dans la région, Roazhon Distribution Pièces (RDP), l’une des dernières plateformes ouvertes en 2024 à Rennes (35), donne satisfaction.

"Son activité est plus forte qu’attendue. Elle avait été imaginée pour pallier le H+4 que LAD peinait à faire en Bretagne, mais en réalité, RDP fait bien plus que cela", souligne Claudie Cahart, directrice générale du groupement détenu par la famille Manta.

En parallèle, l’organisation a aussi renforcé son dispositif logistique en se dotant d’une plateforme à Nouan-le-Fuzelier (41). Baptisée DA+, elle accueille principalement des produits volumineux (équipements d’atelier, éléments de carrosserie, etc.) qui n’ont pas vocation à être stockés ailleurs, ainsi que les MDD d’ID Rechange (TechniPro) et de Nexus (Drive+).

Aujourd’hui, "la stratégie est de pousser les murs partout où on le peut. Le maillage d’ID Rechange est optimal et n’a pas vocation à se développer", ajoute Claudie Cahart.

Interrogations et certitudes chez Apprau

Inclassable autant qu’incontournable, le réseau Apprau a fait parler de lui ces derniers mois. Ou plutôt des siens. Son quatuor de membres (Adipa, Chaussende & Fils, Dasir et Motor-Parts) est en passe de tourner une grande page, sans trop savoir ce que l’avenir réserve.

Alors que Dasir s’est distingué en ouvrant début juin une troisième plateforme à Vitrolles (13), après celle historique de Décines-Charpieu (69) et une autre à Limoges (87), l’entreprise dirigée par Pascale Lefeuvre a aussi fait la Une des médias spécialisés à la suite de son rachat par le groupe Bernard Hayot (GBH).

En mettant la main sur Dasir, le distributeur automobile martiniquais s’apprête à poser le pied en métropole. De quoi inquiéter les autres membres d’Apprau ? “On ne sait pas vraiment de quoi demain sera fait, mais il ne semble pas que cela remette en question quoi que ce soit, car Apprau a déjà démontré sa force et son intérêt pour nos entreprises”, pointe Olivier Chaussende.

Affirmant que les liens d’amitié développés au fil des années avec ses collègues ne s’étioleront pas, le dirigeant est lui-même engagé dans une profonde réflexion.

"J’ai 63 ans et jusqu’ici, je pensais effectivement vendre. Mais maintenant que ma fille nous a rejoints, la réflexion a évidemment évolué. On a encore un peu de temps devant nous, mais lui transmettre les rênes d’une entreprise fondée par mes parents est forcément une option."

Autre membre historique de ce quatuor en passe de tourner la page, Laurent Ferré tirera sa révérence d’ici deux ans pour partir à la retraite. D’habitude si volubile et ouvert à la discussion, le dirigeant d’Adipa se montre cette fois-ci bien moins affable, confiant simplement “que cela ne changera rien” pour la structure nantaise, et partageant lui aussi son optimisme pour l’avenir d’Apprau.

Malgré un marché plus volatil, les plateformes de distribution de pièces automobiles poursuivent leurs investissements logistiques pour maintenir le niveau de service et s’adapter à la montée des marques alternatives. ©J2R

Malgré un marché plus volatil, les plateformes de distribution de pièces automobiles poursuivent leurs investissements logistiques pour maintenir le niveau de service et s’adapter à la montée des marques alternatives. ©J2R

Emil Frey ne lâche pas Barrault

Terminons ce tour d’horizon avec des nouvelles de plusieurs acteurs du marché "sans étiquette". L’un d’entre eux, le groupe Barrault, à la différence de Flauraud, ne va pas quitter les rangs d’Emil Frey France. Bien au contraire. Avec le soutien affirmé du géant de la distribution automobile, il accélère son développement et ouvre deux plateformes régionales.

En complément de son site principal de Niort (79), elles sont situées dans le Nord, à Lesquin (59) et dans l’agglomération lyonnaise, à Vénissieux (69), avec pour chacune 30 000 références dans les allées.

Ital Express, de son côté, n’a pas ouvert de nouvelles plateformes mais a fermé celle de Toulouse, réaménagée en partie en bureau local ; tout l’équipement d’atelier qui y était stocké a été rapatrié sur le site principal de Châlons-en-Champagne (51). Dans le même temps, la structure dirigée par Patrice Claverie a fait l’acquisition d’une entreprise en Italie, spécialisée dans les pièces de carrosserie.

Un bon moyen de se diversifier et de renforcer son offre. Un bon exemple aussi, un de plus, d’une structure proactive dans un marché qui évolue constamment.

Notre panorama 2026 n’offrira peut-être pas, en apparence, de grands bouleversements. Il faudra savoir lire entre les lignes pour analyser la multitude de détails qui auront animé le quotidien de toutes ces plateformes. Rendez-vous en fin d'année pour ce décryptage essentiel !

LES PLATEFORMES EN 2026 : LE PANORAMA EXCLUSIF DU J2R 

Autodoc affiche une croissance à deux chiffres en 2025

Les années se suivent et se ressemblent pour Autodoc. Le groupe allemand vient de clore un nouvel exercice dans le vert avec une croissance à deux chiffres de son nombre de clients, de commandes et de son offre de produits en 2025.

Un catalogue toujours plus étoffé

Dans le détail, le pure player annonce avoir commercialisé 72,5 millions d'articles, soit une hausse de 10,7 % par rapport à l'exercice précédent. Autre chiffre à mettre en relief :  le nombre de commandes a grimpé de 12,4 % pour atteindre 18,9 millions de transactions (contre 16,8 millions l'année précédente). "Grâce à une logistique optimisée, 200 000 articles quittaient en moyenne quotidiennement nos entrepôts l'an dernier", souligne Dmitri Zadorojnii, directeur général d'Autodoc SE.

Du côté de la base clients, elle compte désormais 30 millions de comptes, dont 9,3 millions actifs (+10,4 %). Parmi eux, figurent de plus en plus de professionnels grâce à l’essor d’Autodoc Pro, qui a franchi le seuil des 100 millions d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier.

En parallèle, le catalogue s'est étoffé de 16,2 % pour proposer désormais 7,8 millions de références issues de quelque 2 700 fabricants. Ce qui permet au e-commerçant de couvrir 176 marques automobiles, 23 marques de poids lourds et 154 marques de deux-roues. Parmi les catégories de produits les plus demandées figurent les pneumatiques, les disques de frein, l'huile moteur, les plaquettes de frein et les amortisseurs.

Les marques propres du groupe (Ridex, goCORE et Stark) ont aussi enregistré une progression notable avec 17,7 millions de produits vendus. La marque Ridex occupe d'ailleurs la première place des ventes. L'offre de MDD s'est elle-même enrichie de 13,9 % pour dépasser les 720 000 références.

Des positions renforcées sur les marchés européens clés

Autodoc précise que ses progressions les plus marquées en valeur absolue ont été enregistrées en France, en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. La zone DACH et la France demeurent les principaux marchés du groupe en termes de volumes globaux.

Sur ces différents pays, le géant de la pièce automobile confirme avoir bénéficié d’un contexte favorable lié au vieillissement du parc. Pour mémoire, l’âge moyen des véhicules particuliers et utilitaires légers circulant en Europe atteint désormais 11,4 ans.

"Nous exploitons pleinement les opportunités offertes par la digitalisation. À cela s'ajoute un environnement de marché favorable : le vieillissement de la flotte automobile européenne et l'allongement de la durée de détention des véhicules génèrent un potentiel massif dans notre secteur", conclut Lennart Schmidt, directeur financier d’Autodoc.

KS Tools lance Competition, sa nouvelle marque à prix serré

Sur le marché de l’outillage, KS Tools vise la pole position avec Competition, sa nouvelle marque disponible depuis le 19 janvier 2026 chez ses revendeurs. Elle promet des produits fiables au juste prix, en se débarrassant de tout ce qui n'est pas strictement nécessaire.

Un modèle économique assumé

La formule repose sur un principe simple. En retirant certaines prestations habituellement incluses dans l'offre KS Tools (extension de garantie au-delà des deux ans légaux, accompagnement technique, accès au SAV ou vente de pièces détachées), Competition parvient à proposer des tarifs particulièrement agressifs, selon le fabricant.

Le groupe allemand mise sur l'autonomie croissante des professionnels, nombreux à maîtriser parfaitement leur équipement et à privilégier le coût d'acquisition. Cette stratégie n'est pas sans rappeler les logiques qui ont émergé dans d'autres secteurs, où la démocratisation des compétences techniques permet aux utilisateurs de se passer d'un accompagnement poussé.

Pour KS Tools, il s'agit de répondre aux attentes d'une partie du marché, sans cannibaliser sa gamme historique qui continue d'offrir un service complet.

Miser sur l'autonomie des ateliers

Dans un contexte où les ateliers doivent optimiser chaque investissement, Competition veut proposer une alternative cohérente pour les équipements dont le renouvellement ne justifie pas un accompagnement technique important.

La commercialisation de la marque s'appuiera sur le réseau de revendeurs existant de KS Tools. Objectif : garantir une disponibilité optimale sur l'ensemble du territoire. Cette stratégie permet, en outre, au fabricant de tester un nouveau segment sans bouleverser son organisation commerciale.

Bardahl revendique 85 ans d’expertise

ControlExpert nomme Augustin Dubarry à la direction commerciale France-Benelux

ControlExpert vient de nommer Augustin Dubarry au poste de directeur commercial France et Benelux. Une nomination stratégique pour l'insuretech spécialisée dans la gestion de sinistres automobile.

Fort d'une quinzaine d'années d'expérience dans le secteur automobile, Augustin Dubarry a notamment passé une décennie chez Michelin, où il a occupé des fonctions de management commercial, avant de rejoindre Euromaster puis Sidexa sur des postes de direction des ventes.

Cette expérience du terrain et de la gestion de relations complexes avec de grands donneurs d'ordre constitue un atout majeur pour ControlExpert, qui cherche à s'imposer comme le partenaire incontournable des assureurs, réparateurs et acteurs du leasing.

Fondée il y a 20 ans, l’entreprise, qui fait partie du groupe Solvd (filiale d'Allianz), entend désormais accélérer son développement avec l’ambition de révolutionner les processus de gestion de sinistres.

PHE sur le point de mettre la main sur les groupes Polaris et Regueira en Espagne

Déjà solidement implanté en Espagne depuis 2019, Parts Holding Europe (PHE) s'apprête à renforcer encore davantage sa présence dans le pays. En effet, son entité AD Parts Intergroup dans la péninsule ibérique entre en négociation exclusive pour acquérir 51 % du capital des groupes Polaris et Regueira. Le groupe accélère ainsi la dynamique d'acquisition poursuivie en 2025 avec les rachats d'AD Freco Parts et d’Auto Recambios Fco. Cerdá Perales.

Groupe Regueira PHE ESpagne

En intégrant PHE, les groupes Polaris et Regueira accèdent à d'importantes ressources au niveau européen, pour leurs clients des marchés VL et VI. ©Regueira

De Madrid aux Asturies

Avec les groupes Polaris et Regueira, il met la main sur deux entreprises dont chacune a réalisé un chiffre d'affaires de 170 millions d'euros en 2025. Les plus de 800 salariés sont notamment employés dans leurs filiales AD Vemare, AD Regueira, AD Transcose, AD Paher, AD Cantabria et EDI. Celles-ci opèrent dans des zones de chalandise comprenant les régions de Madrid, Galice, Castille-La-Manche, Castille-et-León, Cantabrie et Asturies.

