Flauraud prépare son virage vers Alliance Automotive

Quelques semaines seulement après la présentation de son plan de redressement Cap2028, Flauraud passe à l'action. Le distributeur auvergnat a annoncé son intention de rejoindre Alliance Automotive Group France à compter du 1er janvier 2027. Le groupe justifie ce rapprochement par la nécessité de faire évoluer sa stratégie d'approvisionnement afin d'accompagner son plan de redressement.

En effet, la nouvelle direction n'a pas caché ces derniers mois que l'élargissement de ses gammes constituait l'une de ses priorités. Lors d'une interview accordée au J2R en mai dernier, Steven Jouve, directeur commercial, expliquait que Flauraud s'est progressivement éloigné des attentes du marché, notamment sur les pièces techniques. Le rapprochement avec Alliance Automotive répond précisément à ce constat.

Une réponse aux limites de l'offre

Grâce à cette intégration, Flauraud pourra enrichir son catalogue en pièces VL, VU et PL avec une offre couvrant les produits d'origine, les familles de pièces techniques, les marques budget (notamment la nouvelle gamme Fahren), les produits issus de l'économie circulaire Back2Car, les équipements d'atelier ainsi que les pièces de carrosserie d'origine.

La transition ne sera toutefois effective qu'au 1er janvier 2027. D'ici là, l'entreprise prévoit de former ses équipes, d'adapter ses systèmes informatiques et de faire évoluer ses stocks afin d'assurer le basculement dans les meilleures conditions. Elle entend également profiter de l'automne pour lancer une offensive commerciale destinée à valoriser cette nouvelle offre auprès de ses clients.

Un coup dur pour Autolia ?

Au-delà de l'aspect opérationnel, cette annonce pourrait également rebattre les cartes dans les équilibres de la distribution indépendante. Si Flauraud ne confirme pas officiellement son départ d'Autolia, son rapprochement avec Alliance Automotive Group France laisse peu de place au doute...

Pour Alliance Automotive Group France, ce rapprochement présente également un intérêt évident. Le groupe renforce son implantation dans plusieurs régions où Flauraud bénéficie encore d'une forte notoriété auprès des réparateurs. Malgré les difficultés économiques traversées ces dernières années, le distributeur conserve un réseau de proximité, des équipes commerciales expérimentées et une clientèle fidèle, autant d'atouts qui viennent compléter le maillage territorial d'AAG.

Grésivaudan Pièces Auto change tout, sauf l’essentiel

La fin d’une belle aventure. Vingt-trois ans après avoir créé Grésivaudan Pièces Auto, Nicole et Hervé Piconnet ont passé le relais. Lauréats du Prix du Distributeur 2024 lors des Grands Prix de la Rechange du J2R, ils nous avaient alors raconté leur parcours singulier. Celui d’une commerciale de la pièce automobile et d’un technicien de la SNCF qui ont choisi de se lancer dans l’entrepreneuriat.

C’est ainsi qu’est né, en 2002 à Domène (38), Grésivaudan Pièces Auto, du nom de la vallée située au sud de Grenoble. Novices dans le monde de l’entreprise, les deux fondateurs ne manquaient pourtant ni d’idées ni de détermination pour relever leur défi. Le distributeur isérois ne tarda pas à se faire une place sur son marché grâce à une philosophie restée quasiment inchangée au fil des années.

À contre-courant de nombreux modèles établis, GPA a construit sa réussite selon ses propres convictions. Côté organisation, pas de responsable commercial ni de chargé de communication ou de marketing. L’entreprise a préféré miser sur la polyvalence de ses collaborateurs, le bouche à-oreille et l’exigence du travail bien fait.

Côté groupement, si GPA a porté durant quelques années les couleurs de l’ancienne enseigne d’Alliance Automotive Group Partner’s, ses dirigeants ont toujours veillé à préserver leur liberté d’action. Mais au-delà de la pièce, de l’offre ou de la stratégie commerciale, c’est aussi la qualité des relations humaines qui a permis à Grésivaudan Pièces Auto de s’ancrer durablement dans son territoire.

L'humain avant tout

À l’écoute des autres et ouverts d’esprit, Nicole et Hervé Piconnet ont toujours entretenu une relation de proximité avec leurs clients grâce, par exemple, à des soirées techniques ou à des rendez-vous plus conviviaux. Cette même philosophie guidait également le management de l’entreprise, où la valeur des salariés a toujours été reconnue et revendiquée. Lorsqu’est venue l’heure de tourner la page, la préservation de ce collectif est naturellement devenue un critère central dans le choix du repreneur.

Hervé Piconnet resitue les choses. "Quelques semaines après avoir rejoint Alternative Autoparts, un groupement qui nous ressemblait, nous avons été sollicités par ID Rechange. C’était un peu inattendu, mais mon épouse et moi avons 65 ans, et il nous a paru que c’était le bon moment. Ce qui nous importait plus que tout, c’était de céder cette entreprise à des gens qui allaient en prendre soin."

Le groupe de la famille Manta, déjà propriétaire de Récup 44 et à la tête d’ID Rechange, présentait des garanties rassurantes. Celui-ci avait déjà repris Sofair à La Rochelle (17) et Technic Pièces Auto à Valence (26), tout en préservant l’identité et le fonctionnement de ces entreprises. "Ça a rapidement matché parce que Grésivaudan Pièces Auto est une entreprise qui ressemble à notre groupe, souligne Claudie Cahart, directrice générale d’ID Rechange. C’est une affaire très saine, avec une vraie culture métier et une organisation solide. Il n’y a aucune raison de changer tout cela."

L’opération a finalement été bouclée à la fin de l’année 2025. Nicole et Hervé Piconnet referment ainsi un chapitre de 23 années d’entrepreneuriat menées avec succès. Souhaitons-leur la même réussite dans cette nouvelle vie de jeunes retraités qui s’ouvre à eux.

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La pièce technique, terrain d’expertise du groupe TIC

Capteurs introuvables, références floues, diagnostics complexes… Dans l’après-vente automobile, la pièce technique est devenue un sujet central pour de nombreux réparateurs. À Angoulême, le groupe TIC a fait de cette complexité sa spécialité. Une réputation que son dirigeant, Frédéric Toussaint, accueille pourtant avec modestie.

Le PDG du groupe explique cette reconnaissance par plusieurs facteurs. D’abord, par les relations entretenues avec les fournisseurs du groupement Agra, dont TIC est adhérent. Mais surtout par l’évolution naturelle de son activité. Au fil des années, l’entreprise a développé une expertise pointue pour répondre à la demande du terrain. Sa structure particulière, mêlant distribution, diesel et logistique, a également nourri cette culture technique.

"Notre position à la fois de grossiste et de plateforme nous donne l’avantage d’obtenir beaucoup d’informations sur les pièces techniques, aussi bien de la part des clients que des équipementiers", explique Frédéric Toussaint.

Le groupe s’appuie aujourd’hui sur trois sites : les magasins Pierre Auto Angoulême et Cognac Pièces Autos, tous deux implantés en Charente. Ils approvisionnent notamment 25 garages membres des réseaux Proximeca et Point Repar en Charente, Charente-Maritime et Dordogne.

À cela s’ajoute l’atelier RBE, spécialisé dans les prestations de rectification et d’usinage destinées aux réparateurs. Enfin, TIC détient également deux tiers des parts de la plateforme PRCO, créée avec deux autres distributeurs du groupement Agra. L’ensemble représente désormais un chiffre d’affaires d’environ 18 millions d’euros.

Pour Frédéric Toussaint, la notion de pièce technique reste toutefois difficile à définir précisément. Certaines références entrent ou sortent de cette catégorie selon les visions des équipementiers ou des distributeurs. Plus concrètement, le groupe accompagne surtout ses clients sur les opérations mécaniques les plus complexes, qu’il s’agisse du remplacement d’une vanne EGR, d’un injecteur d’urée ou encore de capteurs particulièrement rares.

Favoriser la qualité d'origine

La partie la moins visible de cette activité réside dans le travail de sourcing. Car derrière chaque pièce technique se cache un important travail de sélection des références. "Chez nous la pièce technique doit être fiable, martèle Frédéric Toussaint. Nous nous informons donc beaucoup pour éviter les problèmes de qualité".

Raison pour laquelle le grossiste favorise les références d'origine ou équivalentes. Un exercice parfois compliqué, notamment lorsque les fournisseurs de première monte restent difficiles à identifier. Exemple : le dirigeant confie avoir longtemps ignoré qui fournissait les injecteurs d’urée aux constructeurs.  "Tout s'est finalement éclairé lorsque nous avons appris qu'il s'agit de Vitesco Technologies (groupe Schaeffler, ndlr), qui fabrique aussi 95 % des capteurs de NOx".

À l’inverse, TIC écarte certains fournisseurs jugés moins fiables. Frédéric Toussaint pointe notamment certaines marques ayant considérablement élargi leur catalogue au détriment, selon lui, de la qualité de certaines références. À l'opposé, le dirigeant met en avant ses partenariats avec Denso et Hitachi Astemo. Chez ce dernier, "la philosophie est simple : soit on propose de l’origine, soit on propose le même niveau de qualité, soit on ne fait pas", rapporte-t-il.

"C’est une approche qui nous correspond." Toutefois, il constate que même la qualité d'origine commence à décliner pour certains produits. Défauts qualitatifs et d'ingénierie seraient de plus en plus fréquents. Les défauts de conception et de fabrication auraient tendance à se multiplier sur certaines familles de produits. Une évolution qui pousse le distributeur à renforcer encore ses recherches afin d’identifier les meilleures alternatives disponibles.

Pour répondre à ces exigences, TIC multiplie les partenariats ciblés avec différents équipementiers, chacun apportant son expertise sur des familles de produits spécifiques. Frédéric Toussaint cite le cas du groupe Hella qui occupe, avec plus de 1 300 références, une place importante sur les capteurs PMH, les pompes à carburant ou les potentiomètres. Magneti Marelli propose également une offre jugée pertinente sur plusieurs composants techniques.

Hitachi Astemo couvre notamment les besoins en bobines d’allumage, arbres à cames ou corps papillon, tandis que Denso reste incontournable pour certains modèles Toyota et plusieurs références européennes, notamment sur les sondes lambda et capteurs de température des gaz d’échappement. Le groupe s’approvisionne aussi auprès de Pierburg pour certaines applications spécifiques. D'autres fournisseurs – avec lesquels TIC entretient des discussions – pourraient prochainement rejoindre cette liste.

Des capteurs insoupçonnés

L'enjeu est de répondre à la demande croissante issue du terrain, liée à la complexification croissante des technologies automobiles. Car avec la sophistication des véhicules, les réparateurs se retrouvent confrontés à des pannes toujours plus complexes. "Au moins un appel sur deux concerne aujourd’hui la pièce technique", constate Frédéric Toussaint. "Nos clients nous appellent évidemment pour commander, mais aussi très souvent parce qu’ils sont bloqués sur un diagnostic ou une réparation."

Pour accompagner les garages, TIC s’appuie notamment sur un technicien expert en diagnostic. Les vendeurs comptoir disposent eux aussi d’une solide expérience sur les problématiques liées aux composants électroniques et aux systèmes complexes. "Ils aident par exemple les garagistes à résoudre un problème rencontré lors des changements de connexion sur les feux ou des changements de faisceaux." Mais certaines situations vont beaucoup plus loin.

"Nous découvrons régulièrement des capteurs dont personne ne soupçonnait l’existence et qui peuvent pourtant immobiliser complètement un véhicule", poursuit-il. "Chez Stellantis, par exemple, certains déphaseurs intègrent des capteurs très spécifiques que l’on ne retrouve pas ailleurs."

Pour suivre l’évolution rapide des technologies, les équipes assurent une veille permanente sur les nouveaux composants et les méthodes de réparation. Elles échangent régulièrement avec les équipementiers, considérés comme les sources d’information les plus fiables dans un contexte où les constructeurs restent souvent très discrets sur leurs données techniques.

Soigner l'animation technique

Reste ensuite à transmettre ces savoir-faire aux réparateurs. Cette montée en compétence passe d’abord par la formation. TIC travaille notamment avec DAF Conseil pour organiser des sessions destinées aux techniciens. Frédéric Toussaint regrette toutefois la difficulté croissante à faire sortir les mécaniciens de leurs ateliers pour participer à ces rendez-vous. Réunir suffisamment de participants afin de rentabiliser le déplacement des formateurs devient parfois compliqué.

Le groupe mise donc également sur l’animation technique. TIC organise environ une soirée technique par trimestre, selon la disponibilité des intervenants et des fournisseurs.

"Je m'attache à la qualité des sujets traités, assure Frédéric Toussaint. Je veux que les participants y apprennent quelque chose et règlent un sujet précis. Nous avons ainsi organisé deux sessions du CTA (Club Technique Auto, ndlr) sur les moteurs PureTech et EcoBoost, ayant attiré plus de 100 personnes".

Ces rendez-vous permettent aussi de valoriser les capacités logistiques de l’entreprise auprès des clients et prospects. "Notre dernière soirée s’est déroulée directement sur notre plateforme de 9 000 m² à Angoulême afin de montrer notre capacité de stockage et de disponibilité des pièces", précise le dirigeant.

Une manière pour TIC de rappeler que, derrière la distribution de composants techniques, l’enjeu repose avant tout sur la capacité à accompagner les réparateurs face à des véhicules toujours plus complexes. Dans ce contexte, l’expertise devient autant un facteur de différenciation qu’un enjeu de pérennité.

Autodoc change de cap avant son introduction en Bourse

L'histoire entre Autodoc et le fonds Apollo aura finalement été de courte durée. Entré au capital du pure player berlinois en avril 2024 pour accompagner son projet d'introduction en Bourse, l'investisseur américain s'apprête désormais à céder sa participation.

Pour financer cette opération, le spécialiste de la pièce automobile en ligne prévoit de mettre en place un prêt obligataire de premier rang de 530 millions d'euros, complété par une ligne de crédit renouvelable de 50 millions d'euros.

Pour justifier cette opération, le groupe met en avant une situation financière solide et présente cette évolution comme une optimisation de sa structure de financement. Une nouvelle holding, Autodoc Holding SE, a d'ailleurs été créée pour porter cette dette.

Autodoc ne renonce pas à son IPO

À l'issue de cette opération, les trois fondateurs d'Autodoc devraient retrouver indirectement la totalité du capital de l'entreprise.

Si le groupe privilégie donc la dette à une sortie en Bourse pour racheter son actionnaire, il précise que cette décision ne remet pas en cause son intérêt pour les marchés financiers. Une IPO est toujours à l’étude, mais uniquement lorsque les conditions de marché seront jugées plus favorables.

Une croissance qui se poursuit

Cette réorganisation intervient alors que le distributeur poursuit sa progression. Après avoir bouclé un exercice 2025 en croissance, Autodoc a également démarré 2026 sur un rythme soutenu, avec un chiffre d'affaires trimestriel en hausse de 13,5 % à 484,9 millions d'euros et un bénéfice net plus que doublé.

Le groupe revendique désormais 9,5 millions de clients actifs et confirme ses prévisions annuelles, portées à la fois par la progression des ventes en ligne de pièces détachées et le développement de sa marketplace.

Autodistribution Talbot : grandir sans s'éloigner du client

Chez Autodistribution Talbot, le temps passe sans remettre en cause les recettes du succès. Installée à Louzy (79), l’entreprise familiale poursuit sa croissance avec régularité. En 2025, elle a réalisé 92,8 millions d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 6,43 % sur un an. Cette dynamique s’appuie notamment sur son activité de distribution de pièces de rechange, répartie entre trois segments : la pièce automobile, la pièce poids lourd et la fourniture industrielle. Pour entretenir cette dynamique, l’entreprise s’appuie, génération après génération, sur un principe simple : ne jamais éloigner le service du client. "Nous ne mettons aucun de nos clients à plus de 30 km de nos magasins", affirme Thierry Talbot, président du groupe.

