Pour viser plus haut, Alternative Autoparts élargit son terrain de jeu

C'est à une scène plutôt inhabituelle qu'ont assisté les passagers du vol Air France AF4000 du jeudi 27 mars 2025. Quelques minutes avant le décollage, Fabrice Godefroy, directeur général d'Alternative Autoparts, s'est autorisé à utiliser l'interphone de bord pour faire part de son émotion. Dans cet avion spécialement affrété par le groupement pour la troisième convention de son histoire, le dirigeant s'est dit fier du parcours accompli par les distributeurs et réparateurs affiliés à la centrale.

Il faut dire que ce congrès, organisé à Rome (Italie) du 27 au 30 mars, a rassemblé plus de 500 participants venus de toute la France, y compris des Drom-Com. Lors du premier dîner du séminaire, Patrice Godefroy, président d'Alternative Autoparts, s’est à son tour laissé porter par l’émotion, rappelant qu’à sa création, personne ne croyait vraiment que le groupement irait aussi loin.

Neuf ans après sa création, les chiffres parlent d’eux-mêmes : la centrale fédère 187 adhérents, 258 points de vente, 13 plateformes, 36 relais techniques et 200 garages Technicar Services. Le chiffre d'affaires consolidé des distributeurs a même dépassé le milliard d'euros grâce à l'apport du groupe Distri-Cash et de son réseau de plateformes DCA (environ 600 millions d'euros de CA).

Une croissance solide malgré les vents contraires

Fort de cette dynamique soutenue, Alternative Autoparts revendique aujourd'hui la troisième place du marché français, derrière Autodistribution et Alliance Automotive Group, et la dixième en Europe. "Et tout ça, c'est grâce à vous !", lance Julien Lefort, directeur général adjoint du groupement, lors de la plénière. Mais pas question de se reposer sur ses lauriers. Pour maintenir cette trajectoire de croissance, les distributeurs et réparateurs devront relever plusieurs défis.

Parmi eux, Julien Lefort a notamment pointé le vieillissement du parc roulant (11,9 ans d'âge moyen), qui contraint les professionnels de l'après-vente à élargir leur champ d'action pour intervenir sur des organes mécaniques qu'ils ignoraient jusqu'ici. "Le parc devient aussi pluriel avec de nouvelles technologies et motorisations. Nous devons faire face à ces évolutions et nous positionner comme des acteurs référents", ajoute Marie-Jo Faivre, directrice des opérations.

À cette transformation structurelle s’ajoute une pression tarifaire persistante. Selon le baromètre établi par IDLP à partir du top 30 de ses fournisseurs, les prix des pièces de rechange ont encore grimpé de 1,64 % après une hausse de 3 % en 2023 et de 12 % en 2022. Dans ce contexte, les ateliers se doivent de proposer aux automobilistes des solutions plus économiques, rappelle Julien Lefort.

Alternative Autoparts muscle son offre de produits

Pour répondre à ces enjeux, le groupement mise sur plusieurs leviers. À commencer par la diversification de son offre de produits. "Nous stockons aujourd'hui plus de 300 000 références !", affirme Patrice Godefroy. Ces dernières années, Alternative Autoparts a notamment mis l'accent sur le développement des marques B et alternatives, qui représentent entre 20 à 25 % du chiffre d'affaires de la centrale.

Cet élargissement permet de proposer des produits au rapport qualité/prix plus attractif tout en palliant la disparition de certaines références au catalogue d'équipementiers premium. "Le parc vieillit mais de plus en plus de pièces ne sont plus disponibles chez certains fournisseurs. Ils arrêtent la production de références, ce qui nous oblige à trouver des alternatives pour répondre aux besoins de nos clients", déplore Patrice Godefroy.

Pour faire face à ces deux problématiques, Alternative Autoparts peut aussi miser sur sa marque propre, Novalt. Présentée lors de sa dernière convention, en 2023, elle n'a cessé de s'étendre, intégrant des lignes de balais d'essuie-glace, des kits de distribution, des plaquettes et disques de freinage… Plus récemment, elle a été complétée d'équipements de garage (équilibreuses et démonte-pneus) et d'une offre de consommables de carrosserie.

Sur ce marché de la réparation-collision, Alternative Autoparts peut d'ailleurs se targuer d'une dynamique positive. Le groupement peut notamment tirer profit sur ce segment de marché de son partenariat avec le réseau de distributeurs spécialisés Centaure. Il bénéficie également du dynamisme de sa "locomotive" Ouest Injection, dont le chiffre d'affaires peinture a atteint les 10 millions d'euros l'an dernier, grâce notamment à un portefeuille de marques toujours plus étoffé (Axalta, BASF, Besa, etc.).

"C'est une diversité importante pour nous car la carrosserie est une activité qui restera pérenne avec l'électrification du parc roulant", souligne Fabrice Godefroy. Et ce n'est qu'un début selon Julien Lefort, qui confirme sa volonté de structurer son offre sur ce secteur pour se positionner comme un groupement multi-expertise.

L’économie circulaire, levier stratégique pour demain

Outre la peinture, la centrale a aussi fait du développement de son offre de pneumatiques une priorité depuis quelques mois. Grâce à son partenariat avec Distri Cash, elle s'appuie sur un allié de taille dans ce domaine. Résultat : 30 000 enveloppes ont été commercialisées en 2024 par le réseau. "Un tiers de nos distributeurs utilise désormais notre plateforme de commande de pneus", indique Julien Merlaud, responsable marketing d'AA. Et ces chiffres devraient poursuivre leur croissance cette année puisque le groupement a enregistré une progression de 20 % de ses ventes sur cette gamme de produits en janvier et février.

Autre pilier du catalogue Alternative Autoparts : l'offre de pièces issues de l'économie circulaire (Piec). Elle repose, tout d'abord, sur la gamme échange standard développée en partenariat avec plusieurs fournisseurs (Bosch, Delphi, Valeo, Depa, Sorea, etc.) ainsi qu'un catalogue de pièces de réemploi grâce à son accord avec la place de marché Appropo. S'y ajoute la marque Techn'Parts et ses multiples produits remanufacturés (turbos, compresseurs, alternateurs, etc.).

L'an dernier, le groupement s'est aussi lancé dans la rénovation de jantes et, surtout, dans le nettoyage de filtres à particules grâce à une dizaine de stations installées sur ses différents sites. "C'est un franc succès", confie Patrice Godefroy qui veut accélérer ce développement dans l'économie circulaire avec de nouveaux services. Parmi les pistes à l'étude, la rénovation de calculateurs électroniques fait partie des activités que pourrait prochainement investir Alternative Autoparts.

Enfin, pour compléter son arsenal, la centrale travaille également sur une refonte de son catalogue de pièces destinées aux poids lourds. Engagée dès le salon Solutrans 2023, cette stratégie se poursuit avec la structuration d'une offre stockée à Ned 95, à Saint-Ouen-L'Aumône (95). "C'est une activité historique du groupe IDLP que nous voulons reconstruire, famille par famille", annonce Patrice Godefroy.

Une centrale multi-expertise en construction

Avec ces nombreux chantiers en cours, Alternative Autoparts affirme son ambition : devenir une centrale d’achat et de services à 360°. Cette diversification est jugée essentielle pour accompagner l'essor des distributeurs dont le chiffre d'affaires moyen a grimpé de 5 à 10 % en 2024. "Nous sommes dans une bonne dynamique mais il est impératif de créer de nouveaux relais de croissance", insiste Julien Lefort.

À ce titre, certains segments, jusqu’ici peu investis par la distribution traditionnelle, sont à l’étude – à commencer par le vitrage automobile, qui suscite un intérêt croissant au sein de la centrale…

Pour préparer l'avenir, Alternative Autoparts s'intéresse aussi au parc roulant électrifié. Pour répondre aux besoins de ces véhicules, une nouvelle offre spécifique a été développée avec cinq familles de produits (freinage, essuyage, filtration, liaison au sol et climatisation) proposant 3 555 références.

Embarqués à Rome avec une feuille de route ambitieuse, les adhérents d’Alternative Autoparts repartent avec une direction claire : élargir leur expertise pour gagner en hauteur. Reste désormais à garder le cap dans un marché parfois turbulent.

Gates entre sur le marché des kits chaîne de distribution

Gates, équipementier des solutions hydrauliques et de transmission, proposera des kits chaîne de distribution pour l’après-vente automobile à partir du deuxième trimestre 2025. Les distributeurs indépendants auront accès à une offre de qualité équivalente à l’origine.

Une première gamme de 51 références a été développée. Elle couvre des moteurs thermiques et hybrides de constructeurs comme BMW Mini, Citroën/Peugeot, Renault/Nissan et VW/Audi/SEAT. La gamme sera élargie à d’autres modèles hybrides dans un second temps.

Chaque kit contient l’ensemble des composants nécessaires au remplacement du système de distribution. La chaîne, le tendeur, le guide, les pignons et accessoires sont fournis pour assurer une réparation complète.

L'équipementier accompagne cette offre d’une assistance technique. La plateforme en ligne Gates Navigates permet d’identifier et de commander les pièces adaptées. Un QR code sur chaque boîte donne accès aux instructions de montage.

Présent depuis plus de 70 ans dans les systèmes de distribution, Gates s’était jusqu’ici concentré sur les kits courroie. Avec cette nouvelle offre, l’équipementier élargit son positionnement et vise une place sur un marché en pleine croissance.

Bosch Professionnal renforce sa gamme d'outillages auto

Le marché de l'outillage électroportatif attise les ambitions de ses principaux acteurs. De Makita à Milwaukee en passant par Bosch, les grands noms du secteur sont mobilisés pour innover et se faire entendre. C'est précisément dans cette optique que le groupe allemand a convié la presse à la fin du mois de mars 2025 au stade Coubertin de Paris. L'antre du PSG Handball constituait un lieu symbolique alors que Bosch Professional est le partenaire de la Ligue nationale de handball depuis l'été 2024.

85 nouveautés prévues en 2025

Bien que stratégique dans le développement de la marque, le sujet marketing passait cette fois-ci au second plan. Car les équipes de Bosch avaient décidé de sortir l'artillerie lourde. Après avoir lancé 50 nouveaux produits en 2024, 85 autres seront commercialisés tout au long de 2025 dans les univers électricité-plomberie, béton, automobile et travaux extérieurs. Une partie de ces innovations était présentée, et même mise à l'essai à Paris.

Alors que le groupe a réalisé l'an passé un chiffre d'affaires de 90,5 milliards d'euros, en recul de 1 %, la division biens de consommation (dans laquelle est intégrée la partie outillage) a progressé de 2 %, à hauteur de 20,3 milliards. Là-dedans, Bosch Professionnal affirme s'octroyer une part de marché stable évaluée à 25 %. Dans un contexte concurrentiel difficile, Nicolas Gros, directeur de Bosch Outillage, se félicite ainsi de la trajectoire prise par son entité.

Une offre de leasing désormais proposée

Côté auto, précisément, plusieurs produits inédits viennent renforcer le rayonnement de la marque auprès des carrossiers et des pneumaticiens. Pour les premiers, l'Allemand présente trois nouvelles ponceuses (les GEX 12V-32, GSS 12V-32 et GEX 12V-77) et leurs abrasifs, ainsi que trois polisseuses (les GPO 12V-77, GPX 12V-77, GPX 12V-125). Les seconds peuvent quant à eux profiter de la nouvelle déboulonneuse GDS 18V-750 et d'une gamme de douilles de 17, 19 et 21 mm pour les outils à couple élevé.

En outre, ces innovations auto comme toutes les autres sont accompagnées de nouveaux services. Une extension de garantie de trois ans a par exemple été développée. Le programme Pro Service Go offre des réductions sur toutes les réparations pendant cinq ans. Celui baptisé Pro Service Confort permet aux utilisateurs de profiter d'une offre de leasing sur l'ensemble du portefeuille de produits.

Pièces de rechange : VinFast et Changan optimisent leur logistique en Europe

La logistique des pièces de rechange est devenue un enjeu stratégique pour les constructeurs asiatiques à la conquête du marché européen. Derniers exemples en date : VinFast et Changan Automobile se sont rapprochés de deux logisticiens afin d'améliorer leur approvisionnement et répondre efficacement aux attentes des clients européens.

VinFast mise sur la réactivité de DHL

Constructeur vietnamien spécialiste des véhicules électriques, VinFast a fait le choix de s'associer avec DHL Supply Chain. Grâce à un hub logistique implanté à Holtum, aux Pays-Bas, VinFast promet désormais des livraisons de pièces en moins de 24 heures partout en Europe.

DHL prend en charge l'intégralité du processus, de la gestion des stocks jusqu'à la distribution finale, assurant ainsi une réactivité optimale en cas d'immobilisation des véhicules. "Ce partenariat associe le dynamisme de VinFast à la fiabilité de DHL, éliminant ainsi le risque de voir les véhicules immobilisés pendant de longues périodes en attendant la livraison de pièces cruciales", confirme Le Thi Thu Trang, CEO de VinFast Europe.

En complément, DHL dispose également d'une installation dédiée en République tchèque pour le stockage des batteries destinées aux modèles européens de la marque vietnamienne (VF 6 et VF 8).

Changan choisit l’expertise de Kuehne+Nagel

De son côté, le géant chinois Changan Automobile a opté pour une stratégie similaire avec Kuehne+Nagel. Cette collaboration se concrétise par l’installation d’une plateforme logistique de 22 000 m² à Helmond, aux Pays-Bas. C'est à partir de ce site que seront distribuées ses pièces de rechange à travers l’Europe, notamment en France.

"Cette collaboration s'inscrit dans le cadre de notre stratégie Vast Ocean Plan, qui vise la croissance et l'excellence à l'échelle mondiale", précise Yin Yi, directeur général de Changan Automobile Europe.

Précisons que ce partenariat couvre également la gestion des batteries et les solutions en fin de cycle, essentielles pour les véhicules électriques.

Une implantation stratégique au cœur de l’Europe

L'implantation de ces deux centres aux Pays-Bas n'est pas un hasard. Situé au carrefour des grands axes logistiques européens, le pays permet aux constructeurs d’atteindre efficacement plusieurs marchés clés, dont l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni.

Si ces partenariats renforcent la stratégie après-vente des deux constructeurs, leur réussite dépendra aussi d’autres facteurs. La densité du réseau de réparation et la formation des techniciens seront autant d’enjeux à maîtriser pour pérenniser leur présence sur le Vieux Continent. VinFast a déjà entrepris plusieurs initiatives dans ce domaine en s'alliant, l'an dernier, au groupe Mobivia.

Liqui Moly France : après 40 ans aux manettes, Guy Guth passe le relais

Après quatre décennies à la tête de Liqui Moly France, Guy Guth a pris sa retraite le 28 février 2025. Le fabricant de lubrifiants et d'additifs a précisé que le processus de recrutement de son successeur arrive à son terme. La direction allemande a confirmé son intention de préserver l'équipe actuelle tout en poursuivant le développement de la filiale.

Cette passation intervient à un moment stratégique pour Liqui Moly France. L'arrivée du fabricant dans le giron Würth avait déjà marqué un tournant en 2018, offrant de nouvelles perspectives de croissance.

Guy Guth a créé Liqui Moly France en 1985, après des débuts dans le secteur bancaire puis chez MAN France comme directeur financier régional. Sous sa direction, la structure est passée de deux à quinze collaborateurs, s'imposant comme un acteur référent sur le marché.

