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Assurances

Axa renoue le dialogue avec la FFC

Publié le 30 septembre 2021
Par Nicolas Girault
3 min de lecture
Après plusieurs passes d’armes autour de la cession de créance, Axa s'est rapproché de la FFC Mobilité pour tenter de résoudre leurs litiges autour de la mise en place d'une procédure assurantielle spécifique au bris de glace.
Axa et la FFC ont entamé le dialogue pour résoudre leurs litiges autour de la réparation de vitrage. Car, l'application de la procédure de l'assurance dans ce domaine court-circuite la cession de créance dans de nombreux cas.
Axa et la FFC ont entamé le dialogue pour résoudre leurs litiges autour de la réparation de vitrage. Car, l'application de la procédure de l'assurance dans ce domaine court-circuite la cession de créance dans de nombreux cas.

Le siège de la FFC Mobilité a reçu Henry de Courtois et trois autres membres de son équipe. Le responsable du marché IARD (incendie, accidents et risques divers) particuliers et professionnel d’Axa est venu entamer le dialogue avec le syndicat de réparateurs. Ils ont été accueillis par Patrick Cholton (président de la FFC), Patrick Nardou (président de la branche mobilité réparation et services), Jean Païs (vice-président de la branche MRS) et Christophe Bazin (secrétaire général de la branche MRS).

Défaut d’indemnisation de la cession de créance

Cette visite intervient à la suite de l’explosion des litiges entre adhérents de la Fédération et Axa depuis mars 2020. Ceux-ci ont été provoqués par la mise en place d’une procédure assurantielle spécifique au bris de glace. Celle-ci visait officiellement à favoriser la réparation plutôt que le remplacement et à lutter contre « les abus » de certaines enseignes de vitrage attirant leurs clients avec cadeaux et rachats de franchise.  Mais son application sur le terrain a multiplié les entorses à la cession de créance : paiement direct de l’assuré, imposition d’un taux horaire unique dans toutes les régions (d’environ 53 euros), refus d’indemniser certaines parties de la facture (recalibrage de caméra, capteurs, petites fournitures…), etc. Parallèlement, plusieurs réparateurs appuyés par la FFC ont fait condamner le leader de l’assurance automobile (en métropole et outre-mer) cet été.

Dans un premier temps, l’assurance avait donc pris contact avec le syndicat professionnel, pour lui demander la communication de quelques dossiers litigieux. Ce dernier lui en a communiqué 300 –concernant 200 spécialistes du vitrage et 100 carrossiers. Après les avoir étudiés, les assureurs ont demandé à être reçus par l’organisation professionnelle. Leur objectif était notamment d’identifier les points de dysfonctionnement ayant entraîné les impayés aux réparateurs.

Dossiers étudiés sur le fond

Leur démarche a été saluée par les représentants des réparateurs. "Notre profession travaille pour la satisfaction de nos clients communs", a souligné Jean Païs. "Mais cette relation ne s'entend que dès lors que l’assureur paie le juste prix de leurs interventions aux réparateurs", a ajouté celui qui a adapté la cession de créance à l'activité des carrossiers. Les partenaires ont ensuite abordé les problèmes de fond les opposant, dans une ambiance néanmoins cordiale.

A la fin, Axa a reconnu devoir mieux communiquer avec les détenteurs d’une cession de créance. Tandis que ses indemnités doivent être conformes aux termes du contrat du client, en incluant recalibrage des Adas, recyclage des déchets, etc. Assureurs et représentants de la FFC ont convenu de se revoir pour étudier les procédés de transmission de dossiers et de calcul des indemnisations. A l’issue de cette rencontre, Patrick Nardou a remercié Henry de Courtois "pour son ouverture d’esprit" et invité les autres assureurs à rencontrer la FFC pour "établir une relation de confiance". Car, parmi les autres assurances qui résistent ponctuellement sur l’application de la cession de créance au vitrage, figurent notamment Pacifica et Allianz…

Plus d’utilisateurs pour un outil simplifié

"Notre idée est d’avancer sur les discussions, raison pour laquelle nous avons ouvert notre porte. Maintenant, nous attendons de voir si les abus continuent", précise Christophe Bazin. D’ici là, le syndicat maintient sa position, en défendant la réparation dans les règles de l’art et sa rétribution au juste prix. La gestion de certains dossiers litigieux ne s’interrompt pas. Les assignations contre les mauvais payeurs sont encore envoyées aux tribunaux. L’organisation affirme qu’elle poursuivra les procédures judiciaires jusqu’à ce que le droit de ses adhérents soit respecté.

C’est la conjugaison de deux tendances qui semble avoir donné de l’ampleur à ces conflits. La FFC est d’abord parvenue à attirer massivement les spécialistes du vitrage ces dernières années. Ensuite, ceux-ci se sont emparé de son service de cession de créance. Ainsi l’arrivée dans ses rangs de réseaux comme Rapid Pare-Brise et Ouiglass a vu le recours à la cession de créance passer de 11 000 dossiers en 2019 à 15 000 en 2020… et 40 000 en septembre 2021 ! L’amélioration récente du logiciel dédié (Tribu) a peut-être aussi joué un rôle dans cette progression. Celui-ci a récemment reçu une fonction de messagerie cryptée pour envoyer la facture à l’assurance et raccourcir désormais le process à 72 ou 48 heures.

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