Des implantations stratégiques

Cette stratégie de proximité oriente également les choix d’investissement du distributeur. Aujourd’hui, l’entreprise compte 16 magasins dans l’Ouest de la France, répartis entre les Deux-Sèvres (79), la Vienne (86), la Charente (16) et la Charente-Maritime (17). À ce réseau se sont ajoutés l’an dernier les sites de Fontenay-le-Comte et de Distré, repris à la société Guiliani. Le groupe a également fait le choix de reconvertir certaines implantations existantes. À Montmorillon, par exemple, une ancienne concession Citroën a été transformée en point de distribution de pièces.

Pour soutenir ce maillage territorial, la logistique occupe une place centrale. À Poitiers, le site a ainsi déménagé en 2022 dans un bâtiment plus vaste, passant de 1 600 à 2 400 m² afin d’absorber la croissance de l’activité, d’augmenter les capacités de stockage et d’améliorer les conditions de travail. Sur cette plateforme, sept navettes assurent quotidiennement les flux entre les différents sites du groupe, avec jusqu’à quatre livraisons par jour. "Il faut être le plus réactif possible face à la demande des clients. Toute commande passée chez nous avant 18h30 est livrée le lendemain matin avant 7 heures sur l’ensemble de nos sites", souligne Thierry Talbot.

Au-delà de cette efficacité logistique, Autodistribution Talbot s’appuie également sur la force du collectif. Son appartenance au groupement Autodistribution lui permet de bénéficier de conditions d’achat favorables, d’outils digitaux comme Autossimo ou encore de la marque de distributeur Isotech, qui lui permet de proposer aux professionnels des pièces de qualité à des prix attractifs.

La formation, autre pilier du modèle

La société collabore également avec plusieurs organismes afin de proposer des programmes de formation sous forme de journées complètes ou de soirées techniques. Au total, dix des seize magasins de l’entreprise disposent d’un espace dédié permettant d’accueillir les techniciens et de les accompagner dans leur montée en compétences, aussi bien sur les motorisations thermiques que sur les technologies électriques. Une aide précieuse dans un secteur sous tension et confronté à de profondes transformations.

"En plus de notre métier historique de stockiste, nous incitons les gens à lever la tête, à être fiers de ce qu’ils font et nous leur apportons tous les outils nécessaires pour qu’ils puissent exercer leur métier dans les meilleures conditions possibles", affirme le président d’Autodistribution Talbot. Cette philosophie irrigue l’ensemble de l’entreprise depuis sa création et contribue à la régularité de sa croissance. Une ligne de conduite qui reste inchangée malgré son développement : faire du client sa priorité. "Quand on est distributeur, nous sommes avant tout des commerçants", conclut Thierry Talbot.

À Lyon, la plateforme ACR a changé de dimension

L'histoire récente d'ACR Group est celle d'un coup du sort transformé en opportunité. C'est aussi celle du bon sens. Après le choc de la crise Covid en 2020, la filiale du groupe Parts Holding Europe (PHE) enregistre l'année suivante un exercice record. Comme la plupart de ses confrères.

Mais la direction comprend rapidement que cette dynamique reste en partie conjoncturelle. Nommé directeur général en sortie de crise, Nicolas Bencteux apporte un regard neuf sur l'entreprise et engage une véritable métamorphose de l’organisation. "En 2021, la croissance est venue d’elle-même. L’enjeu était de la pérenniser. C’est à ce moment-là que nous avons commencé à repenser notre modèle", nous expliquait-il l'été dernier, après avoir été primé lors de la dernière édition des Grands Prix de la Rechange.

L’année 2022 marque le début des grandes manœuvres. Le réseau de plateformes intègre les gammes et la logistique de son cousin belge Doyen Auto, entraînant une redéfinition complète de son maillage national. Un besoin renforcé par la montée en puissance d’ACR auprès des réseaux multimarques et des grands comptes qu’il convient de servir au mieux.

Des sites sont déplacés, tels Marseille et Toulouse, d’autres restructurés, à l’image de Nantes, Toulouse, ou Lille. La plateforme de Villefranche (voir J2R n°157), qui centralise la gestion des retours pour l’ensemble du groupe, poursuit quant à elle sa mue pour devenir un chaînon stratégique et fortement différenciant dans l’organisation d’ACR.

D'un trottoir à l'autre

Impossible, dans cette réorganisation, de passer à côté du cas lyonnais. Présent dans la capitale des Gaules depuis 2010, ACR a d’abord exploité un petit entrepôt avant de s’installer à Vaulx-en-Velin, avenue Franklin Roosevelt, dans un bâtiment d’environ 1 000 m² accueillant 35 000 références.

Une configuration suffisante pendant un temps, mais devenue trop limitée au regard des ambitions du groupe. D'autant que la direction avait d'autres ambitions pour Lyon. Après plusieurs mois de recherches infructueuses, le choix se porte finalement sur un bâtiment situé littéralement en face du précédent. Une adresse reprise depuis par Dasir pour y installer son stock de pneumatiques.

"Notre priorité était de rester dans cette zone, parce que c’est ici que se concentre le marché local de la pièce, explique Hervé Boisnard, directeur supply chain d’ACR. L'opportunité s'est présentée et le bailleur a accepté de rénover quasiment tout de A à Z." Une fois les travaux achevés, ACR peut y déployer les aménagements nécessaires à ses nouvelles ambitions.

La plateforme, d'une surface de 2 700 m² au sol et 1 300 m² en mezzanine, est ainsi entrée en action à l'automne 2024 avec un stock presque multiplié par deux, atteignant aujourd'hui 65 000 références. Un volume particulièrement important pour une plateforme régionale, mais qui illustre le rôle désormais joué par Lyon dans l’organisation du groupe. "Ce site est bien plus qu'une plateforme régionale", confirme Hervé Boisnard.

Du H+4 régional au J+1 national

L’implantation lyonnaise couvre un large territoire. Rhône-Alpes, Jura, Doubs ou encore Haute-Savoie sont desservis en H+4. Mais son périmètre d’action dépasse largement ce cadre régional grâce à la stratégie dite du rebond.

En fait, si un client ne trouve pas la pièce qu'il recherche à Marseille, Toulouse ou Bordeaux, notre système va automatiquement interroger le stock de Lyon. Et son rayon d'action va même plus loin que la moitié sud du pays puisque la plateforme soutient notre activité jusqu'à l'Île-de-France.

Derrière Gennevilliers (92), siège et plateforme nationale de l'entreprise, Lyon joue donc un rôle pivot dans le bon fonctionnement d'ACR partout en France.

Mais entre viser un objectif et l'atteindre, il y a parfois un monde. Pour y arriver, les équipes ont traqué chaque source potentielle de gain de performance, jusque dans les moindres détails de l’organisation. Premier chantier : l’informatique. L’adoption d’un nouveau WMS a considérablement fluidifié le fonctionnement de l’entrepôt et amélioré le taux de service. Autre donnée surveillée comme le lait sur le feu : les livraisons.

À Lyon, ACR a fait le choix de miser sur des plans de tournées dédiées qui fiabilisent l'arrivée des produits. Parmi les neuf sites que compte l'entreprise en France, c'est d'ailleurs cette plateforme qui présente le meilleur taux de livraison. Quant aux stocks, la performance tient autant dans l'organisation de la plateforme que dans la qualité du portefeuille. Sur le premier point, Lyon suit la même logique qu'à Marseille et Toulouse : chaque mètre carré, parfois même chaque centimètre carré, est optimisé.

Les allées suivent une logique de rangement par marque, par famille et par rotation. Toutefois, jamais ou presque deux de suite ne se ressemblent car le monde de la pièce est un métier d'épicier où se côtoient une multitude de produits aux tailles et aux poids différents.

Un comptoir très stratégique

En parallèle, pour fiabiliser ces mêmes stocks, un double contrôle est effectué à l'entrée, lors des réapprovisionnements, et à la sortie, lors de la préparation des commandes. "C'est important que le client n'ait pas de mauvaise surprise, ajoute le directeur supply chain. Aujourd'hui, notre organisation est tellement performante qu'il est difficile de se tromper."

Dans une logique de productivité et de visibilité, les opérateurs s'appuient également sur plusieurs écrans de suivi des performances. De quoi aussi gérer les urgences quand il y en a et réaffecter certains salariés sur certaines tâches.

Hervé Boisnard, directeur supply chain d'ACR, entouré de Matthias Sanchez, responsable plateforme itinérant, et Sinisa Cubrilovic, responsable de la plateforme de Lyon. ©J2R

Autre particularité du site lyonnais : son comptoir fait l’objet d’une attention particulière. Depuis la mezzanine, un convoyeur hélicoïdal alimente directement cette zone dédiée. De quoi dissocier ses flux de ceux confiés aux transporteurs mais aussi tenir l'objectif maison de préparer une commande entre 5 et 10 minutes.

Le comptoir représente environ 20 % de notre activité. C'est loin d'être anodin. De nombreux clients préfèrent venir récupérer directement leur commande donc on se doit d'être performant. C'est aussi pour eux que Lyon est la seule plateforme régionale à être ouverte tous les samedis matin, de 8h à 13hdétaille Hervé Boisnard.

Quant à l'assortiment de pièces, le site lyonnais suit les prérequis de l'entreprise avec essentiellement des marques premium et beaucoup de pièces techniques. Performante sur le plan commercial et mature au niveau du fonctionnement, la plateforme a trouvé son rythme de croisière, bien aidée aussi depuis début janvier par l'adoption d'un nouvel ERP.

Pour sa direction, tout l'enjeu est désormais de trouver le bon équilibre entre largeur et profondeur de gammes. Et c'est ce second axe qui constitue la priorité pour les prochains mois. C'est ainsi que Lyon entend pérenniser son caractère incontournable au sein d'ACR et même bien au-delà.

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Automechanika : IJS Group fait de l'export son moteur de croissance

Une première participation loin d'être anodine. Du 8 au 12 septembre 2026, IJS Group fera sa première apparition à Automechanika Francfort (hall 5, stand C66). À travers cette présence, le spécialiste espagnol des composants de distribution moteur compte renforcer son empreinte hors de son marché domestique et gagner en visibilité auprès des professionnels de l'après-vente.

Pour soutenir cette stratégie, le groupe s'appuie notamment sur ses ventes à l'étranger. En 2025, celles-ci ont progressé de 20 % et représentent désormais 60 % du chiffre d'affaires du groupe. Une dynamique qui s'est poursuivie en 2026, avec une hausse de 25 % du chiffre d'affaires sur les cinq premiers mois de l'année par rapport à la même période de 2025. IJS Group ambitionne de porter la part de son activité à l'export à 70 % d'ici à la fin de 2027.

Une croissance portée par l'international

Cette croissance se traduit sur plusieurs marchés. La France demeure le premier débouché à l'export du fabricant, avec une progression de 6 %. En Europe, la Turquie (+64 %) et l'Italie (+55 %) enregistrent les plus fortes hausses, tandis que l'Ukraine (+9 %) et le Portugal (+10 %) restent des marchés dynamiques. Le groupe renforce par ailleurs sa présence au Maghreb avec une croissance en Tunisie (+20 %) et au Maroc (+10 %).

Au-delà de sa stratégie internationale, IJS Group élargit également son catalogue. Si les composants moteur restent son cœur de métier, le groupe diversifie ses activités, comme en atteste l'arrivée d'une gamme d'étriers de frein destinée aux véhicules électriques. Comme pour ses autres produits, ils sont proposés pièce par pièce ou bien sous la forme d'un kit complet afin de s'adapter aux différentes opérations de maintenance réalisées par les réparateurs.

Autre atout : cette gamme couvre également plusieurs modèles de constructeurs chinois, notamment BYD, Jaecoo et Omoda. Lancée à l'occasion d'Automechanika, elle comprendra déjà 220 références, couvrant plus de 90 % du marché européen. 

Le groupe espagnol ne compte toutefois pas s'arrêter là. Après la signature d'un premier accord de distribution en Allemagne, IJS Group prévoit également de s'implanter plus fortement dans les pays nordiques à partir de 2027 afin de conforter son implantation internationale. "IJS Group consolide et élargit son activité hors de son marché domestique en s'appuyant sur sa capacité à répondre aux attentes de la filière aftermarket", conclut Adrián Pérez, responsable de l'exportation chez IJS Group.

Faustine Saris, WheelSecure : une vie sans marche arrière

"Si tu veux la paix, prépare la guerre." Voilà comment Faustine Saris résume son parcours. Une phrase qui en dit long sur son tempérament et qui résonne encore en elle au quotidien, puisqu’elle est tatouée sur sa chair. Son parcours n’a jamais ressemblé à une ligne droite. Les obstacles ont été nombreux et, pour les surmonter, elle a dû faire preuve de détermination, de conviction et de courage.

Les coups d’éclat comme les coups de gueule ont rythmé son existence. Souvent pour le meilleur, parfois avec fracas. "Je veux rester fidèle à ce que je suis et je ne ferai jamais de choses qui vont à l'encontre de mes idées", résume celle qui se définit comme "une lionne solitaire". Après une jeunesse compliquée, elle choisit très tôt de s’engager dans l’armée.

Pourquoi ? "Parce que j’ai toujours choisi une vie où l’on se dépasse plutôt qu’une autre où l’on se cache." Quelques années plus tard, elle quitte les rangs et monte à Paris. D’abord barmaid, elle travaille ensuite dans un magasin de prêt-à-porter masculin. Le goût du rebond, déjà. Et cette capacité à passer d’un univers à l’autre sans jamais perdre son cap.

À l’épreuve du pire comme du meilleur

Faustine Saris finit par revenir dans son Sud natal. Elle reprend alors ses études et décroche ses diplômes d’ambulancière, puis d’infirmière. Ses années passées au Smur restent encore aujourd’hui parmi ses souvenirs professionnels les plus marquants. "Je travaillais exclusivement de nuit. C'était riche, intense…" Pleinement à sa place, Faustine Saris est pourtant contrainte d'arrêter brutalement sa carrière dans le médical.

Touchée par la maladie, elle doit alors se soigner et se reconstruire. Mais aussi difficile soit-elle, cette épreuve lui a aussi beaucoup apporté.

Être touchée par la maladie a été la pire expérience de ma vie car j'ai dû annoncer à ma maman que j'allais partir avant elle. Mais paradoxalement, ça aussi été la plus belle car la brutalité physique et mentale de ce moment m'a obligé, encore une fois, à me dépasser. Le cancer est une leçon de vie à tous les niveaux.

Une fois tirée d'affaire, le Smur n'étant plus une option, elle se voit proposer un poste de commerciale dans le pneumatique. Un univers nouveau mais pas si inconnu pour cette passionnée de sport mécanique, et particulièrement de moto. Pendant près de dix ans, elle évolue dans différents réseaux et chez plusieurs constructeurs.

Un environnement où son caractère est parfois mis à rude épreuve. Dans un secteur encore marqué par certains réflexes machistes, elle doit composer avec des remarques déplacées et la rudesse de certains collègues ou managers.

Jamais de hasard dans la vie

Si un grave accident l’a contrainte à tourner la page de la compétition moto, sa passion du pneumatique, elle, reste intacte. Et finit même par provoquer une rencontre décisive. Début 2025, Faustine Saris devient représentante commerciale de WheelSecure en France. Si le produit lui était familier depuis déjà des années, la rencontre avec l'équipe du spécialiste des solutions d'anticrevaisons préventives a été décisive.

Il n'y a jamais de hasard dans la vie. On est une petite équipe, mais avec une forte cohésion, et c'est ce qui fonctionne.

WheelSecure constitue ainsi un nouveau chapitre dans une trajectoire déjà particulièrement éclectique. Car la commerciale du pneumatique cache encore bien d’autres facettes.

En parallèle de cette activité, elle est également viticultrice, vigneronne et éleveuse de chats. "Personne ne vivra votre vie pour vous et chaque opportunité, chaque découverte, est une chance. La nouvelle aventure, c'est la vie en elle-même", conclut-elle.

