S'abonner
Equipements

Cabines de peinture : prime à la sobriété énergétique

Publié le 2 mars 2023
Par Mohamed Aredjal
2 min de lecture
Équipement indispensable dans une carrosserie, la cabine de peinture est le poste le plus énergivore de l'atelier. Dans le contexte de crise énergétique, son coût de fonctionnement s'impose comme un critère essentiel avant l'achat.
cabines de peinture
En moyenne, 70 % du coût de l'énergie consommée par une cabine est de l'énergie thermique, utilisée pour le chauffage de l'air introduit dans la cabine. ©AdobeStock

Gaz, fioul ou électricité… la facture a été salée en 2022 pour les carrossiers.  D'ordinaire compris entre 15 000 et 30 000 euros par an, ce poste de dépenses a doublé, triplé – voire davantage – au cours des derniers mois. Face à ce constat, la question de la consommation énergétique des cabines de peinture est devenue centrale.

"Les carrossiers cherchent à faire des économies d'énergie, et la cabine est l'outil le plus énergivore", indique Franck Randazzo, président d'Italcan. Même constat pour Lionel Rodrigues, directeur de la division automobile d'Omia : "Pour tout achat, nos clients exigent désormais une estimation en euros de la consommation d'énergie horaire."

Une logique de rentabilité

Dans ce contexte, de nombreux fabricants de cabines de peinture ont fait de la performance énergétique une priorité, tant sur la partie séchage et chauffage de l'air que sur l'éclairage et l'alimentation électrique. Pour éviter une déperdition de chaleur, et donc une surconsommation d'énergie, Cesvi France préconise les cabines dotées de parois en panneaux isolés thermiquement (épaisseur de 50 mm minimum).

Le technocentre recommande également de se pencher sur les programmes de séchage pour la base mate hydrodiluable, rappelant que la cabine consomme le plus d'énergie en mode ventilation (ou pistolage), en particulier durant les mois les plus froids (d'octobre à avril, et selon la région). Les cabines les plus récentes disposent d'un programme spécifique pour optimiser le matage intercouches, ou avant de vernir, de la peinture à l'eau.

Une fois en route, ce programme va permettre à la cabine de se mettre en circuit fermé avec recyclage de l'air. En plus du gain énergétique, ce système offre une amélioration de la productivité puisque le séchage est plus rapide, grâce à la courte montée en température.

Le courant passe bien avec l'électrique

Autre voie explorée par les fabricants de cabines : l'électrique. Alors que les prix du gaz ont fortement augmenté, cette énergie semble devenir une alternative compétitive. Dernier acteur à s'y essayer, Omia a dévoilé une cabine 100 % électrique lors du salon Equip Auto 2022. Si son coût d'acquisition reste élevé (environ le double d'une cabine standard), le fabricant français table sur une évolution du mix énergétique qui favorisera à terme l'électrique.

"Avec l'installation de panneaux photo voltaïques, une auto-alimentation peut même être envisagée. La cabine dispose également d'un système de récupération de chaleur, qui permet de réutiliser jusqu'à 65 % d'énergie", ajoute Lionel Rodrigues.

A lire aussi : Énergie : Weinmann Technologies rappelle les bonnes pratiques aux carrossiers

Mais avec la crise énergétique, le marché demeure prudent et ne néglige pas les autres technologies. “Le gaz propane reste une énergie intéressante en ce moment. Par rapport au gaz de ville, les écarts de prix sont avantageux", précise le dirigeant d'Omia. Face aux incertitudes qui pèsent sur les énergies, CMC a, de son côté, choisi la polyvalence et propose une cabine hybride alimentée au gaz et à l'électrique. "L'objectif est d'éviter d'être captif d'un mode d'énergie", conclut Franck Randazzo.

Vous devez activer le javacript et la gestion des cookies pour bénéficier de toutes les fonctionnalités.
Partager :

Sur le même sujet

cross-circle