"L’entrée de Polaris et Regueira au sein d’AD Parts Intergroup illustre notre ambition de fédérer les meilleurs acteurs du marché espagnol autour d’un projet commun, fondé sur la complémentarité, l’innovation et la proximité avec nos clients, affirme Stéphane Antiglio, président de PHE. Grâce à ces opérations, AD Parts Intergroup dépassera largement les 700 millions d'euros de chiffre d’affaires".

Cette opération vise à renforcer le service à ses clients espagnols, notamment en améliorant son dispositif opérationnel. Si cet accord se concrétise, AD Parts Intergroup, Polaris et Regueira formeraient alors une alliance complémentaire.

Hervé Charbit prend la direction de Five Star France

L'ancien directeur de la distribution internationale d'Axalta accède au fauteuil de directeur du réseau français de Five Star, affilié au groupe de fabrication de peinture. Hervé Charbit succède à Jean-François Grimaldi. Ce dernier, figure bien connue de la réparation-collision, fait valoir ses droits à la retraite.

Son successeur encadrera notamment les responsables du développement. Sa mission reste donc de poursuivre la densification du maillage du réseau et d'améliorer encore sa qualité de service.

"Hervé Charbit est une figure de l’après-vente et il combine la technicité, les qualités humaines et la curiosité indispensables à son poste", affirme Thomas Melzer, président du GIE Five Star France. En effet, initialement diplômé de l’Estaca (École supérieure des techniques aéronautiques et de la construction automobile), il a d'abord encadré les responsables de régions après-vente de Suzuki France à partir de 2005. Il a ainsi contribué au développement de son réseau de réparateurs.

Puis, deux ans plus tard, il intègre Kia Motors France, où il évolue de chef de service à directeur adjoint après-vente. Il y supervise les plateformes de relation clients, de garantie, technique et les programmes qualité du constructeur… Avant de rejoindre Axalta en 2016.

"C’est une réelle satisfaction de confier mon poste à Hervé, j’ai toute confiance en son expérience et en sa compréhension du secteur de la réparation-collision pour soutenir les développements déjà engagés, souligne Jean-François Grimaldi. Il a démontré son sens de l’écoute et il constituera un interlocuteur de grande qualité pour nos adhérents et partenaires". Son expérience dans le pilotage des réseaux devrait effectivement maintenir, sinon accélérer, la dynamique de l'enseigne.

Satisfaction téléphonique : les garages regagnent des points

AlloGarage a publié son baromètre de la satisfaction téléphonique pour le mois de janvier 2026. L’enquête repose sur plus de 10 800 appels analysés sur quatre mois. Tous réseaux confondus, le taux de satisfaction progresse de deux points par rapport à septembre 2025. Une évolution positive, même si le niveau reste inférieur à celui observé au printemps dernier.

Dans le détail, plus d’un automobiliste sur deux se dit "très satisfait" de son échange téléphonique. À l’inverse, un peu plus de 20 % se déclarent encore "très insatisfaits". Le téléphone reste donc un point sensible pour de nombreux professionnels de l’après-vente.

Du côté des réseaux constructeurs, la satisfaction moyenne atteint 65 %. Renault arrive en tête avec 73 %, devant Dacia et Toyota, à 72 %. À l’autre extrémité du classement, Tesla affiche un taux très bas, à 19 %, loin derrière Land Rover (29 %) et Kia (32 %).

Les réseaux multimarques confirment leur avance

Les centres autos présentent des résultats contrastés. First Stop se place largement en tête avec 78 % de satisfaction. Speedy suit avec 71 %, tandis que Feu Vert atteint 68 %. En revanche, E.Leclerc Auto et Roady ferment la marche, avec des taux inférieurs à 50 %.

Les réseaux multimarques restent les mieux notés du baromètre avec un taux moyen à 71 %. Précisium Garages se distingue nettement avec 86 %, soit le meilleur score toutes catégories confondues. Ces réseaux confirment leur régularité sur la qualité de l’accueil téléphonique.

Les réseaux de carrossiers affichent également de bons résultats. Leur taux de satisfaction moyen s’élève lui aussi à 71 %. Top Carrosserie arrive en tête avec 81 %, confirmant la bonne image de ces enseignes sur la relation client par téléphone.

Les différences sont aussi visibles sur le plan géographique. La Bretagne arrive en tête avec 73 % de satisfaction, suivie par la Nouvelle-Aquitaine (71 %) et le Centre-Val de Loire (70 %). À l’inverse, l’Île-de-France et la Corse ferment le classement, avec 62 %.

LKQ perd un distributeur majeur du Benelux, qui rejoint PHE

Dans le paysage européen de la distribution indépendante, certaines décisions résonnent comme des signaux forts. Celle prise par Vrooam en fait partie. Le groupement coopératif néerlandais, qui fédère 19 distributeurs et plus de 150 points de vente aux Pays-Bas et en Belgique, vient de tourner une page de son histoire en mettant fin à son partenariat historique avec LKQ. Direction désormais Parts Holding Europe et sa filiale Doyen.

L'information, révélée par le magazine néerlandais Aftersales Magazine dans une interview exclusive de Michel Chaudron, directeur de Vrooam, marque un tournant significatif dans l'organisation de la distribution au Benelux.

Une pression croissante sur les coûts

Pour justifier cette décision, Michel Chaudron évoque la montée inexorable des coûts dans la chaîne d'approvisionnement. "Si vous écoutez le marché, vous entendez des organisations comme l'ANWB, BOVAG et RAI Aftermarket remettre de plus en plus en question l'accessibilité financière de la mobilité automobile", explique-t-il.

"Cela ne concerne pas seulement l'achat d'un véhicule, mais aussi tous les frais nécessaires pour continuer à rouler : réparation, entretien, pneumatiques. Nous constations depuis longtemps que les coûts augmentaient dans la filière. Les prix des pièces en constituent une part substantielle".

Cette inflation progressive menaçait, selon le dirigeant, la compétitivité tant de Vrooam que de ses clients réparateurs. Pour inverser la tendance sans rogner drastiquement les marges, le groupement a exploré différentes options et conclu qu'une refonte de sa chaîne d'approvisionnement s'imposait.  

"Nous sommes arrivés à la conclusion qu'à long terme, une organisation différente de notre chaîne logistique était nécessaire. Dans le cadre de notre partenariat avec PHE, nous avons beaucoup plus de marge de manœuvre pour y parvenir", précise Michel Chaudron.

Logistique : vers un modèle à deux étages

Cette alliance s'inscrit dans une dynamique européenne observable depuis plusieurs années : le passage progressif d'un modèle logistique à trois niveaux vers une organisation à deux échelons. "En Europe, nous constatons que dans l'aftermarket indépendant, notamment pour les pièces détachées, le passage d'un modèle de distribution en trois étapes vers deux étapes constitue une évolution logique", analyse le directeur de Vrooam.

Mais attention : il ne s'agit pas d'une intégration. Vrooam insiste sur le caractère paritaire de ce partenariat avec PHE. "Nous n'allons pas être un maillon de leur chaîne distributive, mais opérer sur la base de l'égalité. En substance, nous avançons d'une place dans la chaîne", souligne Michel Chaudron.

Concrètement, cette nouvelle alliance s'accompagne d'investissements logistiques significatifs. Vrooam et PHE prévoient d'élargir les stocks des points de vente du groupement là où cela s'avère pertinent. Pour les livraisons en journée, deux entrepôts centralisés situés à Zwolle et Waalwijk serviront de bases arrière. Un troisième site de grande envergure, doté de plus de 60 000 références, verra prochainement le jour dans l'ouest des Pays-Bas.

Pour la distribution nocturne, Vrooam pourra s'appuyer sur les plateformes logistiques de PHE implantées à Seneffe en Belgique et en région parisienne via Logisteo. Sur le plan de l'offre produits, le groupement néerlandais maintient sa politique historique axée sur les marques premium tout en étoffant son portefeuille avec la marque Isotech de PHE.

L'avenir européen de LKQ en question

Rappelons que cette défection de Vrooam intervient dans un contexte particulièrement délicat pour LKQ. Depuis plusieurs mois, le fonds activiste Ananym Capital multiplie les échanges avec la direction du groupe américain, estimant que sa présence sur deux continents fragilise sa performance financière. D'après lui, maintenir les activités nord-américaines et européennes sous la même bannière "ne fait plus sens".

Autant dire que le choix de Vrooam intervient à un moment où l'avenir européen de LKQ soulève de nombreuses interrogations.

Flauraud présente son nouveau directeur général

Depuis le 1er janvier 2026, Flauraud a officiellement changé de main. Annoncée à l’automne dernier, la cession de l’entreprise à FairCap est désormais actée, marquant la fin de près de dix années sous l’actionnariat d’Emil Frey France. Le fonds d’investissement allemand, spécialisé dans l’accompagnement d’entreprises en phase de transformation, entend capitaliser sur les fondamentaux du groupe pour "retrouver une position de leader dans la distribution de pièces automobiles".

Pour piloter cette nouvelle étape, Flauraud a nommé Cédric Kuhn au poste de directeur général. Passé par le conseil en stratégie et en restructuration chez EY (2015 à 2017), puis par Mutares (2017 à 2022), où il a accompagné des groupes industriels confrontés à des phases de redressement opérationnel, le dirigeant dispose d’une solide expérience des contextes de transformation.

Avant de rejoindre Flauraud, il occupait, entre 2024 et 2026, des fonctions de direction M&A et opérations au sein de Franklin Investment Holding. Cédric Kuhn a également mené des projets entrepreneuriaux avec son entreprise Cargoloc, de 2022 à 2025.

Sa mission est désormais clairement identifiée : stabiliser le groupe auvergnat, redonner de la lisibilité au projet d’entreprise et engager les leviers nécessaires pour renouer avec une dynamique de croissance.

Pour mémoire, si son actionnariat a évolué, Flauraud ne coupe toutefois pas les ponts avec Emil Frey. Le groupe automobile continuera d’apporter un soutien opérationnel, notamment via l’accès à certaines synergies historiques, qu’il s’agisse de l’offre de pièces MGA, de la centrale d’achats ou encore des outils digitaux. Un socle destiné à sécuriser la transition, tant pour les clients que pour les partenaires du distributeur de Clermont-Ferrand (63).

Pièces de direction et de suspension : Delphi revendique la meilleure couverture

Sur le marché européen de l'après-vente indépendante, Delphi confirme ses ambitions. Selon les données de couverture de parc qu'elle présente, la marque affiche les meilleurs taux sur la famille de pièces de direction et de suspension (PSD). Un résultat qui s'appuie sur une stratégie à long terme et sur le développement continu de son catalogue.

Aujourd'hui, l'équipementier dépasse les 80 % de taux de couverture pour cette gamme, ce qui place la marque en tête face à ses concurrents. Dans les principales catégories de PSD (bras de suspension, les biellettes de direction ou encore les biellettes de barre stabilisatrice), Delphi dépasse même les 95 % de taux de couverture.

Cette couverture étendue de la marque du groupe Phinia a pour objectif de soutenir les ateliers et les distributeurs. Elle permet de réduire les délais d'approvisionnement et également de limiter les interruptions lors des réparations. Pour les distributeurs, elle facilite aussi la gestion des stocks et réduit les risques de rupture sur les pièces les plus demandées.

Une stratégie tournée vers l'évolution du parc

Cette performance est le résultat d'un travail de fond mené sur plusieurs années. En deux ans, Delphi a augmenté de plus de 30 % le nombre de références de sa gamme PSD. Le catalogue compte aujourd'hui plus de 8 500 références, pensées pour répondre aux besoins des ateliers européens.