LKQ : David Colantonio passe à l’Europe, la filiale française se réorganise

Moins d'un an après sa nomination à la tête de LKQ France, David Colantonio quitte déjà ses fonctions opérationnelles dans l'Hexagone pour rejoindre la direction européenne du groupe. Depuis le 22 juillet 2026, il occupe le poste de directeur commercial, chargé de développer les activités à l'échelle du continent.

Dans ses nouvelles fonctions, David Colantonio aura notamment la responsabilité d'accompagner la croissance des marques de distributeur du groupe et de renforcer les relations avec les grands comptes internationaux.

Même s'il quitte ses responsabilités de directeur pour la France et la Belgique, le dirigeant continuera d'accompagner ces deux marchés dans le cadre de son nouveau rôle européen, sous la responsabilité d'Anthony McAteer, directeur commercial senior de LKQ Europe.

"David allie un leadership commercial fort à une excellente connaissance de nos clients, de nos marchés et de nos équipes à travers l'Europe. Dans le cadre de cette transition, LKQ Europe a également confirmé la répartition des responsabilités commerciales en France et en Belgique, afin de garantir la continuité pour les clients et les collaborateurs sur ces deux marchés. Nous sommes impatients de voir ce que David accomplira pour notre entreprise et nos clients dans ses nouvelles fonctions", indique Antonio Calvosa, vice-président chargé des activités commerciales, de la stratégie et de l'innovation chez LKQ Europe.

Nouvelle organisation en France

Cette évolution s'accompagne d'un ajustement de la gouvernance commerciale dans l'Hexagone. Sebastien Vanderperre, CEO de LKQ Benelux, France et Italie, reprend directement la direction des ventes françaises. Il pilotera le développement commercial de la filiale tout en conservant ses responsabilités régionales.

"Cette transition nous offre l'occasion de nous appuyer sur les bases solides déjà établies en France et en Belgique. Notre priorité reste inchangée : accompagner nos clients, renforcer nos partenariats et apporter à nos équipes la clarté et le leadership nécessaires pour continuer à faire progresser l'entreprise", explique Sebastien Vanderperre.

En Belgique, l'organisation reste inchangée avec Klaas Ruythooren, qui conserve ses fonctions de directeur commercial.

Exide réduit ses émissions et renforce son économie circulaire

Exide Technologies chiffre les premiers résultats de sa politique environnementale. Dans son rapport ESG 2026, le fabricant de batteries revendique une réduction de 21 % de ses émissions de gaz à effet de serre des scopes 1 et 2 par rapport à l’exercice 2022, retenu comme année de référence. Cette mesure couvre les émissions directement générées par ses activités ainsi que celles associées à l’énergie achetée par l’entreprise, mais n’intègre pas l’ensemble de sa chaîne de valeur.

Le document, largement aligné sur les normes européennes d’information en matière de durabilité (ESRS), présente également les actions menées dans les domaines sociaux, de la gouvernance et de l’approvisionnement responsable.

Les matières valorisées en hausse

Autre indicateur mis en avant : la part des matières recyclées ou valorisées employées dans la production est passée de 74 à 77 %. Une progression qui traduit le poids croissant de l’économie circulaire dans l’industrie de la batterie, où la récupération des matériaux, notamment du plomb, constitue déjà un enjeu industriel majeur.

Exide poursuit parallèlement le développement de ses capacités de production d’énergie renouvelable. Le groupe annonce ainsi la construction d’une sixième installation photovoltaïque en Espagne.

Meilleures notes aux évaluations externes

Les performances déclarées par Exide ont également contribué à améliorer ses évaluations extrafinancières. Dans les catégories "Climate Change" et "Water Security" du CDP, l’entreprise est passée de la note C, correspondant au niveau "Awareness", à la note B, associée au niveau "Management". Cette évolution indique une prise en compte plus structurée des risques climatiques et liés à l’eau.

L'équipementier a par ailleurs conservé la médaille d’or EcoVadis. Selon les données communiquées, il figure parmi les 2 % d’entreprises les mieux évaluées à l’échelle mondiale et parmi les 1 % les mieux notées dans le secteur de la fabrication de batteries.

Odis-Tolédif joue la carte du tout-en-un pour les ateliers

Né en 2023 du rapprochement entre Odis, implanté en Bretagne et dans les Pays de la Loire, et Tolédif, spécialiste de la peinture dans le Val de Loire, le groupe codirigé par Laurie de la Motte Collas et Bruno Bonnet poursuit son intégration. "L’exercice 2025 a marqué une étape importante de consolidation et de structuration pour Odis-Tolédif, souligne Laurie de la Motte Collas. Après le rapprochement de nos deux entités, nous avons poursuivi l’intégration de nos organisations tout en maintenant un niveau d’activité soutenu." Ce qui se traduit dans les résultats du distributeur.

La peinture monte en puissance

Présent dans douze départements du Grand Ouest, il a clôturé l’exercice 2025 avec un chiffre d’affaires supérieur à 55 millions d’euros, en hausse de 1 % par rapport à 2024. L’entreprise compte plus de 150 collaborateurs répartis sur 16 sites et une plateforme logistique. Elle sert près de 5 000 clients professionnels et anime un réseau de 52 garages et carrosseries sous les enseignes Precisium et Groupauto.

Si la pièce automobile demeure le cœur de métier du distributeur, la peinture prend une place croissante dans son développement. "La peinture demeure un moteur de croissance important, notamment auprès des carrosseries et ateliers spécialisés qui recherchent à la fois expertise technique et réactivité logistique", souligne Bruno Bonnet. Cette activité s’appuie notamment sur le savoir-faire historique de Tolédif et sur BlackBoost, la marque propre lancée en 2023.

Son catalogue couvrirait aujourd’hui environ 80 % des besoins des carrossiers en consommables, avec une offre allant des godets de préparation aux vernis haute performance, en passant par les apprêts, mastics et diluants.

Odispro.fr au centre du jeu

Pour réunir ses différents métiers, Odis-Tolédif a lancé fin 2025 la plateforme odispro.fr, développée avec Digikrom. Celle-ci centralise environ 50 000 références issues de ses activités de pièces, peinture et fournitures industrielles. Le portail s’appuie notamment sur Kromparts, qui croise les données constructeurs et équipementiers afin de limiter les erreurs de référencement. Les recherches peuvent être effectuées à partir de l’immatriculation, du numéro de châssis ou des catalogues constructeurs.

Pour la peinture, l’outil ColorDist permet de retrouver une teinte par marque, code couleur ou immatriculation. Une nouvelle étape est prévue au second semestre 2026 avec le déploiement d’une solution d’analyse de teinte à distance reposant sur un spectrophotomètre connecté. Odis-Tolédif affiche aujourd’hui un taux de retour compris entre 8 et 10 % de ses commandes, et espère le diviser par deux grâce à une meilleure fiabilité des références.

Une offre enrichie dès la rentrée 2026

À la rentrée, Odis-Tolédif prévoit d’enrichir odispro.fr avec un catalogue plus complet structuré autour de ses trois métiers. La partie pièces intégrera notamment un nouveau moteur de recherche capable de croiser davantage de données constructeur et aftermarket. Cette évolution accompagnera aussi l’arrivée de RevLine, marque de lubrifiants du fabricant polonais Flukar, dont Odis-Tolédif assurera la distribution exclusive en France.

L’offre en fournitures industrielles sera également renforcée avec davantage d’équipements de protection individuelle, de solutions de soudage et de consommables techniques. Enfin, le distributeur travaille avec Digikrom sur une solution dédiée à la gestion de flotte automobile, dont le lancement est prévu d’ici la fin 2026.

Automechanika : Topdon renforce son offre de diagnostic

Le diagnostic reste plus que jamais au cœur de la stratégie de Topdon. À Automechanika Francfort, le fabricant présentera en avant-première européenne une nouvelle solution de diagnostic appelée à devenir le produit phare de sa gamme ONE, qui comprend déjà les versions ONE Lite et ONE Plus.

Destinée aux professionnels de la réparation, cette nouvelle solution sera lancée en Europe à l'occasion du salon et réunira des fonctions de diagnostic, de recherche de pannes et de maintenance.

Il prendra également en charge les protocoles avancés ainsi que le codage des calculateurs. Autre atout de l'outil : sa compatibilité avec 120 marques automobiles. L'équipementier n'a toutefois pas encore dévoilé les caractéristiques techniques détaillées du produit, dont la commercialisation est prévue d'ici la fin de l'année 2026.

Une offre qui s'étend au-delà du diagnostic

Au-delà de cette nouveauté, Topdon profitera également du salon pour présenter l'étendue de son offre destinée aux ateliers. Les visiteurs pourront notamment retrouver des équipements dédiés à l'entretien des batteries, des caméras infrarouges ainsi que plusieurs autres outils destinés aux véhicules industriels et aux motorisations deux-roues.

Pour le poids lourd, Topdon mettra en avant son démarreur portable V4000HD, l'ArtiDiag HD ainsi que les packs Heavy-Duty compatibles avec les plateformes Phoenix Smart et Phoenix Max.

L'intelligence artificielle occupera également une place importante sur le stand avec TopFix AI. Lancée en Europe au printemps 2026, cette solution fournit aux techniciens des recommandations de diagnostic ainsi qu'une assistance à la réparation.

Intégrée à la gamme ONE, elle vise également à accompagner la montée en compétences des professionnels. L'ensemble de ces solutions sera présenté du 8 au 12 septembre 2026 à Automechanika Francfort, hall 9, stand F35.

Alternative Autoparts : le pari qui valait un milliard

Qui aurait parié sur Alternative Autoparts il y a dix ans ? Lorsqu'ils quittent Précisium en 2016, Patrice et Fabrice Godefroy, dirigeants d'IDLP, savent qu'ils s'engagent dans une aventure incertaine. Le marché est alors largement dominé par deux géants, Alliance Automotive Group et Autodistribution.

Pourtant, quelques mois plus tard, un nouveau groupement voit le jour. Dix ans après, celui-ci fédère près de 180 adhérents, plus de 250 points de vente et revendique la place de numéro trois dans le paysage de la rechange indépendante avec plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires consolidé. Un statut que ses fondateurs n'imaginaient pas nécessairement atteindre aussi rapidement.

"Quand on se lance dans une aventure comme celle-ci, on a évidemment de l'ambition. Mais de là à imaginer qu'Alternative Autoparts dépasserait le milliard d'euros de chiffre d'affaires consolidé en dix ans, non, nous n'osions pas le prévoir", reconnaît Fabrice Godefroy, directeur général du réseau.

Le pari d'une autre voie

Pour comprendre les origines d'Alternative Autoparts, il faut remonter à l'automne 2014. Après avoir annoncé leur départ de Précisium lors du salon Automechanika Francfort, les dirigeants d'IDLP commencent à imaginer la suite. Le projet est encore embryonnaire. Le nom n'est pas définitivement arrêté. Le logo lui-même prend forme dans les couloirs de l'aéroport au retour du salon... Mais une question demeure : comment bâtir un groupement crédible face aux deux acteurs historiques ?

La réponse va émerger à Cannes, lors d’une réunion au cours de laquelle les gérants d’IDLP et d’ATAC Pièces Auto réunissent les principaux fournisseurs du marché afin de leur présenter leur projet. Une étape décisive dans l'histoire du futur réseau de distributeurs. "Créer un groupement est une chose. Mais sans le soutien des fournisseurs, cela reste une coquille vide", rappelle Fabrice Godefroy.

Les équipementiers adhèrent immédiatement à l’initiative. "Finalement, tous les fournisseurs nous ont suivis. Sans exception. Et même avec une réelle motivation", se souvient le directeur général. À l'époque, certains observateurs considèrent pourtant le projet avec scepticisme.

"Ils pensaient alors qu’Alternative Autoparts était un outil destiné à renforcer IDLP. Dix ans plus tard, lorsqu'on observe la diversité des adhérents, des plateformes, des distributeurs, des relais techniques et des garages d’Alternative Autoparts, plus personne ne peut sérieusement soutenir cette thèse", estime Fabrice Godefroy.

Réunis début juin à Cannes pour célébrer les dix ans d'Alternative Autoparts, les actionnaires du groupement ont échangé sur les défis à venir et les évolutions d'un marché en pleine transformation. ©AA

Réunis début juin à Cannes pour célébrer les dix ans d'Alternative Autoparts, les actionnaires du groupement ont échangé sur les défis à venir et les évolutions d'un marché en pleine transformation. ©AA

Construire un acteur national

Obtenir la confiance des fournisseurs ne constitue toutefois qu'une première étape. Encore faut-il bâtir un véritable réseau national capable de rivaliser avec les acteurs historiques du marché.

Soutenu par la politique de croissance externe menée par IDLP, le groupement renforce progressivement son maillage logistique avec l'intégration de PAP Sud en 2017, de PAP Ouest en 2018 puis de PAP Est en 2020. Cette montée en puissance permet progressivement d'améliorer la couverture du territoire et les capacités d'approvisionnement du réseau. "Nous avons avancé marche après marche", résume Julien Lefort, directeur général adjoint.

Cette construction progressive s'accompagne d'autres développements structurants. En 2018, Alternative Autoparts rejoint Nexus Automotive International. La même année, le groupement organise sa première convention à Mykonos (Grèce), un rendez-vous qui deviendra rapidement un élément fédérateur pour les distributeurs et réparateurs.

Puis vient le cap symbolique des 100 adhérents en 2020. À mesure que le réseau grandit, son offre s'élargit également avec l’arrivée de familles de produits complémentaires et de nouvelles solutions techniques. Au total, près de 180 fournisseurs travaillent aujourd’hui avec la centrale et plus de 300 000 références sont disponibles.

Un modèle qui cultive sa différence

Si Alternative Autoparts a su attirer de nouveaux adhérents, c'est aussi grâce à un positionnement singulier : redistribuer un maximum de valeur à ses membres. Selon Julien Lefort, plus de 80 % des rémunérations générées par la centrale sont reversées aux adhérents. "Notre philosophie a toujours été de faire redescendre la valeur créée vers les adhérents. C'est ce qui constitue notre véritable force", explique-t-il. Dix ans plus tard, les principes de fonctionnement demeurent sensiblement les mêmes. "Cette cohérence explique en grande partie la fidélité des adhérents qui nous ont rejoints dès le départ."

Mais la redistribution seule ne suffit pas à faire la différence. Face à une concurrence toujours plus intense, la centrale a progressivement enrichi sa boîte à outils. L’enseigne de garages Technicar Services, les Relais Techniques, ou encore le développement de la marque de distributeur Novalt ont, tour à tour, été lancés pour accompagner la croissance des adhérents.

"Notre stratégie repose sur trois piliers : le produit, le service et le réseau", insiste Julien Lefort. La création de Novalt constitue d'ailleurs l'une des évolutions majeures de ces dernières années. Lancée en 2023, la marque de distributeur répond à une demande croissante de solutions plus accessibles. Balais d'essuie-glace, freinage, kits de distribution, équipements d'atelier ou consommables de carrosserie : les gammes se sont progressivement étoffées.

Directeur général adjoint d'Alternative Autoparts, Julien Lefort défend un modèle reposant sur trois piliers : le produit, le service et le réseau. Une stratégie qui a accompagné la montée en puissance du groupement. ©AA

Directeur général adjoint d'Alternative Autoparts, Julien Lefort défend un modèle reposant sur trois piliers : le produit, le service et le réseau. Une stratégie qui a accompagné la montée en puissance du groupement. ©AA

Le deuxième acte

Après avoir structuré son réseau, Alternative Autoparts ouvre désormais un nouveau chapitre. Celui de la diversification. L'un des exemples les plus visibles concerne la carrosserie. Historiquement présente chez certains adhérents, cette activité a pris une nouvelle dimension grâce à l'expertise d'Ouest Injection puis au partenariat national signé en début d’année avec AkzoNobel autour de la marque Lesonal.