"Après 40 ans, il est temps de tourner la page. Ce fut un réel plaisir de travailler aux côtés d’équipes engagées et passionnées, qui ont toujours fait preuve de professionnalisme", conclut le dirigeant.

123 Pare-Brise accélère son expansion avec huit nouvelles ouvertures

Le réseau 123 Pare-Brise, spécialiste de la réparation et du remplacement de vitrage, continue de mailler le territoire à un rythme soutenu. En moins de cinq ans, l’enseigne a ouvert 138 centres, avec une cadence jusqu’ici d’environ une ouverture toutes les deux semaines. Mais sur les trois premiers mois de 2025, cet essor s’est accéléré avec huit nouvelles implantations.

En janvier et février 2025, 123 Pare-Brise s’est installé à Bayonne (64), Auxerre (89), Bourges (18) et La Rochelle (17). En mars, ce sont les villes de Martigues (13), Morlaix (29), Draguignan (83) et Montluçon (03) qui ont accueilli un nouveau centre de l’enseigne.

Des outils solides pour étayer ce déploiement

Pour accompagner cette expansion, le réseau prévoit de recruter 200 collaborateurs, dont une centaine de techniciens. Afin d’assurer cette montée en puissance, 123 Pare-Brise a internalisé sa fonction RH et déployé un service de recrutement dédié. Ce dernier s’appuie notamment sur son propre centre de formation, inauguré en 2024, et habilité à délivrer le CQP Opérateur vitrage, reconnu par l’État.

Cette dynamique s’inscrit dans une nouvelle phase de développement, depuis le rachat de l’enseigne par le groupe suédois Cary, officialisé en début d’année. Avec le soutien de ce nouvel actionnaire, 123 Pare-Brise espère maintenir son rythme de croissance et atteindre 200 implantations d’ici à 2027. Un objectif ambitieux, mais à portée de main au vu des moyens déployés et de la structuration progressive du réseau.

Cromax dévoile son "Or solaire"

La teinte ChromaHybrid WH1026 "Or Solaire" est la dernière nouveauté du catalogue de Cromax. Selon la marque d'Axalta, ce pigment doré est hautement chromatique et délivre un effet unique brillant d'une grande intensité. Il garantit par ailleurs un bon pouvoir couvrant, répondant ainsi aux exigences de performance des ateliers.

Ce produit est utilisable sur les bases mates de la marque (Cromax Pro et Cromax EZ+). Il permet notamment de recréer des teintes spécifiques utilisées par certains constructeurs, comme la Sechurabeige LL1X d’Audi ou la Twilight Bronze 700 de Volvo.

Ces formulations sont disponibles via la plateforme numérique ChromaWeb, accessible depuis un ordinateur portable ou une tablette. Grâce à cet outil, les peintres peuvent identifier rapidement la bonne formule et connaître les quantités exactes à utiliser selon le volume de peinture requis.

Ces informations peuvent ensuite être transmises directement à la machine de dosage Irus Mix. Le flacon ergonomique de 100 ml, dans lequel le pigment est conditionné, est parfaitement adapté à cet équipement. Son bouchon doseur a été conçu pour limiter les pertes et faciliter une utilisation propre et précise.

Cartel sur le recyclage : 15 constructeurs lourdement sanctionnés

Pendant plus d’une décennie, plusieurs groupes automobiles ont discrètement aligné leurs positions sur le recyclage de leurs véhicules en fin de vie. C’est ce que révèle la Commission européenne, qui sanctionne aujourd’hui un cartel jugé préjudiciable aux consommateurs comme à l’environnement.

Entre 2002 et 2017, les 15 constructeurs sanctionnés – parmi lesquels Volkswagen, Renault, Stellantis, Toyota ou encore BMW – ont conclu des accords pour ne pas rémunérer les démolisseurs automobiles chargés de la valorisation des VHU (véhicules hors d’usage). Leur stratégie dite de "zéro coût de traitement" reposait sur l’idée que les déconstructeurs dégageaient déjà une marge suffisante.

Une entente organisée pour limiter la concurrence

De plus, les constructeurs ont convenu de ne pas communiquer sur les performances de recyclabilité de leurs véhicules ni sur l’usage de matériaux recyclés. "Leur objectif était d'empêcher les consommateurs de prendre en compte les informations relatives au recyclage lorsqu'ils choisissent une voiture, ce qui pourrait réduire la pression exercée sur les entreprises pour qu'elles aillent au-delà des exigences légales", souligne la Commission européenne.

Pourtant la directive européenne encadrant la gestion des VHU impose aux fabricants de prendre en charge les frais de traitement si ceux-ci ne peuvent être couverts par le seul démontage. Elle les oblige également à informer les consommateurs sur les taux de recyclage atteints ou sur la part de matériaux recyclés intégrés dans les nouveaux modèles.

Pour Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission en charge de la transition écologique, cette affaire illustre un manquement grave des industriels.

"Nous ne tolérerons aucune forme de cartel, y compris ceux qui freinent la sensibilisation et la demande des clients pour des produits plus respectueux de l'environnement. Un recyclage de haute qualité dans des secteurs clés comme l'automobile sera essentiel pour atteindre nos objectifs d'économie circulaire, pour abaisser les déchets et les émissions, mais aussi pour réduire les dépendances, diminuer les coûts de production et créer un modèle industriel plus durable et compétitif en Europe."

L’ACEA coordinatrice du cartel

Dans cette entente illicite, le rôle de l’ACEA – l’Association des constructeurs automobiles européens – a été déterminant selon Bruxelles. L'organisation a servi de plateforme d’échanges et de coordination entre les entreprises impliquées. Pour cette fonction de "facilitateur", une amende spécifique de 500 000 euros a été prononcée à son encontre.

Du côté des constructeurs, tous ont reconnu les faits et accepté de coopérer pour bénéficier d’un règlement négocié. Cette démarche leur a permis d’obtenir une réduction de 10 % sur le montant des amendes. Mercedes-Benz, qui a été le premier groupe à dénoncer l’existence de cette entente en 2019, a obtenu une exonération totale.

Les sanctions financières ont été modulées selon plusieurs critères : durée de participation, rôle joué dans l’entente, gravité des faits, étendue géographique et coopération avec l’enquête.

Volkswagen écope de l'amende la plus lourde (127,7 millions d’euros), suivi de Renault-Nissan (81,4 millions) et Stellantis (74,9 millions). Ford, Mitsubishi, Hyundai ou encore Toyota figurent également parmi les groupes sanctionnés, à des degrés divers. Renault a vu sa sanction partiellement réduite, ayant manifesté le souhait d’informer sur l’usage de matériaux recyclés.

Une affaire aux répercussions juridiques potentielles

Au-delà de ces pénalités, cette décision ouvre la voie à des recours civils. Les entreprises et consommateurs estimant avoir subi un préjudice peuvent engager des actions en réparation devant les juridictions nationales. Le droit européen permet de s’appuyer sur la décision de la Commission comme élément de preuve irréfutable.

"Ces décisions ouvrent la possibilité aux entreprises de recyclage automobile, victimes de ce cartel, de se pourvoir ensemble en justice, confirme le cabinet Predal Riquier Avocats. En effet, en l'absence de pratique anticoncurrentielle, ces entreprises auraient perçu une contribution financière de la part des constructeurs automobiles. Ces paiements qui auraient eu lieu en l'absence de comportement illicite constituent en effet un préjudice dont il est possible de demander l'indemnisation." Le dommage pourrait se chiffrer à plusieurs dizaines de millions d'euros.

Alliance Automotive confirme sa participation à Equip Auto

Bonne nouvelle pour les membres des réseaux d'Alliance Automotive Group (AAG) : ils pourront se retrouver, du 14 au 18 octobre prochain à Equip Auto, sur un stand commun. Le groupement nous a, en effet, confirmé sa participation à la 50e édition du salon dédié à l'après-vente et aux services de l'automobile. AAG met ainsi fin aux spéculations sur son éventuelle absence, qui avaient suscité quelques remous dans la profession depuis quelques jours.

"Après le succès du FAB qui s'est tenu en fin d'année dernière, nous nous sommes interrogés sur notre présence. Cet évènement a été un succès et nous devions, dès lors, réfléchir à notre participation à cette nouvelle édition d'Equip Auto", explique Mylène Longeron, directrice de la communication et événementiel d'Alliance Automotive.

Après réflexion, la filiale française du groupe Genuine Parts Company a finalement décidé de prendre part à la biennale parisienne, où elle disposera d'un stand qui fédérera l'ensemble de ses réseaux (Groupauto, Precisium, Pieces Auto, G-Truck, etc.). Les différentes marques du groupement seront également mises à l'honneur, avec une attention particulière pour Napa qui célèbre son centenaire en 2025.

Aircolor Isofill : le nouvel apprêt de Roberlo

Le nouvel apprêt 1K en aérosol de Roberlo se nomme Aircolor Isofill. Intégré à la gamme Aircolor, il offre une adhérence directe sur divers supports métalliques, y compris l’acier, l’aluminium et les surfaces galvanisées. Sa formule permet d’obtenir une base lisse et homogène pour l’application de la peinture. Son pouvoir couvrant élevé et son épaisseur optimisée assurent une réparation efficace et durable.

Grâce à son séchage rapide, ce produit permet de réduire les délais d’intervention. Il est également conçu pour être aisément ponçable, facilitant ainsi les finitions. Son estompage permet une intégration homogène avec la surface existante, sans démarcations visibles.

Une gamme élargie

Avec Aircolor Isofill, la gamme Aircolor comprend désormais 17 références adaptées aux besoins des ateliers de carrosserie : vernis, peintures, apprêts et protections anti-gravillons.

Cette diversification vise à optimiser les processus de réparation et à améliorer la productivité des professionnels du secteur. En complément de ses produits, Roberlo met à disposition un service de formation et d’assistance technique pour accompagner les acteurs de la carrosserie dans l’optimisation de leurs performances.

J2R#152

Avril 2025

Autoneo : de plus en plus de carrossiers séduits par les services

Le menu de la convention 2025 d'Autoneo comprenait d'abord des solutions concrètes pour appliquer la RSE (responsabilité sociale et environnementale) dans les carrosseries, ainsi que pour les adapter aux évolutions en cours et à venir dans la réparation-collision. Ces sujets ont attiré plus d'une centaine de carrossiers les 21 et 22 mars derniers, à Ferrière-en-Brie (77). D'après les organisateurs de ce rendez-vous, leur moyenne d'âge était apparemment plus jeune que la moyenne de ce réseau éclectique en termes de démographie et de taille d'entreprise.

D'abord des relations de confiance

Coïncidence ou pas avec la jeunesse des participants, un certain dynamisme était palpable dans leurs rangs. Cette assistance a semblé très réceptive aux discours développés par la tête de réseau. "Nous avons abordé trois sujets qui nous paraissent fondamentaux pour les carrossiers : la RSE, les évolutions technologiques et la prospective sur la réparation-collision à l'horizon 2030, annonce Pascale Rambeault, responsable nationale d'Autoneo. Ceux-ci offrent à la fois des perspectives intéressantes et des défis à relever". Des thèmes à la fois présentés par des partenaires et des adhérents ayant déjà expérimenté des solutions.

L'équipe de onze permanents à la tête du réseau semble avoir ainsi tapé juste. Bien qu'elle soit moins étoffée que celles de ses homologues adossés à de grands groupements ou à des fabricants de peinture, ses travaux paraissent efficaces. Cela, en entretenant d'abord une philosophie à laquelle les réparateurs sont particulièrement sensibles.

En effet, "Autoneo est un modèle unique, s'appuyant sur les distributeurs spécialisés de Centaure. Il repose sur les relations de confiance entre les carrossiers et leurs fournisseurs de peinture, affirme Maxime Falconnet, président du réseau et du groupement. Ce sont d'abord des entreprises familiales qui parlent à d'autres entreprises familiales". Concrètement, leurs services constituent le socle du réseau, renforcé par des partenariats élargis. Ceux-ci couvrent l'approvisionnement en pièces, la gestion RH, la formation, ainsi que divers outils techniques et numériques. Les adhérents restent libres de les adopter – ou pas – pour répondre à leurs besoins et s'adapter aux évolutions de leur métier.

30 % d'apporteurs d'affaires en plus

Résultat : entre 2021 et 2025, l'enseigne a enregistré une croissance significative avec 27 nouveaux adhérents, portant son effectif à 264 carrossiers. "Certains pourraient dire que nous progressons lentement en comparaison avec d'autres réseaux, commente Maxime Falconnet. Je préfère dire que nous nous développons harmonieusement, en maillant progressivement le territoire avec des partenaires de confiance et structurés".

Leur chiffre d'affaires moyen avoisine les 700 000 euros avec trois techniciens dans l'atelier. Les dirigeants du réseau précisent que ce dernier ne compte plus vraiment de petites entreprises. A contrario, ses plus grands adhérents sont des réparateurs multisites. Parallèlement, le nombre de partenaires apporteurs d'affaires a augmenté de près d'un tiers depuis 2021.

L'attrait de l'enseigne semble encore s'accentuer puisque, parmi les derniers entrants, six sont arrivés au début de cette année. Elle semble donc avoir pris de la vigueur en comparaison avec la période précédant la pandémie. D'ailleurs, "aujourd'hui, on nous appelle pour nous rejoindre, explique Rémi Renaudo, directeur général adjoint d'Autoneo. Alors que ce n'était pas le cas il y a trois ou quatre ans. C'était nous qui recrutions". Le responsable précise même que, dans certains cas, des réparateurs adoptent des distributeurs Centaure pour hisser ce panneau. Car il s'agit de l'une des deux conditions sine qua non pour rejoindre l'enseigne. L'autre est de respecter rigoureusement le cahier des charges des apporteurs d'affaires partenaires lorsqu'ils signent un agrément avec eux – aucun d'entre eux n'étant obligatoire.

La RSE n'est plus une option

Au total, le réseau entretient 27 partenariats. Les derniers en date, annoncés lors de la convention, sont Nissan, Volkswagen et Odipra (pour l'approvisionnement en pièces), GPA (fournisseur de PRE), Olacar (plateforme d'intermédiation autour de la main-d'œuvre ibérique) et Carform (outil de gestion d'atelier et de relation clients). L'ensemble de son portefeuille de services comprend d'autres marques de constructeurs (Distrigo, Renault, Toyota et Mercedes), couvrant aussi la location de véhicules de courtoisie (Leaseway), ainsi que des spécialistes du recalibrage mobile des Adas (Digitalcar), du matériel et des vêtements de travail, du pneumatique, des outils informatiques (Infoprodigital, Lacour…), des frais généraux et de la formation (Cesvi et Daf Conseil), etc.

Fort de cette solide boîte à outils, Autoneo vise à pérenniser l'activité de ses adhérents dans le paysage de la réparation-collision de demain. À cette fin, les intervenants de la convention ont d'abord insisté sur l'importance d'adopter des pratiques RSE dans les entreprises. "La transition écologique et la RSE ne sont plus optionnelles, affirme Rémi Renaudo. Il faut les préparer pour ne pas les subir". Celles-ci sont désormais fondamentales pour les assureurs, poussés par la directive européenne CSRD.