L'équipementier anticipe également l'arrivée massive des véhicules de constructeurs chinois en Europe. Delphi a déjà lancé 65 nouvelles références pour des modèles récents comme ceux de BYD, MG ou Chery. Plus de 450 pièces supplémentaires sont actuellement en développement.

Représentativité : l'U2M et la FNA progressent derrière Mobilians

Publié discrètement au Journal officiel en octobre 2025, l’arrêté fixant la liste des organisations professionnelles d’employeurs reconnues représentatives dans la branche des services de l’automobile est désormais connu. Il confirme la prééminence de Mobilians, dont la représentativité s’établit à 73,11 %, contre 79,21 % lors de la précédente mesure, en 2021.

Dans le même temps, l’U2M (Union des métiers de la mobilité) renforce sa position avec 13,54 % de représentativité, contre 11,07 % précédemment. Une progression qui lui permet de consolider sa deuxième place, portée par l’alliance de la FFC (carrossiers et services), du Syndicat du pneu – ex-SPP – et de l’Unidec (auto-écoles). La FNA affiche également une dynamique positive, atteignant 13,35 %, contre 9,72 % lors du précédent exercice, tout en conservant la troisième position.

Ces résultats sont établis à partir des données transmises au HCDS. Les parts de chaque organisation au sein du "collège employeur" sont déterminées notamment en fonction du nombre d’entreprises et de salariés qu’elles représentent, mais aussi de leur caractère généraliste ou spécialisé, ainsi que de leur ancrage et de leur participation aux instances de la branche.

Cette reconnaissance conditionne leur capacité à participer aux négociations de la convention collective des services de l’automobile. Elle leur ouvre également un accès privilégié aux pouvoirs publics sur l’ensemble des sujets structurant la filière.

Ford baisse jusqu’à 25 % les prix de ses pièces pour ses anciens modèles

Ford allège la facture des modèles les plus anciens ! Ce lundi 12 janvier 2026, le constructeur a annoncé une baisse pouvant atteindre 25 % des prix de vente de ses pièces destinées à ses modèles produits jusqu'en 2019. À compter de janvier 2026, cette mesure tarifaire, portée par la Ford Customer Service Division (FCSD), vise à accompagner des millions de propriétaires de véhicules de la marque américaine.

"Nous nous engageons à soutenir les millions de clients fidèles de Ford qui continuent de faire confiance et de compter sur leurs modèles Ford plus anciens, en leur faisant bénéficier des réductions de coûts que nous avons réalisées dans notre activité", résume Wolfgang Voss, vice-président de la FCSD pour la région Europe.

Plus de 6 000 composants et 35 modèles concernés

Cette baisse de prix concerne plus de 6 000 composants d'origine constructeur (OEM), en particulier les pièces les plus exposées aux chocs. Elle porte notamment sur des pare-chocs, des portes latérales de remplacement, des grilles de radiateur ou encore des phares. Au total, 35 modèles sont directement concernés par cette mesure, aussi bien des VP comme les Fiesta ou Focus que des pick-up tels que le Ford Ranger.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de vieillissement du parc automobile européen. Ainsi, selon les données du constructeur, près d’1,2 million de Fiesta produites entre 2008 et 2017 circulent encore aujourd’hui en Europe.

Un soutien assumé aux propriétaires de véhicules anciens

"Qu’il s’agisse d’une voiture familiale utilisée chaque jour pour les trajets scolaires ou d’un véhicule conservé pour des usages plus occasionnels, notre nouvelle politique tarifaire sur les pièces aidera les propriétaires à maintenir leurs Ford en bon état sur le long terme", poursuit Wolfgang Voss.

Cette annonce s’inscrit dans le plan Ford+, destiné à renforcer la fidélité des clients. En facilitant l’approvisionnement en pièces à des prix plus abordables, le constructeur met en avant plusieurs bénéfices, dont une qualité de fabrication garantie, un montage plus rapide et plus précis, ainsi qu’une meilleure durabilité, en favorisant la réparation plutôt que le remplacement.

Les pièces de rechange sont d’ores et déjà disponibles auprès des distributeurs de pièces et des centres de services agréés par le constructeur à travers l’Europe.

Prix Aftermarket Day : qui seront les lauréats de l’année ?

Et si l’après-vente prenait le temps de réfléchir collectivement à son avenir ? C’est l’ambition d’Aftermarket Day, qui réunira, le temps d’une journée,  au Parc des Princes, l’ensemble des écosystèmes de la rechange autour d’un programme conçu pour les professionnels.

Dans un marché en pleine recomposition, marqué notamment par l’évolution des modèles de distribution, l’événement entend offrir un espace de décryptage, d’échanges et de prises de recul.

Conférences plénières, keynotes et ateliers rythmeront cette journée, avec des retours d’expérience concrets et des analyses portées par des dirigeants, experts et acteurs de terrain. L’objectif : partager des clés de lecture, confronter les stratégies et identifier les leviers de performance dans un environnement de plus en plus transversal. Le programme détaillé de cette première édition sera à découvrir prochainement dans les colonnes du Journal de la Rechange et de la Réparation.

Neuf trophées pour valoriser les dynamiques du marché

Aftermarket Day sera aussi l’occasion de mettre en lumière celles et ceux qui font avancer la filière. Les Prix Aftermarket Day récompenseront les acteurs les plus engagés et les plus innovants de l’après-vente automobile.

Distributeurs et réseaux de réparateurs de l'année, chacun décliné en trois catégories – pièce, pneu et carrosserie-peinture –, constitueront le socle de ce palmarès. Ce n’est pas tout : deux autres trophées viendront mettre en lumière l’engagement RSE et la stratégie digitale / e-commerce d’acteurs de la filière ayant su faire évoluer leurs pratiques.

Enfin, une dernière distinction sera attribuée à la personnalité de l’année, dont le parcours, la vision et les réalisations ont marqué l’actualité de l’après-vente automobile.

À vos candidatures !

Les entreprises et personnalités souhaitant concourir peuvent dès à présent déposer leur dossier. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 27 janvier 2026, directement en ligne via le site de l’événement. À l’issue de cette phase, un jury composé de professionnels reconnus des univers de la pièce, du pneu et de la carrosserie-peinture établira le premier palmarès des Prix Aftermarket Day.

Les candidatures sont ouvertes : à vous de jouer pour figurer parmi les lauréats des Prix Aftermarket Day.

Partivia, l'arme stratégique de Nexus Automotive pour peser sur les achats

En octobre 2024, lors d'un entretien accordé au Journal de la Rechange et de la Réparation, Gaël Escribe, directeur général de Nexus Automotive International, annonçait vouloir franchir une nouvelle étape en lançant "une véritable centrale d'achats avec treize distributeurs européens, pour acheter des lignes de produits en volumes significatifs".

Aujourd’hui, cette ambition se concrétise avec la création officielle de Partivia, structure dédiée aux achats groupés dans l'écosystème Nexus Automotive.

Cette initiative constitue une étape majeure du plan dévoilé par Gaël Escribe à l'issue d'une revue stratégique menée avec le cabinet Roland Berger. Objectif : transformer Nexus d'ici 2028, en passant d'une centrale de référencement à un véritable groupe structuré autour de plusieurs métiers clés.

Partivia : 13 actionnaires fondateurs pour un modèle ouvert

Partivia repose sur un socle de treize membres du groupement. Conçue comme une structure évolutive, l'entité affiche dès son lancement une ambition claire : étendre progressivement son périmètre et ses capacités en fonction des besoins des adhérents Nexus et des dynamiques du marché. Plusieurs acteurs potentiels auraient déjà manifesté leur intérêt pour rejoindre l'initiative, signe d'un élan qui dépasse le cercle des fondateurs.

Le modèle retenu privilégie une approche collaborative. Partivia entend améliorer l'alignement avec les partenaires fournisseurs, accroître le taux de conformité des achats et harmoniser la gestion des catégories de produits. À terme, l’ITG espère obtenir de meilleures conditions d’achat tout en construisant un système d’approvisionnement adapté aux évolutions du secteur.

Roberto Roggeband prend les rênes de Partivia avec pour mission de structurer les achats groupés des membres Nexus Automotive. ©NAI

Un déploiement progressif

Le démarrage opérationnel s'effectuera par phases. Dans un premier temps, Partivia travaillera avec ses actionnaires fondateurs et ses premiers membres pour affiner son modèle d'achats et aligner les stratégies de gestion par catégorie. Cette période permettra de valider la création de valeur avant d'élargir le dispositif à une base plus large de participants.

La direction de Partivia a été confiée à Roberto Roggeband, qui cumule 20 années d'expérience dans l'après-vente automobile. Son parcours couvre tant le versant fournisseurs que distributeurs, avec des passages chez ZF Group, CWS-boco Group et Magneti Marelli Aftermarket. Cette double expertise dans le management produit et les achats internationaux doit accompagner le développement de la structure.

"Partivia consiste à créer une nouvelle réalité d'achats pour l'après-vente plus forte, plus structurée et davantage alignée avec les dynamiques actuelles du marché", indique Roberto Roggeband, directeur des opérations de Partivia. "En réunissant des actionnaires engagés disposant d'une taille significative, nous construisons une organisation qui délivre une valeur tangible tout en restant ouverte, agile et tournée vers l'avenir".

Pour Gaël Escribe, cette création "marque une étape importante dans l'engagement continu de Nexus en faveur de la consolidation, de la collaboration et de la création de valeur au sein de l'après-vente automobile mondial".

Decharenton : Sodiama prend pied à Coutances

95 ans après sa création à Saint-Hilaire-du-Harcouët (50), Sodiama continue de tisser son maillage dans son département d'origine. Le distributeur normand, filiale du groupe Decharenton depuis 2000, vient d'inaugurer son 5e établissement manchois à Coutances (50). Une ouverture qui s'inscrit dans une logique de couverture progressive du territoire.

Un positionnement central

Entre les sites d'Agneaux au nord et de Saint-Hilaire-du-Harcouët au sud, ce nouveau point de vente vient combler un vide dans le centre du département. Opérationnel depuis le 8 décembre, le magasin mise sur la réactivité avec 8 000 références stockées localement, complétées par l'accès aux 160 000 références du groupe Decharenton réparties sur 17 établissements interconnectés.

Quatre collaborateurs spécialisés y assurent le conseil technique sur les segments automobile, poids lourd, agricole et outillage. Une polyvalence qui reflète la diversité du tissu économique local, où cohabitent garages indépendants, exploitations agricoles et transporteurs routiers.

Cap vers les 25 millions d'euros

"Cette ouverture à Coutances s'inscrit dans la continuité naturelle de notre développement territorial. Après Cherbourg, il nous semblait essentiel de renforcer notre présence dans le centre-Manche pour offrir toujours plus de proximité et de réactivité à nos clients", justifie Pascal Renault, directeur général de Sodiama.

Ce développement porte ses fruits : le distributeur affichait 22,3 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024, porté par ses 125 collaborateurs.

Le groupe Decharenton, dont Sodiama constitue l'une des cinq enseignes, revendique désormais une zone de chalandise étendue de Rennes (35) à Cherbourg (50), avec Fougères (35) comme point d'ancrage breton.

Assistance automobile : IMA enregistre un record d'activité face aux intempéries

L'épisode neigeux qui a frappé la France du 5 au 7 janvier 2026 a mis les services des assisteurs automobiles sous haute tension. Pour le groupe IMA, cette période a même marqué un tournant : le dimanche 5 janvier, l'opérateur a enregistré son pic d'activité historique avec près de 16 000 dossiers ouverts en une seule journée, tous univers confondus.