"La peinture est devenue une activité particulièrement importante parce qu'elle répond à un besoin durable. Que les véhicules soient thermiques, hybrides ou électriques, les besoins en réparation carrosserie demeurent", souligne Fabrice Godefroy. Le vitrage figure également parmi les pistes de développement étudiées par le groupement. L'objectif est de proposer aux adhérents un éventail toujours plus large de solutions afin de répondre aux attentes des ateliers.

L'électrification constitue également un sujet de fond. Même si sa progression demeure plus lente qu'annoncée il y a quelques années, Alternative Autoparts prépare ses adhérents à cette évolution à travers des formations, des catalogues dédiés et différentes actions de sensibilisation.

"Les distributeurs, comme leurs clients réparateurs, devront être accompagnés dans cette transition vers les nouvelles motorisations. […] Il faut aussi démystifier certaines idées reçues sur le véhicule électrique. Certes, plusieurs opérations d'entretien disparaissent, mais de nouveaux besoins apparaissent", souligne Julien Lefort.

Pour Fabrice Godefroy, l'enjeu consiste avant tout à rester à l'écoute des transformations du marché. "Notre rôle consiste à analyser ces évolutions et à comprendre les attentes des clients pour apporter des réponses adaptées." Une nouvelle étape qu’Alternative Autoparts abordera avec ses adhérents lors de sa prochaine convention à Lisbonne (Portugal) en 2027, où il sera question, une fois encore, d'anticiper les mutations de l'après-vente plutôt que de les subir.

Automechanika : Sorea muscle son offre pour accélérer en Europe

De retour à Automechanika Francfort, Sorea profitera du salon allemand pour mettre en avant sa stratégie de développement en Europe. Premier marqueur de cette ambition : un catalogue désormais porté à 26 700 références, contre 22 000 en 2024, couvrant ainsi 95 % du parc roulant européen.

Cette progression s'appuie notamment sur l'élargissement de plusieurs familles de produits. Si les transmissions, démarreurs et alternateurs concentrent encore la majorité des ventes de l'équipementier, celui-ci étoffe progressivement son offre dans d'autres segments. A commencer par les pompes à crémaillère et les pompes de direction assistée, développées depuis 2019.

1 000 références supplémentaires

Ces deux familles totalisent désormais 3 900 références, contre 2 900 en 2024, soit un millier de références supplémentaires. Dans le détail, l'offre comprend 2 134 pompes à crémaillère et 1 767 pompes de direction assistée.

Une montée en puissance qui s'appuie sur d'importants investissements industriels, illustrés notamment par l'ouverture d'une nouvelle usine à Pampelune, en Espagne, dédiée à la fabrication de ces produits. "Nous confirmons notre capacité à innover, sans compromettre l'exigence de qualité qui constitue notre ADN, nous abordons donc ce rendez-vous international avec beaucoup d’optimisme", souligne Hervé Faravellon, directeur commercial export de Sorea.

Au-delà du développement de son offre, l'entreprise entend également renforcer sa présence sur les marchés européens. Un enjeu stratégique alors que l'export représente déjà 38 % de son chiffre d'affaires.

L'efficacité opérationnelle au service de la rentabilité 

Afin d'accompagner cette dynamique, Sorea a également revue son organisation logistique. Son stock immédiatement disponible passe ainsi de 250 000 à plus de 400 000 pièces, avec l'objectif de raccourcir les délais de livraison et d'améliorer la qualité de service proposée aux professionnels.

Cette évolution s'accompagne également d'une modernisation du site de Sainte-Eulalie-en-Royans (26), où un nouveau système de gestion d'entrepôt (WMS) a été déployé afin d'optimiser les flux et la gestion des stocks.

Autant d'investissements qui s'inscrivent dans la stratégie RSE du groupe fondé sur le remanufacturing, l'économie circulaire et une capacité à répondre aux cahiers des charges des constructeurs. Selon l'équipementier, cette approche permet de réduire l'empreinte carbone de ses produits, d'obtenir des produits aussi performants qu'en neuf, tout en économisant jusqu'à 80 % des matières premières nécessaires à leur fabrication.

Rémi Philippe (Stellantis) : "Nous voulons porter notre offre IAM à 10 000 références minimum"

2026 est une année symbolique pour Distrigo, puisque le réseau fête ses 10 ans. Quel regard portez-vous sur son évolution et sur sa place dans le paysage français de l’après-vente ?

Rémi Philippe : C’est clairement un atout pour le groupe. Comme je m’occupe également de l’animation du réseau de réparateurs agréés, je mesure très concrètement l’apport du service Distrigo et de l’offre 360 Distrigo pour nos ateliers. De l’autre côté, je constate aussi la puissance dont nous disposons en matière de négociation, de développement de nouvelles gammes et d’adaptation aux évolutions du marché. C’est une véritable force.

Aujourd’hui, nous disposons d’un modèle qui n’est plus réellement challengé et qui tend même à être copié par d’autres constructeurs. Nous mesurons pleinement l’avantage que nous procure Distrigo, mais cet avantage repose aussi sur une remise en question permanente. Nous avons construit une qualité de service reconnue, et développé une offre 360 que nous continuons à renforcer. Nous avons notamment su accélérer notre transition vers le multimarque.

Nous sommes passés d’une offre Peugeot-Citroën à une offre intégrant Eurorepar, puis les pièces des marques du groupe FCA. Aujourd’hui, nous poursuivons cette évolution avec l’intégration de davantage de références IAM afin de proposer une offre toujours plus en phase avec les attentes du marché. C’est l’un de nos grands chantiers pour les prochains mois.

Allez-vous marquer cet anniversaire par un évènement particulier ?

Nous prévoyons effectivement plusieurs actions au second semestre. Mais nous venons déjà de lancer une opération baptisée "10 ans, 10 %" autour de l’offre carrosserie de notre marque Eurorepar. Lorsqu’un dossier de réparation comprend l’intégralité du rapport d’expertise, nous appliquons une remise qui nous permet d’être extrêmement compétitifs sur l’ensemble du panier de pièces.

Avant de revenir sur le détail de cette "offre 360", pouvez-vous rappeler le maillage actuel de Distrigo en France ?

Nous comptons aujourd’hui 36 plaques Distrigo en France métropolitaine, Corse comprise. Nous disposons également de 12 Distrigo Relay afin de couvrir les zones où l’éloignement géographique ne permet pas de constituer une plaque complète. Enfin, notre réseau s’appuie sur 200 Distrigo Market.

Vous venez d’évoquer votre volonté d’aller plus loin sur l’offre IAM. Concrètement, comment cela va-t-il se traduire ?

Nous disposons déjà d’une offre IAM, mais elle n’est pas encore suffisamment large. Le premier axe de travail consiste donc à étoffer cette gamme. Aujourd’hui, ces références sont principalement disponibles dans nos magasins centraux et dans les hubs Distrigo. L’objectif est de rapprocher ces stocks du terrain afin de rendre ces produits immédiatement disponibles pour nos clients.

Sur le marché de l’IAM, le premier critère reste la disponibilité de la pièce. Il faut qu’elle soit au catalogue, qu’elle soit physiquement en stock et qu’elle puisse être livrée très rapidement. La question du prix n’intervient que dans un second temps, même si nous devons évidemment rester correctement positionnés par rapport au marché.

C’est la raison pour laquelle nous souhaitons renforcer notre catalogue IAM, qui couvre actuellement environ 30 % de l’offre des spécialistes de ce type de produits. Nous voulons porter ce volume à au moins 10 000 références. Des pilotes sont en cours. L’objectif est de renforcer notre promesse de "one-stop shop", aussi bien pour nos réparateurs agréés que pour Eurorepar Car Service et les réparateurs indépendants.

Avec Sustainera, l’économie circulaire est aussi un axe fort de développement au sein du groupe Stellantis. Quelle est la place des pièces remanufacturées et des pièces de réemploi dans Distrigo ?

Autour de l’économie circulaire, trois acteurs interviennent : le réparateur, la plaque Distrigo et le constructeur. L’utilisation des pièces issues de l’économie circulaire va continuer à progresser fortement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Stellantis vient d’annoncer, après le hub de Rivalta en Italie, l’ouverture d’un nouveau hub à Poissy dans les prochaines années.

Il est très symbolique de transformer un site qui produisait des véhicules neufs en un site dédié à la déconstruction automobile et à la distribution de pièces de seconde vie. Cela illustre parfaitement la transformation actuelle du secteur automobile.

Cette montée en puissance de la pièce de réemploi est inévitable. Les assureurs poussent dans cette direction, tout comme les évolutions réglementaires. Le constructeur s’y prépare activement. De notre côté, nous déployons toute la communication autour de Sustainera afin de faire connaître cette offre. Ces pièces sont garanties par le constructeur et positionnées de manière cohérente sur le plan tarifaire. Nous savons que la demande progresse et nous faisons tout pour l’accompagner.

Distrigo joue un rôle logistique central. Mais chaque plaque évolue en fonction des spécificités de son marché local. La part des pièces Sustainera dans le chiffre d’affaires dépendra donc de la rencontre entre l’offre et la demande. Une chose est certaine : Sustainera, et plus largement l’économie circulaire, vont connaître une croissance rapide.

Travaillez-vous sur de nouvelles familles de produits issus de l’économie circulaire ?

Nous multiplions les initiatives. Sur les pièces électroniques, par exemple, nous travaillons avec notre partenaire Clarion afin d’identifier systématiquement les solutions alternatives disponibles. Nous avons lancé des batteries recyclées, des projecteurs remanufacturés et même les premiers projecteurs LED issus de l’économie circulaire. Nous renforçons progressivement notre offre sur l’ensemble des segments du réemploi et du remanufacturing.

Eurorepar poursuit son développement avec l’arrivée de nouvelles familles de produits, notamment en carrosserie. Quels enseignements tirez-vous de ce lancement, et quelles sont les prochaines familles dans le viseur ?

Le premier enseignement, c’est que nous avons bien fait de nous lancer. Développer une gamme est un processus long. Il faut identifier les fournisseurs, développer les produits puis les distribuer. Heureusement que nous avons anticipé les évolutions du marché de la carrosserie.

Nous allons poursuivre dans cette voie en travaillant à la fois le positionnement prix, la qualité et l’animation commerciale de ces familles de produits. L’opération "10 ans, 10 %", porte d’ailleurs sur certaines références de carrosserie Eurorepar. Nous savons que le développement de ces gammes constitue une réponse pertinente au vieillissement du parc.

Le vitrage automobile semble susciter de plus en plus de convoitises. Est-ce une ligne de produits qui pourrait vous intéresser ?

C’est une offre que nous avons déjà à notre catalogue. Mais avec la généralisation des Adas sur les pare-brise, la problématique du calibrage a remis en lumière un niveau de technicité sur lequel les constructeurs disposent d’une véritable légitimité. Nous avions pris l’habitude de considérer le vitrage comme une simple opération de remplacement. Aujourd’hui, il faut également intégrer les réglages et les calibrages associés. C’est cette expertise que nous devons remettre en avant.

D’autres familles de produits Eurorepar sont-elles prévues prochainement ?

Aujourd’hui, ma priorité est surtout de maximiser l’utilisation des gammes existantes. Il n’y a rien de pire que de multiplier les lancements sans créer la demande correspondante. Nous savons qu’aucun produit ne se vend spontanément sans animation commerciale. Il faut accompagner davantage les réseaux afin de développer l’usage des gammes déjà disponibles.

Avec le vieillissement inexorable du parc roulant, pourriez-vous un jour proposer une marque pour répondre aux besoins du marché sur le premier prix ?

Notre première réponse à cette attente repose sur notre offre IAM, que nous souhaitons développer, ainsi que sur Sustainera. Nous ne sommes pas dans une logique de lancement de marques low cost qui pourraient soulever des interrogations en matière de qualité. Lorsqu’on joue uniquement sur le prix, on réalise nécessairement des arbitrages ailleurs.

Stellantis reste avant tout un constructeur automobile, et cette exigence de qualité demeure fondamentale. Cela étant dit, nous ne sommes pas aveugles aux évolutions du marché. Chaque mois, nous travaillons le positionnement tarifaire de nos différentes familles de produits.

Nous avons récemment revu les essuie-glaces, puis le freinage. Nous allons maintenant nous attaquer à la distribution. Nous connaissons parfaitement les références à fort volume et savons sur lesquelles nous devons être compétitifs.

Quid du pneumatique ? Vous avez arrêté la marque Fortune et recentré votre stratégie sur le premium et le medium. Pourquoi ce choix ?

Sur le pneu, nous restons présents sur les trois segments de marché : premium, medium et budget. La marque Fortune provenait de Chine et allait être concernée par de nouvelles taxes. Nous arrivions également à l’échéance de certains contrats. Nous avons donc géré intelligemment cette sortie de gamme, dans l’intérêt de toutes les parties.

Cela ne signifie pas que nous allons abandonner le segment budget. Des annonces seront faites dans les prochaines semaines. Concernant le marché du pneumatique, nous évoluons dans un environnement globalement stable. Le kilométrage moyen diminue, mais le développement du véhicule électrique entraîne une usure plus rapide des pneus.

Le pneumatique constitue donc un axe de développement important pour nos réseaux. Nous devons simultanément répondre aux besoins d’un parc thermique vieillissant et accompagner l’essor du parc électrique. Les véhicules électriques sont plus lourds. À partir de 5 ou 6 ans, ils génèrent également des besoins en pièces de châssis, de suspension ou de direction.

L’outil Power Supply, qui permet d’identifier des alternatives en cas de rupture, avait été déployé pour faire face aux pénuries. Est-il toujours actif, et quels bénéfices concrets en tirent les plaques au quotidien ?

Oui, absolument, il est toujours actif et extrêmement efficace. Il permet notamment d’identifier des alternatives, qu’il s’agisse de pièces de réemploi, d’évolutions techniques ou de références de substitution. C’est devenu un véritable outil de travail au quotidien.

Travaillez-vous sur d’autres outils destinés à accompagner les plaques Distrigo ?

Nous avons notamment intégré le catalogue B-Parts à Power Supply. Par ailleurs, nous développons des solutions destinées à optimiser les tournées des vendeurs itinérants, à mesurer la couverture géographique d’un territoire ou à mieux identifier les potentiels de développement.

Aujourd’hui, nous concentrons nos efforts sur les outils d’aide à la prospection commerciale et à l’animation du réseau. Ces solutions permettent aux plaques Distrigo d’améliorer leur efficacité commerciale et de mieux cibler les opportunités de croissance.

L’activité après-vente semble marquer le pas en France depuis le début de l’année. A-t-elle été dynamique dans les différents réseaux du groupe Stellantis ?

Le bilan est plutôt positif. Quand on voit la somme des vents contraires qui pourraient s’accumuler, nous sommes plutôt satisfaits de nos résultats. Ces vents contraires sont à la fois externes et internes. Sur le plan externe, avec les tensions géopolitiques et la hausse des prix des carburants, il y a un impact direct sur le nombre de kilomètres parcourus en France. On observe également l’émergence de solutions de substitution.

Les sociétés d’autopartage annoncent des croissances très importantes de leur chiffre d’affaires d’une année sur l’autre. Très clairement, notre société d’assistance nous indique que les kilométrages observés ces dernières semaines sont inférieurs à la normale. Les automobilistes roulent moins.

Le deuxième sujet est le vieillissement du parc. Les réponses que nous avons apportées ont été les bonnes, puisque nous avons maintenu notre activité dans nos réseaux de réparateurs agréés ainsi qu’au sein d’Eurorepar Car Service. Le troisième sujet concerne l’évolution du marché de la collision. Avec moins de kilomètres parcourus, moins de véhicules sur les routes et davantage de voitures équipées d’Adas, le nombre d’accidents diminue. Par ailleurs, les automobilistes sont moins enclins à engager des réparations coûteuses sur une voiture légèrement emboutie qui a un certain âge.

