Alpha Scale prend la main sur la pièce de carrosserie

Née en 2015 dans le giron de Prefikar, la plateforme de vente de pièces de carrosserie Alpha Scale franchit une nouvelle étape dans son développement. Depuis mai 2025, elle exploite un outil logistique d'environ 6 000 m², près de Lens (62), pour stocker une offre de pièces de carrosserie alternatives commercialisée auprès des réparateurs.
Ce virage opérationnel, amorcé sans communication officielle, n’en a pas moins rencontré un succès rapide. "On s'était laissé un an et demi pour atteindre une trajectoire rentable sur cette activité. Et en six mois, c’est déjà le cas !", se félicite Stéphane Noeuvéglise, président d’Alpha Scale.
Un marché sans réponse satisfaisante
À l’origine de ce repositionnement, un constat sur l’état du marché des pièces de qualité équivalente certifiées (PQEC) en France. Hétérogénéité des niveaux de certification, manque de transparence sur l’origine des produits, tarifs parfois proches de ceux des constructeurs : les offres existantes ne répondent pas toujours à ces critères. Chez certains distributeurs, moins de 20 % des références proposées sont certifiées, les autres étant commercialisées sans véritable garantie de conformité.
"Il existe bien quelques spécialistes de la PQEC, mais la qualité n’est pas toujours leur priorité. Dans certaines gammes, il y a un peu à boire et à manger", résume le président d'Alpha Scale. Résultat : de nombreux carrossiers, qui engagent leur responsabilité sur chaque réparation, ont fini par se détourner de cette catégorie de produits.
La qualité de service constituait un autre frein majeur. Livraison sous 24 heures, franco de port, retours gratuits sous quinze jours, identification fiable des références à la commande : autant de standards que la plateforme ne retrouvait pas chez ses partenaires habituels.
Dans ce contexte, Alpha Scale a fait le choix de bâtir sa propre offre. Elle compte aujourd’hui quatre grandes familles de produits – ailes, capots, pare-chocs et pare-boue – pour un portefeuille de plus de 8 000 références. Et pour concevoir ce catalogue, l’entreprise s’est appuyée sur plusieurs fournisseurs en Europe et en Asie. Leur dénominateur commun ?
Toutes leurs pièces de "peau" (aile, capot et pare-chocs) portent une certificationassure Stéphane Noeuvéglise.
De nouveaux outils numériques
La montée en puissance de cette nouvelle activité s'accompagne d'un renforcement des services digitaux. Alpha Scale vient de déployer une gestion dématérialisée des retours de pièces : le réparateur prend en charge l'intégralité du processus depuis sa plateforme, de l'ouverture du dossier jusqu'à l'édition des étiquettes et la génération des avoirs, sans passer par un centre d'appel.
Dans un secteur où les retours (pièces endommagées, dossiers annulés, erreurs d'identification, etc.) constituent un point de friction quotidien, cette simplification n’a rien d’anecdotique. "Celui qui ne sait pas gérer les retours n’arrivera pas à fidéliser ses clients", estime Stéphane Noeuvéglise. Prochaine étape : un suivi en temps réel des délais de livraison, référence par référence, pour permettre aux ateliers d'anticiper leur organisation.
La peinture, prochain chantier ?
Fort de ces nouveaux services, Alpha Scale poursuit son développement en France. La plateforme revendique déjà la connexion de 40 % des assureurs français, tandis qu’un acteur majeur vient d’étendre son utilisation à l’ensemble de ses entités. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives pour la plateforme. "Partout où nous pourrons apporter davantage de services, ce sera un sujet à creuser", confie son président.
Faut-il s'attendre à voir Alpha Scale s'intéresser à la pièce mécanique ? "Honnêtement, je ne pense pas. Ce n'est pas dans notre ADN", répond Stéphane Noeuvéglise, qui préfère rester concentré sur le marché de la réparation-collision. Si la mécanique semble donc hors périmètre, la peinture pourrait, en revanche, faire l'objet d'une réflexion approfondie.
Également présent en Espagne via l’une de ses filiales, Alpha Scale lorgne notamment son modèle local basé sur des référentiels temps et de produits certifiés alternatifs à ceux des constructeurs. Ces outils permettent de mettre en concurrence plusieurs niveaux de produits tout en encadrant les temps et les quantités d'ingrédients. "C'est une initiative assez intéressante qui pourrait un jour être exportée chez nous", conclut Stéphane Noeuvéglise.
Pour en savoir plus sur Alpha Scale et ses ambitions, ne manquez pas notre événement Aftermarket Day, prévu le 2 avril, au cours duquel la plateforme reviendra sur ses nouveaux projets.
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