Mais elles offrent aussi des opportunités pour les réparateurs. Ainsi, Lucile Courtois, responsable RH de Weinmann Technologies, rappelle que "la RSE ne se limite pas à l’environnement. Elle englobe aussi les conditions de travail, la fidélisation des salariés et la qualité de vie en entreprise". Elle souligne que pour fidéliser les plus jeunes salariés, il est nécessaire de donner du sens à leur travail.

"Commencer par du bon sens"

"Il y a un véritable retour sur investissement dans la RSE, témoigne Julien Regache, de la carrosserie Regache Renov'Car à Saint-Roman (38). Nous avons ainsi amélioré la productivité de notre personnel et réduit nos coûts d'énergie". L'adhérent du réseau a expliqué à ses confrères comment il a progressivement appliqué des mesures de durabilité dans son entreprise.

"On n'est pas obligé de réaliser immédiatement de gros investissements dans ce domaine, complète Delphine Pradon, assistante administrative de la société. On peut commencer petit à petit, avec du bon sens, par exemple, en sensibilisant les salariés aux économies de produits et en les impliquant dans l'entreprise". Exemple parmi d'autres : la cohésion commence par l'organisation des pauses en commun, entre carrossiers, mécaniciens et administratifs... Et se poursuit avec l'organisation de formations et d'évènements familiaux pour les salariés. Un exemple simple à la portée de tous les membres d'Autoneo.

Le réseau a également demandé à un autre adhérent de témoigner sur l'adoption d'un outil innovant, parmi ses derniers partenaires. Nabil Fajjari, dirigeant du groupe Linat Automobile, explique les gains réalisés en adoptant Carform, nouveau partenaire du réseau. Depuis un an et demi, il a adopté cet outil numérique de communication coordonnant tous les services de la carrosserie, ainsi qu'avec ses clients.

Être ou ne pas être précurseur

"Honnêtement, au départ je n'en comprenais pas l'intérêt. Aujourd'hui, je ne peux plus m'en passer", explique-t-il. Dans ses trois carrosseries, l'application permet à ses équipes et à lui-même, de suivre en détail les chantiers de réparation, les flux et les besoins de l'atelier. Un processus qui démarre par la prise de rendez-vous avec le client pour la photo-expertise et s'achève à la livraison du véhicule. "Il fournit un lien entre la clientèle, l'accueil et l'atelier. Carform assure une certaine transparence avec le client – mais pas trop. Il réduit aussi les erreurs et oublis des techniciens", explique le carrossier.

Son intervention entraîne l'enthousiasme de la salle. Visiblement, beaucoup de convaincus... Mais combien passeront finalement à l'acte ? En effet, la grande majorité d'entre eux sous-traitent encore le recalibrage des Adas (systèmes d'aides à la conduite). Tandis que 30 à 40 % des adhérents n'ont pas encore fait habiliter certains de leurs techniciens pour réparer les véhicules électriques. Comme ailleurs, beaucoup de réparateurs acquiescent et applaudissent, mais préfèrent attendre encore un peu. Seul un noyau dur – plus ou moins important – se positionne toujours en précurseur sur les nouveautés. Pourtant, les desiderata des apporteurs d'affaires et l'électrification du parc se précisent.

Érépar optimise la réparation électronique

Fondé en 2009 par Yann Painbéni, Érépar, spécialiste de la réparation électronique automobile, déploie un nouveau site dédié aux particuliers et professionnels de l'automobile. La plateforme propose un outil permettant d’associer un véhicule à une base de données de plus de 9 000 pannes répertoriées. En renseignant le numéro d’immatriculation, les utilisateurs accèdent à une liste de pièces compatibles ainsi qu'aux causes potentielles des défaillances. Pour les pannes non référencées, un service de devis est également disponible afin d'offrir une solution de réparation.

Le site intègre plusieurs services destinés à simplifier la gestion de la remise en état. Grâce à un parcours de navigation optimisé, l'identification des pannes et la commande de services sont plus rapides et intuitives. L’espace client permet de suivre les dossiers en temps réel, d’accéder facilement aux documents administratifs et de personnaliser les notifications pour être informé des différentes étapes de traitement.

En créant un compte professionnel, les garagistes bénéficient de remises sur les tarifs, d’une garantie étendue à trois ans et d’un service client dédié. Pour faciliter encore davantage leur travail, Érépar prend en charge l’ensemble de la logistique : après le démontage de la pièce défectueuse, l’entreprise s’occupe de son acheminement, de sa réparation et de son renvoi, généralement sous 24 à 48 heures.

Une expertise technique à présenter

Chaque jour, les techniciens d’Érépar réparent des dizaines de pièces en s’appuyant sur un système de tests avancé. Le service recherche et développement développe en permanence de nouveaux bancs de tests afin de garantir la fiabilité des pièces réparées avant leur expédition. Un service client et un support technique sont également à disposition pour répondre aux demandes des utilisateurs et les accompagner dans les interventions.

Dans une logique de développement, Érépar cherche à établir des collaborations avec des groupements de garages afin de proposer des solutions adaptées aux réseaux professionnels. Pour présenter son nouveau site et ses services, l'entreprise participera donc au salon Equip Auto en octobre 2025. Ce sera l'occasion pour les professionnels du secteur de découvrir en détail les innovations mises en place et d’échanger avec les équipes d’Érépar.

Pièces : les distributeurs en perte de vitesse en février 2025

L’activité des distributeurs de pièces de rechange a reculé de 2,9 % en février 2025, selon le baromètre Feda-Xerfi. Cette baisse intervient après une hausse de 1,4 % en janvier, laissant entrevoir une conjoncture plus fragile que prévu.

Si cette diminution doit être nuancée en raison d'un calendrier défavorable (février 2025 comptait un jour ouvrable de moins que l’année précédente), plusieurs acteurs du marché nous ont confirmé observer un tassement de leur activité depuis fin janvier.

Sur les deux premiers mois de l’année, le marché affiche un repli global de 0,7 %. Une performance moins dynamique que celle de la consommation des ménages, qui, selon les indicateurs nationaux, a progressé de 0,1 % sur la même période.

Le segment VL plombé par les équipements

Dans le détail, le marché des véhicules légers (VL) pèse sur cette tendance négative. L’ensemble du segment accuse une baisse de 3 %, impacté principalement par les équipements et outillages, dont les ventes ont perdu 4,5 %.

Le domaine de la peinture-carrosserie est encore plus affecté, avec une diminution marquée de 6 %. Seul point encourageant : les prestations en atelier demeurent positives, progressant de 1,5 %, signe d’une activité de réparation toujours dynamique et essentielle aux automobilistes.

La distribution de pièces du poids lourd (PL) affiche également un recul marqué, même si légèrement moindre que celui des VL, avec une baisse globale de 2,5 %. Ici aussi, les ventes d’équipements et outillages souffrent (-3,5 %), ainsi que la distribution directe aux clients finaux, en recul de 4,5 %. Seules les prestations en atelier affichent une timide hausse de 0,5 %.

Malgré ces chiffres peu favorables, la Feda demeure prudente. La fédération attend le baromètre de mars, qui devrait permettre d’obtenir une vision plus nette de la tendance trimestrielle.

Autosur victime d'une cyberattaque : quatre millions de clients concernés

Le réseau de contrôle technique Autosur est, à son tour, victime d'une cyberattaque. L'incident, révélé par le média spécialisé Zataz, a été officiellement confirmé ce 28 mars 2025 par l'entreprise. Près de quatre millions de clients pourraient être concernés par cet incident majeur, parmi lesquels figurent noms, prénoms, adresses mail, coordonnées téléphoniques, adresses postales ainsi que numéros d'immatriculation.

Des risques accrus de tentatives d'escroquerie

Selon Autosur, l'incident informatique a été rapidement détecté, ce qui lui a permis d'intervenir immédiatement afin de stopper toute intrusion supplémentaire. L'enseigne, qui compte près de 900 centres, précise également que les données sensibles telles que les informations bancaires n'ont pas été compromises, car elles ne sont pas stockées par l'entreprise.

Dès la découverte de l’incident, Autosur a rempli ses obligations légales en informant la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), tout en déposant plainte auprès des services de police afin d'élucider les circonstances exactes de cette intrusion.

Le réseau de contrôle technique appelle désormais ses clients à la plus grande vigilance. Il insiste particulièrement sur le risque accru de tentatives de phishing, qui pourraient prendre la forme de mails, de SMS ou d’appels téléphoniques frauduleux visant à obtenir des informations complémentaires ou des accès personnels.

"Autosur ne vous sollicite jamais, par aucun canal, pour vous demander vos codes personnels ou identifiants", rappelle fermement l'enseigne dans son communiqué. Elle recommande aux victimes potentielles de vérifier leur situation via la plateforme publique de diagnostic en ligne 17Cyber, mise à disposition gratuitement par les autorités françaises.

Les PME et TPE de plus en plus visées

Selon plusieurs médias spécialisés, un individu se présentant comme le pirate responsable aurait mis en vente plus de douze millions d’enregistrements prétendument issus des bases de données d’Autosur, avec des données encore plus sensibles. Cependant, ces informations n’ont pas été confirmées par Autosur à ce stade.

Ces dernières années, de plus en plus d'attaques ont visé les petites et moyennes entreprises, et notamment dans l'automobile. Selon une récente étude du cabinet Accenture, elles sont désormais les victimes de 43 % des cyberattaques. En décembre dernier, en France, le réseau Norauto ainsi qu'une concession Peugeot ont notamment fait l'objet d'une perte de données à la suite d'actes malveillants.

Embaucher un apprenti : ce qu'il faut savoir

L'intégration au monde professionnel se fait de plus en plus par la voie de l'apprentissage qui est, rappelons-le, une relation tripartite entre un employeur, un salarié et un centre de formation en alternance (CFA). Pour pouvoir entrer par la voie de l'apprentissage dans le monde professionnel, il faut au minimum avoir 16 ans et jusqu'à 29 ans révolus au début de l'apprentissage (des dérogations peuvent s'appliquer).

L'apprenti est accompagné dans l'entreprise par un maître d'apprentissage. Ce dernier ne peut encadrer que deux apprentis au maximum (sauf dérogation). Son rôle est d'apporter les compétences correspondantes à la qualification recherchée. Le maître d'apprentissage doit donc posséder certaines qualifications et répondre à des critères précis.

Quelle durée pour le contrat d'apprentissage ?

Un apprenti peut être recruté dans le cadre d'un contrat à durée déterminée (de 6 mois à 3 ans) ou en CDI. Dans ce second cas, la période d'apprentissage est encadrée par la réglementation et, une fois terminé, le contrat se poursuit automatiquement en CDI. Dans tous les cas, le contrat de travail est signé en trois exemplaires par l'apprenti et l'employeur. Ce dernier doit effectuer une déclaration d'apprentissage et enregistrer le contrat auprès de l'Opco, au plus tard dans les cinq jours suivant son début.

Ensuite, l'Opco se prononce sur la prise en charge financière du contrat dans un délai de 20 jours à compter de la réception de l'ensemble des documents transmis par l'employeur. Le silence de l'Opco dans ce délai vaut un refus. Si le financement est accepté, l'Opco dépose le contrat, par voie dématérialisée, auprès des services du ministre en charge de la formation professionnelle.

Droits et rémunération de l'apprenti

Une fois ces formalités accomplies, l'apprenti est soumis aux mêmes règles légales, conventionnelles et accords collectifs que les autres salariés, de même qu'à la durée du travail dans l'entreprise. Il acquiert des congés au même titre que les autres salariés. Il a droit à un congé supplémentaire rémunéré de cinq jours ouvrables dans le mois précédant ses examens pour les préparer.

Concernant le suivi médical, l'apprenti bénéficie d'une visite d'information et de prévention auprès des services de prévention et de santé au travail. Puis ce suivi s'effectue selon les mêmes modalités que pour les autres employés.

La rémunération de l'apprenti va dépendre de plusieurs critères (voir tableau) : son âge, l'ancienneté de son contrat et de son cycle de formation. Certaines conventions collectives prévoient un barème supérieur au barème légal, n'hésitez pas à consulter la vôtre. Les barèmes indiqués dans le tableau ci-dessous s'appliquent depuis le 1er janvier 2019. Les montants des aides à l'embauche pour l'apprentissage doivent être prochainement confirmés par décret.

Barème de rémunération des apprentis (en % du SMIC)
Âge de l’apprenti 1ère année 2e année 3e année
Moins de 18 ans 27% 39% 55%
18 à 20 ans 43% 51% 67%
21 à 25 ans 53% (1) 61% (1) 78% (1)
26 ans et plus 100% (1) quelle que soit l’année de d’apprentissage
(1) Pourcentage du minimum conventionnel, si cela conduit à un montant plus élevé

 

Vous souhaitez plus d'informations sur le sujet ? N'hésitez pas à contacter Sabrina Lequeux (Feda) au 01 45 00 39 71 ou à slequeux@feda.fr afin d'avoir un point complet.

Bardahl muscle son concept face à un parc vieillissant

Bardahl fait évoluer son offre pour répondre aux nouveaux besoins du marché et d'un parc vieillissant. Alors que la moyenne d'âge des véhicules sur la route dépasse désormais les 11 ans, cette évolution favorise l’encrassement de composants essentiels, tels que les filtres à particules, vannes EGR ou turbos.

Raison pour laquelle le fournisseur d'additifs, de lubrifiants et de détergents poursuit la diversification de son modèle avec un programme complet dédié à ses 3 500 garages partenaires. Ces ateliers investissent dans une formule complète incluant les appareils de contrôle et de nettoyage Bardahl, les produits, une formation et un kit PLV.

Deux nouvelles stations

Aujourd'hui, le fabricant enrichit son concept avec une station de dépollution moteur connectée. Elle facilite le nettoyage de l’injecteur côté chambre de combustion, du turbo, de l’admission (essence & diesel) et du filtre à particules de manière indépendante, à l’aide d’additifs spécialement conçus pour ces différents organes. Le process d'intervention est autonome, sur une durée d'une à deux heures. La machine travaille ainsi en temps masqué.

La seconde nouveauté de l'année, la station 360 Gear, est destinée à la vidange des boîtes de vitesses, qu'elles soient automatiques, manuelles ou robotisées. Elle intègre deux circuits différents : un pour la vidange des BVA et un autre pour remplir les boîtes de vitesses mécaniques et robotisées.

L'équipement dispose d’une technologie capable d'ajuster automatiquement le sens de circulation de l’huile et de fournir un diagnostic précis avant et après l’intervention. Pilotée par un écran tactile intégré, elle offre confort et précision à l'opérateur.

Bardahl mise sur la formation

Conscient des enjeux d'adaptation aux nouvelles technologies, Bardahl intensifie également ses efforts en matière de formation professionnelle. En partenariat avec le GNFA, l'entreprise française propose désormais des modules certifiés Qualiopi, disponibles dans 15 centres en France. Objectif : former plus de 600 professionnels en 2025, soit le double de l'année précédente.

"Les centres experts labellisés Bardahl, accompagnés et suivis par nos experts, garantissent aux clients finaux un service de qualité […]. Nous avons un réseau de 3 500 garages partenaires en France et en Belgique, il en existe plus de 15 000, nous avons encore une belle marge de progression !", conclut Gilles Rigot, directeur de l’activité auto, bricolage et marine chez Bardahl.

