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Les démolisseurs à l’honneur !

Publié le 17 août 2015
Par Frédéric Richard
3 min de lecture
La branche recycleurs du CNPA fête ses 50 ans ! Le congrès 2015 fut l’occasion de rappeler ses actions, sans toutefois occulter les nombreux défis qui attendent la profession.
Patrick Poincelet, président de la branche recycleurs du CNPA.
Patrick Poincelet, président de la branche recycleurs du CNPA.

Un an après un congrès de Toulouse particulièrement réussi, de l’aveu de tous, Patrick Poincelet, président de la branche recycleurs du CNPA, avait la pression ! D’autant qu’en 2015, ladite branche fête ses 50 ans. Il fallait donc marquer les esprits avec un événement inoubliable. C’est à ce titre que Patrick Poincelet a demandé à Volkswagen d’accueillir ses recycleurs au sein du fief allemand de la marque, à Wolfsburg, une ville entièrement dédiée au culte du groupe VW. Durant trois jours, les congressistes ont ainsi pu apprécier les musées et visiter l’usine historique de Volkswagen, construite en 1945, et qui produit désormais des Golf, Tiguan, Golf Sportwagon…, au rythme de 3 800 unités par jour, avec 62 000 employés. Tous ces moments de détente étant évidemment intercalés de présentations rétrospectives des 50 ans de la filière au CNPA, et de débats portant sur les enjeux et l’avenir de la filière. Le J2R a eu la chance de s’immerger deux jours dans ce monde du recyclage automobile, qui mérite qu’on s’y attarde, tant ses composantes humaines se révèlent attachantes. Sans parler des défis multiples qui secouent le secteur depuis maintenant des années, au rang desquelles l’agrément VHU bien sûr, mais également le développement de la pièce de réemploi, la nécessaire professionnalisation du métier, les normes environnementales toujours plus strictes, le problème croissant de l’approvisionnement des affaires en VHU…

Programme chargé

De son côté, Patrick Poincelet a invité des figures de la profession à s’exprimer sur les grands événements qui ont jalonné la filière lors des cinquante dernières années. Tour à tour, Manuel Burnand, directeur Environnement et Développement de Derichebourg, s’est remémoré les différentes primes à la casse entre 1994 et 1996, l’avènement des réseaux (Indra, Caréco), la directive européenne, quand Roland Jouannetaud, président de l’Unac (Union nationale des Automobile Clubs), a rappelé les dates clés de la pièce de réemploi, dès 1996, et la procédure VE en 2009. Eric Lecointre, de l’Ademe, a souligné l’année 2000, qui a vu la mise en place de la directive VHU, puis l’agrément VHU en 2006. Olivier Triffaut, SGS, pour sa part, a souligné que la certification Qualicert, en 1994, avait très largement contribué à la reconnaissance de la filière par les pouvoirs publics, grâce à un référentiel à diffusion nationale.

Puis Patrick Poincelet s’est lancé dans un discours revigorant à l’adresse des représentants les plus dynamiques de la profession, afin de leur rappeler les enjeux de la profession, et combien leur rôle écologique, sociétal et économique devait les inciter à poursuivre leurs efforts. “Les services de l’auto représentent deux fois plus d’emplois que les constructeurs et les équipementiers. Nous pesons le double du CA ! C’est une force car nous sommes représentatifs, mais comme nos emplois sont non délocalisables, la peur que nous inspirons pour faire pression sur les pouvoirs publics est somme toute relative par rapport à celle des constructeurs”, analysa-t-il en préambule.

Professionnalisation

On le sait, l’un des problèmes cruciaux pour un centre VHU reste l’approvisionnement. Dans une filière qui cherche la professionnalisation et à s’industrialiser, comment faire entrer plus de véhicules sur son exploitation, quand la moyenne nationale a chuté de 962 à 679 véhicules par an et par site ? Pour le CNPA, il faut tout d’abord lutter contre plusieurs abus. Tout d’abord, le parc automobile en circulation était estimé à 41 millions de véhicules en 2013, alors que la base du SIV recense 57 millions d’unités. Soit un différentiel de 16 millions entre le nombre de véhicules roulants et le nombre d’immatriculations (et donc de certificats d’immatriculation) ! Ce qui signifie bien que, sur ces millions de véhicules, nombreux sont ceux qui ont disparu ou été détruits par le biais d’une filière illégale ou non agréée, qui n’a donc pas fait les démarches auprès des préfectures. La branche recycleurs demande ainsi la lutte contre les sites illégaux. Par ailleurs, des discussions ont été engagées avec Le Bon Coin, pourvoyeur, malgré lui, de pièces détachées automobiles de provenance douteuse.

Au niveau du SIV, des solutions existent également. Beaucoup d’obligations pèsent sur l’automobiliste et certaines ne sont pas respectées. Et les sanctions ne sont pas appliquées ! Par exemple, le non-respect de l’obligation de faire changer le nom sur le certificat d’immatriculation par le nouvel acquéreur est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe, soit 90 euros (jusqu’à 375 euros en cas de majoration). Or, pour l’instant, on ne peut pas déterminer le nombre de certificats d’immatriculation non mutés… Rappelons que ces certificats non mutés empêchent le professionnel du recyclage de reprendre le véhicule.

Autre exemple, lié cette fois au non-respect des formalités administratives liées à la destruction du véhicule. L’automobiliste doit remplir une déclaration de cession et l’envoyer en préfecture, et respecter les formalités liées au certificat d’immatriculation selon l’article R.322-9I du Code de la route. Impossible quand on dépose ledit véhicule dans une filière illégale. Pourtant, nombreux sont ceux qui cèdent aux sirènes de l’argent facile et immédiat (paiement de la carcasse en liquide), ce qui est interdit depuis 2011 en France. Là encore, la branche des recycleurs poursuit son action de lobbying. 
 

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