Tout cela conduit à une activité carrosserie plus contrastée. Nous avons néanmoins réussi à compenser cette situation en maintenant le volume d’activité sur l’entretien et la mécanique. À cet environnement s’ajoute un facteur interne qui témoigne du renouvellement de notre gamme : nous enregistrons beaucoup moins d’activités liées à des campagnes techniques sur certains modèles du groupe. Nous sommes aujourd’hui en train de digérer l’ensemble des lancements réalisés ces deux dernières années.

Vidange : pourquoi les tarifs pourraient encore augmenter

Le choc pétrolier commence à gagner les rayons de la rechange. Entre janvier et juin 2026, selon des relevés réalisés par Autodoc, les prix des huiles moteur ont augmenté dans les six pays européens étudiés. La progression atteint 1,8 % en France, contre 2,5 % en Suède, 6,5 % en Italie, 6,8 % en Espagne et 11,4 % en Allemagne. Le Royaume-Uni se détache nettement avec une envolée de 18,3 %.

Ces résultats reposent sur l’analyse hebdomadaire des prix de sept grandes marques de lubrifiants commercialisées par des distributeurs en ligne. Ils renseignent donc avant tout sur l’évolution du canal internet et ne peuvent être transposés aux tarifs pratiqués par l’ensemble des distributeurs ou des réparateurs.

La France mieux protégée

Pour expliquer les écarts entre les différents pays, Autodoc met notamment en avant le niveau des stocks, les politiques d’approvisionnement et le recours aux réserves pétrolières. La France et la Suède auraient ainsi mieux amorti le choc que l’Allemagne et le Royaume-Uni, davantage exposés aux fluctuations des marchés.

Le décalage tient aussi aux choix commerciaux des fabricants et des revendeurs. Selon l’analyse de la plateforme, plusieurs fournisseurs ont d’abord absorbé une partie des surcoûts afin de maintenir leurs tarifs. Les révisions de prix se seraient généralisées à partir de la mi-avril, lorsque la hausse des huiles de base, des additifs chimiques, de l’énergie et du transport maritime est devenue plus difficile à contenir.

La progression mesurée dans l’Hexagone demeure modérée, mais elle pourrait s’accentuer dans les prochains mois. Les stocks constitués avant la crise peuvent retarder la transmission des coûts dans la chaîne de distribution. À mesure qu’ils sont renouvelés, les grossistes et les ateliers risquent de bénéficier de conditions d’achat moins favorables.

Le brut ne fait pas tout

La fermeture du détroit d’Ormuz, à la suite du déclenchement des hostilités entre les États-Unis et l’Iran fin février, a fortement perturbé les flux pétroliers. Le Brent a dépassé les 100 dollars le baril au printemps, après une hausse particulièrement rapide en mars.

L’Agence américaine d’information sur l’énergie a confirmé que l’interruption du trafic dans ce passage avait provoqué une forte tension sur les cours et les disponibilités mondiales (EIA).

Cette évolution touche directement les lubrifiants. Même les huiles synthétiques, qui représentent désormais plus de la moitié du marché européen selon les données citées par Autodoc, restent majoritairement issues de produits provenant du raffinage pétrolier. Leur prix dépend également de nombreux autres postes, parmi lesquels les additifs, les emballages, l’énergie et le fret.

La baisse ultérieure du brut ne se traduit d’ailleurs pas immédiatement dans les catalogues. Entre l’achat des matières premières, la fabrication, le transport et l’écoulement des stocks, plusieurs semaines, voire plusieurs mois, peuvent s’écouler. Autodoc estime en outre que certains opérateurs ont intégré une prime de risque à leurs tarifs pour se prémunir contre de nouvelles perturbations.

Les marges des ateliers en question

Pour les professionnels de l’entretien, l’enjeu dépasse le seul prix du bidon. La vidange reste une prestation d’appel, particulièrement exposée à la comparaison tarifaire. Une augmentation du coût des huiles peut donc peser sur la marge si elle n’est pas répercutée, mais aussi dégrader la compétitivité de l’offre lorsqu’elle est intégralement transmise au client.

Les réparateurs devront ainsi suivre de près leurs prix d’achat, tout en distinguant les hausses conjoncturelles des évolutions plus durables. La multiplication des homologations constructeurs et des viscosités limite par ailleurs les possibilités de substitution, notamment sur les motorisations récentes.

Autodoc anticipe désormais une phase de correction, suivie d’une stabilisation à un niveau supérieur à celui du début de l’année. Ce scénario reste étroitement dépendant de l’évolution du conflit et de la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz. Mais la hausse déjà enregistrée dans plusieurs pays d’Europe invite distributeurs et réparateurs à ne pas considérer cette accalmie comme acquise.

GlassGlass boucle son maillage de réparation mobile de vitrage auto

Les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes étaient les deux derniers départements manquants à GlassGlass, pour couvrir la totalité du territoire français. Ceux-ci sont désormais pourvus, grâce à un nouveau concessionnaire de son enseigne Actiglass. Son atelier mobile couvre donc cette zone, pour réparer le vitrage automobile des clients – particuliers et professionnels, assurés ou non – du réseau. Par ailleurs, ce dernier vient également de signer un nouvel accord avec un apporteur d'affaires : Reparmut.

Avantages de la réparation mobile

Ces développements s'inscrivent dans un contexte d'accélération de la croissance du chiffre d'affaires du groupe. En effet, alors que celui-ci oscille habituellement autour de 20 % par an, il a très largement été dépassé au premier semestre.

"Cette croissance s'explique par une hausse de la demande de réparation en mobilité chez tous nos clients historiques, observe Frédéric Fourgous, directeur général. Les automobilistes sont freinés par l'inflation du prix des carburants et s'habituent aux prestations à domicile". Tandis que le nombre de véhicules-ateliers de l'enseigne augmente légèrement.

GlassGlass réunit ainsi désormais 47 concessionnaires. Ceux-ci sont répartis entre 35 Actiglass et 11 Glass Pro Services. Sans oublier que certaines arborent les deux panneaux. En moyenne, ils exploitent deux à trois véhicules-ateliers. Ensemble, leurs près de 200 salariés exploitent un total de 112 ateliers mobiles (contre 106 à la fin 2025). Ancrés à leur territoire, sans charges foncières et avec une structure légère, leur capacité d’investissement est ainsi renforcée. Ces concessionnaires portent ainsi leurs efforts sur la technique, l'expansion et la création d’emplois.

Ce dispositif est désormais agréé par 80 % des assurances et mutuelles. Parallèlement, le groupe s'appuie, sur un portefeuille de 4 000 comptes d’agrément d’entreprises, de collectivités, et de gestionnaires de flottes. "Les apporteurs d’affaires apprécient de pouvoir s’appuyer sur un partenaire qualifié, fiable, agile, qui a la capacité de financer sa croissance et d’apporter à leurs clients un service de proximité réactif, souligne le dirigeant. Notre atout maître est sans conteste notre concept 100 % mobilité pour 100 % des véhicules, difficile à trouver sur le marché ".

Savoir-faire sur tous les types de vitrage

Pour consolider leur modèle, l'enseigne s'appuie sur son institut de formation GlassGlass. Un outil lui permettant à la fois de former ses réparateurs et de fidéliser ses techniciens chevronnés. Ainsi, "nos techniciens se forment tous les six mois", explique Frédéric Fourgous. Ils maintiennent leurs compétences et savoir-faire jusque sur les VL et PL les plus récents. Les techniciens y apprennent et révisent ainsi les méthodes de remplacement de pare-brise sur tous véhicules, de vitre latérale de bus, de calibration des Adas (système d’aide à la conduite).

Mais l'enseigne ne veut pas s'en contenter. Elle prépare de nouveaux développements. GlassGlass veut notamment faire évoluer le parcours client à l'aide de l’IA. Celle-ci va ainsi intégrer l'outil d’organisation du réseau pour rationaliser les plannings d’intervention et optimiser la disponibilité des services de réservation.

GlassGlas poursuit aussi ses préparatifs de création d'un réseau mobile de calibration des systèmes Adas. Trois véhicules pilotes dédiés circulent déjà chez certains concessionnaires. D'autres devraient bientôt les rejoindre. "Nous les répartissons entre grandes agglomérations et zones rurales, pour définir leur modèle économique", précise Frédéric Fourgous. Le lancement de cette nouvelle enseigne reste donc programmé d'ici à quelques mois.

Services adaptés aussi aux zones à faible densité

GlassGlass veut aussi densifier son maillage territorial. Le groupe compte encore lancer trois concessions dans le Languedoc et en Nouvelle-Aquitaine. Celles-ci occuperaient une bande s'étendant de Nîmes à Bayonne, en passant par Toulouse. Pour attirer les candidats, il peut compter sur l'attrait de ses services, associé à son portefeuille d'apporteurs d'affaires.

Du moins, ces arguments ont fonctionné pour attirer sa dernière recrue en date. Autoentrepreneur en mécanique, pneumatique et débosselage à Barcelonnette (04), Lionel Mouriès avait réalisé une étude de marché dans son secteur. "Je visais une enseigne sérieuse, qui pouvait m’accompagner dans une activité de bris de glace, nouvelle pour moi, mais dont je saisissais le potentiel régional, raconte-t-il. J’attendais une structure solide et de l’expertise pour devenir un professionnel qualifié et me développer".

Le modèle et l'équipe de l'enseigne répondaient exactement à ses attentes. Le concessionnaire explique que son orientation, qualité et service autour de la réparation mobile, est parfaitement adaptée à la population de sa zone à faible densité d’habitants. Essentiellement constituée de résidents secondaires, de retraités, d’artisans et d’agriculteurs, son activité est perçue comme un service rendu.

Technicien avant tout, il compte néanmoins développer sa partie commerciale dans sa zone de chalandise. "GlassGlass me donne les moyens d’aller chercher plusieurs marchés entre Actiglass, Glass Pro Services et le réglage des Adas. Le potentiel est énorme sur un secteur déserté où un service de mobilité demande des délais d’intervention d’au moins trois semaines", affirme Lionel Mouriès. Une activité au service des citoyens, qui rejoint également l'esprit d'entreprise à mission du groupe.

AD International s'ancre en Pologne

AD International poursuit l'élargissement de son réseau européen. Basé à Kortenberg, en Belgique, le groupement a annoncé l'intégration de Hart comme nouveau partenaire en Pologne. Rebaptisée AD Hart dans le cadre de cette adhésion, l'entreprise doit permettre au réseau de renforcer sa présence sur l'un des principaux marchés d'Europe centrale.

Fondé il y a plus de 35 ans, le distributeur figure parmi les acteurs de référence du marché polonais de l'après-vente automobile. L'entreprise s'appuie sur un réseau de 24 agences, emploie près de 800 collaborateurs et dispose de 81 000 m² de surfaces logistiques. Son activité représente un volume d'affaires d'environ 200 millions d'euros sur le marché de la rechange.

"Nous sommes ravis d'accueillir Hart, désormais AD Hart, au sein de la famille AD International. Ce partenariat s'inscrit dans notre ambition à long terme de renforcer et de compléter notre présence dans l'ensemble des pays où nous sommes implantés, de créer de nouvelles opportunités pour nos partenaires et de consolider notre collaboration avec nos principaux fournisseurs", indique Stéphane Antiglio, président d'AD International.

Une vision commune du marché

Pour AD International, cette adhésion repose autant sur la complémentarité des gammes que sur la proximité des approches commerciales. Le groupement souligne notamment la convergence entre le portefeuille fournisseurs de Hart et les marques déjà représentées au sein de son réseau.

"Dès nos premiers échanges avec l'équipe de direction de Hart, nous avons immédiatement constaté une forte convergence dans notre approche du marché. Le portefeuille de fournisseurs de l'entreprise recoupe largement les marques et les familles de produits représentées au sein d'AD International, ce qui témoigne d'une vision commune fondée sur la qualité, la fiabilité et des partenariats durables. Par ailleurs, la philosophie commerciale de Hart et son approche orientée vers le service aux clients sont en parfaite adéquation avec nos valeurs", explique Manuel Van Royen, directeur général d'AD International.

De son côté, Piotr Siłka, propriétaire et directeur général de Hart, voit dans ce rapprochement une opportunité de mettre l'expertise du distributeur polonais au service du réseau tout en bénéficiant de sa dimension internationale.

"Nous sommes fiers de rejoindre AD International et nous nous réjouissons de pouvoir apporter notre expertise tout en bénéficiant de la dimension internationale et de l'esprit de collaboration du groupement. Ensemble, nous souhaitons créer de nouvelles opportunités et avons hâte d'échanger avec les membres de la communauté AD International", précise-t-il.

Présent dans 42 pays, AD International fédère aujourd'hui plus de 3 500 points de vente et représente un volume d'activité de l'ordre de 12 milliards d'euros sur le marché mondial de l'après-vente automobile.

Un nouveau patron pour l'après-vente de Phinia

Après avoir structuré son activité aftermarket depuis sa séparation de BorgWarner en 2023, Phinia renouvelle sa gouvernance. L'équipementier américain a nommé Daniel Griffin au poste de vice-président aftermarket monde. Entré en fonction le 6 juillet 2026, il succède à Neil Fryer, qui fera valoir ses droits à la retraite le 30 septembre prochain. D'ici là, les deux dirigeants travailleront de concert afin d'assurer une transition auprès des clients, des partenaires et des équipes.

À ce nouveau poste, Daniel Griffin prendra la responsabilité de l'ensemble des performances opérationnelles, financières et humaines de l'activité aftermarket mondiale. Sa feuille de route s'articulera notamment autour du développement des relations avec les clients, du renforcement de l'efficacité commerciale et de la poursuite de la croissance.

"Phinia dispose d'un portefeuille de marques reconnues, d'équipes talentueuses à travers le monde et d'un engagement de longue date au service de ses clients. Je me réjouis de bâtir sur ces fondations et de travailler aux côtés de nos équipes et de nos partenaires pour accompagner la croissance et le succès de l'entreprise."

Avant de rejoindre Phinia, Daniel Griffin a occupé, entre 2016 et 2025, plusieurs fonctions de direction chez Dana Incorporated, dont celles de vice-président véhicules industriels et aftermarket Amérique du Nord, puis de vice-président aftermarket monde et solutions digitales.

Cette nomination intervient alors que Phinia poursuit le développement de son activité aftermarket, qui constitue désormais un axe stratégique majeur du groupe. Né de la scission des activités Fuel Systems de BorgWarner, l'équipementier commercialise notamment les marques Delphi, Delco Remy et Hartridge. Lors du salon Equip Auto 2025, les dirigeants de sa filiale tricolore avaient d'ailleurs réaffirmé leurs ambitions de croissance sur le marché de l'IAM.

Dans l'Hexagone, le groupe indiquait alors avoir enregistré une progression de 40 % de son chiffre d'affaires aftermarket en quatre ans, avec l'objectif de doubler cette activité au cours des cinq années suivantes.

L'apprêt UV s'invite dans les aérosols de Roberlo pour les retouches

Lancé initialement en 2023 pour les réparations classiques, l'apprêt UV 200 de Roberlo (groupe Briolf) est désormais disponible en aérosol, sous l'appellation Aircolor UV 200. Le fournisseur complète ainsi sa gamme de produits distribués en bombe (intégrant déjà son apprêt 1K). Avec ce type de conditionnement, le fournisseur basé à Gérone (Espagne) s'adresse notamment aux spécialistes de la carrosserie rapide. En effet, le réparateur peut ainsi l'utiliser pour les interventions rapides et de petite envergure.

Plus besoin de mélanger des produits, ni d'un pistolet de peinture associé à un circuit d'air. La marque souligne la facilité et la rapidité d’utilisation de sa bombe d'apprêt. Son utilisateur peut ainsi effectuer une application directe, avec une faible consommation d’énergie. L'Aircolor UV200 permet ainsi d'optimiser les ressources, de minimiser les coûts d’exploitation tout en réduisant le gaspillage de produit.