Laurie Amar : girl power

Sur les bords de l'Ariège, entre Foix et Pamiers (09), un talent brut s'est imposé dans l'univers de la carrosserie. En quelques années, Laurie Amar a bâti une solide réputation, bien au-delà de Saint-Jean-du-Falga. Un sacré tour de force pour une jeune femme âgée de seulement 28 ans. Le signe aussi d'une personnalité bien affirmée, la passion et les convictions chevillées au corps.

Fille d'une mère assistante maternelle et d'un père électricien, Laurie Amar n'a pas été élevée dans la marmite de l'automobile. Le lien avec cet univers s'est construit autrement. Adolescente, elle découvre avec fascination l'univers de la personnalisation automobile à travers l'émission culte Pimp My Ride, où de vieux tas de ferraille sont transformés en d'incroyables bolides.

Dans son canapé, Laurie Amar, alors plus artiste que technicienne, prend goût à l'activité de rénovation et de restauration. Sentiment confirmé quelques années plus tard, lors d'un stage de 3e effectué dans le garage Renault de Foix. Une révélation. À la rentrée suivante, le destin faisant bien les choses, une première section de Bac Pro en carrosserie-peinture automobile ouvre au lycée Pyrène de Pamiers. Elle en sortira major de sa promotion !

La suite s'écrit à l'école supérieure des métiers de Muret. Une expérience marquée par de premières embûches, entre difficultés à trouver un apprentissage et le sentiment d'être déconsidérée parce qu'étant une jeune femme avant d'être une future professionnelle. Au bout du compte, elle réalise sa formation dans un garage Peugeot de Pamiers, y tisse de solides liens et perfectionne surtout un talent certain. Embauchée dans la structure, elle y fait ses armes avant de voler de ses propres ailes.

Transmettre sa passion aux jeunes filles

En 2022, à tout juste 26 ans, confrontée à un environnement devenu toxique, elle met les voiles et monte son affaire, avec un coup de pouce bienvenu. Un proche, déjà à la tête de son garage, lui propose d'ouvrir le sien en lui louant une partie de son bâtiment. La configuration est idéale, car Laurie Amar a alors accès à un espace de travail et à tout l'équipement qui va avec. De quoi réduire substantiellement l'investissement initial.

C'est ainsi que Lady Paint voit le jour et rencontre rapidement le succès. "L'Ariège est un petit département. Quand j'ai quitté ma précédente entreprise, la nouvelle s'est très vite répandue et, dès les premiers jours, on m'appelait pour savoir si j'avais de la place dans mon garage", retrace-t-elle. Son activité repose sur de la carrosserie courante, professionnels et particuliers faisant appel à elle, et sur des projets de peinture personnalisée.

Un sujet passion qui, bien que minoritaire dans son quotidien, fait vibrer la dirigeante. Preuve de la pertinence de son projet, elle est distinguée en 2023 par deux prix (jeune pousse et entreprise de l'année) lors d'une cérémonie organisée par le journal La Dépêche. "C'était une belle reconnaissance qui m'a beaucoup apporté localement, notamment en termes de visibilité."

Après deux exercices positifs, son garage tourne bien. À tel point que Laurie Amar a pu embaucher une apprentie, autant par conviction que par nécessité. La dirigeante a en effet à cœur de transmettre sa passion et de tendre la main à celles qui, comme elle dans le passé, peinent à trouver leur place. La sienne, et celle de Lady Paint, pourraient d'ailleurs changer d'adresse dans quelques mois.

À l'étroit dans son local de 150 m², Laurie Amar aimerait en trouver un autre plus grand pour répondre à toutes ses sollicitations. En parallèle, l'Ariégeoise ambitionne aussi de dupliquer son affaire plus à l'ouest, au Pays basque. Un projet qu'elle imagine sur du "moyen/long terme". Mais comme tout lui sourit, on parie volontiers sur une concrétisation plus rapide que prévu.

Temot International nomme Daniel Trost pour renforcer son pilotage stratégique

Temot International consolide sa gouvernance avec l'arrivée de Daniel Trost en qualité de directeur des opérations, à compter du 1er juin 2025. Avec cette nomination, le groupement entend anticiper les évolutions rapides du marché de la rechange.

Fort d'une carrière de 20 ans en informatique, finance et stratégie opérationnelle, Daniel Trost rejoint Temot après avoir occupé plusieurs postes à responsabilités chez le groupement allemand Select AG depuis 2011. Il y a notamment exercé les fonctions de directeur digital, directeur financier et directeur des ressources humaines.

Durant cette période, il s'est distingué par la mise en place de structures technologiques avancées et par son implication dans la transformation numérique du groupe.

Temot International veut gagner en réactivité

"Temot International investit dans l’avenir pour assurer sa compétitivité et sa réactivité face aux nouveaux défis du marché. L’arrivée de Daniel renforce notre gouvernance et élargit notre capacité à offrir à nos actionnaires des solutions performantes", explique Fotios Katsardis, président et CEO de Temot International.

Ce dernier précise que cette nomination permettra à l'ITG d’être mieux armé pour répondre aux attentes de ses membres, composés principalement d’entreprises familiales indépendantes.

Daniel Trost sera officiellement présenté aux principaux acteurs du secteur lors de l’événement célébrant les 30 ans de Temot International à Paris en mai prochain. À cette occasion, il participera activement aux discussions visant à définir l'avenir de l'entreprise et à renforcer son rôle dans le secteur de l'après-vente automobile mondial.

Réparation automobile : une facture toujours plus salée

Entre 2023 et 2024, la facture moyenne d’intervention dans les réseaux constructeurs est passée de 657 à 718 euros, selon CarGarantie. Soit une augmentation de plus de 100 euros en deux ans. L'assureur garantisseur dessine un bilan annuel semblable à celui de l'an dernier. Cette nouvelle étude repose sur l’exploitation de plus de 970 000 interventions réalisées sur des véhicules sous garantie, dont 752 000 voitures d’occasion et 219 000 véhicules neufs.

Augmentation tarifaire de 60 euros

Ce niveau record confirme une tendance déjà amorcée ces dernières années. En 2022, CarGarantie signalait le franchissement des 600 euros, soit déjà une hausse de 100 euros par rapport à 2017.

Répartition des coûts de sinistre 2024 VO

Répartition des coûts de sinistre 2024 sur les véhicules d'occasion. ©CarGarantie

"L’augmentation du frais moyen des réparations n’est pas inattendue", commente Gil Warembourg, directeur CarGarantie France. "L’année dernière, nous avions déjà constaté une augmentation des prix d’environ 40 euros, et cette année, l’augmentation a été encore plus forte, avec plus de 60 euros. Pour l’instant, rien n’indique que le sommet a déjà été atteint".

En effet, l'assureur estime que la situation du commerce international et les nombreuses crises font plutôt craindre de nouvelles augmentations.

Fréquence de sinistre par pièces 2024 VN

Fréquence de sinistre 2024 par pièce sur les véhicules neufs. ©CarGarantie

Les grandes tendances par poste de réparation restent globalement stables. Le moteur demeure la source des interventions les plus coûteuses sur les véhicules d’occasion, avec une part de 26 % dans le montant total des réparations (contre 25,9 % en 2023). Viennent ensuite les systèmes de carburation et les turbocompresseurs, à 17,7 %, puis les pannes d’origine électrique à 12,9 %.

Composants électriques plus vulnérables

Sur les véhicules neufs, la hiérarchie est légèrement différente : le moteur reste le poste principal (18,4 %), mais les systèmes électriques prennent la deuxième place avec 17,8 %, devant la carburation (17,1 %). À noter : seules les défaillances électriques progressent significativement dans la répartition des coûts.

Répartition des coûts de sinistre 2024 VN

Répartition des coûts de sinistre 2024 sur les véhicules neufs. ©CarGarantie

Si les systèmes électriques et électroniques ne génèrent pas toujours les réparations les plus onéreuses, ils figurent désormais parmi les plus fréquentes. Pour les VO, ils représentent plus de 20 % des pannes recensées – un chiffre en légère hausse. Sur les VN, cette proportion atteint désormais 26,1 %, contre 22,1 % l’année précédente. Une évolution qui s’explique notamment par la multiplication des capteurs, calculateurs et équipements Adas dans les véhicules récents.

Fréquence de sinistre par pièces 2024 VO

Fréquence de sinistre 2024 par pièce sur les véhicules d'occasion. ©CarGarantie

Les chiffres avancés par CarGarantie concernent exclusivement les réseaux constructeurs et sont donc vraisemblablement plus élevés que ceux observés dans la réparation indépendante. Néanmoins, ces hausses de coûts ont un effet d’entraînement sur l’ensemble du marché européen de l’après-vente.

LGA s'appuie sur Ovoko pour s'ouvrir à l'international

Dans un marché de la pièce d'occasion où la digitalisation devient incontournable, le groupe LGA fait le pari de la plateforme Ovoko. L'entreprise lot-et-garonnaise s'est, en effet, rapprochée de la marketplace spécialisée pour simplifier ses ventes à l'export, et augmenter significativement son chiffre d'affaires.

LGA face au défi de l'international

Fondé en 1989, LGA s'est imposé comme un acteur référent de la pièce issue de l'économie circulaire (Piec) dans le Grand Sud-Ouest. Avec plus de 6 700 véhicules hors d'usage traités en 2023 et 55 000 pièces réemployées, le groupe maîtrise toute la chaîne de valeur, du démontage à la commercialisation.

Mais face à un marché national mature, la direction a identifié dès 2024 un potentiel de croissance à l'international. Le spécialiste du recyclage automobile avait besoin d'un partenaire capable de l'accompagner pour structurer son approche. Son choix s'est porté sur la startup lituanienne Ovoko, créée en 2016. Cette plateforme qui connecte 4 000 recycleurs à travers l'Europe présente plusieurs atouts.

Elle dispose, tout d'abord, d'un outil SaaS capable de digitaliser l'ensemble des opérations commerciales. De plus, la marketplace multilangues (10 langues disponibles) est accessible aux clients professionnels et particuliers dans 14 pays européens : Finlande, l’Espagne, la Hongrie, le Portugal, la Croatie, la Lituanie, l’Allemagne, l’Estonie, la Lettonie, la Pologne, l’Autriche, les Pays-Bas, la Suisse et la Belgique.

"L’intégration via l’API s’est faite rapidement en interne et sans friction permettant un démarrage des ventes quasi immédiat avec des résultats concluants dès les premières semaines", précise LGA. La plateforme prend en charge l'ensemble de la logistique, des paiements au service client, permettant aux équipes de se concentrer sur leur cœur de métier.

Des résultats tangibles dès les premiers mois

Les effets du partenariat, initié en juin 2024, se sont fait sentir rapidement. Entre novembre et décembre, LGA a enregistré une hausse de 10 % de ses ventes. Sur le seul mois d'octobre 2024, le groupe a réalisé 344 transactions transfrontalières pour un chiffre d'affaires de 38 366 €. Autre indicateur positif : le taux de retour s'est établi à 1,8 %, contre une moyenne sectorielle de 3,4 %.

Des chiffres évocateurs qui doivent inciter, selon Kęstutis Bruzgis, responsable du développement commercial chez Ovoko, davantage de déconstructeurs français à franchir le pas de l'international.

"La France est l’un des marchés les plus matures dans le domaine des pièces d’occasion […]. Il y a des centaines d'entreprises en France qui sont un peu effrayées par l'expansion internationale. En raison de diverses barrières logistiques, de paiement et de langue, elles perdent une grande opportunité de se développer plus rapidement en dehors de leur marché domestique", estime-t-il.

Aujourd'hui, Ovoko dispose d'un stock en ligne de plus de 20 millions de pièces automobiles.

Speedy France renforce son réseau avec 20 nouveaux franchisés en 2024

Speedy France poursuit l’expansion de son réseau avec 20 nouveaux centres franchisés en 2024, portant son total à 306 sites sur le territoire. Le dynamisme du fast fitter s’est particulièrement illustré en fin d’année 2024, avec l’ouverture de 11 garages en moins de deux mois.

Les nouvelles implantations couvrent une diversité de localisations, aussi bien en zones urbaines qu’en périphérie, avec des ouvertures à Albi, Saint-Herblain, Cogolin, Forbach, ou encore Landerneau. Ce déploiement s’inscrit dans la volonté de Speedy d’optimiser son maillage territorial afin de garantir un accès rapide à ses services. L’enseigne ambitionne ainsi d’être à moins de 15 minutes en voiture de chaque automobiliste.

Un accompagnement structuré pour les franchisés

Speedy France mise sur un dispositif d’accompagnement performant pour faciliter l’intégration de ses nouveaux partenaires. L’enseigne s’appuie sur un écosystème de solutions financières et comptables, avec des acteurs comme Impact pour le financement ou CrédiPro pour des conditions avantageuses. Un suivi en gestion comptable est également proposé via Exco.

Les franchisés profitent en outre d’une structure solide, avec un accès aux fonctions centrales et à un centre de formation dédié. Ce dernier garantit la mise à jour des compétences techniques, commerciales et managériales, assurant ainsi un haut niveau d’expertise dans chaque centre.

"Speedy France a fait une promesse aux Français : les accompagner partout et pour tous les budgets. Nous avons progressé en 2024 pour répondre à leurs besoins et étendons pour 2025 notre présence au-delà des grands centres urbains, dans lesquels nous sommes déjà particulièrement implantés", souligne Éric Terefenko, président de Speedy France.

Forte de cette dynamique, l'enseigne de réparateurs a pour objectif ambitieux de doubler le nombre d’ouvertures en 2025 avec 40 nouvelles implantations.

Boris Guth, Alliance Automotive : "Réaffirmer notre position de leader sur la pièce technique"

Le Journal de la Rechange et la Réparation : Vous avez pris vos fonctions de directeur commercial VL en septembre 2023. Quels ont été les principaux défis à relever en prenant ce poste ?

Boris Guth : J'ai effectivement été recruté pour chapeauter le business VL et structurer notre approche commerciale par métier. L'une de mes missions principales est de développer l'activité et d'accroître le chiffre d'affaires sur l'ensemble des gammes de pièces que nous commercialisons. Le premier défi a été de me familiariser avec le marché de la pièce de rechange. Je suis issu du secteur automobile, mais davantage du côté des constructeurs et des manufacturiers.

Il a donc fallu que je m'immerge dans cet univers spécifique, que je comprenne ses rouages et ses dynamiques. Ensuite, il s'agit d'accompagner nos clients indépendants et nos adhérents dans le développement de leur chiffre d'affaires et de leur activité. De même, pour nos filiales, l'enjeu est de leur donner plus d'autonomie et de moyens afin d'améliorer leurs performances. Notre objectif reste toujours le même : soutenir nos garages partenaires, qui sont au cœur de notre activité.

J2R : Comment accompagnez-vous les filiales et les réseaux indépendants pour optimiser leur performance et développer leur activité commerciale ?

B. G. : Nous travaillons sur plusieurs axes. Le premier est de garantir une méthode commerciale efficace. Cela signifie que nos attachés technico-commerciaux (ATC) doivent disposer des bons outils et des bons arguments pour accompagner nos clients, aussi bien sur le plan du discours que sur l'offre produit. Ensuite, nous nous assurons d'avoir une gamme de pièces en phase avec les tendances du marché. Les véhicules récents intègrent de plus en plus de technologies, avec davantage de capteurs, de vannes et de pièces techniques. Il est donc essentiel que nous soyons positionnés sur ce segment.

