Voitures électriques : la facture des réparations flambe

Le profil des véhicules impliqués dans les sinistres continue d'évoluer. En 2025, trois véhicules accidentés sur quatre appartiennent aux dix premières marques du parc roulant français, tandis que les modèles électriques représentent désormais 11 % des véhicules réparés, contre seulement 5 % en 2023.
Ces constats sont issus de l'analyse de près de 900 000 dossiers d'expertise couvrant 41 marques et 403 modèles. Comme chaque année, SRA s'est concentrée sur les véhicules particuliers et utilitaires légers de moins de six ans ayant fait l'objet d'une réparation après collision. D'importantes évolutions sont observées depuis le bilan de 2024.
Premier enseignement : les SUV confirment leur domination. Ils représentent désormais 38,4 % des véhicules sinistrés, devant les citadines (27,1 %) et les utilitaires (10,5 %). Cette répartition reflète l'évolution récente du parc roulant. Les SUV compacts enregistrent la plus forte progression (+2,1 %), tandis que les citadines gagnent encore 1,5 % après leur recul observé en 2024. À l'inverse, les catégories plus traditionnelles – compactes, familiales, routières ou monospaces – poursuivent leur déclin.
La hausse des véhicules chinois

Comparaison des coûts de réparation de 9 modèles auto identiques, disponibles dans toutes les motorisations. La version électrique de la Renault Twingo III est la seule dont l'indice de facture carrosserie n'excède pas celui de son équivalente motorisée à l'essence. ©SRA
L'un des principaux enseignements de cette édition 2026 concerne l'accélération de l'électrification du parc roulant. Même si leur part reste encore minoritaire, les véhicules 100 % électriques représentent désormais 11 % des modèles de moins de six ans réparés après un sinistre, contre 8 % en 2024 et 5 % deux ans plus tôt. À modèle équivalent, les versions électriques engendrent, dans la grande majorité des cas, des coûts de réparation supérieurs à ceux des versions thermiques.
Autre évolution notable : la montée en puissance des constructeurs chinois. Pour la première fois, SRA observe une progression marquée de BYD, MG et Lynk & Co, dont la présence dans les sinistres augmente de 21 % par rapport à l'année précédente. Seule BYD figurait déjà dans l'édition précédente de l'étude. Si leur poids reste encore limité, leur développement est rapide. Les dépenses de réparation diffèrent toutefois sensiblement d'une marque à l'autre : MG se situe sous la moyenne du marché, tandis que BYD et surtout Lynk & Co affichent des indices supérieurs, ce dernier culminant à 118.
Renault, la plus chère des marques françaises à réparer
Tesla poursuit également son installation dans le paysage automobile français. Sa part dans les sinistres dépasse désormais 2 % des véhicules étudiés. Les Model 3 et Model Y deviennent les modèles les plus représentés de leurs segments respectifs et figurent parmi les plus coûteux à remettre en état. La marque conserve toutefois un profil particulier, avec un coût des pièces proche de la moyenne mais des frais de main-d'œuvre sensiblement plus élevés.

Position des coûts de réparations de différentes marques automobiles, en tenant compte du prix des pièces et de la main d'œuvre. ©SRA
Plus largement, l'étude confirme d'importants écarts de coûts de réparation selon les constructeurs et les catégories de véhicules. Les marques positionnées sur les segments sportifs, premium ou utilitaires – Porsche, Alpine, Mercedes, etc. – affichent logiquement les indices les plus élevés. À l'inverse, Suzuki, Fiat, Dacia ou Opel figurent parmi les marques les moins coûteuses à réparer. Renault reste la marque française la plus coûteuse à réparer, avec un coût moyen supérieur de 7 % à celui de Peugeot et de 11 % à celui de Citroën.
La structure même de la facture varie également selon les constructeurs. Chez Kia, DS ou Hyundai, les pièces peuvent représenter plus de 60 % du montant total de la réparation. Tesla se distingue au contraire par un poids plus important de la main-d'œuvre. SRA explique ces différences par la conception des véhicules, le coût des pièces détachées, les méthodes de réparation, les taux horaires pratiqués ou encore la nature des sinistres.
Des écarts marqués selon les segments
L'analyse par catégorie permet également de mesurer les écarts entre les principaux modèles du marché. Dans les minicitadines, les montants de réparation demeurent relativement contenus, même si certaines versions électriques s'avèrent plus coûteuses. Les citadines restent dominées par les Renault Clio V et Peugeot 208 II.
Sur le haut de gamme, Mercedes-Benz, BMW et Audi conservent une position dominante dans les catégories des compactes, familiales et SUV premium. Leurs coûts de réparation demeurent systématiquement supérieurs à la moyenne, notamment pour les modèles les plus technologiques ou électrifiés.
Les véhicules utilitaires présentent également des écarts significatifs. Les constructeurs français restent largement majoritaires sur les segments des petits, moyens et grands utilitaires, avec les Renault Kangoo, Trafic et Master, les Peugeot Partner, Expert et Boxer, ainsi que les Citroën Berlingo, Jumpy et Jumper. Les coûts de réparation augmentent logiquement avec le gabarit des véhicules, certains modèles spécialisés affichant des indices particulièrement élevés.
Les marques françaises restent les plus accidentées
Au classement des marques les plus représentées dans les sinistres, Renault, Peugeot et Citroën conservent les trois premières places, malgré un léger recul. En y ajoutant DS et Dacia, les constructeurs français totalisent encore 48 % des véhicules réparés par les carrossiers.
Les marques allemandes occupent également une place importante dans l'accidentologie française. Audi, BMW, Mercedes et Volkswagen concentrent à elles seules 17 % des sinistres recensés parmi les dix premières marques. Toutes affichent un indice de réparation supérieur à la moyenne. Seule Volkswagen reste très proche de l'indice de référence 100, probablement en raison d'une présence plus limitée sur les segments les plus haut de gamme, selon SRA.
À mesure que le parc roulant poursuit sa transformation, les véhicules de moins de six ans deviennent plus diversifiés et plus technologiques. Une évolution qui devrait continuer à modifier les coûts de réparation et les pratiques des carrossiers, des distributeurs de pièces et, plus largement, de l'ensemble des acteurs de la réparation-collision.
Retrouvez l'ensemble du rapport SRA 2026 (sur l'année 2025).