Performances et respect environnemental

Côté performance, cet apprêt adhérerait directement sur n’importe quel métal. Tandis que l'application préalable d'un promoteur permet de l'utiliser aussi sur des plastiques. Il sèche ensuite très rapidement par rayons UV. Ce système permettrait de réduire jusqu’à 75 % le temps consacré à l’apprêtage.

Tandis que dans le domaine environnemental, ce produit contient 50 % de COV (composés organiques volatils) en moins par rapport aux apprêts conventionnels. Cela, sans compromettre ses performances. Il permettrait donc à la fois de préserver la santé de ses utilisateurs, tout en améliorant la rentabilité des réparations.

Autant de raisons pour lesquelles Roberlo a labellisé ce produit Blutech. Cette marque distinctive de son catalogue identifie les produits et procédés innovants, à forte valeur ajoutée.

Le BtoB d'Autodoc passe en mode digital

Le virage était pressenti depuis plusieurs semaines. Après plusieurs départs de dirigeants impliqués dans le développement d'Autodoc Pro, dont celui de Franck Millet, le leader européen de la vente en ligne de pièces de rechange confirme la réorganisation en profondeur de son activité destinée aux professionnels.

Le modèle "phygital", qui associait une plateforme numérique à un réseau d'agents de terrain, laisse place à une stratégie recentrée sur les outils digitaux.

La France fait figure d'exception

Le réseau d'agents de service disparaîtra ainsi en Allemagne, en Belgique, en Italie, aux Pays-Bas et en Autriche. Les équipes de développement commercial et les account managers resteront toutefois chargés d'accompagner les clients.

Si ce nouveau modèle est déployé dans la plupart des marchés européens, la France conserve pour l'heure son organisation actuelle.

"Grâce à nos équipes de développement commercial existantes, nous pouvons cibler de manière précise les prospects dans des régions jusqu’ici inexploitées en Allemagne, en Autriche et en Italie, et leur faire découvrir la valeur ajoutée de notre offre", explique Patrick Diepenhorst, qui a été confirmé à la tête d’Autodoc Pro.

Pour justifier cette décision, le groupe explique que l'évolution des habitudes d'achat des ateliers, conjuguée à un contexte économique plus tendu, justifie une organisation plus légère. Cette nouvelle formule d’Autodoc Pro aura aussi l’avantage d’être plus facilement déployable à grande échelle.

"Nous sommes comme une entreprise de e-commerce chez nous dans le numérique, et ce réalignement stratégique reflète l'évolution très dynamique des achats hors ligne vers les achats en ligne dans le secteur B2B", ajoute Dmitri Zadorojnii, directeur général du pure player.

Un processus digitalisé pour les retours de produits

Cette réorganisation s'accompagne d'une évolution du traitement des retours. Le système de collecte des pièces de rechange directement en atelier sera remplacé par une procédure entièrement numérisée, appuyée sur un service d'expédition de colis. L'entreprise allemande assure néanmoins que les réparateurs continueront de bénéficier d'un accompagnement via leurs interlocuteurs commerciaux.

Ce changement d'organisation intervient alors que l'activité BtoB continue de progresser. Au premier trimestre 2026, Autodoc Pro a réalisé un chiffre d'affaires de 42,4 millions d'euros, contre 30,5 millions un an plus tôt. Une croissance que le groupe attribue notamment au développement de solutions locales de drop shipping et à l'élargissement de son implantation européenne.

"Autodoc Pro a gagné une place solide sur le marché B2B. En France, plus de 50 % des garages indépendants sont déjà connectés à la plateforme", conclut Dmitri Zadorojnii.

Défaillances : les réparateurs décrochent au deuxième trimestre 2026

Le printemps n'a pas apporté l'accalmie espérée aux professionnels de l'automobile. Alors que le nombre de défaillances continue de progresser dans l'ensemble de l'économie française, la branche du commerce et de la réparation de véhicules est particulièrement touchée.

Altares y recense 823 procédures collectives au deuxième trimestre 2026, soit une hausse de 14,8 %, bien supérieure à la moyenne nationale (+5,4 %).

Les réparateurs durement touchés

Dans le détail, Altares distingue deux dynamiques. Le commerce de véhicules poursuit sa dégradation (+11 %), mais c'est désormais l'activité d'entretien-réparation qui inquiète le plus avec une envolée de 28 % des procédures.

Cette hausse semble traduire les difficultés croissantes rencontrées par certains ateliers confrontés à une activité moins soutenue, à des coûts d'exploitation toujours élevés et à des trésoreries de plus en plus sollicitées.

Précisons que ce phénomène s'inscrit dans un contexte plus large. Les très petites entreprises (TPE), qui représentent les trois quarts des défaillances enregistrées en France, restent les plus fragiles (+8,3 %). Les sociétés de moins de trois ans sont également particulièrement exposées (+12,7 %). Altares souligne que la vente et la réparation automobile figurent parmi les activités les plus représentées dans cette catégorie.

Une "économie sans élan" selon Altares

Au-delà de la seule filière automobile, Altares estime que la faiblesse de la croissance ne permettra pas un reflux rapide des défaillances. L'économie française a enregistré 17 486 procédures collectives au deuxième trimestre, un niveau supérieur de près de 40 % à celui observé avant la crise sanitaire. Depuis le début de l'année, plus de 37 700 entreprises ont déjà fait défaut.

"La fragilité des entreprises n’est plus à chercher dans les dispositifs hérités de la gestion de la crise sanitaire mais dans une conjoncture qui affaiblit brutalement l’équilibre financier des entreprises", analyse Thierry Millon, directeur des études d'Altares.

Le spécialiste de la donnée d’entreprise anticipe encore entre 34 000 et 35 000 nouvelles procédures collectives au second semestre 2026.

Febi lance une butée d’amortisseur pour plusieurs modèles Stellantis

Avec la référence 196327, febi se positionne sur l’entretien des dernières générations de véhicules Stellantis. Cette butée d’amortisseur couvre déjà les Peugeot 3008 III et e-3008 III. Elle est également destinée au Citroën C5 Aircross II et à la DS N°8.

Selon le groupe bilstein, près de 40 000 véhicules concernés circulent déjà en France. Les besoins en pièces de rechange commencent à apparaître dans les ateliers. La référence 196327 doit, ainsi, permettre aux professionnels de disposer d’une pièce adaptée à ces applications récentes.

Febi mise sur sa stratégie "fast to market"

Située dans la partie supérieure de l’ensemble de suspension, cette pièce contribue notamment à limiter les vibrations, les bruits et les chocs transmis à la caisse. Son remplacement permet également de préserver les performances de la suspension et le confort de conduite.

Bilstein Group inscrit ce lancement dans sa stratégie "fast to market". Celle-ci consiste à proposer rapidement sur le marché de la rechange les pièces nécessaires à l’entretien et à la réparation des véhicules les plus récents.

Meyle forme plus de 150 garages à l’entretien des boîtes automatiques

Meyle vient d’achever une tournée de sept dates à bord de son camion de formation. Plus de 150 garages ont participé à ces sessions consacrées à la vidange du fluide de transmission automatique, aussi appelé ATF. Le fabricant souhaite ainsi aider les réparateurs à développer cette activité dans leurs ateliers.

Selon une étude menée par Meyle et l’institut allemand Innofact en août 2025, 75 % des garages indépendants savent qu’une boîte de vitesses automatique nécessite un entretien. Pourtant, seuls 28 % proposent réellement ce service. Le fabricant explique notamment cet écart par un manque de confiance des techniciens au moment de réaliser l’intervention.

Les véhicules équipés d’une boîte automatique sont de plus en plus nombreux en France. D’après les chiffres communiqués par Meyle, ils représentent désormais 28 % du parc automobile français et environ 40 % des véhicules d’occasion. Sur le marché du neuf, leur part est passée de près de 50 % en 2018 à environ 84 % en 2025.

Un potentiel de 35 000 à 45 000 euros par an

Pour Meyle, la vidange d’une transmission automatique peut être proposée sans investissement trop important. L’intervention nécessite un kit adapté, un pont élévateur et un système classique de récupération des huiles usagées. La prestation peut donc être intégrée dans un atelier déjà équipé pour les opérations courantes d’entretien.

Le fabricant de pièces met aussi en avant l'intérêt économique de cette activité pour les réparateurs : "Avec seulement deux à trois vidanges de transmissions automatiques par semaine, sur la base d'une moyenne de 1,5 heure de main-d'œuvre et d'un kit facturé environ 300 euros, cela représente entre 35 000 et 45 000 euros de chiffre d'affaires annuel supplémentaire pour l'atelier", souligne François Couraudon, formateur technique chez Meyle France.

L’équipementier présentera ses kits de vidange ATF lors du prochain salon Automechanika Frankfurt, organisé du 8 au 12 septembre 2026. Les équipes de la marque seront installées dans le hall 4.0, sur le stand D41.

Indasa progresse avec ses abrasifs et consommables innovants

La marque lusitanienne d'outils, d'abrasifs et d'autres consommables de carrosserie continue à faire sa place sur le marché, en misant sur les innovations. Dernièrement, Indasa était présent au salon des partenaires du Cesvi, le 17 juin 2026. Il y exposait, en tant que fournisseur des ateliers du Technocentre. En effet, le centre de formation a certifié la qualité de certains de ses produits après les avoir testés en 2022. Une belle vitrine pour la marque.

Croissance spectaculaire des volumes d'affaires

Sur le terrain, la distribution de l'ensemble de ses différentes familles de produits continue de progresser en France. Ainsi, en 2025, Indasa a vu croître son chiffre d'affaires auprès de ses trois principaux partenaires distributeurs. Des progrès liés à une hausse des ventes de produits et non pas à la seule inflation. Le fabricant a connu une croissance de 34 % auprès de BCSF – distributeur internalisé de marques de peinture de Surventis (ex-groupe BASF). Un résultat notamment dû à l'adoption de sa gamme d'abrasifs Ultravent (ponçage "sans poussières"), à côté de ses consommables Evercoat.

Parallèlement, le fabricant enregistre également une progression de 28,5 % de son chiffre d'affaires auprès des distributeurs Centaure. Leurs clients carrossiers plébiscitent sa gamme céramique. Des produits qui ont également remporté du succès auprès des réparateurs approvisionnés par Alliance Automotive Group, groupement auprès duquel le chiffre d'affaires Indasa a augmenté de 8 %.

Toutefois, l'équipe française assure vouloir rester humble au regard de ces succès. Tous ses efforts visent à asseoir leur marque à côté des grands acteurs du marché (3M, Mirka, Norton…). Positionné en alternative aux marques haut de gamme, Indasa se développe notamment en proposant des produits innovants. Ceux-ci sont par ailleurs distribués suivant certains principes appréciés par les distributeurs indépendants : "Jamais en direct auprès des clients finaux, ni sur internet".

"Si notre seule valeur ajoutée est uniquement le prix, nous pouvons être remplacés du jour au lendemain, affirme Yves Martinez, dirigeant d'Indasa France. Mais heureusement, même si on voit le marché se tendre, on constate qu'il reste néanmoins de la place pour l'innovation". Ici, le dirigeant évoque ses produits haut de gamme développés avec l'ancien groupe BASF.

Innovations et renouvellements de partenariats

Le salon du Cesvi a été l'occasion d'étaler toutes ses nouveautés, ainsi que certains produits encore inégalés. "Notre dernier abrasif breveté change de couleur, au fur et à mesure de son emploi. Il marche très fort auprès des réparateurs, se félicite Yves Martinez. Son indicateur d'usure leur plaît beaucoup, car il permet de réaliser des économies en évitant de le jeter trop tôt et donc de le gaspiller".

Autre innovation exposée : son nouveau ruban de masquage MTE Neon. Jaune fluorescent, il résiste à la chaleur, aux UV, aux solvants et à l'humidité pendant trois à cinq jours. Ce consommable tolère aussi bien les conditions de la cabine de peinture que de l'extérieur. Distribué à un tarif équivalent aux produits basiques de ses concurrents, il présente davantage de fonctionnalités…

C'est donc en se reposant sur un catalogue de plus en plus riche qu'Indasa s'installe dans le paysage de la carrosserie. Dernièrement, il a ainsi renouvelé son partenariat avec la marque de peinture R-M (groupe Surventis), quelques mois après en avoir signé un avec le centre de formation d'AkzoNobel (regroupant les marques Sikkens et Lesonal).

"De très bonnes perspectives s'offrent encore à nous en 2026", concède Yves Martinez. Indasa commence même à se diversifier en pénétrant les secteurs de l'industrie et du BTP. Domaines pour lesquels le fabricant vient de signer un accord avec un distributeur important (implanté dans toute la moitié ouest de la France) et prépare sa première participation au salon Batimat. Au niveau de son cœur de métier, la carrosserie, un important projet de développement est également en cours.

Pourquoi AAG est au cœur d'une crise en Espagne

Le différend qui oppose une partie des actionnaires de Groupauto Unión Ibérica (GAUIb) à sa direction ne cesse de s'intensifier. Après plusieurs mois de tensions, six distributeurs, Recambios Nafer, Recambios Valladares, Repuestos Ramiro, Mafecar, Suvima et Voltamper, ont décidé de rendre publique leur position dans un communiqué commun obtenu en exclusivité par nos confrères d'Autopos.

Ces entreprises dénoncent le déroulement des assemblées générales de GAUIb et d'Eurotaller (réseau de garages animé par le groupement), organisées le 22 juin dernier. Elles estiment que ces réunions illustrent une évolution préoccupante de la gouvernance de la centrale.

"GAUIb a pris une tournure inquiétante et est en passe de devenir une structure hiérarchique, à intégration verticale, qui dénature l'esprit de coopération et d'équité qui avait présidé à cette centrale depuis sa création", indiquent les six adhérents signataires du communiqué.

Ils affirment dénoncer depuis plusieurs mois un fonctionnement qu'ils jugent opaque, ainsi qu'un traitement privilégié accordé, selon eux, à AAG, premier actionnaire de GAUIb avec près de 20 % du capital.

Ils évoquent notamment un manque de visibilité sur les relations commerciales avec les fournisseurs, la gestion des contributions financières versées au groupement et les éventuels conflits d'intérêts liés à la place occupée par AAG au sein de la gouvernance.

Des demandes d'explications restées sans réponse

Selon ces six actionnaires, une assemblée générale extraordinaire avait été demandée début mars afin d'obtenir des précisions sur plusieurs sujets sensibles : rémunération des dirigeants, contrats conclus avec les fournisseurs, gestion des remises commerciales ou encore éventuels conflits d'intérêts. Cette requête aurait d'abord été refusée avant que plusieurs de ces points soient finalement inscrits à l'ordre du jour de l'assemblée générale ordinaire.

Les intéressés assurent toutefois n'avoir obtenu aucune des informations sollicitées. Ils reprochent aux administrateurs d'avoir limité les débats et refusé la communication de documents qu'ils jugent indispensables pour exercer leur droit de vote en connaissance de cause.

Les critiques portent également sur l'organisation même des assemblées, avec des horaires inhabituels, un temps de parole restreint et une campagne de délégation de votes en faveur d'AAG qui aurait, selon eux, réduit les possibilités de débat.

Une action en justice ?

Estimant que le dialogue est désormais rompu, les six distributeurs annoncent avoir confié à un cabinet d'avocats l'étude des recours envisageables. Leur objectif est d'engager, si nécessaire, des procédures contre la société, ses administrateurs ou ses dirigeants afin, expliquent-ils, de rétablir des règles de fonctionnement conformes aux intérêts de l'ensemble des associés.

Cette nouvelle étape confirme que la crise interne de GAUIb est loin d'être résolue. À ce stade, les accusations formulées émanent exclusivement des six actionnaires signataires du communiqué publié par Autopos. Aucune réponse de la direction de GAUIb n'accompagnait ces nouvelles révélations au moment de leur publication.

Pour mémoire, Groupauto Unión Ibérica a été créé en 1989 et compte aujourd’hui 27 membres pour 285 points de vente. Alliance Automotive est entré dans son capital en 2020.