Par ailleurs, dans un contexte économique plus tendu, nous devons proposer des solutions adaptées à toutes les gammes de clientèle : du premium au budget. L'offre financière doit également être attractive, car nos clients sont avant tout des chefs d'entreprise qui attendent des solutions adaptées à leurs enjeux financiers. Enfin, nous veillons à ce que nos dispositifs d'accompagnement offrent un socle solide de compétences et de services, pour aider nos clients à se projeter avec confiance vers l'avenir.

J2R : Vous avez organisé en février dernier un séminaire avec l'ensemble de votre force commerciale. Pouvez-vous nous en parler ?

B. G. : Oui, c'était un événement important. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas réuni l'ensemble de nos équipes : forces de vente, responsables de plateformes, directeurs d'agences…

Au total, environ 600 personnes étaient présentes. L'objectif était de partager notre feuille de route pour 2025 et les années à venir, de fédérer nos équipes autour de cette dynamique, et de célébrer quelques beaux succès. Nous avons également mis à l'honneur certains fournisseurs et partenaires stratégiques. Ce séminaire a permis de lancer l'année 2025 avec enthousiasme et motivation.

J2R : Alliance Automotive propose une offre très large. Y a-t-il des gammes ou des segments de marché sur lesquels vous souhaitez particulièrement vous concentrer dans les prochaines années ?

B. G. : Oui, nous devons affirmer notre position de leader sur la pièce technique. C'était déjà l'un de nos points forts, mais nous devons le réaffirmer. Cela concerne autant les pièces elles-mêmes que les équipements nécessaires à leur installation et leur entretien dans les garages. Nous avons également un enjeu majeur autour de notre marque de distributeur (MDD), Napa.

Il s'agit non seulement de continuer à développer ses gammes, mais aussi de renforcer sa notoriété et son implantation sur le marché français. Napa est aujourd'hui une marque robuste, avec un positionnement compétitif et une qualité produit irréprochable. Le marché évolue, et les consommateurs sont plus attentifs aux alternatives économiques, sans compromis sur la qualité. C'est là que Napa doit jouer un rôle central.

J2R : Des lancements sont-ils prévus cette année pour enrichir encore la marque Napa ?

B. G. : Oui, nous avons plusieurs lancements en préparation, notamment sur la pièce technique. Un axe fort concerne l'embrayage, où notre offre était jusqu'ici essentiellement premium. Nous allons désormais proposer une gamme plus accessible en termes de tarifs, tout en garantissant un haut niveau de qualité.

L'embrayage est un produit particulièrement sensible pour nos clients. Nous avons donc travaillé sur une offre qui conjugue compétitivité et performance, afin de répondre aux attentes du marché.

J2R : La plateforme nationale First, lancée officiellement l'an dernier, est-elle pleinement opérationnelle et accessible à tous vos distributeurs ?

B. G. : Oui, la plateforme est opérationnelle. C'est un projet d'envergure qui a nécessité un investissement conséquent et plusieurs années de développement. Nous sommes encore dans une phase d'optimisation, mais elle fonctionne et est accessible à tous nos adhérents et filiales.

J2R : Le partenariat entre AAG et les marques BMW & MINI, initié fin 2022, a finalement pris fin l'an dernier. Pourquoi ?

B. G. : Ce partenariat était une belle opportunité. Collaborer avec un constructeur de renom comme BMW apportait une vraie valeur ajoutée. C'était une première dans ce type de modèle économique. Cependant, nous avons décidé, d'un commun accord, d'y mettre fin afin de nous recentrer sur nos cœurs de métier. Aussi bien du côté de BMW que du nôtre, l'investissement nécessaire pour maximiser le potentiel de ce partenariat ne pouvait pas être pleinement mobilisé.

J2R : Cela signifie-t-il que la distribution de pièces constructeurs n'est plus un axe stratégique pour vous ?

B. G. : Non, pas du tout. La pièce constructeur reste un élément important de notre offre. Simplement, nous ne faisons pas de ce segment une priorité stratégique aujourd'hui. Notre énergie se concentre ailleurs.

J2R : Le salon Equip Auto fêtera ses 50 ans en octobre. Avez-vous prévu des actions spécifiques à cette occasion ?

B. G. : Avant de parler d'Equip Auto, nous souhaitons d'abord mettre en avant notre propre salon, le FAB, qui s'est tenu en fin d'année 2024. Cet évènement a été un succès et a parfaitement illustré notre savoir-faire et notre place sur le marché. Nous nous interrogeons désormais sur la meilleure façon de pérenniser ce rendez-vous. L'objectif est d'optimiser nos investissements et d'exploiter pleinement le FAB, tout en veillant à ne pas empiéter sur d'autres initiatives.

Concernant Equip Auto, nous réfléchissons encore à notre participation et aux animations que nous pourrions organiser. Nous sommes en février (l'interview a été réalisée mi-février, ndlr), il est encore un peu tôt pour donner des détails précis. Mais nous avons bien conscience que c'est une édition importante pour la filière après-vente française.

La crise de l'assurance menace la filière automobile

Sans assurance, pas de réparations, pas de dépannages... C’est la réalité à laquelle se heurtent aujourd’hui de nombreux professionnels de l’automobile, confrontés à des résiliations brutales de contrats et à des hausses de primes insoutenables.

Cette crise, qui fragilise toute la filière, menace également les automobilistes, qui risquent de voir les prix exploser et les délais d’intervention s’allonger. Face à cette situation alarmante, la Fédération nationale de l’automobile (FNA) se mobilise et appelle les pouvoirs publics ainsi que les assureurs à réagir d’urgence.

D’après une enquête menée en début d’année par la FNA, 17 % des professionnels interrogés ont vu leur contrat d’assurance résilié sans préavis, tandis que 57 % ont subi une hausse significative de leurs primes. Plus préoccupant encore, 66 % d’entre eux peinent à trouver une alternative viable, et 27 % sont toujours en difficulté, faute de solutions adaptées.

Les assureurs justifient ces décisions par plusieurs facteurs, notamment l’augmentation de la sinistralité, des changements de politique interne, la hausse des vols de véhicules ou encore l’impact du dérèglement climatique. Mais dans les faits, ces choix mettent aujourd’hui en péril la survie de nombreux réparateurs et, par ricochet, la mobilité des Français.

Des conséquences directes pour les automobilistes

La FNA rappelle que les professionnels de l’automobile jouent un rôle clé dans le quotidien des usagers. Ils assurent l’entretien et la réparation des véhicules, interviennent en cas de panne, forment les nouveaux conducteurs et gèrent les fourrières. Si ces entreprises disparaissent ou répercutent l’augmentation de leurs coûts sur leurs prestations, les automobilistes verront les délais d’intervention s’allonger, les prix grimper et la disponibilité des services se raréfier.

"Si les entreprises ne peuvent plus s’assurer, elles perdent leurs agréments et ne peuvent donc plus intervenir. Cela signifie que des automobilistes en panne risquent de rester bloqués faute de dépanneur agréé disponible", confirme Philippe Gimenez, président de la branche dépannage/remorquage de la FNA.

Face à cette crise, la FNA a saisi les autorités et les compagnies d’assurance via France Assureurs pour obtenir des solutions rapides. Elle réclame des mesures concrètes afin de garantir aux professionnels de l’automobile un accès à des contrats d’assurance raisonnables et d’assurer ainsi la continuité des services essentiels aux automobilistes.

Motortec vise un record de fréquentation

Salon de l'industrie automobile et de l'après-vente en Espagne, Motortec s'apprête à ouvrir ses portes du 23 au 26 avril à l'Ifema Madrid. Cette édition prévoit une participation record et un ancrage international avec la présence de 206 entreprises étrangères issues de 26 pays dont l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie et le Portugal.

Plus de 600 exposants sont confirmés, soit une hausse de 38 % par rapport à l’édition 2022, et une affluence de près de 65 000 visiteurs professionnels est attendue. Cet essor est soutenu par Autoparts from Spain, la plateforme dédiée aux équipementiers automobiles espagnols sur le marché mondial.

Un salon novateur

Grande nouveauté de cette édition : trois espaces inédits dédiés aux passionnés de sport automobile, conçus pour enrichir l'expérience des visiteurs et attirer un public plus large.

Entre autres, le Motortec Grand Prix, une compétition de simulateurs en réalité virtuelle, une exposition de véhicules classiques et une collection de monoplaces de Formule 1 et de motos de Moto GP. L’enregistrement en ligne pour Motortec 2025 est désormais ouvert.

Traxall France gère les pneus avec l'appui d'Euromaster

Les conducteurs des flottes gérées par Traxall France (groupe Faubourg) utilisent l'application Carool depuis 2022. Mais désormais celle-ci intègre les services d'Euromaster. Cet outil leur permet donc toujours de suivre l'état des pneumatiques de leur véhicule sur leur téléphone mobile. À partir de photos analysées par l'IA, elle leur délivre un diagnostic de leurs enveloppes : niveau de gonflage et d’usure. Mais désormais, l'application leur permet aussi de prendre rendez-vous dans un centre du réseau de pneumaticiens.

Solution personnalisable

Cette offre est le fruit de l'accord entre les deux spécialistes, respectivement de la gestion de flotte et des pneumatiques. Ensemble, ils contribuent ainsi à renforcer la sécurité de leurs clients et à réduire leur consommation de carburant, ainsi que leurs émissions de CO2. En effet, cette application évite à ses utilisateurs de rouler avec des pneus dangereusement usés ou sous-gonflés, facteur de surconsommation et de pollution.

"Cette collaboration entre Traxall France et Euromaster permet aux entreprises de bénéficier de solutions personnalisées pour optimiser l’usage des pneumatiques et maximiser leur durabilité, affirme Pascal Rodrigues, responsable grands comptes Euromaster. Grâce à notre expertise technique et à la gestion intelligente des pneus de Traxall, nous offrons une approche globale visant à réduire les coûts, améliorer la sécurité et prolonger la durée de vie des flottes. Cela témoigne de notre engagement à accompagner les entreprises dans la gestion responsable et performante de leurs flottes".

En effet, Carool donne également accès à des services répondant à l’intégralité de leurs besoins sur ce poste. En plus du suivi et du remplacement des pneumatiques, le spécialiste peut assurer leur gardiennage lorsqu'ils ne sont pas utilisés, ainsi que leur reprise éventuelle. Tandis que Traxall accompagnera le déploiement d’une stratégie pneumatique complète. Celle-ci inclut la sécurisation d’accès aux marques prédéfinies et le respect de leurs quotas de renouvellement.

Expérience commune

Ce partenariat entre ces deux sociétés n'est pas entièrement nouveau. En effet, "Euromaster dispose d’un maillage territorial très important, mais également d’une très grande expérience avec les responsables de flotte", précise Amandine Verdasca, responsable partenariats chez Traxall France. Raisons pour lesquelles les deux sociétés travaillaient déjà ensemble auparavant.

Mais cette fois-ci, elles renforcent leurs liens, car "comme nous, il est en quête constante d’innovation". Celle-ci concerne un poste représentant jusqu'à 5 % des coûts de fonctionnement d’un parc automobile. Cependant, s'il est négligé, les pneumatiques mal surveillés et mal entretenus peuvent entraîner de nombreuses dépenses imprévues et coûteuses. Outre la sécurité et la sinistralité, le pneumatique revêt également un enjeu majeur en matière d’écologie.

Automotive Mobility Europe : concessionnaires et réparateurs unis face à Bruxelles

Alors que l'industrie automobile européenne traverse une période de profonde transformation, les acteurs de la filière des services jouent la carte de l'union sacrée. Réunies à Amsterdam le 20 mars dernier, les fédérations professionnelles de huit pays ont officialisé la naissance d'une alliance inédite destinée à peser dans les décisions bruxelloises.

Intitulée "Automotive Mobility Europe" (AME), cette nouvelle organisation matérialise une volonté commune des professionnels de se faire entendre. Elle rassemble plusieurs syndicats dont Mobilians (France), ZDK (Allemagne), Ganvam (Espagne) ou encore Bovag (Pays-Bas), représentant au total des milliers d'entreprises du secteur.

"Nos activités génèrent plus de la moitié des emplois du domaine automobile en Europe, pourtant nos préoccupations sont souvent marginalisées dans les débats politiques", explique Xavier Horent, directeur général de Mobilians et coprésident de la nouvelle alliance.

Avec son slogan "Keep Europe Moving", cette nouvelle alliance tient donc à rappeler le rôle essentiel des métiers de l'après-vente dans la mobilité quotidienne des Européens. Un secteur qui emploie près de cinq millions de personnes sur le continent, mais dont la contribution économique et sociale reste souvent sous-estimée.

Cinq chantiers prioritaires

L'alliance a défini plusieurs axes de travail stratégiques. Le premier concerne le plaidoyer institutionnel, avec l'objectif d'influer sur les réglementations européennes touchant à l'accès aux données techniques, aux normes d'interopérabilité ou au soutien aux petites entreprises du secteur.

Le partage d'expertises constitue le deuxième pilier de l'AME, qui veut favoriser les échanges transfrontaliers sur les meilleures pratiques en matière de digitalisation des ateliers ou d'adaptation aux nouvelles motorisations. Autre enjeu majeur : la formation. Face à l'électrification du parc et à la montée en puissance des véhicules connectés, l'alliance veut anticiper les besoins en compétences techniques des réparateurs et concessionnaires.

La transition écologique figure également au cœur des préoccupations de la coalition. Ses membres s'engagent à promouvoir des pratiques vertueuses, comme le reconditionnement de pièces ou l'allongement de la durée de vie des véhicules. Enfin, l'AME entend renforcer la visibilité internationale de la filière en participant activement aux grands rendez-vous professionnels et en dialoguant avec l'ensemble des parties prenantes de la mobilité.

Un tandem franco-allemand à la manœuvre

La gouvernance de l'alliance reflète les équilibres géopolitiques du secteur automobile européen. Xavier Horent et Kurt-Christian Scheel (ZDK) ont été élus coprésidents de cette structure qui installera son siège à Bruxelles, au plus près des institutions européennes.

"Notre ambition est de construire des relations constructives avec l'ensemble des acteurs, des constructeurs aux équipementiers en passant par les distributeurs de pièces", précise Xavier Horent. Cette position d'interface devrait permettre à l'AME de jouer un rôle central dans les futures négociations sectorielles.

Autodoc ouvre un entrepôt en Belgique pour accélérer ses livraisons en France

Les délais de livraison d'Autodoc devraient sensiblement se raccourcir en France dans les prochaines semaines. En effet, le site de vente de pièces de rechange a officialisé l'ouverture d'un nouvel entrepôt en Belgique, qui doit lui permettre de réduire ses délais d'acheminement dans l'Hexagone mais aussi au Benelux et dans le sud de l'Allemagne.

Ce site logistique de 15 000 m² a été développé en partenariat avec Katoen Natie. Cette société belge, spécialisée dans la gestion d'entrepôts, supervise exclusivement ce nouvel espace logistique pour Autodoc.

Le bâtiment bénéficie d’équipements modernes, partiellement automatisés, dont une mezzanine sur trois niveaux et un système de tri intelligent des produits. Ce qui lui permet de traiter environ 14 000 commandes par jour dès sa phase de démarrage. Mais Autodoc précise que la plateforme peut augmenter son activité en fonction de la demande.