"Ces épisodes météorologiques, heureusement rares, donnent tout son sens au rôle d'IMA : répondre immédiatement présent quand les Français sont en difficulté", souligne Élodie Papet, directrice déléguée en charge des opérations du groupe. "Malgré des conditions parfois extrêmes, nos équipes et nos partenaires se sont mobilisés avec professionnalisme pour sécuriser les sinistrés et leur apporter des solutions concrètes."

220 000 appels en 72 heures

Sur les trois jours de crise, le groupe a dû gérer 220 694 appels téléphoniques et traiter 32 991 dossiers d'assistance mobilité, soit une progression de 35 % par rapport à la même période de 2025.

L'accidentologie a particulièrement progressé, avec une hausse de 62 % des missions de remorquage. Les mandats de dépanneurs-remorqueurs ont bondi de 53 %, sollicités pour des pannes variées : batteries déchargées, crevaisons ou accidents.

Pour absorber ce flux sans précédent, IMA a déployé son dispositif d'urgence. Plus de 1 000 chargés d'assistance ont été mobilisés quotidiennement, représentant un renfort de 21 % par rapport aux effectifs habituels. Le groupe a également activé son mécanisme d'entraide interne baptisé "Tous assisteurs", permettant aux collaborateurs des fonctions support de prêter main-forte sur la base du volontariat.

Les outils digitaux ont joué un rôle déterminant dans la fluidité des opérations. Le système de selfcare a permis aux automobilistes d'ouvrir leurs dossiers en autonomie, tandis que les fonctionnalités de suivi en temps réel informaient les usagers de l'arrivée de leur dépanneur.

Carflex change de cap et s’organise autour d’une coprésidence

Carflex a profité de sa dernière assemblée générale pour changer sa gouvernance. Pour la première fois depuis sa création, le réseau adopte un modèle de coprésidence, confiée à Laurent Zammit, dirigeant de la carrosserie éponyme à Montpellier, et à Guy Lambert, à la tête de la carrosserie Lambert en Savoie.

Ce duo prend la tête d’un conseil d’administration entièrement renouvelé, appelé à reprendre la direction stratégique du groupement.

Aux côtés des deux co-présidents, six administrateurs et personnes qualifiées viennent compléter l’instance : Thomas Mauro (carrosserie Mure, Échirolles), Christian Sauvignet (carrosserie CTA, Lorette), Alexandre Dufour (carrosserie Bendix, Carros), Linda Marguier (carrosserie Gresset, Pontarlier), Nadine Doré (carrosserie Doré, Plouay) et Sébastien Staels (carrosseries du Boulevard, ACN et Lavoisier, Lille).

Une nouvelle page pour Carflex

Ce nouveau conseil d’administration entend jouer un rôle central dans le pilotage du groupement. Au-delà d’un simple renouvellement des instances, il s’agit pour Carflex de redonner une impulsion claire à l’équipe opérationnelle et de renforcer la cohérence des orientations prises.

L’objectif est de consolider la "tribu" tout en préparant ses prochaines étapes de développement.

Dinex : Jonathan Delalu prend la direction commerciale de l'aftermarket Europe

Après cinq années chez Wolf Oil Corporation, où il a gravi les échelons jusqu'au poste de directeur des ventes pour les Amériques et l'Europe, Jonathan Delalu rejoint Dinex où il prend les commandes de la direction commerciale aftermarket Europe.

Directrice générale de l’équipementier danois, Christina Jørgensen indique que cette nomination s’inscrit dans la volonté du groupe de renforcer sa collaboration avec ses clients. "Tout au long de sa carrière, Jonathan s'est concentré sur le développement de réseaux de distribution, l'ouverture de nouveaux marchés et la collaboration étroite avec des partenaires pour les aider à développer leurs activités. Cette culture axée sur les solutions et centrée sur le client, combinée à un style de leadership collaboratif, correspond exactement à la philosophie de Dinex", précise le fabricant dans son communiqué.

Avant de rallier Wolf Oil, Jonathan Delalu avait occupé des fonctions de direction commerciale chez NTN-SNR, notamment comme directeur des ventes IAM pour la zone EMEA, puis comme directeur régional couvrant le Royaume-Uni, l'Italie et les pays nordiques.

Il a également œuvré pour Valeo où il a piloté les activités commerciales et marketing pour les pays scandinaves durant plus de cinq ans. Jonathan Delalu a aussi été aux commandes du lancement des opérations de Startax en Suède, prenant en charge la localisation des locaux, le démarrage de l'entrepôt et l'élaboration du business plan.

Renault Zoe : comment réparer son moteur

First Brands mis en pièces détachées

Quatre mois après son placement en redressement judiciaire, First Brands passe à la table de découpe. L'équipementier américain, qui possède un large portefeuille de marques (Trico, FRAM, Philips, Autolite, etc.), vient d'annoncer l'ouverture d'un processus de vente de ses activités. Le groupe envisage une cession globale ou un démantèlement par lots, selon les offres qui lui parviendront.

First Brands Group affirme avoir reçu des marques d'intérêt de la part d'acquéreurs potentiels, qu'ils soient stratégiques ou financiers. Le groupe s'est fixé comme échéance le premier trimestre 2026 pour finaliser cette transaction, une cadence serrée qui témoigne de l'urgence de la situation.

L’effondrement spectaculaire de First Brands

La déconfiture de First Brands, fondé par l'homme d'affaires Patrick James, a marqué les esprits dans le secteur financier américain. Avec un passif compris entre 10 et 50 milliards de dollars selon les déclarations officielles de septembre dernier, cette faillite s'annonce comme l'un des plus gros sinistres de l'histoire du crédit privé.

Le groupe s'était développé à marche forcée par acquisitions successives, rachetant des marques diverses en recourant massivement à l'endettement. Au-delà des prêts classiques, First Brands s'appuyait sur des montages financiers sophistiqués : affacturage de créances clients et financement inversé de la chaîne d'approvisionnement.

Ces mécanismes hors bilan ont permis de minorer artificiellement le niveau d'endettement apparent. Les créanciers qui ont repris les rênes du groupe – parmi lesquels figurent plusieurs banques d'investissement comme Jefferies, UBS ou Santander – ont depuis découvert un édifice financier fragile, bâti sur des factures gonflées voire fictives. Certaines créances auraient même été gagées plusieurs fois auprès de différents prêteurs.

Un dossier sous surveillance judiciaire

La justice américaine s'est saisie du dossier et mène désormais une enquête sur les pratiques comptables du groupe. Patrick James, qui a démissionné au moment du dépôt de bilan, fait l'objet d'accusations de détournement de fonds par les créanciers.

Ces derniers tentent de récupérer une partie des sommes disparues (près de deux milliards de dollars manqueraient à l'appel).

Sodise et Schumacher consolident leur partenariat en France

Le grossiste de Briec (29) formalise ses liens avec la marque américaine d'outils de charge automobile. "Ce partenariat officialise une relation déjà solide et confirme la confiance que Schumacher accorde à Sodise", explique Franck Gilot, chef de produits Sodise. En effet, l'entreprise bretonne distribue déjà depuis longtemps les produits de la marque américaine.

Mais aujourd'hui, les deux partenaires vont plus loin. Ils avaient d'ailleurs officialisé le renforcement de leurs relations en marge d'Equip Auto 2025, notamment avec la présentation en avant-première du catalogue Sodise 2026-2027.

Stock, support et formation

"Notre objectif est d'assurer une disponibilité optimale des produits Schumacher et de renforcer leur visibilité auprès des distributeurs, garages et ateliers", précise Franck Gilot. Une volonté qui se concrétise maintenant sur le terrain. Ainsi, le site breton de Sodise accueille désormais un stock spécialement dédié.

Parallèlement, les équipes commerciales des deux acteurs renforcent désormais leur coordination. Elles prévoient notamment la mise en place de support technique et de formations pour les revendeurs et leurs clients techniciens d'ateliers. Enfin, les deux partenaires lancent également un service après-vente reposant sur le savoir-faire du grossiste français.

"S'appuyer sur Sodise, acteur reconnu pour son excellence logistique et sa présence nationale, est un levier majeur pour accélérer notre croissance en France et offrir un meilleur service aux utilisateurs professionnels", affirme David Legrand, directeur commercial de Schumacher Europe. Ces derniers bénéficient donc désormais d'un accompagnement complet, atout commercial primordial.

Febi étend son catalogue de pièces Tesla

Le spécialiste allemand de la pièce équivalente étoffe son catalogue avec quatre nouveaux étriers de frein. Febi (bilstein group) les a spécialement conçus pour équiper les Tesla Model S et Model Y. Ceux-ci sont d'ores et déjà disponibles sur la plateforme numérique de recherche de pièces en ligne du groupe, Partsfinder, sous les références 194914, 194915, 194944 et 194945.

Conformité d'origine grâce à la rétro-ingénierie

Cette offre s'adresse aux ateliers de réparation – concessionnaires compris – à la recherche d'alternatives de qualité équivalente aux coûteuses pièces d'origine. D'autant plus que pour l'instant, la disponibilité des produits concurrents est encore limitée. Cependant, ses concepteurs garantissent que ces pièces restent conformes aux spécifications d’origine de Tesla.

Ces étriers sont fabriqués avec un alliage d’aluminium haute résistance, habillés avec un revêtement anodisé dur. Celui-ci reproduit la couleur et la finition d’origine. Tandis que côté structure interne, les travaux de rétro-ingénierie de l'équipementier lui ont permis d'identifier les nuances de leur composition métallurgique.

Ces nouvelles pièces rejoignent ainsi les 200 références Febi déjà dédiées aux véhicules Tesla. L'offre comprend déjà des composants de liaison au sol (cardans, bielles…), de capteurs (ABS…), filtration, fluides, balais d'essuie-glace, etc. Le groupe consolide donc ainsi ses efforts en direction des véhicules électriques. Il s'adapte ainsi à l'évolution du parc roulant.

Alliance Automotive réorganise sa direction

2026 s'ouvre sur un changement de cap pour Alliance Automotive Group France. Quelques mois après la nomination de son nouveau directeur général, Albéric Chopelin, le groupement, qui emploie 4 300 collaborateurs à travers l'Hexagone, redessine son organigramme avec une nouvelle ambition : accélérer la prise de décision et clarifier les responsabilités dans un contexte de marché exigeant.

Une équipe recomposée

La nouvelle architecture managériale s'articule autour d'un équilibre entre stabilité et renouvellement. Si Sylvain Belorgey (direction administrative et financière), Pauline Jolly (ressources humaines), Luc Fournier (Back2car) et Mercilia Manolescu (informatique) conservent leurs attributions, trois personnalités rejoignent le cercle de direction.

Ancienne du groupe Stellantis, Lucile Olivas prend en charge les achats et l'offre. Issu également des rangs du constructeur, Thierry Poirat hérite du marketing et des réseaux, tandis que Grégoire Koudrine pilote désormais la supply chain et la logistique.

La promotion interne n'est pas oubliée : Julien Guenet accède à la direction des filiales et Marc Ripotot prend les rênes des ventes. Un directeur de la performance viendra compléter ce dispositif dans les semaines à venir, avec pour mission de renforcer le pilotage transversal.

Cap sur l'exigence

Cette réorganisation intervient alors que Steven Jouve, jusqu’ici directeur des ventes et des opérations, quitte ses fonctions. Albéric Chopelin salue son engagement tout en traçant une ligne claire pour l'avenir. "Notre priorité est claire : installer un pilotage managérial exigeant, fondé sur un équilibre strict entre croissance, rentabilité, engagement des salariés et satisfaction client", précise le dirigeant.

