Peinture : la montée en puissance de Lechler

À Côme, sur les rives du lac italien, Lechler a inauguré son nouveau "Village". Le site regroupe, en un seul lieu, production, recherche et développement, formation et relation client. Dernière étape encore en chantier, la modernisation du laboratoire viendra compléter l'ensemble.
"Nous sommes ici dans un projet qui représente notre vision, un lieu où la culture de la couleur, la technologie et la formation se rencontrent", explique Marta Radice, responsable marketing. Ce chantier traduit une ambition plus large : repositionner Lechler comme un acteur incontournable de la réparation automobile.
La marque B qui a tout d'une A
Avec 600 collaborateurs, une présence dans six pays et un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros, Lechler évolue dans un marché dominé par des géants internationaux (AkzoNobel, Axalta, BASF, PPG ou Sherwin-Williams). Le fabricant revendique pourtant une expertise technologique comparable à celle des leaders.
Problème : la perception du marché ne suit pas toujours. "Je passe mon temps à expliquer que Lechler est une marque premium. Et pourtant, elle est encore perçue comme une marque B", reconnaît Geoffroy Brochard, responsable commercial France.
Cette image tient à plusieurs facteurs : un positionnement tarifaire plus accessible, une moindre présence dans les réseaux structurés et l'absence en première monte. "Les grandes multinationales sont présentes chez les constructeurs, et cela crée une confusion. On pense que la technologie est la même entre la première monte et la réparation, alors que ce sont deux mondes différents", souligne Marco Pratelli, directeur marketing du pôle Refinish Performance.
Pour inverser cette tendance, Lechler mise sur une stratégie terrain plus offensive et sur la visite de son Village. "Quand les clients viennent ici, ils changent complètement leur perception", observe Geoffroy Brochard.
Un process pour chaque réparation
Autre atout du fabricant : un portefeuille de produits exhaustif qui repose sur une segmentation fine. "Il n'existe pas un process adapté à toutes les réparations, mais il existe un process adapté pour chaque réparation", résume Marco Pratelli.
Lechler décline ainsi huit gammes distinctes, calibrées selon les besoins : rapidité d'exécution avec Power-Tech, économie d'énergie avec Air-Tech, petites réparations avec UV-Tech, ou encore haut niveau de finition avec Hi-Tech. Une application d'aide à la décision permet aux techniciens de sélectionner le process le plus pertinent selon le type de réparation, les coûts de main-d'œuvre ou les exigences qualité.
La durabilité s'impose par ailleurs comme un axe de plus en plus structurant pour le groupe transalpin. Lechler a ainsi développé la gamme Ess&Re, dont tous les produits intègrent des matières premières issues de sources renouvelables.
Pour les ateliers, le fabricant aussi développé le process Eco-Tech, synthèse entre performance technique et réduction de l’empreinte environnementale. Il associe plusieurs technologies biosourcées et à base d’eau. Parmi elles, l'apprêt Macrophan Boost, qui intègre environ 30 % de matières biosourcées, permet de travailler à des températures plus basses — entre 40 et 50 °C — réduisant ainsi la consommation énergétique des cabines.
Le vernis Macrophan Prima suit la même logique, et le système Hydrofan HE vise à optimiser les process en réduisant à la fois la consommation de produit et le temps de réparation.
"La durabilité seule ne suffit pas. Si on ne parle pas de productivité, personne ne nous écoute. Il faut les deux", tranche Geoffroy Brochard.
Une croissance à contre-courant
Cet accompagnement prend tout son sens dans un marché structurellement orienté à la baisse. En Europe, l'activité refinish a reculé de 44 % entre 2007 et 2025, selon les données du CEPE. Sur les bases, cœur de métier des fabricants, le recul atteint 23 % sur la même période.
Dans ce contexte, la progression de Lechler se distingue : le chiffre d'affaires du segment carrosserie a progressé de 46 % entre 2014 et 2025, pour atteindre 51 millions d'euros. De quoi aborder la suite avec ambition. "Nous ne vendons pas seulement de la peinture, nous apportons des solutions complètes aux carrossiers", conclut Geoffroy Brochard.
Découvrez notre article complet consacré à Lechler dans le J2R n°164 de juin 2026.