Une étape clé pour Autodoc Pro

Avec ce nouvel entrepôt, le groupe allemand entend proposer à ses clients français des livraisons en J+1, et de créneaux horaires mieux adaptés à leurs besoins. C’est une avancée majeure pour Autodoc Pro, son offre dédiée aux professionnels de la réparation, jusque-là freinée par un délai moyen de 3,3 jours pour les expéditions depuis son site berlinois.

Cette nouvelle implantation permettra également de réduire les coûts d’expédition, un argument de poids pour fidéliser sa clientèle B2B. "Ce projet marque une étape importante dans notre ambition de mieux servir nos clients européens, plus rapidement et plus efficacement", commente Dmitry Zadorozhny, directeur général d’Autodoc.

Même satisfaction du côté de Sebastian Bleser, vice-président de la chaîne logistique du groupe : "Notre objectif est de rendre notre service toujours plus rapide et plus performant pour nos clients professionnels, en tirant profit du savoir-faire local de notre partenaire Katoen Natie."

La Turquie, nouveau terrain de jeu de Nexus Automotive

Nexus Automotive International met le cap sur la Turquie. Alors que ce marché devient de plus en plus stratégique pour son activité, le groupement a décidé d'y renforcer son activité avec la création d'une structure locale. Baptisée Nexus Automotive Turkey et implantée à Ürmaniye, dans la région d'Istanbul, cette entité s'est fixé pour ambition de devenir une force de "premier plan" sur le marché de l'après-vente turc.

Avec un parc automobile dépassant 30 millions de véhicules et une moyenne d’âge de plus de 14 ans, la Turquie offre des perspectives particulièrement prometteuses pour les acteurs de la rechange. Cette croissance s'accompagne d'une demande de plus en plus importante pour des chaînes d'approvisionnement plus agiles, une digitalisation renforcée et des filières de sourcing alternatives.

Agilité et digitalisation, moteurs de Nexus Automotive Turkey

Nexus Automotive Turkey entend s'inscrire précisément dans cette dynamique, avec des solutions adaptées aux spécificités du marché turc. À cette fin, la nouvelle structure mise sur des partenariats solides avec des distributeurs indépendants, des prestataires de services et des fournisseurs. Elle pourra également s'appuyer sur le réseau de l'ITG, qui réunit 523 membres dans 145 pays, représentant un chiffre d'affaires consolidé de 50 milliards d'euros.

"Nous sommes très enthousiastes à l’idée de lancer Nexus Automotive Turkey. Son rôle sera crucial pour renforcer notre position de leader dans un marché à fort potentiel. Cette structure nous aidera également à mieux répondre aux attentes spécifiques de nos fournisseurs et de nos membres. Le développement du marché de l’après-vente automobile en Turquie sera essentiel pour écrire notre prochain chapitre", confirme Gaël Escribe, CEO de Nexus Automotive International.

Nettoyage des filtres à particules : une solution simple et efficace

Les filtres à particules sont devenus obligatoires pour limiter les émissions polluantes, mais leur colmatage peut entraîner une hausse de la consommation de carburant, des messages d’erreur moteur et, dans le pire des cas, des réparations coûteuses. Le nouveau nettoyant DPF/OPF de Liqui Moly dissout efficacement la couche de suie accumulée, permettant une régénération active du filtre pendant la conduite ou à l’aide d'un appareil de diagnostic automobile. Cette méthode évite une intervention mécanique lourde et réduit les coûts d’entretien.

Jusqu’ici, Liqui Moly proposait une solution consistant en l'injection de 1,5 litre de liquide nettoyant sous une pression de huit bars, particulièrement efficace pour les filtres très encrassés. Le nouveau nettoyant en aérosol constitue une alternative plus simple et plus rapide, utilisable sans équipement spécifique. Pensé pour les professionnels, il complète l’offre existante de la marque, comprenant sondes, pistolets à pression et autres nettoyants spécialisés.

"À l’instar de notre nettoyant pour climatisation, nous élargissons notre gamme avec ce nouveau produit afin d’offrir aux ateliers une solution complémentaire et accessible", confirme David Kaiser, responsable de la recherche et du développement chez Liqui Moly.

Disponible dès maintenant, ce nouveau nettoyant simplifie l’entretien des filtres à particules, pour améliorer la longévité des véhicules.

Varta repense sa gamme de batteries AGM, EFB et SLI

La transformation du marché automobile bouleverse les besoins en énergie des véhicules. Pour répondre à ces enjeux, Varta, marque du groupe Clarios, a entièrement révisé sa gamme de produits. Dévoilée lors du salon Automechanika Francfort, cette refonte sera opérationnelle en France dès le 1er avril 2025. Cette démarche répond aux impératifs techniques des véhicules et aux attentes des réparateurs.

Une gamme redessinée pour plus de clarté

Historiquement structuré en différentes sous-gammes (Silver, Blue, Black), le portefeuille Varta devenait complexe pour les distributeurs, les réparateurs et les automobilistes. Consciente de cette difficulté croissante, la marque a procédé à une rationalisation drastique, en regroupant ses anciennes références sous des gammes claires et distinctes.

Désormais, les gammes Varta Dynamic pour les véhicules légers, ProMotive pour les poids lourds, Professional pour les véhicules de loisirs et Powersports sont clairement définies par types d'application et de technologie. Les batteries SLI conventionnelles ont notamment été fusionnées en une ligne, aussi bien pour la catégorie VL que PL et loisirs.

Cette simplification répond à un besoin précis : faciliter l’identification du produit recherché tout en optimisant la gestion des stocks et la rotation des références pour les professionnels.

Un nouveau code couleur pour une identification rapide

Pour renforcer cette démarche, Varta introduit un nouveau code couleur facilement reconnaissable : l'or pour la technologie AGM, l'argent pour l'EFB et le bleu pour les accumulateurs SLI. Sur les emballages, l'identification des différentes technologies est ainsi plus simple. En plus du code couleur, le logo Varta, la technologie, le code court et la capacité sont désormais mieux mis en évidence.

Ce choix permet d'accélérer le processus d’achat et de remplacement, facilitant le travail des ateliers confrontés à une offre qui s'est complexifiée ces dernières années. "Face aux nombreuses marques et à la diversité des technologies de batteries, il devient difficile de s'y retrouver. C'est notre rôle d'accompagner nos clients pour guider leur choix", soutient Cédric Jorant, directeur général France de Clarios.

De nouvelles batteries AGM et EFB

Parallèlement à la refonte de son portefeuille, l'équipementier a annoncé l'arrivée en 2025 de nouvelles références AGM et EFB pour couvrir les nouveaux types de véhicules dans l'IAM.

Rappelons que la technologie AGM (pour "absorbent glass mat") a été développée pour accompagner l'essor des systèmes start-stop et l’électrification croissante du parc. Elle offre une durée de vie trois fois supérieure aux batteries traditionnelles.

Quant à la technologie EFB ("enhanced flooded battery"), elle s’adresse principalement aux véhicules équipés de systèmes start-stop d’entrée de gamme. Sa durée de vie prolongée et sa fiabilité en font une solution idéale pour des besoins énergétiques intermédiaires, apportant une alternative efficace entre les produits AGM et SLI.

Dans l'Hexagone, les produits EFB et AGM représentent une part grandissante des ventes de Varta (30 à 35 %), même si la gamme SLI reste encore majoritaire (65 à 70 %).

Retours de commandes : pourquoi les distributeurs durcissent les règles

Qu’il s’agisse de groupements, de plateformes ou de distributeurs en lien direct avec les clients réparateurs, la gestion des retours ne tient pas forcément la même place pour chacun. Toutefois, un son de cloche fait l’unanimité : il y en a toujours trop ! Concernant entre 2 % et 18 % des ventes dans les cas les plus extrêmes, les annulations de commandes, intégrées gratuitement à la majorité des offres de services dans la distribution traditionnelle, représentent un coût important et nécessitent une logistique spécifique.

"Dans le groupe Alternative Autoparts, nous possédons toutes les activités de la pyramide : groupement, plateforme de groupement, plateforme régionale, plateforme nationale et distributeur grossiste. Et selon les niveaux, le taux de retour varie. Au niveau de la plateforme, où nous travaillons avec des distributeurs, le taux de retour est d’environ 6,5 à 7 %, alors que chez les distributeurs, qui œuvrent en direct avec les MRA, le taux de retour atteint 14 à 15 %. C’est du simple au double ! En moyenne, nous enregistrons un taux de retour de 8,5 % dans le groupe, soit environ 21 millions d’euros de pièces retournées", confie Christophe Combes, directeur des opérations d’IDLP.

De son côté, Frédéric Toussaint, gérant du groupe TIC & PRCO, qui possède plusieurs activités de grossiste (Pierre Auto Angoulême, Cognac Pièces Autos et PRCO - plateforme Sirius de l’Agra), affiche un taux de retour plus faible mais souligne l’impact logistique de ce flux.

"Je traite environ 10 000 euros de retours sur 800 000 euros de chiffre d’affaires mensuel, soit entre 1 et 2 %. Cela peut sembler minime mais en volume, ce flux peut représenter un nombre considérable de petites pièces, notamment des filtres à quelques euros l’unité. De plus, pendant que ces retours sont gérés, le service achats continue de réapprovisionner, ce qui peut vite générer des stocks en double, triple, voire quadruple. Une bonne gestion de la trésorerie est alors essentielle."

Un enjeu financier sous-estimé ?

Gérer ces retours nécessite une adaptation logistique, financière et organisationnelle. Chez Adipa, où le taux de retour s’établit à 12 %, soit 2 millions d’euros sur 22 millions de pièces vendues, quatre personnes y sont entièrement dédiées : deux en logistique et deux en bureau.

"Ce service après-vente concerne également les vieilles matières et les garanties. Nous mettons un point d’honneur à être vigilants, mais aussi à traiter le retour rapidement. Pour nous, quand il s’agit d’une situation standard, c’est-à-dire le retour d’une pièce neuve, celui-ci doit être traité dans la semaine", indique Laurent Ferré, directeur général d’Adipa.

Même approche du côté de Jérémy Sellin, directeur d’Auto Pièces Industrie à Quimperlé (29) : "Nous avons une personne dans l’équipe qui se charge des avoirs. Dès que nous avons durci nos règles de retour, il est devenu indispensable d’en assurer un suivi quotidien. Sans cela, les pièces s’entassent dans nos locaux. En traitant ce flux au jour le jour, les pièces repartent au plus vite chez nos fournisseurs si nous décidons de les renvoyer."

Des règles de retour de plus en plus strictes

Face aux coûts induits, de nombreux distributeurs ont mis en place des politiques plus rigoureuses. Certains ont même déployé des outils pour fluidifier cette gestion, à l’instar d’ILDP.

"Nous avons mis en place un formulaire de demande de retour sur la plateforme de commande. Il n’y a plus de retours faits « à la volée », ils sont désormais refusés, détaille Christophe Combes. C’est pour éviter de recevoir des pièces qu’on risquerait de perdre, dont on ne connaîtrait pas la provenance. Vu le nombre de pièces que nous transportons chaque jour, nous évitons de nous retrouver avec des produits mal identifiés, car ils pourraient être égarés."

D’autre part, ce process permet aux équipes d’IDLP (cinq personnes à la plateforme de Fresnes, une vingtaine à l’échelle du groupe) d’analyser chaque retour. Premier élément à contrôler : le délai écoulé avant de retourner le produit. Au-delà de 12 mois, le groupe refuse la demande. De plus, si la pièce renvoyée a déjà été commandée plusieurs fois dans les 12 derniers mois, les équipes du distributeur incitent le client à la conserver pour lui éviter de la recommander dans les prochains jours.

"Et systématiquement, nous refusons les grosses rotations. Enfin, les équipes vérifient la nature du produit, car nous ne reprenons simplement pas certaines références. Cette plateforme sert de premier filtre pour limiter les retours inutiles, car certains clients ne font pas attention à ce qu’ils retournent", ajoute le directeur des opérations d’IDLP.

Qu’il s’agisse de délais pour retourner une pièce, de refus de retour sur certaines catégories, ou encore d’abattements imposés (pouvant aller jusqu’à 50 % dans les cas les plus stricts), chacun a mis en place une politique spécifique. Un point commun : les pièces montées ne sont bien évidemment jamais reprises, car elles sont logiquement refusées par les fournisseurs.

Et pour beaucoup, les produits électroniques ne sont pas repris, car il est parfois difficile de savoir s’ils ont été montés. C’est le parti pris par Jérôme Barbosa, gérant d’Auto Pièces Concept (APC) à Bourg-en-Bresse (01), qui gère entre 1 500 et 2 000 euros de retours par mois sur 64 000 pièces vendues en 2024 (moins de 5 % de taux de retour).

Dans la plupart des cas, les retours sont dus à une mauvaise identification des pièces. ©ZF

Dans la plupart des cas, les retours sont dus à une mauvaise identification des pièces. ©ZF

"Nous limitons au maximum la reprise des produits électroniques. La règle est souvent la suivante : nous indiquons systématiquement que ces pièces ne peuvent pas être reprises, car il est difficile de savoir si elles ont été montées ou non. Par ailleurs, les garagistes doivent intégrer que le diagnostic ne se fait pas avec les pièces facturées, une pratique encore trop répandue."

En parallèle, les distributeurs mettent en place des abattements allant de 5 à 50 % en fonction du délai et de la nature du produit. Des délais sont aussi imposés aux réparateurs (généralement entre un mois et un an) pour renvoyer leurs produits. Mais tous insistent sur la nécessité de travailler en bonne intelligence.

"Nous avons instauré une nouvelle approche avec nos clients : dès qu’ils passent commande, ils doivent considérer que la pièce ne sera pas reprise, sauf en cas d’erreur de notre part. Concrètement, soit nous ne reprenons pas la pièce, soit nous appliquons des pénalités sous forme d’abattements allant de 5 à 20 %. Il faut aussi comprendre que les plateformes avec lesquelles nous collaborons appliquent elles aussi des abattements. Commander sans nécessité a un coût, et il est essentiel que nous travaillions tous dans la même direction", ajoute Jérôme Barbosa.

L’optimisation du taux de retour est d’autant plus essentielle que les distributeurs sont de plus en plus soumis à des impératifs de verdissement de leur activité logistique. En limitant les annulations de commandes, ils peuvent diminuer leur empreinte carbone.

"Avec l’évolution du monde du travail, de nombreux concepts émergent, notamment la RSE. Les retours de pièces font partie des enjeux que nous mettons en avant, car chaque transit génère du CO2. Des allers-retours inutiles ont donc un impact non négligeable. Cela fonctionne dans les deux sens : nous veillons également à limiter ces retours en nous assurant que chaque pièce envoyée ne reviendra pas", insiste Christophe Combes.

L’objectif est donc d’inciter les clients à adopter de bonnes pratiques, mais aussi de travailler en interne pour réduire les erreurs au départ, comme en témoigne Sreta Mirkovic, directeur général de Partsmen Groupe : "Avant de sensibiliser nos clients et d’appliquer des règles strictes d’abattement, nous avons d’abord travaillé avec nos équipes. Par exemple, les personnes du call center, c’est-à-dire de notre service référencement, n’ont pas le droit de référencer les pièces hors catalogue constructeur. Tous les référencements des pièces des demandes clients doivent absolument être faits à l’aide des catalogues constructeurs pour minimiser les erreurs".