Le message se veut sans ambiguïté. "2026 est une année de vérité. Elle doit poser les bases d'une performance durable et d'une trajectoire de progrès continu au service de nos clients et partenaires", poursuit le dirigeant.

Filiale de Genuine Parts Company (GPC), AAG France approvisionne quotidiennement des dizaines de milliers de réparateurs en pièces de rechange, peinture, consommables et équipements d'atelier via son réseau de magasins de proximité.

Quelles enseignes automobiles séduisent le plus leurs clients ?

Dans l'univers des services automobiles, où chaque visite à l’atelier peut faire basculer une opinion, les avis Google sont devenus un baromètre incontournable. Raison pour laquelle Vasano dévoile l’édition 2025 de son Prix de l’enseigne la mieux notée sur Google. Ce palmarès, qui s'appuie sur l'analyse de plusieurs centaines de milliers d'évaluations publiées tout au long de l'année, récompense non seulement la qualité du service, mais aussi la capacité des réseaux à maintenir cette excellence sur l'ensemble de leurs points de vente.

Speedy maîtrise l'art du repositionnement local

Dans la catégorie des fast-fitters et centres autos, qui totalise plus de 147 000 évaluations, Speedy confirme son statut de référence. Leader pour la troisième année consécutive, l'enseigne affiche 4,61 sur 5 avec 24 991 avis. Derrière elle, Midas occupe la deuxième marche avec 4,54 sur 5 et un volume conséquent de 23 380 retours clients. Point S complète le trio de tête, maintenant une forte notoriété avec 4,40 sur 5 pour 7 890 avis.

Mais c'est surtout la stratégie de Speedy qui retient l'attention. "Nous avons pris un vrai risque en 2025 en changeant de solution d'avis clients en février pour être plus performants. Malgré ce changement majeur, nous avons su maintenir un très bon rythme, tant sur la note que sur les volumes d'avis et les taux de réponse", expliquent Bruno Tafanel, responsable CRM et e-réputation, et Romain Contrecivil, chargé e-réputation chez Speedy.

Principale innovation : l'introduction d'un benchmark concurrentiel local. "Un client ne regarde pas la note nationale : il regarde le meilleur centre autour de chez lui. Grâce à cette vision locale, nous avons pu accompagner les centres, catégoriser les motifs d'insatisfaction et grappiller des centièmes de point qui, cumulés, ont maintenu une excellente moyenne sur l'année", poursuivent-ils.

Chez les MRA, Motrio s'impose d'entrée

Pour cette édition 2025 de son palmarès, Vasano introduit une nouvelle catégorie : les garages automobiles – qu’on aurait pu aussi baptiser MRA. Parmi ces enseignes, c’est Motrio qui se distingue et prend la tête avec une note de 4,66 sur 5 et 7 798 avis, soit plus de 16 % des évaluations du secteur. L'enseigne du groupe Renault devance Delko, également noté 4,66 sur 5 pour 6 959 avis, tandis que le réseau Garages AD complète le podium avec 4,55 sur 5 et 7 945 commentaires.

Autosécurité reste en tête du contrôle technique

La régularité paie. Autosécurité le prouve en conservant la première place du secteur contrôle technique pour la quatrième année d'affilée. Avec une notation moyenne de 4,87 sur 5, parfaitement stable par rapport à 2024, l'enseigne a surtout accru sa visibilité : 81 191 avis collectés en 2025, contre 45 238 l'année précédente. Ces chiffres représentent près d'un tiers des évaluations du secteur.

Sécuritest talonne le leader avec une note quasi identique de 4,86 sur 5, appuyée sur un volume exceptionnel de 101 939 commentaires. Autosur ferme le podium en maintenant un niveau de satisfaction élevé de 4,79 sur 5 sur l'ensemble de son réseau.

France Pare-Brise prend l'avantage par la progression

Dans la catégorie des spécialistes du pare-brise, la progression constante fait la différence. France Pare-Brise s'empare de la première place grâce à une note en amélioration continue, atteignant 4,87 sur 5 en 2025 contre 4,84 l'année précédente. Avec 12 734 avis recensés, l'enseigne devance 123 Pare-Brise qui occupe la deuxième position avec 4,82 sur 5 et un volume imposant de 37 112 retours. Rapid Pare-Brise complète ce trio gagnant en affichant une satisfaction homogène de 4,80 sur 5 sur ses 4 034 avis.

Euromaster : la visibilité comme levier de croissance

Chez les pneumaticiens, Euromaster ne se contente pas de conserver son titre : l'enseigne creuse l'écart. Avec une note moyenne de 4,73 sur 5, le réseau du groupe Michelin s'appuie surtout sur une explosion de sa présence en ligne. Le nombre d'avis a pratiquement doublé en un an, passant de 18 636 à 35 802 évaluations. Cette dynamique place nettement l'enseigne devant Siligom, deuxième avec 4,59 sur 5 (1 602 avis), et Profil Plus qui affiche 4,58 sur 5 (3 809 commentaires).

"Lorsque les centres constatent que les avis Google influencent directement leur visibilité – jusqu'à 80 % des critères de classement local (récence, fréquence, volume d'avis) – le discours devient immédiatement concret", souligne Sylvain Ravinet, responsable e-commerce et expérience client d'Euromaster. "Le message est simple : plus d'avis, une meilleure note, et la visibilité progresse. Résultat, les centres comprennent que leur performance locale dépend directement de leur capacité à activer la satisfaction client", ajoute-t-il.

Dacia valorise sa constance

Dans le segment de la distribution, Dacia conserve sa couronne pour la deuxième année consécutive. Avec une notation de 4,86 sur 5, la marque affiche une légère progression et surtout une montée en puissance notable : 59 116 avis recensés en 2025, contre 45 824 l'année précédente. Cette dynamique témoigne d'une visibilité accrue et d'une légitimité renforcée auprès des acheteurs.

Audi grimpe d'une marche pour s'installer à la deuxième place. La marque aux anneaux affiche désormais 4,80 sur 5, en nette amélioration par rapport à son score de 4,71 en 2024, porté par 44 595 commentaires. Renault complète ce podium en démontrant que volume et qualité ne s'excluent pas : avec 166 431 avis, le constructeur français progresse à 4,75 sur 5, contre 4,72 l'an passé. Une performance d'autant plus notable qu'elle s'inscrit dans la durée et sur un réseau particulièrement étendu.

Ucar retrouve son trône

Dans la location de véhicules, Ucar reprend en 2025 la première place qu'elle occupait déjà en 2023. Avec 4,86 sur 5 et 1 716 avis, l'enseigne devance ADA qui affiche 4,59 sur 5 mais s'appuie sur un volume plus important de 3 678 retours. Sixt ferme le podium avec 4,37 sur 5 et une forte présence territoriale traduite par 14 717 avis. "Cette distinction a un impact très fort pour nous, car c'est un sujet que nous pilotons et sur lequel nous sommes extrêmement attentifs", confie Alexandre Faillat, directeur du réseau Ucar.

"Ucar repose quasi exclusivement sur un modèle de franchisés, avec très peu de succursales. Cette reconnaissance démontre avant tout le sens du service porté par les femmes et les hommes de notre réseau. Aujourd'hui, lorsqu'un consommateur choisit un restaurant, un hôtel ou un loueur de véhicules, il regarde d'abord les avis. Avoir une note élevée et être distingué par un prix comme celui-ci est une vraie fierté pour le réseau", précise-t-il.

Comment LPAO compte pousser plus loin le réemploi automobile

Fini le temps perdu à multiplier les appels pour traquer une pièce de réemploi. Pour aider les professionnels à trouver facilement leurs PRE, LPAO (La Pièce Aut'Occasion) propose, depuis 2019, un service de recherche sur mesure. Une prestation que la jeune entreprise a améliorée, depuis fin 2024, avec une nouvelle interface qui automatise la recherche parmi les stocks de ses centres VHU partenaires.

Baptisé Quick Scan et présenté lors du salon Equip Auto 2025, l'outil, testé en amont avec plusieurs garages, permet d’effectuer une recherche à partir d’un devis, d’un rapport d’expertise, d’une photo ou encore d’une simple note. Les lignes de demande, dont la plaque d'immatriculation, sont retranscrites automatiquement. Le garagiste vérifie, complète si nécessaire, valide, et la recherche démarre.

La solution ne se limite pas aux ateliers. Les experts y trouvent également leur compte, puisqu'ils peuvent désormais évaluer rapidement la disponibilité des pièces d'occasion et ajuster leurs estimations en conséquence. "L'objectif est de leur fournir une estimation plus juste, fondée sur la pièce d'occasion", précise Laetitia Glasser, directrice de la stratégie et du développement de LPAO. Un calcul plus réaliste qui peut faire la différence entre une réparation viable et une mise à l'épave prématurée.

Une réactivité pensée pour le terrain

Conçu pour répondre aux besoins de toute la chaîne, de l'apprenti à la comptabilité, l'outil archive chaque demande par plaque d'immatriculation. Un historique consultable à chaque passage du client au garage. La réactivité reste au cœur du dispositif : LPAO s'engage à répondre dans la demi-journée, souvent dans l'heure, grâce à des API connectées en temps réel aux stocks des centres partenaires. Cette connexion évite les mauvaises surprises, notamment lorsqu'une pièce vient d'être vendue ailleurs.

Lorsqu'un garage commande plusieurs éléments pour un même véhicule, LPAO centralise les approvisionnements. Une pièce peut venir de Marseille, une autre de Rennes, une troisième de Strasbourg : l'entreprise consolide le tout et transmet une offre globale avec un suivi détaillé. Pas de marketplace ici, mais un modèle basé sur deux relations bilatérales, l'une avec le garage, l'autre avec les centres VHU.

LPAO devient propriétaire de la pièce commandée et gère directement le service après-vente. En cas de problème, c'est l'entreprise alsacienne qui arbitre, évitant au garagiste de se retourner vers le centre expéditeur. Le client dispose de 15 jours pour renvoyer une pièce en cas d'erreur d'identification. Quand aucune Piec n'est disponible au moment de la demande, une attestation d'indisponibilité lui est fournie.

Environ 500 structures ont déjà adopté la plateforme, un chiffre en constante progression. Du côté des centres partenaires, la société alsacienne en fédère aujourd’hui une centaine. "Nous veillons à maintenir à leur égard un certain niveau d’exigence : pièces nettoyées, conformes aux photos, correctement emballées et garanties deux ans, contre un an en moyenne sur le marché. Nous prenons en charge la différence si ce n’est pas le cas", souligne Laetitia Glasser.

Un nouveau centre VHU pour LPAO

Autre projet d’ampleur mené par LPAO : la création d'un nouveau centre VHU, qui ouvrira ses portes au premier trimestre 2026 à Soufflenheim (67). Il remplacera l’ancien site localisé à Hoerdt, dont la configuration n’était plus adaptée aux ambitions de la jeune entreprise.

En effet, avec une capacité de traitement de 400 à 800 véhicules par an, la nouvelle structure vise à démanteler les voitures de manière bien plus exhaustive que ce qui se pratique habituellement. LPAO entend s’appuyer sur les données collectées via sa plateforme pour identifier précisément les besoins des réparateurs.

"Nous voulons aller beaucoup plus loin dans le démontage : ne pas se contenter d'une dizaine ou d'une vingtaine de pièces mises en avant, mais exploiter le véhicule de manière beaucoup plus complète", explique Laetitia Glasser.