Le nouveau réglophare Capelec passe à la vitesse supérieure

L'Europe taxe les pneus chinois : les nouveaux droits sont en vigueur

Après plus d'un an d'instruction, Bruxelles passe à l'action sur le dossier antidumping du pneumatique. Les règlements publiés au Journal officiel de l'Union européenne le 7 juillet 2026 instaurent des droits de douane supplémentaires sur les pneus TC4 produits en Chine. Ces dispositions sont entrées en vigueur le lendemain, le 8 juillet.

Le champ d'application couvre les enveloppes neuves destinées aux voitures particulières, SUV et 4x4, utilitaires légers, autobus et poids lourds, dès lors que leur indice de charge est inférieur ou égal à 121.

À l'issue de son enquête, la Commission européenne a retenu trois niveaux de taxation. Les pneus fabriqués par Hankook dans ses usines chinoises de Chongqing et Jiangsu sont soumis à un droit de 4,3 %. Une soixantaine de fabricants, parmi lesquels Continental, Goodyear, Pirelli, Kumho ou Sumitomo, se voient appliquer un taux de 24,4 %. Enfin, tous les autres producteurs-exportateurs chinois seront assujettis à un droit de 45,3 %.

Pas de taxation rétroactive

Les écarts entre ces taux reflètent le degré de coopération des industriels durant l'enquête. Les entreprises ayant transmis les informations demandées par Bruxelles bénéficient d'un taux individualisé, tandis que celles n'ayant pas participé à la procédure se voient appliquer le droit résiduel le plus élevé.

Autre point attendu par le marché : la Commission n'a finalement pas retenu le principe d'une application rétroactive des mesures, pourtant réclamé par certains plaignants. Les importations réalisées avant le 8 juillet 2026 ne feront donc l'objet d'aucun rappel de droits.

Le Syndicat du Pneu rappelle également que ces droits antidumping viennent s'ajouter aux droits de douane déjà en vigueur. Pour bénéficier des taux de 4,3 % ou de 24,4 %, les importateurs devront présenter une facture commerciale identifiant clairement le fabricant concerné. À défaut, le taux maximal de 45,3 % sera automatiquement appliqué.

Une nouvelle décision attendue d'ici fin 2026

Avec cette mesure, Bruxelles entend limiter les effets d'importations jugées à prix de dumping et rétablir des conditions de concurrence plus équilibrées sur le marché européen.

Les données de la Commission illustrent l'ampleur du phénomène : entre 2021 et 2024, les importations de pneus chinois sont passées de 57 à 93 millions d'unités, soit une progression de 62 %. Dans le même temps, leur part de marché est passée de 18 % à 28 %, tandis que celle des manufacturiers européens a reculé de sept points, pesant sur leurs résultats économiques.

Valables pendant cinq ans, ces droits antidumping ne devraient toutefois pas clore le dossier. Une seconde enquête européenne, cette fois consacrée aux subventions publiques dont bénéficieraient les fabricants chinois, se poursuit actuellement. Selon le calendrier évoqué par Bruxelles, ses conclusions sont attendues d'ici la fin de l'année 2026. Le Syndicat du Pneu souligne qu'elles pourraient déboucher sur de nouveaux droits de douane venant s'ajouter à ceux désormais en vigueur.

Comment Global PRE veut se différencier dans un marché qui se concentre

Sur le marché de la pièce de réemploi, la taille ne fait pas tout. C'est en tout cas la conviction de Caroline Michalik. Face à un marché qui se restructure rapidement, la directrice générale de Global PRE entend défendre le modèle de son groupement de centres VHU indépendants.

Le vieillissement du parc constitue, pour la dirigeante, une réelle opportunité. Les ateliers recherchent, en effet, de plus en plus de pièces destinées à des véhicules anciens, souvent absentes des catalogues des équipementiers. C'est précisément sur ce créneau que le groupement souhaite renforcer sa position.

"Notre marketplace s'appuie sur de nombreux centres indépendants de taille plus modeste, qui disposent d'approvisionnements différents de ceux des grands réseaux travaillant principalement avec les assureurs. Nous sommes donc capables de proposer des pièces pour des véhicules plus anciens. C'est un véritable atout."

Au-delà de sa marketplace, Global PRE entend également renforcer les services proposés à ses adhérents et poursuivre son développement auprès des réparateurs.

La qualité devient un facteur de différenciation

Cette stratégie s'appuie sur une autre évolution de fond : le prix ne suffit plus. Pour les professionnels, la qualité est désormais au cœur des attentes. Traçabilité, certification, formation des équipes, procédures de contrôle, qualité de l'emballage ou encore logistique : autant d'éléments qui conditionnent désormais la confiance accordée aux pièces issues de l’économie circulaire. C'est d'ailleurs pour répondre à ce besoin que l'association SRA a lancé, en janvier dernier, un nouveau label, baptisé "Recycleur vertueux".

"Aujourd'hui, on constate que les centres VHU qui fonctionnent bien, tout comme les marketplaces les plus performantes, sont ceux qui appliquent des process très rigoureux, aussi bien pour la production que pour la logistique."

Caroline Michalik pointe néanmoins un paradoxe. Alors que les réparateurs exigent des garanties toujours plus importantes, certaines plateformes commercialisent des pièces provenant de filières étrangères dont les méthodes de contrôle sont, selon elle, moins exigeantes que celles appliquées en France.

"Alors même que les acteurs de terrain réclament davantage de qualité, on fait venir des pièces produites selon des méthodes moins exigeantes et avec des contrôles moins rigoureux."

Une filière sous pression

Si Global PRE cherche aujourd'hui à se différencier, c'est aussi parce que le paysage de la pièce de réemploi se transforme rapidement. Les opérations de concentration se multiplient, sous l'impulsion des constructeurs comme Renault ou Stellantis, mais aussi de grands groupes européens tels qu'Autocirc. Dans le même temps, les politiques d'approvisionnement mises en place par certains assureurs fragilisent les centres VHU de plus petite taille.

"Beaucoup de petits centres sont d'excellents professionnels, de très bons acteurs, mais ils n'arrivent plus à gagner en visibilité", regrette Caroline Michalik. La dirigeante redoute que cette concentration ne finisse par appauvrir l'offre disponible pour les réparateurs, notamment sur les véhicules les plus anciens.

Pour accompagner les professionnels dans ce contexte, Global PRE continue d'enrichir ses services. Le groupement vient ainsi d'intégrer à sa marketplace Mapiecedoccase.fr une attestation numérique permettant aux réparateurs de conserver une preuve de leurs recherches de pièces issues de l'économie circulaire.

Ce document, téléchargeable et archivable, doit faciliter les contrôles de la DGCCRF tout en permettant aux entreprises de valoriser leur démarche RSE. Une illustration de la volonté du groupement de ne plus se limiter à la vente de pièces, mais d'accompagner les réparateurs dans leurs nouvelles obligations réglementaires

+20 % : l'été fait décoller le chiffre d'affaires pièces

Chaque été, l'économie des garages indépendants change de rythme. Entre la mi-juin et la fin juillet, les ateliers enregistrent leur plus forte activité de l'année. À partir des données de 6 000 garages partenaires, Vroomly mesure pour la première fois l'ampleur de ce phénomène.

Premier enseignement : les réservations de prestations progressent de 30 % entre le 15 juin et le 31 juillet. Quant au chiffre d'affaires généré par les pièces, il augmente de 20 %.

La climatisation tire le marché... mais pas seulement

Les prestations liées au confort et à la sécurité avant les vacances enregistrent les plus fortes progressions. Les rendez-vous consacrés à la climatisation sont multipliés par 3,5 sur cette période (+263 %), devant les interventions sur les circuits de refroidissement (+43 %), les suspensions (+33 %), le freinage (+32 %) et les vidanges (+27 %).

Côté pièces, la climatisation domine également les commandes en valeur (+167 %), tandis que les composants de freinage, de filtration, d'habitacle ou encore les embrayages affichent eux aussi une nette hausse.

Au-delà des volumes, ces données illustrent la spécificité du pic estival. Les ateliers doivent à la fois enchaîner les opérations d'entretien courant, rapides à réaliser, et conserver des créneaux pour des interventions plus lourdes (embrayage, distribution, etc.). Des réparations que les automobilistes préfèrent anticiper avant les départs en vacances.

L'enjeu : désengorger les plannings

Pour la plateforme, la principale difficulté ne réside pas uniquement dans l'afflux de véhicules, mais dans la capacité des indépendants à organiser leur charge de travail.

"Pour un garage indépendant, l'été c'est Noël. Six semaines où se joue la rentabilité de l'année. Ce que montrent nos données, c'est que la demande grimpe partout, mais que l'indépendant reste le seul à pouvoir absorber le pic tout en prenant le temps des réparations complexes que les autres repoussent. Le problème, c'est qu'il affronte ça sans siège et sans service marketing. Notre rôle, c'est de lui donner les mêmes armes que les grands réseaux", explique Alexis Frèrejean, CEO et cofondateur de Vroomly.

Cette étude s'inscrit dans la stratégie de la plateforme, qui continue de renforcer son écosystème de solutions destinées aux garages indépendants.

Longtemps identifiée comme un comparateur de devis, elle s'est progressivement transformée en fournisseur de services numériques pour les réparateurs. Marketplace de pièces, CRM, agenda d'atelier, devis, facturation, comptabilité... Son offre couvre désormais une grande partie de la gestion quotidienne d'un garage.

Cette boîte à outils, baptisée Vroomly Pro et lancée en 2023, s’est étoffée au printemps avec le lancement d’un DMS, présenté comme une solution capable de centraliser l'ensemble des opérations de l'atelier.

DriveBerry veut mettre l'IA au service du diagnostic automobile

Dans l'automobile, un simple voyant allumé suffit souvent à susciter de l'inquiétude. C'est sur ce constat que s'appuie DriveBerry. Cette nouvelle plateforme française, mise en ligne depuis l'été 2026, entend utiliser l'intelligence artificielle pour accompagner les conducteurs dans leurs premières démarches de diagnostic.

À l'origine du projet, Chahine Bouaiache, ancien cadre dans l'industrie automobile. Après un parcours commercial chez Apple, il a participé au lancement de Tesla en France avant de prendre, en 2023, la direction du retour de General Motors sur le marché français des véhicules électriques avec la marque Cadillac. Il choisit désormais de se lancer dans l'entrepreneuriat avec une solution tournée vers l'après-vente.

"Pendant des années, nous avons laissé les automobilistes seuls face à un voyant d'alerte au tableau de bord, sans information fiable avant d'arriver au garage. Avec DriveBerry, nous voulons transformer cette expérience grâce à la donnée et à l'intelligence artificielle", explique-t-il.

Disponible gratuitement pour les utilisateurs, DriveBerry se présente comme un service couvrant l'ensemble du parcours, depuis la première analyse d'un symptôme jusqu'à la mise en relation avec un garage partenaire.

Pour intégrer ce réseau, les ateliers doivent prendre contact avec les équipes de DriveBerry et se soumettre à un audit destiné à évaluer la qualité de leurs prestations. À terme, la jeune entreprise ambitionne de constituer un maillage d'ateliers partenaires sur l'ensemble du territoire.

Profil Plus renouvelle son comité de direction

Profil Plus a réuni ses adhérents, les membres de ses commissions et ses partenaires à Marseille, du 24 au 26 juin 2026, lors de son séminaire annuel. Au programme de ce rendez-vous : des temps d'échanges, un forum dédié aux partenaires et des ateliers consacrés aux priorités de l'enseigne. Le séminaire s'est achevé par une soirée de gala organisée au stade Vélodrome.

Cette édition a aussi été marquée par son assemblée générale, avec à la clé l'élection d'un nouveau comité de direction. Ce dernier compte désormais sept membres. Trois nouveaux adhérents font leur entrée : Élodie Vaysse, pour le groupe Actipneu (huit points de vente dans le Sud, autour de Narbonne, Montpellier et Béziers), Fabrice Grosjean, pour le groupe Grosjean Pneus (17 agences en Bourgogne-Franche-Comté et dans la région lyonnaise) et Erwan Gouerou, pour le groupe Simon.

Les autres membres du comité sont Olivier Dacquin (groupe Simon), Richard Laguerre (groupe Laguerre), Frédéric Livenais (Cailleau Pneus) et Romain Leguillier (Meythet Pneus). Au terme de cette élection, Olivier Dacquin a été reconduit à la présidence de Profil Plus.

"Le comité de direction joue un rôle essentiel dans notre modèle : il garantit que les décisions restent connectées au terrain et aux enjeux concrets de nos adhérents. Cette nouvelle composition renforce notre capacité à avancer collectivement, avec une feuille de route claire et des priorités partagées. La confiance qui m'est accordée nous engage à poursuivre ce travail avec exigence, au service du réseau et de nos clients", insiste Olivier Dacquin, président de Profil Plus.

Une croissance légèrement supérieure au marché

Sur les cinq premiers mois de l'année, Profil Plus indique se situer légèrement au-dessus de la tendance du marché. L'enseigne veut poursuivre cette dynamique en misant sur ses expertises métiers, la qualité de service de ses équipes et le déploiement d'outils concrets pour ses clients professionnels et particuliers.

"Notre séminaire est un moment clé pour Profil Plus, parce qu'il réunit en toute convivialité celles et ceux qui font vivre le réseau au quotidien : les adhérents, les membres des commissions métiers, les équipes du siège et les partenaires. Cette édition marseillaise nous a permis de partager un cap clair et un plan d'action ambitieux par activité, autour de la valorisation de nos prestations de services, de la montée en compétence des équipes et des outils dont le réseau a besoin pour accompagner ses clients dans un marché qui évolue rapidement", souligne Julie Herbault, directrice générale de Profil Plus.

Services, sécurité et digitalisation au cœur des chantiers

Le séminaire a aussi permis aux commissions du réseau de faire le point sur les priorités des prochains mois. Profil Plus veut aussi mieux valoriser ses services et le travail de ses équipes. Le réseau souhaite notamment aider ses clients à maîtriser leurs coûts, à limiter l’immobilisation de leurs véhicules et à bénéficier d’un suivi de proximité. Profil Plus veut renforcer son rôle d'expert-conseil autour du coût total de possession (TCO), de la gestion de flotte et de l'optimisation de la durée de vie des pneumatiques.

Le réseau souhaite aussi développer le modèle du pneu rechapé dans son activité génie civil. Présenté par Profil Plus comme une solution économique et responsable, avec des produits fabriqués en Europe.

La sécurité reste aussi un sujet important pour Profil Plus, notamment pour accompagner les équipes lors des interventions les plus exigeantes. En parallèle, le réseau continue de développer ses services digitaux, autour de la gestion de flotte, des services en ligne pour les clients particuliers et professionnels, et de l’adaptation aux nouvelles règles.

Bosal recrute sa nouvelle directrice générale pour l’aftermarket

Dès le 1er septembre 2026, Hadia Gouider prendra les rênes de la division Aftermarket de Bosal. Elle succède à Elisabeth Bos, récemment nommée à la tête du groupe familial.

Le parcours d'Hadia Gouider est étroitement lié à l'après-vente automobile. Elle débute sa carrière dans le secteur en janvier 2012 chez NRF, où elle occupe un premier poste de chargée du service client jusqu'en août 2013, au contact des distributeurs et grossistes automobiles européens.

Elle évolue ensuite au sein du même équipementier en devenant cheffe de projet de septembre 2013 à janvier 2018, avant d'être nommée responsable des groupes et projets de commerce international entre janvier 2018 et novembre 2019. À ce poste, elle pilote le développement commercial auprès des grands groupements tout en intervenant sur des projets stratégiques liés notamment au e-commerce, à la transformation des processus et à la stratégie d'entreprise.

En novembre 2019, elle rejoint NGK Spark Plug Europe (devenu depuis Niterra) en qualité de responsable du développement commercial pour les grands comptes EMEA. Elle retrouve ensuite NRF en avril 2021 comme directrice commerciale et opérations DACH/Benelux/Royaume-Uni, fonction qu'elle occupe jusqu'en janvier 2025. Depuis cette date, elle était directrice de la stratégie du groupe.