Idem chez Adipa, qui possède un référent technique (un "pro de la pièce") capable de renseigner le client de manière précise sur ce qu’il recherche. Malheureusement, la main-d'œuvre qualifiée pour ce type de tâches est rare. "Cela fait deux ans que nous en cherchons un deuxième pour compléter l’équipe, mais nous ne trouvons pas le bon profil !", regrette Laurent Ferré.

Lutter contre les pratiques abusives

Autre phénomène qui contribue à grossir le nombre de retours, les pratiques "opportunistes" dont semblent user certains réparateurs. Ainsi, des ateliers n’hésitent pas à commander la même pièce à plusieurs fournisseurs pour ne garder que celle qui est livrée le plus rapidement, comme le décrit Sreta Mirkovic.

"Certains commandent chez nous car nous livrons plus vite et après, ils commandent auprès de leur centrale d’achat, car les conditions commerciales sont plus favorables. Toutefois, nous sommes une entreprise familiale et indépendante, et nous avons l’avantage d’être en lien direct avec les responsables des garages et centres autos, à qui j’explique que l’honnêteté et la sincérité sont essentielles dans une relation commerciale. Nous avons tout de même mis en place un système de marquage invisible qui nous permet de vérifier que la pièce retournée provient bien de chez nous."

Chez Auto Pièces Industrie, une solution similaire est envisagée : un marqueur incolore détectable à la lumière infrarouge, pour identifier l’origine des pièces retournées. "Nous avons des doutes sur certains clients qui commanderaient aussi sur Internet et nous retourneraient cette pièce car la nôtre est arrivée avant. Nous réfléchissons donc avec nos fournisseurs à cette nouvelle solution. Ça ne demande pas un gros investissement, je pense que nous y viendrons", indique Jérémy Sellin.

Pour d’autres acteurs de la distribution, la politique est encore plus stricte, et les distributeurs n’hésitent pas à aller jusqu’à fermer le compte du client lorsque ce type de pratique survient. Certains fournisseurs commenceraient également à développer deux codes-barres, un pour la référence du produit et un autre "unique" pour identifier chaque pièce. Autant de stratégies qui pourraient freiner drastiquement ces pratiques à l’avenir.

Pourquoi tant de retours ?

Parmi les principales catégories de pièces retournées, figurent les PGV (pièces de grande vente), en particulier les produits des gammes filtration, freinage, suspension et essuyage. Jérôme Barbosa avance trois explications à cet état de fait.

"30 % de ces annulations de commandes sont dues à des erreurs d’identification. Malgré les avancées technologiques, des ratés subsistent, même à l’origine. À cela s’ajoutent 30 % d’erreurs de diagnostic de la part des clients : certains commandent des pièces par précaution, simplement après avoir écouté l’automobiliste, sans examiner le véhicule, tandis que d’autres se fient aux valises de diagnostic, qui, malheureusement, ne sont pas infaillibles. Le reste des retours s’explique par des désistements clients ou des délais de livraison non respectés. Par ailleurs, ces deux dernières années, j’ai constaté une recrudescence des problèmes liés au transport", rapporte-t-il.

Pour le désistement client, c’est bien évidemment une notion sur laquelle personne n’a de prise, mais qui a tout de même l’avantage d’être relativement saisonnière. En effet, ce phénomène est beaucoup plus important pendant l’hiver, lorsque la période des épidémies bat son plein. Il devient beaucoup plus sporadique à l’approche de l’été. La question de l’identification de la pièce reste donc l’un des éléments clés qui pourrait faire pencher la balance en faveur d’une baisse des retours.

La raison ? Des véhicules de plus en plus complexes, des techniciens moins bien formés et des outils qui, malgré leur efficacité, laissent parfois place au doute. "La principale raison des retours aujourd’hui, c’est que le client a commandé la mauvaise pièce, parce qu’identifier une pièce reste très compliqué. Nous avons beau avoir des catalogues électroniques comme ETAI ou TecDoc, les croisements de références ne sont pas toujours bien faits. Et chez nos clients, il y a de moins en moins de magasiniers qui ont cette connaissance de la pièce", partage Laurent Ferré.

Référencement : le rôle clé de la formation

Ce point soulève aussi la question de la formation chez les garagistes. En effet, la plupart des acteurs interrogés relèvent de fortes demandes de retours sur toutes les pièces électroniques, qui sont souvent mal identifiées malgré le passage de la valise. Le code défaut est fréquemment mal interprété.

"Lorsqu’un outil de diagnostic est branché sur un véhicule, il peut afficher une multitude d’informations. Encore faut-il savoir interpréter correctement les codes défauts… Beaucoup ne maîtrisent pas cette étape et commandent plusieurs pièces par précaution, comme un capteur d’arbre à cames et un capteur de vilebrequin. Ils montent l’un des deux, vérifient si le code défaut persiste puis, si c’est le cas, ils démontent la pièce et tentent de la retourner. Cette pratique est fréquente et témoigne d’un réel manque de connaissances techniques en matière de diagnostic électronique", déplore Sreta Mirkovic.

Pour Jérôme Barbosa, les garagistes, souvent seuls dans leur atelier, n’ont pas le temps de se former, et ne connaissent pas bien le fonctionnement des appareils de diagnostic qui permettent de régler 90 % des pannes en atelier. Et c’est aussi le cas chez le distributeur, avec ses vendeurs magasiniers. "Aujourd’hui, former ce corps de métier est difficile, et c’est très compliqué de recruter du personnel compétent", abonde le dirigeant.

La possibilité de retourner une pièce fait partie des services offerts généralement par les distributeurs à leurs clients. ©AdobeStock

La possibilité de retourner une pièce fait partie des services offerts généralement par les distributeurs à leurs clients. ©AdobeStock

Pour Christophe Combes, le garagiste, dernier maillon de la chaîne, n’est pourtant pas le seul en cause. Il rappelle, en effet, que de nombreux ateliers sont contraints de commander plusieurs modèles de pièces (courroie, filtration, plaquettes, disques, etc.) faute d’avoir pu identifier la bonne référence. Si cette pratique peut être perçue comme malhonnête, en réalité, ils n’ont souvent pas d’autre choix.

"Si les catalogues étaient plus performants et ne laissaient place à aucun doute, ce problème n’existerait pas. D’une certaine manière, nous sommes tous responsables de ces retours. Si les constructeurs facilitaient davantage l’accès aux données pour la rechange indépendante, les catalogues gagneraient en précision. Et si nous formions mieux nos clients à référencer correctement les pièces, comme nous le faisons en interne, nous améliorerions aussi la fiabilité du « cataloguing »", détaille le directeur des opérations d'IDLP.

Sans compter que les attentes des clients finaux ont évolué, exigeant toujours plus de réactivité de la part de leur garagiste. "Les automobilistes veulent déposer leur voiture le matin et la récupérer le soir. Il est difficile de répondre à cette demande alors que les réparateurs réduisent leurs stocks par manque de trésorerie", conclut Christophe Combes.

À 40 ans, le réseau AD veut rester en pole position

C'est l'heure pour le réseau AD de souffler sa 40e bougie ! Quatre décennies d’innovations qui ont permis à l'enseigne du groupe Autodistribution de se positionner comme l'un des acteurs référents dans la réparation multimarque tricolore.

Pour célébrer ce cap symbolique, de nombreuses opérations promotionnelles rythmeront les prochains mois avec des jeux concours avec à clé de nombreux lots (voiture hybride, vélo électrique, etc.). En parallèle, une campagne média renforcée est prévue avec des diffusions de spots sur toutes les plateformes audiovisuelles (télévision, Netflix, Youtube, Prime Video, etc.).

Quatre décennies de développement structuré

À l'occasion de cet anniversaire, l'enseigne de MRA dresse également le bilan de sa trajectoire, marquée une promesse client forte : offrir aux automobilistes une réponse multimarque compétitive et durable face aux acteurs de la réparation agréée.

Aujourd'hui, le réseau AD réunit 2 275 ateliers en France, dont 1 462 garages mécaniques et 813 carrosseries. Au-delà du chiffre, ce maillage national s'est progressivement professionnalisé, gagnant en technicité. Résultat : 1 321 sites portent aujourd'hui le label AD Expert. Une évolution qui a séduit de nombreux agents de marque. "Depuis 2021, plus de 160 RA2 nous ont rejoints, et aucun n'a quitté l'enseigne depuis cinq ans. Cela témoigne de la solidité de notre stratégie", souligne Laurent Desrouffet, directeur général des réseaux et des activités de réparation d'Autodistribution.

Ce développement s'est accompagné d'investissements constants, notamment dans l'accès aux données techniques. AD s'est très tôt positionné comme un facilitateur technologique, mettant à disposition des garages les outils nécessaires pour faire face aux complexités croissantes des véhicules. "La valorisation de l'expertise de nos ateliers, en particulier sur le diagnostic électronique, a toujours été un axe central", confirme Laurent Desrouffet.

Répondre aux défis technologiques actuels

Cette volonté d'accompagner les ateliers dans la transition technologique se prolonge aujourd'hui avec le plan stratégique Engagement 2027, présenté lors de la convention de Marrakech en 2023. Le réseau s'attaque désormais aux enjeux liés à l'électrification, à l'Adas et au Pass-Thru. "Nous capitalisons sur les solutions mises en place ces dernières années, que nous faisons évoluer selon les attentes du marché", indique Mathieu Savary, responsable national des services à la réparation VL.

Parmi les outils phares, le Remote Diag (prise en main à distance de l'outil de diagnostic) et le Remote PassThru (télécodage, mises à jour, codage de clés…) ont connu une forte montée en puissance. Ce dernier service a permis la réalisation de plus de 2 000 opérations, avec un taux de réussite de 90 %. "Ces technologies représentent des investissements conséquents que nous sommes en mesure de mutualiser grâce à la force de notre réseau", insiste Laurent Desrouffet.

Autre priorité affichée : la formation. L'enseigne s'appuie depuis 2018 sur l'institut AD Formation et prévoit une accélération de ses dispositifs dès 2025. Les adhérents devront suivre des parcours obligatoires, notamment sur le diagnostic électronique, l'habilitation B2VL ou le calibrage des Adas. "Nous avons coconstruit ces engagements avec les membres du réseau. Nous serons là pour les accompagner", affirme Mathieu Savary.

Générer du flux et renforcer la fidélisation

AD continue également de jouer son rôle d'apporteur d'affaires pour ses adhérents, avec un double objectif : fidéliser et élargir sa clientèle. Parmi ses priorités, l'enseigne n'a cessé d'étendre notamment ses partenariats avec les flottes et grands comptes. En 2024, ces accords ont généré 277 millions d'euros de chiffre d'affaires pour les carrosseries du réseau, soit une hausse de 9 %.

Pour répondre aux attentes de ses apporteurs d'affaires, le réseau a d'ailleurs déployé cette année une tablette de réception mobile. Déjà adoptée par 126 garages, elle devrait séduire un nombre équivalent de réparateurs d'ici la fin de l'année.

Le levier numérique reste aussi central dans la stratégie de l'enseigne. Grâce à la plateforme AD.fr, les automobilistes peuvent prendre rendez-vous en ligne pour 37 types de prestations. "Avec 4,3 millions de visiteurs uniques en 2023, nous sommes le troisième site du secteur derrière Norauto et Feu Vert", se félicite Yannick Savina, directeur marketing d'Autodistribution. Ce trafic s'est traduit par 42 000 rendez-vous en atelier (+14 %), pour un chiffre d'affaires de 5,7 millions d'euros (+21 %).

Enfin, AD mise sur le marketing prédictif pour fidéliser sa clientèle. Le réseau a mis à la disposition de ses adhérents une solution reposant sur un algorithme analysant l'historique d'entretien pour anticiper les futures échéances. Environ 200 garages l'utilisent déjà pour envoyer des relances personnalisées.

Un cap maintenu vers l'avenir

À mi-parcours de son plan Engagement 2027, AD affiche un bilan encourageant. Mais le réseau ne compte pas s'arrêter là. "Nous écrivons aujourd'hui les prochaines pages de notre histoire", affirme Laurent Desrouffet. L'enseigne explore déjà de nouvelles pistes, dont la création de hubs multi-activités (mécanique, carrosserie, vitrage…) capables de répondre aux attentes globales des automobilistes. Un modèle observé dans d'autres pays européens, comme l'Espagne et l'Italie.

Quelles que soient les évolutions à venir, le réseau reste fidèle à sa vision initiale : garantir un service de maintenance multimarque performant, accessible et de proximité aux automobilistes. Et continuer ainsi, à 40 ans passés, d'être un acteur incontournable de l'après-vente.

La FNA interpelle l’Europe sur son plan d’action pour l'automobile

La Fédération nationale de l'automobile (FNA) a récemment réagi au plan d'action pour le secteur automobile, présenté par Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne. Ce plan vise à répondre aux transformations rapides et profondes que connaît la filière, notamment avec l'intégration croissante de services numériques tels que l'intelligence artificielle et la connectivité accrue des véhicules.

Innovation : quelques avancées, mais des lacunes persistantes

Parmi ses recommandations, cette feuille de route met l’accent sur la nécessité pour l’industrie automobile de regagner son leadership dans les domaines des véhicules connectés et autonomes. La FNA salue certaines propositions, comme l’harmonisation des normes pour les systèmes d’aide à la conduite (Adas) ou la création d’une alliance pour les véhicules connectés.

Cependant, Bruno Choix, président de la branche maintenance-vente de la fédération, rappelle que la profession attend "des engagements concrets pour garantir l’accès aux données et fonctionnalités des véhicules". Raison pour laquelle il appelle donc à une accélération de l’adoption du Data Act Auto, afin de ne pas laisser les acteurs économiques devancer le législateur.

Le parc roulant existant, grand oublié du plan

Si Bruxelles mise sur les véhicules neufs électriques pour atteindre ses objectifs de décarbonation, la FNA rappelle que le parc automobile actuel, majoritairement thermique, reste une priorité. En 2025, l’âge moyen des véhicules en circulation atteindra 13 ans, avec plus de 60 % des voitures ayant plus de 10 ans.

Les mesures proposées, comme le leasing social ou le renouvellement des flottes, ne suffiront pas à répondre aux besoins des ménages modestes. De plus, les délais administratifs et les changements fiscaux fréquents créent une instabilité qui freine les décisions d’achat, qu’il s’agisse de véhicules neufs ou d’occasion.

Assurer l'approvisionnement du marché de la rechange

La compétitivité de l’industrie automobile européenne dépend en grande partie de la résilience de sa chaîne d’approvisionnement. Pourtant, le plan de la Commission semble se concentrer principalement sur la production de véhicules neufs, négligeant les enjeux liés à la réparation et à l’entretien. "De nombreux véhicules sont immobilisés faute de pièces disponibles", déplore la FNA.

La question de la réparabilité des batteries électriques est également cruciale. Le syndicat appelle à des délais légaux garantissant la disponibilité des pièces et à une interdiction de la sérialisation, qui limite leur réutilisation. Enfin, la recyclabilité des batteries, qui représentent 30 à 40 % de la valeur d’un véhicule, doit devenir une priorité pour intégrer ces composants dans une économie circulaire.

Formation et emploi : un enjeu stratégique

La transition écologique et numérique du secteur automobile nécessite une adaptation rapide des compétences des professionnels. La FNA salue l’augmentation des fonds de formation via le FSE+, mais appelle à une répartition équitable de ces financements. "Les TPE et artisans de la filière automobile ne doivent pas être laissés pour compte", insiste l'organisation professionnelle.