Un engagement social autour de la réinsertion

Convaincue par les vertus de l’économie circulaire, LPAO élargit son périmètre d'action au-delà de la seule pièce automobile. L'entreprise a créé divers outils de gestion autour de la mobilité et travaille sur un programme de réinsertion professionnelle destiné aux militaires blessés de guerre, en partenariat avec le ministère des Armées.

Chaque année, environ 3 300 blessés au sein de l'armée de terre reviennent sans solution professionnelle stable. "Ces personnes n'ont actuellement aucune solution, les portes leur restent fermées", souligne la directrice du développement.

Le dispositif, déployé en pilote à Soufflenheim, prévoit une formation complète aux métiers de la filière VHU. L'armée assure le suivi médical et psychologique, tandis que LPAO accompagne et forme les bénéficiaires pour faciliter leur recrutement dans des centres VHU ou auprès d’autres professionnels de l’automobile (garages, carrosseries, etc.).

Pour structurer cette dimension sociale, LPAO a recruté un directeur spécialisé dans l'économie sociale et solidaire, Jérémie Lievin. L'ambition : accompagner d'autres entreprises dans leurs démarches RSE et créer des ponts avec les organismes compétents, ce qui est l'essence même de l'entreprise alsacienne.

Enfin, LPAO prépare l'intégration d'un indicateur d'empreinte carbone sur sa plateforme, permettant de mesurer les économies réalisées par véhicule ou par entreprise. Une fonctionnalité en cours de développement en interne, permettant un éclairage averti aux consommateurs et à "faible coût", précise le spécialiste de la Piec.

Macoproducts nomme Jacques Harivel directeur commercial France

Macoproducts confie à Jacques Harivel la responsabilité du développement commercial de Maco France. Selon l’entreprise, son rôle porte à la fois sur la mise en œuvre des orientations commerciales et sur le renforcement de l’équipe dédiée au marché français.

Jacques Harivel arrive chez Maco après plus de 25 ans passés au sein d’Alliance Automotive Group France. Il y occupait depuis 2018 le poste de directeur équipement d’atelier et outillage, après avoir été responsable de ce périmètre à partir de 2000. Ce parcours de terrain, au contact des réseaux et des ateliers, doit soutenir les "projets ambitieux" évoqués par René Kroon, CEO de Macoproducts, dans le communiqué annonçant cette nomination.

Fondée en 2014, l'entreprise néerlandaise développe, fabrique et distribue des savons microbilles, des lingettes nettoyantes et une gamme de produits de nettoyage, avec des implantations industrielles aux Pays-Bas, en France, en Pologne et en Australie.

Contrôle technique : l'Europe ne veut plus d'exemption pour les deux-roues

Jusqu'à maintenant, les États membres de l'Union européenne n'ont pas l'obligation d'imposer un contrôle technique des deux-roues, et plus largement des véhicules de catégorie L. En effet, celui-ci est exigé aux États qui ne peuvent pas instaurer de mesures alternatives pour renforcer significativement la sécurité routière. La France s'était longtemps cachée derrière ce point avant d'être finalement contrainte de franchir le pas en 2024.

Obligation de contrôle technique pour les plus de 50 cm³

Un récent projet de rapport de la commission des Transports du Parlement européen, rédigé par Jens Gieseke, revient notamment sur ce point. Ce contrôle technique "présente des avantages indéniables pour la sécurité routière", avance ce dernier.

Il développe : "Le contrôle des motocycles d'une cylindrée supérieure à 50 cm³ devrait être obligatoire. Les États membres devraient définir des intervalles appropriés, ainsi que les zones, les éléments et les méthodes de contrôle. Dès lors, la possibilité actuelle d'exemption pour les motocycles d'une cylindrée supérieure à 125 cm³ n'est plus pertinente, et le contrôle technique périodique devrait être obligatoire pour ces véhicules sans exception."

Ce projet voudrait donc à la fois ancrer l'obligation du contrôle technique des véhicules de catégorie L, mais plus seulement aux deux-roues de plus de 125 cm³ (ce qui déplaisait déjà à l'automne dernier). Cela pourrait concerner les plus de 50 cm³. Des amendements peuvent encore être déposés jusqu'à la mi-janvier, et le texte définitif ne sera pas entériné avant la fin février.

La télédétection pas encore obligatoire

Ce rapport de 61 pages confirme par ailleurs la suppression du projet d'annualisation du contrôle technique des véhicules de plus de dix ans. Autre point à souligner dans ce document : le recours à la télédétection. Le projet initial prévoyait une obligation de la mise en place de télédétection des émissions polluantes et du niveau sonore des véhicules, afin de les soumettre rapidement au contrôle technique s'ils ne répondent pas aux normes.

Ce nouveau rapport reconnaît que "la télédétection présente un potentiel considérable", mais estime que "cette technologie n'est pas encore suffisamment mature pour justifier son application obligatoire dans tous les États membres". Cela devrait donc demeurer un "outil facultatif" que les pays peuvent mettre en œuvre s'ils le souhaitent.

L’équipementier Triscan change de main

L'histoire de Triscan prend un nouveau tournant. John Blom Iversen, actuel président du conseil d'administration et ancien directeur général, ainsi que Bente Jørgensen, ancienne directrice financière et membre du conseil, ont décidé de céder une part significative de leurs actions.

Les deux dirigeants, qui ont largement contribué à transformer l'entreprise danoise, quittent également le conseil d'administration. Ce départ marque la fin d'une ère pour cette société qui s'apprête à célébrer en 2026 un demi-siècle d'existence.

Un repreneur américain aux ambitions européennes

L'acquéreur n'est pas un inconnu du secteur. APA Industries, fondé en 1984, produit plus de 9 000 références de pièces détachées pour véhicules européens, américains et asiatiques. Le groupe commercialise ses produits sous deux marques distinctes : ÜRO Parts, qui couvre le parc européen, et Autotecnica, pour les modèles asiatiques et nord-américains.

Depuis 2023, APA Industries est lui-même majoritairement détenu par le fonds d'investissement Riverarch Equity Partners, qui gère un portefeuille de 39 entreprises en Amérique du Nord et en Europe pour un total d'investissements dépassant 1,5 milliard de dollars.

"Nous nous réjouissons de notre collaboration avec APA et Riverarch. Nous établissons un partenariat fondé sur le respect mutuel et bénéficions de ressources qui soutiendront notre développement futur et apporteront une valeur supplémentaire à nos clients", commente Michael Juul Hansen, directeur général de Triscan.

Triscan veut un changement dans la continuité

Si le capital change de main, l'organisation reste stable. John Blom Iversen conserve une participation minoritaire aux côtés de plusieurs membres de l'équipe dirigeante, dont Asger Thybo Geertsen, Bo Schønfeld, Brian Lillelund Sørensen, Michael Juul Hansen et Morten Hallum. Cette configuration garantit une transition progressive.

Le groupe danois maintient son fonctionnement habituel depuis son siège social et son entrepôt central de Brabrand, ainsi que ses plateformes logistiques de Glostrup au Danemark et d'Iserlohn en Allemagne.

Lifting Pièces Auto : la famille au cœur du moteur

À l’origine, il y a un besoin, presque une frustration. Au début des années 2010, Aroussi Tiliouine, transporteur disposant d’un atelier à Pierrefitte-sur-Seine (93), se heurte à la difficulté de trouver rapidement des pièces pour ses utilitaires. Deux à trois jours d’attente pour une livraison, des camions immobilisés, des clients mécontents : de cette contrainte naît une idée.

En 2014, il ouvre son propre magasin de pièces détachées. "Il avait du mal à trouver de la pièce. Il s’est dit qu’il y avait un marché à prendre !", raconte son fils, Sofiane Tiliouine, aujourd’hui codirigeant de Lifting Pièces Auto. Le pari est vite gagnant : le premier point de vente de Pierrefitte-sur-Seine séduit une clientèle de professionnels qui peinent à trouver des distributeurs avec une offre adaptée à leurs besoins.

Pour Lifting Pièces Auto, le positionnement est donc évident : se spécialiser dans l’utilitaire et le poids lourd, deux segments où la rapidité et la fiabilité de l’approvisionnement sont vitales. "Notre but, c’est qu’un client qui entre chez nous reparte toujours avec quelque chose. On ne veut pas qu’il parte insatisfait."

Une ambition nationale

Le bouche-à-oreille fait vite son effet : le premier point de vente attire de plus en plus de professionnels, si bien que l’entreprise doit se déplacer à Saint-Denis (93) pour suivre le rythme de sa croissance. Ce succès francilien pousse même les dirigeants à voir plus loin. Trois ans plus tard, Lifting Pièces Auto quitte l’Île-de-France et pose un pied en région lyonnaise, à Vénissieux, avec un deuxième magasin.

En 2020, l’enseigne renforce son maillage francilien avec l’ouverture d’un site à Champigny-sur-Marne (94). En 2024, c’est au tour de Poissy (78) et Toulouse (31) d’accueillir deux nouvelles implantations. Désormais, cinq points de vente composent le réseau. En parallèle, un site internet est lancé dès 2017 pour faciliter les commandes et toucher une clientèle plus large.

Une expansion qui, pour l’heure, reste entre les mains du cercle familial. Mais l’entreprise n’exclut pas, à terme, de poursuivre son développement avec des partenaires franchisés. "Jusqu’à présent, notre développement s’est fait dans le cadre du cercle familial, avec les amis et les proches aussi. Mais notre objectif, à terme, c’est de créer une franchise. Notre concept peut être décliné dans de nombreuses régions", confirme Sofiane Tiliouine.

Il faut dire que la réussite de l’entreprise repose sur une équation que la famille Tiliouine connaît bien : une offre large, des tarifs compétitifs et une logistique rapide. Au total, les cinq magasins disposent aujourd’hui d’un stock dont la valeur est comprise entre quatre et cinq millions d’euros, soit près de 12 000 références. Et ce chiffre ne cesse de croître. "Quand un client nous demande une pièce qu’on n’a pas, on la commande une première fois, puis on la garde en stock. On apprend de chaque besoin terrain."

L’aventure a commencé avec Iveco

Pour constituer ce stock, Lifting Pièces Auto s’appuie sur de nombreuses marques OE. "Nous avons commencé par Iveco. Nous avons eu la chance d’obtenir un bon contact pour nous approvisionner en pièces d’origine, retrace le codirigeant. Au départ, c’était essentiel pour nous : prouver que nous pouvions distribuer de la pièce de marque, de qualité." Puis le distributeur a progressivement élargi son catalogue : Renault, Mercedes, etc. Aujourd’hui, son stock est composé à environ 60 % de pièces Iveco et 40 % d’autres marques.

Lifting Pièces Auto a également noué des partenariats privilégiés avec certains fournisseurs. L’entreprise est notamment le distributeur exclusif en France de la marque RSM Truck Parts, spécialisée dans la filtration pour véhicules utilitaires, poids lourds et engins agricoles. Ce partenariat pourrait d’ailleurs devenir un levier de développement pour les futurs franchisés. Les dirigeants envisagent d’accorder des exclusivités régionales sur la marque à leurs partenaires, une stratégie qui renforcerait la cohérence du réseau.

Autre collaboration importante : MJW, marque d’outillages proposant une garantie à vie. "Nous avons choisi MJW car nous connaissons les contraintes des ateliers. On sait ce que c’est d’attendre une semaine pour un cliquet remplacé sous garantie. Chez nous, pas de paperasse : tu ramènes ton outil cassé, on t’en donne un autre."

L’esprit d’atelier encore présent

Une approche simple, mais efficace, inspirée par leur expérience de terrain. "Avant de faire de la distribution, on était garagistes. Un client qui attend, un camion qui bloque tout un planning, on a connu ça."