Formation : Dentmaster étoffe les rangs de Carmeleon grâce à la reconversion

Quelques semaines seulement sont nécessaires pour reconvertir un actif en technicien carrossier peintre Carmeleon. Une transition opérée dans la Carmeleon Academy au siège de Dentmaster, la maison mère du groupe (comptant également le débosseleur Dent Wizard), à Bois d'Arcy (78). Ce centre de formation a initialement été fondé en 2018 pour accompagner la croissance du groupe. Aujourd'hui, il reste en première ligne à la fois pour lutter contre la pénurie de main-d'œuvre et renforcer les compétences de ses carrossiers mobiles.

Ouvrir le métier à des profils motivés

Depuis sa création, plus de 100 techniciens ont déjà été formés dans ce centre. Aujourd'hui, il accélère en passant à une trentaine par an – tous profils confondus. En effet, initialement, il prenait essentiellement en charge des techniciens venus de la réparation auto. Aujourd'hui, les formateurs y accueillent aussi des candidats issus d’autres horizons professionnels. Ils évaluent donc leurs motivations et compétences à apprendre les gestes, méthodes et réflexes nécessaires pour effectuer de la réparation mobile. Ainsi, le groupe a déjà intégré 11 profils en reconversion, pour répondre à ses besoins.

"Dans un marché où le recrutement est devenu un enjeu direct de développement, nous avons fait le choix d’investir dans une réponse durable : former nous-mêmes, structurer les parcours et ouvrir le métier à des profils motivés, capables d’en adopter rapidement les exigences", précise Pierre Heyraud, directeur général de Dentmaster.

Parallèlement, environ un quart des équipes de Carmeleon repasse chaque année par le centre pour mettre à jour ses compétences et harmoniser les procédés au sein du réseau. En six à huit semaines, tous y apprennent ou y révisent d'abord leurs gestes techniques et méthodes d’intervention mobile, ainsi que les standards de qualité et la relation client. Une formation certifiée Qualiopi depuis décembre 2025 – date depuis laquelle elle a donc délivré 15 diplômes reconnus par l'État.

Fidéliser les salariés

Cette certification permet d’inscrire le centre dans un écosystème plus large, en lien avec les acteurs de l’emploi et de la formation professionnelle. France Travail et les OPCO appuient donc l’investissement du groupe dans la formation, ainsi que ses recrutements. L'ensemble du dispositif renforce aussi l’attractivité des parcours proposés.

Ainsi, "avec la Carmeleon Academy et la certification Qualiopi, nous renforçons à la fois notre niveau d’exigence, notre capacité d’intégration et la qualité de service que nous apportons à nos clients", complète Pierre Heyraud. Son entreprise étoffe ses rangs, à la fois pour combler les départs et nourrir son propre développement. Un moyen aussi de fidéliser ses salariés.

L'enjeu est de poursuivre la montée en puissance de Carmeleon, avec de nouvelles forces vives. Ses 90 camions-ateliers couvrent aujourd’hui plus de 80 % du territoire national. Ils réparent ainsi les véhicules chez les particuliers et professionnels : concessionnaires, gestionnaires de flotte, etc.

Comment Distri Cash a changé de dimension

L’année 2025 marque un cap important pour Distri Cash. Déjà solidement installé dans notre Top 100, le groupe a franchi à l’issue du dernier exercice le seuil symbolique des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires dans la pièce détachée. Précision utile car rappelons-le, le grossiste a d’abord bâti sa réputation dans le pneumatique, jusqu’à en devenir un mastodonte dans l’Hexagone avec 700 millions de chiffre d’affaires.

Cette performance est surtout le fruit d’une stratégie engagée depuis plus de dix ans. Longtemps considérée comme une activité complémentaire, travaillée sans véritable fil conducteur, la pièce détachée est devenue un objectif majeur pour Distri Cash à partir de 2014. Cette année-là, l’ouverture de la première DCA Plateforme à Gennevilliers (92) a marqué le début d’une nouvelle phase de développement.

Sans chercher à dupliquer son modèle historique, le groupe basé à Sainte-Soulle (17) a rapidement compris que certaines recettes éprouvées dans le pneu pouvaient être transposées à la pièce. Stock, logistique et force commerciale demeurent ainsi les piliers de son organisation. "La dynamique est bonne sur 2025 comme sur 2026 puisque, fin mai, nous sommes à +15 % sur la pièce. On sait l’entretenir. On se pose toujours des questions, on avance, on investit beaucoup", étaye Jean-Philippe Moyet, président du groupe.

Grandir et voir

Le renforcement de l’offre et l’allongement des gammes font figure de priorité. Chaque mois, partout en France, les stocks évoluent et de nouvelles marques sont intégrées. Cette montée en puissance exige toutefois une vigilance permanente sur le plan logistique. DCA s’appuie aujourd’hui sur huit plateformes en France (Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rennes, Rouen et Toulouse). Ce maillage lui permet de desservir l’ensemble du territoire en H+4.

Là encore, le mouvement est permanent. Gennevilliers, Toulouse et Rouen bénéficient de nouveaux locaux depuis quelques mois, tandis que les autres entrepôts s’inscrivent eux aussi dans une logique d’augmentation continue des capacités. Cette stratégie impose des réaménagements réguliers, mais elle répond à une méthode bien rodée.

"C’est là que notre savoir-faire dans le pneu nous est très utile. Nous avons toujours eu l’habitude de surdimensionner nos plateformes pour anticiper la croissance. Aujourd’hui, nous savons que nous pourrons encore développer la pièce pendant deux ou trois ans. Après quoi, il nous faudra augmenter nos capacités, ce que nous avons déjà anticipé avec des possibilités d’agrandissement", précise Jean-Philippe Moyet.

En parallèle, le projet d’implantation dans l’Est de la France devrait être lancé en 2027. Aujourd’hui desservie par Lyon et Lille, cette région demeure la seule zone encore insuffisamment couverte par le réseau DCA. L’objectif est de concrétiser rapidement ce projet afin d’offrir aux clients locaux un service plus conforme aux standards du groupe.

Le marché a fini par accepter ce nouvel entrant

Cette progression ne saurait être dissociée de la présence terrain de Distri Cash. Avec une force de vente de 66 personnes dans l’Hexagone, le groupe estime disposer d’une organisation solide pour poursuivre son développement et porter son offre auprès des réparateurs. Jean-Philippe Moyet observe d’ailleurs que les réticences exprimées lors du lancement de DCA se sont progressivement dissipées. "Le marché a compris qu’on n’était pas là pour casser les prix en étant hyper agressif."

Fort de cette réussite, le dirigeant ne fixe aucune limite à ses ambitions dans la pièce de rechange. "On veut aller le plus loin possible", affirme-t-il. Initialement visé pour la fin 2026, le seuil des 100 millions d’euros a finalement été atteint avec plusieurs mois d’avance. Distri Cash a donc revu son objectif annuel à la hausse, entre 115 et 120 millions d’euros, et vise désormais une croissance de 15 % par an sur les cinq prochaines années.

Pour maintenir cette cadence, le grossiste pourra aussi s’appuyer sur son partenariat avec Alternative Autoparts. Celui-ci repose sur un échange de compétences et de leviers commerciaux : le pneumatique dans un sens, les relations avec les fabricants de pièces et des conditions d’achat plus compétitives dans l’autre.

Une coopération que Jean- Philippe Moyet juge aujourd’hui équilibrée. "On s’entend très bien avec leurs équipes, on discute régulièrement, on trouve aussi des solutions. Ce partenariat a du sens", conclut Jean-Philippe Moyet. Dans un marché en constante mutation, Distri Cash entend bien continuer à accélérer sans lever le pied.

France Pare-Brise continue de s'afficher aux côtés du Stade Français

Les relations n'ont vraiment de valeur que dans la durée. France Pare-Brise et le Stade Français Paris confirment cela en annonçant la prolongation de leur partenariat. Initiée en 2023, la collaboration entre le réseau aux 670 centres et le club de rugby parisien aux 14 boucliers de Brennus va se poursuivre pour trois saisons supplémentaires.

Image renforcée, visibilité optimisée

"Prolonger pour trois ans, c’est choisir d’aller plus loin avec un club qui partage notre exigence et nos valeurs. Le Stade Français Paris nous donne un terrain unique pour rapprocher notre marque du grand public, renforcer nos liens avec nos partenaires assureurs et fédérer notre réseau", déclare Grégoire Papillard, directeur général de l'enseigne.

Au travers de cette association, France Pare-Brise a renforcé son image ces dernières années en s'affichant aux côtés d'un des clubs phares du Top 14. Son logo apparaît à chaque match de championnat et de coupe d'Europe sur les maillots d’entraînement et d’échauffement, ainsi que sur les panneaux LED et les écrans géants du stade Jean Bouin.

Des expériences privilégiées

Mais comme le souligne le spécialiste de la réparation de vitrage automobile, l'expérience se joue aussi en dehors des terrains. Ce partenariat lui permet ainsi d'accueillir clients, partenaires et collaborateurs lors de moments privilégiés, entre invitations VIP, accès au Business Club ou opérations avec les joueurs stadistes.

"Le renouvellement de notre partenariat avec France Pare-Brise pour trois nouvelles saisons illustre la confiance que nous accordons à nos partenaires historiques. C'est la qualité de la relation construite depuis 2023 qui nous engage à poursuivre ensemble. […] Nous sommes fiers de continuer à écrire cette histoire", conclut de son côté Thomas Lombard, directeur général du Stade Français Paris.

Cession de créance : les réparateurs de la FFC gagnent trois procès consécutifs contre la Maaf

Pour lutter contre la cession de créance, certains assureurs refusent de régler l'intégralité des factures de réparation. Une pratique notamment à l'origine du mécontentement récent des clients de Glass Express. Mais cette fois-ci, c'est un "grand groupe automobile basé dans les deux Savoie" qui a obtenu la condamnation de la Maaf à la suite de cette pratique, à l'instar de bien d'autres assurances.

Cet adhérent de la FFC Mobilité et services, visiblement soucieux de rester discret, est le troisième à faire condamner la mutuelle d'assurance, en quelques mois d'intervalle. En effet, le syndicat professionnel a accompagné plusieurs de ses membres pour faire appliquer la cession de créance devant la justice.

Baisse arbitraire du taux de main-d'œuvre

En effet, si de nombreux assureurs respectent ce dispositif légal, d'autres résistent encore à cet outil permettant d'appliquer le libre choix du réparateur. Souvent, ils font alors appel à un cabinet d'expert automobile – recalculant presque systématiquement le prix à la baisse – pour justifier le règlement financier partiel de la remise en état du véhicule. Une pratique parfaitement illégale. Face à ces abus, si certains réparateurs s'inclinent souvent face aux coûts et à la longueur de la procédure à engager, d'autres ne se laissent pas faire.

Ainsi, c'est initialement la carrosserie Païs, à Annemasse (74), qui a obtenu une première condamnation de la Maaf, le 13 mars 2026. Le litige entre les deux entreprises est apparu à la suite d'un remplacement de pare-brise, en recourant à la cession de créance. "La compagnie avait décidé avec la complicité d’un expert non local de baisser le tarif de la main-d’œuvre", expose la FFC. Le réparateur adhérent du réseau Axial avait donc engagé une procédure contentieuse contre l’assureur, pour obtenir le règlement des 78,24 euros manquants au montant total de sa facture.

Expertise auto depuis Saint-Pierre-et-Miquelon

Le tribunal a finalement jugé que "Maaf Assurances avait tenté d’imposer un prix à la carrosserie Pais et s’est ainsi immiscée de manière arbitraire dans sa libre politique de détermination des prix". Il a donc contraint l'assureur à payer la facture, majorée des intérêts de retard, ainsi que de 300 euros au titre de l'article 700 (frais de procédure) et 113 euros de frais de gestion.

Puis, le 30 mars, c'est un membre du réseau Rapid Pare-Brise de Chalon-sur-Saône (71), qui a obtenu réparation contre le même assureur. Dans ce cas, la Maaf avait arbitrairement baissé à la fois le tarif de la main-d’œuvre et du calibrage des Adas (système d'aides à la conduite). Décision prise à la suite d'un rapport du cabinet Expertise et Concept de Saint-Pierre-et-Miquelon (97) !

Le conseil du syndicat a souligné que l’expertise effectuée sur facture, sans procédure contradictoire, était en infraction avec le code de la route. De plus, l’expert ne détenait pas la compétence nécessaire pour évaluer les tarifs locaux alors qu’il est basé à 4 400 km de distance. L'assurance a donc été condamnée à la même peine que précédemment.

Un concessionnaire dans la "guerre du pare-brise"

Enfin, comme annoncé plus haut, le 4 juin suivant, le même assureur a été une nouvelle fois condamné, pour le même type de pratiques, par le tribunal de Chambéry (73). Le "distributeur d’une marque allemande de luxe" a obtenu le remboursement des 604,24 euros du restant de sa facture. Un montant majoré des intérêts de retard, frais de gestion (177,25 euros) et de l'article 700 (500 euros).

Point intéressant : ces trois affaires concernent des réparations de vitrage automobile, mais avec un seul spécialiste du pare-brise concerné. Tous ces réparateurs sont non agréés par l'assurance en cause. Une illustration que la "guerre du pare-brise" entre assureurs et réparateurs non agréés lancée en 2024 ne touche plus seulement les réseaux spécialisés, mais également les carrossiers de marque et indépendants.

Précisément, la présence d'un atelier de concession parmi les plaignants rend difficilement crédible la dénonciation régulière par les assureurs d'une hypothétique "mafia du pare-brise" aux pratiques douteuses et surfacturant ses réparations. En effet, les concessionnaires sont à la fois réputés pour leurs tarifs plus élevés que ceux des indépendants, mais aussi pour la rigueur de leurs prestations.

Dans tous les cas, la justice a une nouvelle fois condamné les pratiques abusives de certains assureurs, tranchant logiquement en faveur de la cession de créance et du libre choix du réparateur. Cela, conformément à la loi Hamon, véritable enjeu de ce conflit, d'après la FFC.

Pièces de réemploi : une attestation pour la mise en conformité des ateliers

Mapiecedoccase.fr ajoute une nouvelle fonctionnalité à sa plateforme. Depuis le 2 juillet 2026, les professionnels de la réparation automobile peuvent télécharger une attestation après chaque recherche de pièce de réemploi. Le document peut ensuite être archivé dans leur espace professionnel et retrouvé à tout moment.

Cette attestation doit permettre aux réparateurs, carrossiers, centres autos et concessionnaires de prouver qu’ils ont bien recherché une pièce issue de l’économie circulaire avant de proposer, si besoin, une pièce neuve. Selon Global PRE, ce stock compte environ 1,1 million de pièces disponibles immédiatement.

Une réponse aux contrôles de la DGCCRF

La nouveauté arrive quelques semaines après la publication des derniers contrôles de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). En 2024, plus de 1 600 garages, centres automobiles et concessionnaires ont été contrôlés. Près de 40 % présentaient des manquements, notamment sur l’information du consommateur et les pratiques commerciales.

Ces contrôles ont donné lieu à près de 500 mises en demeure, plus de 220 procès-verbaux administratifs ou pénaux et plus de 580 avertissements.

Prévue à l’origine par l’article L. 121-117 du Code de la consommation, cette obligation est aujourd’hui codifiée à l’article L. 224-67. Depuis le 1er janvier 2017, les professionnels doivent proposer, pour certaines prestations, une pièce issue de l’économie circulaire comme alternative à la pièce neuve.

"Nous avons voulu leur donner un outil simple, gratuit et immédiat pour transformer une contrainte réglementaire en preuve de conformité facilement mobilisable en cas de contrôle et qui vient aussi nourrir leur démarche RSE", indique Caroline Michalik, directrice générale de Global PRE.