Enfin, le syndicat regrette que le plan européen ne propose pas de mesures concrètes pour soutenir les TPE indépendantes, qui jouent un rôle clé dans l’offre de services compétitifs et abordables. "Un véritable engagement pour une mobilité plus propre et circulaire nécessiterait un pilier dédié aux services de l’automobile", conclut la FNA.

Triscan propose une nouvelle gamme de tuyaux de climatisation

Déjà présent sur le marché français avec ses étriers de frein neufs sans consigne, Triscan poursuit le développement de son portefeuille produit. L'équipementier annonce le déploiement d'une gamme de tuyaux de climatisation. Le programme démarre avec 300 références et doit s'enrichir de 350 supplémentaires d'ici la fin de l'année.

Les tuyaux de climatisation, qu'ils soient basse pression, haute pression ou combinés, sont peu présents sur le marché de la rechange indépendante. Leur conception complexe et les exigences en matière de compatibilité et de fiabilité ont longtemps freiné leur diffusion hors des canaux des constructeurs. C'est cette lacune que Triscan entend combler avec une ligne pensée pour répondre aux besoins de tous les ateliers.

Un développement fondé sur les demandes des ateliers

Pour bâtir cette gamme, Triscan s'est appuyé sur deux années de développement et une analyse fine des données de marché. Les références proposées correspondent aux numéros OE les plus demandés dans les ateliers européens. "Cette gamme est unique sur le marché de la rechange en termes de disponibilité", affirme Richard Teulat, en charge de la marque en France.

Chaque tuyau est fabriqué par un fournisseur de premier rang, également actif en premier monte. Le fournisseur garantit ainsi une parfaite compatibilité avec les pièces d'origine. "Les tuyaux sont scannés en 3D et identiques à 100 % à l'échantillon d'origine – et donc 100 % compatibles", précise Richard Teulat. Il met également en avant la qualité des données catalogue, annoncée comme supérieure à celle des concurrents.

Une commercialisation ciblée sur la saison climatisation

Si le remplacement des tuyaux de climatisation intervient parfois à la suite de sinistres ou d'interventions en carrosserie, leur saisonnalité reste marquée. Triscan a donc structuré son lancement pour coïncider avec la période de forte demande. Une campagne spécifique et un bon de commande pré saison ont été mis en place, avec des conditions commerciales adaptées au marché français.

"Il s'agit pour les distributeurs indépendants de gagner rapidement des ventes face au réseau constructeur jusqu'ici bien trop seul en termes d'offre", conclut Richard Teulat.

Hydroparts Assistance accroît ses services aux personnes à mobilité réduite

17 départements déjà couverts, avec un atelier chacun : Hydroparts Assistance Mobility est en phase de déploiement. Et le réseau de réparation spécialisé dans les hayons élévateurs ne compte pas s'arrêter là. Ce nouveau service est dédié aux véhicules de transport pour personnes à mobilité réduite (PMR).

Hydroparts Assistance avait commencé à s'adresser au transport de PMR en 2024. Les véhicules concernés sont généralement équipés d’équipements spécifiques. On recense les hayons, les équipements d’accès (marchepieds, décaissement), ou encore les équipements de sécurité (ceintures, enrouleurs, poignées, etc.).

300 références de pièces disponibles

Hydroparts Assistance Mobility, c'est non seulement le service de dépannage, mais aussi le contrôle obligatoire semestriel des équipements réglementés, et l'entretien des petits équipements. Les pièces détachées PMR – plus de 300 références disponibles – peuvent également être livrées directement sur site. 17 techniciens vont parcourir les routes pour assurer un service maximal, intervenant directement sur le site des structures concernées.

"En France, ce sont plus de 3,5 millions de personnes avec des difficultés quotidiennes pour se déplacer dont 650 000 personnes qui ont besoin d’infrastructures adaptées et de transport spécialisé. De son côté, le parc roulant de transporteurs de voyageurs connaît de grandes difficultés pour entretenir ses équipements, comme les rampes et le matériel annexe tel que les marchepieds, les ceintures... Hydroparts Assistance Mobility répond à cette évolution", commente Géraldine Leraux, directrice d'Hydroparts Assistance.

Remanufacturing : Aisin renforce sa position en après-vente multimarque

Implantée en Europe depuis 25 ans, cette filiale de Toyota rattachée à la première monte restait jusqu'à maintenant plutôt discrète en après-vente, contrairement au Japon où elle fait partie des institutions de l'industrie auto. En effet, Aisin est pourtant un géant mondial, réalisant un chiffre d'affaires de 31 milliards d'euros en fournissant des équipements de première monte – composants moteur, systèmes de sécurité, électronique, éléments de châssis et de carrosserie – pour 23 marques asiatiques et européennes.

Mais désormais, il met aussi en avant son offre dédiée à la rechange en se positionnant comme fournisseur haut de gamme de BVA rénovées pour la totalité du parc européen. En effet, l'équipementier a mesuré l'importance de cet organe de plus en plus courant en Europe. Par ailleurs, ces véhicules étant appelés à vieillir de plus en plus, l'équipementier a étoffé son offre pour approvisionner les ateliers de réparation. Il a également transféré l'intégralité de son activité après-vente Europe à Mons (Belgique).

5 000 pièces par jour pour la rechange

"Notre objectif, défini au regard de la vision d’Aisin Europe et validé par notre maison mère au Japon, est d’ancrer les activités à l’échelle locale. Cela se traduit par une forte capacité à développer des compétences en interne et un véritable ancrage européen", souligne Jacques Fils, directeur des opérations d’Aisin Europe.

Ces activités après-vente reposent sur un outil de production associé à un important site logistique de 15 000 m2 approvisionnant tout le continent. Il emploie 427 salariés. Les 50 logisticiens y expédient quotidiennement 5 000 pièces de rechange vers les réseaux de l’après-vente. Pour répondre à la demande, ils s'appuient sur 11 000 références (transmissions, embrayages, pompes à eau, freinage…).

Côté production, l'industriel remanufacture 10 000 BVA par an sur son site. Celles-ci sont de 40 modèles différents, d'anciennes et nouvelles générations. Il les remonte avec 66 types de distributeurs hydrauliques à différents composants électroniques et logiciels. L'ensemble représente au total près de 600 références pour l'après-vente. Le fabricant les associe désormais aussi à tous les fluides de transmission nécessaires aux réparateurs. Il propose ainsi une gamme complète de produits autour de cet organe.

Respect des spécifications constructeurs

La singularité de la marque réside dans l'industrialisation très poussée de la rénovation des BVA. Aisin assure qu'elles ressortent de son usine avec une qualité équivalente aux neuves. Pour y parvenir, le fournisseur consacre d'importants efforts de R&D. "Nous ne nous contentons pas d'identifier ce qui est cassé dans la transmission, explique Jacques Fils. Nous recherchons pourquoi une pièce se casse".

Dès la réception de ces organes, un procédé de traçabilité rigoureux est mis en place. Celui-ci enregistre chaque étape de la rénovation. Il garantit ainsi une qualité élevée, visant la perfection. Après un contrôle initial minutieux, la boîte de vitesses est nettoyée. Les techniciens emploient d'abord la technique du shot blasting à l’aide de billes d’acier inox, pour éliminer toutes les impuretés de surface.

Les pièces sont ensuite entièrement démontées. Chacun des 1 000 composants de la BVA est ensuite nettoyé et inspecté individuellement. Ceux qui sont défectueux sont remplacés par des neufs. Puis, ils sont ensuite réassemblés avec une grande précision. "Nos techniciens sont censés connaître tous les modèles existants. Mais certains sont spécialisés dans les plus rares", précise Renaud de Meyer, spécialiste transmission AT pour l'après-vente d'Aisin. À la fin, l'ensemble de ces opérations respecte les spécifications strictes dictées par les ingénieurs du siège d’Aisin et par les constructeurs.

Essor de la production électronique

"Alors que nos concurrents font de la réparation, nous proposons un produit avec des pièces de première monte et des contrôles spécifiques dont les exigences s’avèrent nettement plus poussées que les solutions habituellement utilisées sur le marché", affirme Renaud de Meyer. L'ambition du groupe est de fournir des pièces rénovées incomparables en matière de performance et de fiabilité.

Le site de Mons est aussi l'histoire d'une reconversion industrielle réussie. À sa création en 1997, l'usine approvisionne en équipement d'origine les sites des constructeurs basés dans le nord de la France. Puis, elle reconditionne les BVA de Toyota. Ensuite, elle étend progressivement ses compétences à d'autres marques : le groupe Stellantis, Volkswagen, BMW... Et aujourd'hui toutes celles actives en Europe.

Puis, à partir de 2003, le site belge accueille en parallèle une usine de production électronique. Celle-ci fabrique d’abord des systèmes de navigation (Toyota, Lexus et Audi), avant de s'étendre aux cartes électroniques dédiées à la gestion des BVA multimarques.

Si la première de ces activités décline, l'autre monte en puissance. Dans le courant de l'année 2025, la production de cartes électroniques destinées à la gestion des systèmes de refroidissement des voitures électriques est programmée. Une activité qui devrait naturellement croître avec l'électrification du parc… Dernier détail non négligeable : le site a atteint la neutralité carbone en 2024.

Dayco : Olivier Marchand prend la direction de la France et du Maghreb

Dayco annonce un changement important au sein de sa direction pour la France et le Maghreb. À compter du 1er avril 2025, Olivier Marchand succédera à Christian Sauvestre. Ce dernier prendra sa retraite après de nombreuses années à la tête de la région et une carrière marquée par un engagement de long terme ainsi qu'une contribution significative au développement de la marque.

"Nous annonçons une transition importante à la tête de notre organisation commerciale. Après de nombreuses années de loyaux services, Christian Sauvestre, notre estimé directeur régional pour la France et le Maghreb, prendra sa retraite le 31 mars 2025", confirme Ruggero Semola, directeur général EMEA de Dayco.

Avant de rejoindre le groupe américain, en 2023, en tant que responsable commercial régional, Olivier Marchand a œuvré pour plusieurs équipementiers. Il a notamment exercé les fonctions de chef de marché VI et responsable grands comptes pour Federal-Mogul entre 2007 et 2016, avant de rejoindre Valeo pour y occuper des responsabilités similaires. En 2018, il rejoint ensuite Haldex en qualité de responsable régional rechange VI.

Ann-Marie Dean prend les rênes du Royaume-Uni

Charge désormais à ce dernier d'assurer la continuité et de renforcer la stratégie commerciale de Dayco dans l'Hexagone et en Afrique du Nord. "Olivier a fait ses preuves dans l’atteinte d’objectifs ambitieux, la mise en œuvre de stratégies de vente efficaces et la construction de partenariats solides. Son expertise sera un atout pour poursuivre notre succès dans la région", ajoute Ruggero Semola.

Outre la nomination d'Olivier Marchand, Dayco a officialisé l'arrivée d'Ann-Marie Dean au poste de directrice régionale pour le Royaume-Uni. Elle succède à Steve Carolan, également parti à la retraite. Forte d’une solide expérience dans le secteur, elle aura pour mission de maintenir la dynamique commerciale et d’assurer une transition fluide sur ce marché stratégique.

Mann-Filter passe au vert avec des filtres plus écoresponsables

Avec l'arrivée du printemps, les distributeurs et réparateurs découvriront une nouveauté sur les boîtes de filtres Mann-Filter C 17 237 : une feuille apposée sur l’emballage ! Ce nouveau pictogramme signale une avancée majeure en matière d’écoconception pour les produits de l'équipementier allemand. En effet, Mann+Hummel a éliminé les composants d’origine pétrochimique au profit de matériaux issus de l’industrie papetière.

Lignine et cellulose, des alternatives aux résines pétrochimiques

Le fabricant maintient le même numéro de référencement, évitant ainsi aux stockistes et distributeurs de modifier leur organisation logistique. La raison ? Ces nouveaux filtres garantissent des performances identiques aux précédents. Sur la base des ventes 2024, Mann+Hummel estime que cette évolution permettra d’économiser 3,93 tonnes de CO₂ et plus de 4 500 litres de pétrole brut par an, à volume de production équivalent.

Le secret de cette innovation réside dans l’usage de la lignine, un composant naturel du bois. Jusqu’ici, les médias filtrants étaient rigidifiés grâce à une résine phénolique d’origine pétrochimique. Désormais, cette dernière est remplacée par la lignine, un sous-produit de l’industrie papetière. Ce matériau confère aux filtres la même stabilité mécanique et la même résistance chimique que les solutions traditionnelles, tout en réduisant leur empreinte carbone. Ces nouveaux filtres se distinguent par une teinte légèrement brunâtre, propre à la lignine, et une odeur végétale caractéristique.

Une production et un conditionnement plus responsables

En complément de cette avancée sur les matériaux filtrants, Mann+Hummel a repensé le conditionnement de ses produits pour renforcer leur durabilité. Les boîtes jaunes et vertes emblématiques de la marque sont désormais fabriquées à partir de carton recyclé à 90 %. L’impression des emballages est réalisée avec des encres végétales, sans huile minérale, et l’assemblage se fait avec des adhésifs et revêtements à base d’eau.

Sur le plan industriel, l’équipementier vise également une production plus verte. Son usine de Marklkofen, en Allemagne, s’oriente vers une alimentation en électricité issue de sources renouvelables, incluant l’hydroélectricité, le solaire et l’éolien.

Ces initiatives s’inscrivent dans une volonté plus large de rendre la filtration automobile plus respectueuse de l’environnement. "Le passage de notre marque premium mondiale Mann-Filter aux produits imprégnés de lignine est une nouvelle étape vers des filtres plus écoresponsables", affirme Marian Anton, responsable du développement commercial de la marque. Ce dernier ajoute que "d’autres innovations sont déjà en cours de développement, et certaines seront lancées dès cette année".

Avec cette évolution, Mann+Hummel espère séduire non seulement le marché de l’après-vente, mais aussi les constructeurs automobiles, de plus en plus sensibles à la réduction de leur empreinte environnementale dès la première monte.

ZF Aftermarket confie la direction de sa région Europe à Alex Gelbcke

À l'instar d'Arnd Franz, qui avait quitté LKQ pour Mahle en 2022, Alex Gelbcke tourne la page du distributeur de pièces de rechange pour rejoindre un équipementier allemand. À partir de mai 2025, il prendra la tête de la région Europe de ZF Aftermarket.

Avec cette nomination, ZF souhaite renforcer sa proximité avec ses clients et consolider ses partenariats dans l’écosystème de la rechange. Philippe Colpron, responsable de la division ZF Aftermarket, a salué l’arrivée d’Alex Gelbcke, soulignant le rôle clé qu'il jouera dans la stratégie de développement du groupe.

Jusqu’à présent CEO Benelux & France chez LKQ Europe, Alex Gelbcke a occupé de nombreux postes de direction au sein de l’industrie de la rechange. Avant de rejoindre LKQ en 2020, il a évolué durant 18 ans chez Tenneco, où il a notamment occupé le poste de vice-président et directeur général Aftermarket EMEA. Son parcours l’a également conduit à la tête de Bihr, spécialiste de la pièce de rechange pour deux-roues, ainsi qu’à la direction de 1Parts.