Même si la mécanique ne fait plus partie de son cœur de métier, Lifting Pièces Auto conserve néanmoins un atelier à Saint-Denis. Ce garage est devenu un véritable laboratoire. Les nouvelles références, qu’il s’agisse d’outillage ou de pièces mécaniques, y sont testées avant leur mise sur le marché. "Quand on introduit une nouvelle marque, on ne la distribue pas directement. On la teste d’abord, pour s’assurer de la qualité. Si le produit est bon, alors on le met en distribution."

Cette proximité avec le terrain reste une force. L’équipe de l’atelier aide aussi les petits garagistes à identifier les pannes ou à gérer leurs retours de garantie. "Quand un démarreur revient en garantie, on le teste tout de suite. S’il ne fonctionne pas, on en donne un autre. Ce service, c’est notre façon d’aider les clients à ne pas perdre de temps."

Une expansion maîtrisée

Lifting Pièces Auto revendique d’ailleurs une approche différente, à rebours des grands modèles anonymes. Le distributeur entend cultiver un lien de proximité avec ses clients, qu’ils soient transporteurs, garagistes ou artisans. "Nous travaillons à fond avec nos clients, et de la même façon avec nos fournisseurs. Nous aimons avoir une approche familiale, pas seulement commerciale."

Cet esprit se retrouve aussi en interne. Chaque nouveau gérant de magasin passe par le site de Saint-Denis pour une période de formation. "Ils font leur stage là-bas pour comprendre notre vision et notre manière de travailler. Nous voulons qu’ils partagent la même approche : proximité, accompagnement et entraide", affirme Sofiane Tiliouine.

Lifting Pièces Auto cultive ainsi une forme de modèle horizontal, où la réussite de l’entreprise dépend de chacun. Les liens familiaux se transforment en levier de cohésion, au service d’un objectif partagé : faire grandir le réseau sans renier ses valeurs. Avec son concept éprouvé, l’entreprise familiale a d’ailleurs tous les atouts pour changer d’échelle sans renier son ADN.

Et Sofiane Tiliouine de conclure, fidèle à la philosophie maison : "On aime bien connaître nos clients, comprendre leurs besoins et les aider à avancer. C’est notre manière de travailler, et on ne la changera pas."

Pièces détachées : l’activité a reculé en fin d'année 2025

Après un mois d'octobre en légère hausse (+1 %), la distribution de pièces détachées automobiles et poids lourds replonge en novembre. Le chiffre d'affaires des distributeurs recule de 3,3 % sur le mois, confirmant ainsi le ralentissement progressif observé depuis le début de l’exercice par le baromètre Feda.

Précisons que la comparaison avec novembre 2024 se fait à périmètre constant, les deux années comptant le même nombre de jours ouvrables, ce qui rend la baisse d'autant plus significative.

Le VL plus touché que le PL

Le segment véhicule léger affiche une contraction de 3,5 % en novembre. Seule note positive : les prestations atelier progressent de 7 %. En revanche, toutes les autres activités reculent : la peinture-carrosserie perd 3 %, tout comme la pièce mécanique. Les ventes d’équipements et d’outillages décrochent de 4,5 %. Sur les onze premiers mois de l'année, l'activité VL maintient toutefois la tête hors de l'eau avec une évolution positive de 0,2 %.

Le poids lourd résiste un peu mieux avec un repli limité à 2 % sur le mois de novembre. Néanmoins, toutes les composantes de l'indice PL sont dans le rouge : les équipements et outillages accusent la plus forte baisse à -5 %, suivis des prestations atelier (-2 %) et des pièces à client final (-1,5 %). En cumul annuel, le segment affiche une croissance de 0,6 %.

Les chiffres de décembre seront déterminants pour savoir si la profession est parvenue à boucler l'exercice 2025 sur une note positive ou si ces résultats feront définitivement basculer le bilan annuel dans le rouge.

Pièces d'occasion : SRA lance son label qualité

Depuis le 1er janvier 2026, le label "Recycleur vertueux" entame son déploiement. Après deux ans de gestation, SRA concrétise ainsi un projet annoncé dès 2024. L'association d'assurances (Axa, Covéa, Generali, etc.), également affiliée à France Assureurs, délivre donc son label aux centres de recyclage automobile produisant des PRE. Non seulement celui-ci garantit les bonnes pratiques autour de leur production, mais il classifie aussi les pièces d'occasion. Un gain de temps pour les réparateurs et un encouragement à utiliser cette alternative à la pièce neuve.

La PRE devant le recyclage de matière

En effet, ce label classe les PRE produites sur un site en quatre catégories. Selon leur état et les interventions nécessaires pour les réemployer, elles sont notées de Q1 à Q4. Cette classification homogénéisée devrait ainsi faciliter la vie des réparateurs, en leur donnant une idée précise de leur qualité. Par ailleurs, elle pousse les centres VHU à produire des PRE de valeur.

Parallèlement, les "recycleurs vertueux" doivent d'abord être en conformité avec les normes environnementales. Ils doivent donc obligatoirement adhérer à l'éco-organisme Recycler mon véhicule. Ensuite, leur évaluation dépendra aussi du nombre et de la nature des composants remis en circulation. Celui-ci sera privilégié par rapport à leur poids recyclé. Un moyen de distinguer les recycleurs de pièces de ceux de matières.

Parallèlement, les sites concernés doivent produire leurs pièces d'occasion suivant les principes de qualité et de sécurité – notamment en adoptant des pratiques RSE. Ils doivent également les commercialiser en respectant le taux de TVA adéquat et les livrer avec un minimum de garanties.

Tournant pour la profession et levier pour les assurances

Enfin, leurs PRE doivent être traçables. Cette dernière exigence valorise celles produites par les professionnels, face à celles circulant hors du cadre légal – notamment sur internet.

L'attribution de ce label est soumise à des audits annuels. Le premier sera effectué sur site, pour évaluer ses performances. Ensuite, leur examen sera vérifié tous les un à deux ans. Leur note finale pourra ensuite être exploitée par les centres VHU pour répondre aux appels d'offres des assurances. Celles-ci pourront ensuite pousser encore davantage les réparateurs à utiliser les pièces d'occasion en les orientant vers des centres référents.

Mais surtout, la généralisation de ce label chez les recycleurs pourrait accélérer la transformation de leur profession. En effet, cette dernière se structure depuis quelques années, avec l'essor de la pièce d'occasion. Mais l'homogénéisation de leur qualité et des services les accompagnant à travers toute la France marquerait une évolution majeure du secteur. En particulier, les entreprises les mieux structurées pourraient accélérer leur développement, face à celles incapables de répondre à certains critères du label, impliquant notamment leur digitalisation étendue... Un clou supplémentaire dans le cercueil des casseurs traditionnels et un tremplin pour les recycleurs 2.0.

Les plaques roses ne suffiront pas contre la fraude selon la Fiev

Plus de 400 000 véhicules circulent chaque année avec une immatriculation provisoire WW ou W garage. Depuis le début de l'année, ces plaques temporaires doivent obligatoirement arborer un fond rose avec des caractères noirs, conformément au décret publié au Journal officiel le 2 décembre dernier.

Pour les immatriculations WW, la date d'expiration figure directement sur la plaque. L'objectif affiché par les pouvoirs publics : faciliter le travail des forces de l'ordre et lutter contre l'usurpation d'identité par l'édition de fausses plaques.

Un dispositif de sécurisation renforcé

Si la profession salue cette avancée, elle estime qu'elle ne constitue qu'une première étape. La section plaques de la Fiev, avec le soutien de l'association 40 Millions d'Automobilistes, milite pour aller plus loin en sécurisant le processus même de fabrication et de délivrance.

Le principe défendu repose sur un système de traçabilité établissant une cohérence entre la plaque, le code du fabricant et le point de réalisation. Ce dispositif permettrait aux autorités de vérifier rapidement la conformité d'une plaque lors d'un contrôle et de remonter jusqu'à son origine en cas d'anomalie.

"Si l'État ne peut pas imposer le contrôle d'identité pour la réalisation d'une plaque, nous proposons de sécuriser la plaque elle-même. La plaque d'immatriculation est un moyen d'identification des véhicules : la sécurisation de son processus de réalisation et de délivrance est indispensable", explique André Bouchenoire, président de la section plaques de la Fiev.

Des milliers d'automobilistes victimes chaque année

La fraude aux plaques d'immatriculation constitue un fléau pour les automobilistes. Les fausses plaques reproduisant l'immatriculation d'un véhicule existant (aussi appelées "doublettes") se comptent par milliers chaque année. Les victimes se retrouvent à devoir justifier qu'elles n'étaient pas au volant lors d'infractions ou de délits commis avec leur numéro d'immatriculation.

La Fiev insiste sur la nécessité d'une action collective et appelle le gouvernement à organiser une concertation entre autorités publiques, fabricants et associations d'usagers. Son souhaite est de traduire rapidement cette proposition par un décret pour renforcer la protection des millions d'automobilistes français face à ces fraudes.

Huiles moteur : Renault lance une gamme à faible empreinte carbone

Le constructeur automobile Renault affirme être le premier constructeur à proposer une gamme complète d'huiles moteur formulées à partir d'huiles re-raffinées. Développées avec Castrol et commercialisées sous le nom de Renault Castrol GTX, ces huiles visent à réduire l'empreinte carbone tout en étant conformes aux spécifications techniques du constructeur.

"Ce lancement fait de Renault Group le premier constructeur automobile à fournir à l'ensemble de sa gamme de véhicule récente des lubrifiants de nouvelle génération formulés avec des huiles de base re-raffinées", souligne François Delion, directeur après-vente monde de Renault Group.

La première référence concernée est l'huile RN17 (5W-30). Elle est déjà disponible dans les concessions européennes et couvrirait plus de 50 % des véhicules du groupe actuellement en circulation en Europe.

La gamme d'huiles comprend déjà plusieurs références, dont RN700 et RN710. D'autres huiles doivent être ajoutées progressivement afin de couvrir l'ensemble des motorisations du groupe d'ici 2026. Renault indique vouloir proposer exclusivement ces produits à ses clients.

Une huile présentée comme équivalente aux huiles classiques

L'utilisation d'huiles re-raffinées repose sur le recyclage d'huiles usagées, traitées grâce à un procédé industriel avancé. Selon Renault, ce mode de fabrication permet de réduire l'empreinte carbone de 13 à 24 % par rapport aux huiles traditionnelles, tout en utilisant moins de pétrole brut.

Pour Castrol, ce partenariat repose sur un travail de développement mené avec le constructeur. "En co-développant ces produits, nous aidons Renault Group à répondre aux besoins des clients d'aujourd'hui et de demain avec des lubrifiants performants et à faible empreinte carbone, au sein d'un secteur automobile circulaire", précise Slawek Radon, vice-président développement commercial et partenariats de Castrol.

Les deux partnaires assurent que ces huiles atteignent un niveau de qualité comparable à celui des huiles vierges. Elles répondraient aux exigences techniques actuelles en matière de protection du moteur et de performance.

Ce lancement intervient alors que la marque Castrol fait l'objet de discussions stratégiques. Sa maison mère, BP, envisage une possible cession de sa filiale dans le cadre de son plan de désinvestissement.

Plus de 1 000 centres VHU ralliés à Recycler Mon Véhicule

Un an et demi après son lancement, Recycler Mon Véhicule (RMV) peut se targuer d'avoir tenu ses promesses. Vincent Salimon, président de l'éco-organisme et du directoire de BMW Group France, n'a pas caché sa satisfaction lors d’un point d’information tenu début décembre 2025 devant de nombreux déconstructeurs.

"L'année 2025 a été intense, exigeante, structurante, mais surtout collective", souligne-t-il. Les objectifs fixés au démarrage ont été atteints, voire dépassés sur certains segments.

Sur le marché des deux/trois-roues et des voiturettes sans permis, RMV revendique 57 % de parts de marché avec 36 adhérents, se positionnant ainsi en leader. Sur les véhicules particuliers et utilitaires légers, l'organisme affiche 10 % du marché, conformément aux ambitions initiales face à la multiplicité des systèmes individuels agréés.

Un réseau dense au service de la proximité

Le déploiement territorial constitue l'une des grandes réussites de cette première année pour Recycler Mon Véhicule. Avec 1 060 centres VHU partenaires, l’éco-organisme dépasse largement l'objectif symbolique du millier initialement visé. "Notre réseau est dense, il couvre l'intégralité du territoire, ce qui nous permet d'assurer un service de proximité", précise Vincent Griffon, responsable des partenariats.

Pour favoriser le développement de ce réseau de centres VHU, l’éco-organisme entend conduire ses actions autour de deux axes : simplification et accompagnement.

"Sur la simplification, nous avons travaillé avec les systèmes individuels et les fédérations Mobilians et Federec pour faciliter votre quotidien. Nous nous sommes concentrés notamment sur la simplification des audits, avec la mise en place d’une grille commune d’audit, afin de ne pas changer le process déjà en place dans vos centres", explique Claire Deroche, chargée de mission performance.

La remontée des données a également fait l'objet d'une attention particulière. Objectif : éviter la multiplication des systèmes d’information. RMV a ainsi obtenu le maintien de l'outil Syderep au-delà de 2027 et son évolution pour automatiser davantage les déclarations réglementaires.

Des performances environnementales en progression

Sur le plan des objectifs réglementaires, la trajectoire apparaît globalement favorable. En matière de réemploi de pièces, le réseau de RMV atteint 12 % sur les véhicules particuliers et utilitaires, pour une ambition fixée à 16 % à l'horizon 2028.

"Ce n'est pas inatteignable, mais il faut continuer à travailler dans ce sens", analyse Claire Deroche. Sur les deux/trois-roues, les centres spécialisés affichent environ 30 % de taux de réemploi, pour un objectif de 40 %, même si les données restent encore à consolider sur l'ensemble des acteurs.

Les fluides frigorigènes font également l'objet d'une attention spécifique. Une étude menée avec des recycleurs volontaires a permis de quantifier la part récupérable dans les véhicules, avec des résultats qui placent la filière au-dessus des objectifs réglementaires.

Autre priorité de RMV : lutter contre les filières illégales, en particulier dans les territoires ultramarins. Une étude menée dans ces régions met en évidence un phénomène préoccupant : en 2024, le taux d’abandon y dépasse 10 %. Pour sensibiliser les populations locales, l’éco-organisme a notamment misé sur un levier original avec "Car Life Tycoon", un jeu qui place le joueur dans la peau d’un gestionnaire de centre VHU confronté aux circuits clandestins.

L'extension à la filière batteries

Face à l’électrification du parc roulant, l’éco-organisme avait également fait de l’obtention de l’agrément pour la filière batteries une étape importante dans son développement. C’est chose faite depuis août dernier.

RMV devient ainsi le seul éco-organisme agréé tant pour les véhicules hors d'usage que pour les batteries de véhicules électriques et hybrides. "Cette extension de notre mission s'inscrit dans la continuité de notre engagement aux côtés des constructeurs, importateurs et opérateurs", affirme Vincent Salimon.

La logique industrielle plaide pour cette intégration : on estime que 73 % des batteries seront collectées dans les centres VHU. Dès janvier 2026, l'éco-organisme prévoit de proposer un service de collecte et de prise en charge des accumulateurs au sein de son réseau.

Les enjeux sont considérables. À partir de 2030, quelque 50 000 véhicules électriques devraient atteindre la fin de leur cycle de vie chaque année. La réglementation impose des objectifs chiffrés : au moins 70 % de la masse des batteries devront être recyclés d'ici la fin de la décennie, et 80 % du lithium valorisés d'ici 2031.

Pour accompagner cette montée en puissance, RMV prévoit d’accompagner les déconstructeurs qui ne sont pas encore habilités à démonter les batteries haute tension.

Retrouvez en vidéo la conférence complète organisée par Recycler Mon Véhicule et la table ronde consacrée à la pièce de réemploi :

Exosquelettes : la solution Würth pour les ateliers

Le top 10 des articles 2025 du J2R

#1. GBH s’empare de Dasir et débarque en métropole

#2. Le Crédit Mutuel bouleverse les relations assureurs-assurés-réparateurs

#3. Stellantis : une plateforme de remboursement pour les moteurs PureTech

#4. Emil Frey France et Flauraud, c’est fini

#5. E-commerce : qui domine la vente de pièces détachées ?

#6. LKQ poussé à céder ses activités européennes ?

#7. Comment changer la courroie de distribution du moteur Puretech 1.2

#8. REPORTAGE VIDEO - Quand la carrosserie Brachet se réorganise, tout le monde y gagne

#9. Parts Holding Europe affiche ses ambitions pour 2028

#10. Top 100 de la distribution : toujours plus haut, toujours plus fort ?

Jade Descouture, une trajectoire à plein régime chez Eudiff

À première vue, la scène pourrait sembler anecdotique. Elle est en réalité fondatrice. Pour beaucoup d'acteurs du monde de la rechange automobile, le visage de Jade Descouture reste associé à une vidéo marquante diffusée par son ancien employeur. En 2023, au moment de dévoiler First, sa nouvelle plateforme nationale, Alliance Automotive Group (AAG) publie un clip de sa jeune collaboratrice au volant d’une Chevrolet Camaro aux couleurs de sa marque Napa, circulant dans les entrailles de l’entrepôt.

Une mise en scène inhabituelle dans l’univers de la communication, qui place la collaboratrice au premier plan et reflète assez bien son tempérament : volontaire, assurée et animée. Du haut de ses 27 ans, Jade Descouture s’impose comme une personnalité singulière dans le paysage de la rechange tricolore. Son parcours et son discours rappellent que la légitimité ne dépend ni de l’âge, ni du genre. La sienne est pleine et entière.

Son histoire avec l’automobile remonte loin. Fille de mécanicien, elle évoque ce souvenir souvent raconté par ses proches : ses premiers pas dans le garage familial. "Il paraît que je faisais de la mécanique dès l’âge de 1 an", sourit-elle. Elle met très tôt les mains dans le cambouis et se retrouve dès son adolescence à démonter et remonter des moteurs.

Une Golf 1 offerte par son grand-père, une Coccinelle et même une Porsche, rien ne résiste à Jade et son groupe de copains. Là où certains parents préfèrent éviter "les tâches qui tachent", les siens la laissent faire. Une forme d’éducation qui favorise l’épanouissement, aide à grandir et donne confiance.

Une vocation née très tôt

Après le collège, à l’heure de choisir sa voie, elle prétend au meilleur. Le Garac, l’École nationale des professions de l’automobile, est l’établissement de référence du secteur. Un premier virage et un moment fort. "En intégrant le Garac, cette passion devenait concrète. J’y ai passé de très belles années avec des formateurs de grande qualité, ainsi que des expériences et des rencontres incroyables."

En parallèle, jamais à court d’idées, elle intègre une équipe de rallye-cross pour préparer les voitures et assurer l’assistance les jours de course. Une expérience marquante vécue à 15-16 ans, à un âge où beaucoup en sont encore aux hésitations de l’adolescence. "J’ai eu la chance de ne jamais être freinée dans mes projets. Ma mère, tout particulièrement, a été très importante en ne cessant de m’encourager et de m’accompagner."

Après avoir décroché un bac pro puis un BTS, elle opte pour une licence OMSA (Organisation et management des services de l’automobile) pour compléter son expertise avec de la gestion d’entreprise. Au sortir de ce cursus, elle débute sa carrière chez Alliance Automotive Group dans un marché de la rechange qui lui est déjà familier. "Je connaissais ce monde-là pour l’avoir côtoyé avec mon père. Je l’accompagnais déjà enfant lorsqu’il allait chez des distributeurs."

De la formation au terrain

Dès cette première expérience, chose qui n’a rien de commun pour une débutante, elle se voit confier la responsabilité de déployer dans l’Hexagone Napa, la marque de distribution du groupement. Pendant trois ans, Jade Descouture s’investit totalement dans sa mission.

"Le challenge était immense avec Napa. Il a fallu l’adapter au marché français, la faire connaître au plus grand nombre et aussi l’incarner, détaille-t-elle, d’où ce fameux clip. Au final, je n’ai pas eu de mal à quitter Alliance, car nous n’étions plus en phase, mais j’ai eu beaucoup plus de mal à me détacher de Napa."

À l’été 2024, elle rejoint le distributeur Eudiff et change d’environnement. Entre le géant américain et la PME normande, alors affiliée au réseau Precisium, elle retrouve un environnement plus sain et un patron, Antoine Beaudet, qui va vite mais n’oublie jamais personne en route. "Antoine est clairement mon mentor professionnel. Il est à l’écoute, il accorde une grande importance à l’humain, il sait emmener tout le monde dans un projet."

Pour elle, le projet Eudiff a un titre – responsable marketing et communication – mais aussi un champ d’exploration extrêmement vaste, son poste ayant été créé à son arrivée pour renforcer l’organisation et pérenniser la croissance de la structure basée à Eu (76).

Elle s’y sent à sa place, consciente d’être au début d’un parcours. Peu encline à se projeter sur le futur, on parierait bien volontiers pour elle et sans trop se tromper que le meilleur est encore à venir. Aujourd’hui, l’essentiel porte sur Eudiff et aussi sur ses propres convictions.

La place des femmes dans la rechange

Car tout en affirmant ne pas être féministe, Jade Descouture se dit également très concernée par la place des femmes dans un monde encore trop masculin. "Je n’aime pas “genrer” les situations. Malgré tout, j’estime qu’il faut valoriser les femmes dans cet univers, affirme-t-elle. Je me rappelle qu’en entrant au Garac, nous n’étions que trois ou quatre filles. Comme tant d’autres, on m’a moins accordé le droit à l’erreur. J’ai dû en faire plus qu’un homme pour avancer. Même s’il ne faut pas tomber dans les généralités, c’est aussi notre réalité…"

Sans en faire des caisses, la voilà qui pose des mots, et des bons, sur cette situation. Mais en donnant le change, en se montrant exemplaire et totalement investie, Jade Descouture matérialise aussi un parcours et une réussite auxquels des jeunes femmes pourront se rattacher.

Une fois n’est pas coutume, la conclusion ne nous reviendra pas. Le 11 octobre 2025, à l’occasion de la Journée internationale des droits des filles, elle a publié sur le réseau LinkedIn ce post aux mots ciselés : "Petite, on m’a dit que la mécanique, ce n’était pas pour les filles. J’ai répondu en serrant mes premiers boulons. Et de vous à moi, je n’ai jamais trop aimé qu’on me dise ce que je devais faire. Arrêtez de vouloir rentrer dans les cases. Créez-en de nouvelles. Foncez. Ratez. Apprenez. Recommencez, mais surtout faites-le pour vous ! J’ai choisi ma voie, celle qui sent l’essence, les moteurs et les défis. Et je n’ai surtout écouté personne, sauf moi ! Alors à toutes les petites (et grandes) filles : faites ce que vous aimez, ce qui vous fait vibrer. Le reste suivra, toujours !" CQFD.